vendredi 25 mai 2012

Taner Akçam - The Young Turks' Crime Against Humanity / Le crime des Jeunes Turcs contre l'humanité

© Princeton University Press, 2012


The Young Turks’ Crime Against Humanity : the Armenian Genocide and Ethnic Cleansing in the Ottoman Empire
[Le crime des Jeunes-Turcs contre l’humanité : génocide arménien et épuration ethnique dans l’empire ottoman]
 
par le docteur Taner Akçam
 
Massis Post, 05.04.2012


WATERTOWN, Massachusetts – Le professeur Taner Akçam [a évoqué] de nouvelles perspectives sur le génocide arménien d’après son dernier ouvrage, dimanche 15 avril 2012, à 14 heures au Musée-bibliothèque Arménien d’Amérique (ALMA) à Watertown, Massachusetts (Etats-Unis).

Ce livre, The Young Turks’ Crime Against Humanity : the Armenian Genocide and Ethnic Cleansing in the Ottoman Empire, vient de paraître aux Presses de l’université de Princeton. Le docteur Akçam y fait état de preuves nouvelles, provenant de plus de 600 documents secrets ottomans, lesquels démontrent, avec une précision inégalée jusqu’ici, que le génocide arménien résulta d’une entreprise officielle visant à mettre en œuvre une ingénierie et une assimilation démographique, afin de débarrasser l’empire turc de ses sujets chrétiens.

Ces documents jusque là inaccessibles, extraits des profondeurs de la machine bureaucratique de la Turquie ottomane, alliés aux qualités d’expertise et d’analyse de l’A., montrent comment un empire déclinant recourut au génocide et à l’épuration ethnique.

Bien que la déportation et le massacre des Arméniens furent condamnés à travers le monde en 1915, en tant que « crime contre l’humanité et la civilisation », le gouvernement ottoman lança une politique de déni, poursuivie à ce jour par la république de Turquie. Le cas de « l’histoire officielle » de la Turquie repose sur des documents extraits des archives impériales ottomanes, dont l’accès était, récemment encore, des plus restreint. Ce sont précisément ces sources qu’utilise maintenant Akçam pour renverser le discours officiel.

Les documents présentés ici attestent d’une politique de turcisation à la fin de l’empire ottoman, dont l’objectif ne fut rien moins qu’une mutation démographique radicale de l’Anatolie. A cette fin, près d’un tiers des 15 millions d’habitants de l’Anatolie fut déplacé, déporté, expulsé ou massacré, détruisant la diversité ethno-religieuse d’un ancien carrefour culturel entre Orient et Occident, et ouvrant la voie à la république de Turquie.

En mettant au jour le rôle central joué par l’ingénierie et l’assimilation démographique dans le génocide arménien, ce livre va changer de manière fondamentale la façon de comprendre ce crime et montre que la destruction physique ne constitue pas le seul aspect du processus génocidaire.

site de l’ALMA : www.almainc.org      

site des Presses de l’université de Princeton : http://press.princeton.edu/

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Traduction : © Georges Festa – 05.2012.