vendredi 15 juin 2012

Burcu Gürsel : Sentimental Kinships of Genocide / Parentés sentimentales du génocide

     © Editions de l’Aube, 2006 – Editions 10/18, 2008 – Actes Sud, 2011


Burcu Gürsel : ‘Sentimental Kinships Of Genocide’ in Turkish Works of Genocide and Memoir
 
Conférence prévue à l’Association Nationale pour les Etudes et la Recherche Arméniennes (NAASR), Belmont, Massachusetts



BELMONT, Massachusetts – Le docteur Burcu Gürsel présentera une exploration critique de trois œuvres, considérées généralement comme novatrices dans le rapprochement arméno-turc, pour leur traitement de la découverte de l’héritage arménien, lors d’une conférence intitulée « Sentimental Kinships of Genocide : Tragic (Mis)recognition in My Grandmother, The Bastard of Istanbul and The Grandchildren, » [Parentés sentimentales du génocide : (mé)reconnaissance dramatique dans Le Livre de ma grand-mère, La Bâtarde d’Istanbul et Les Petits-Enfants], jeudi 28 juin, à 20 heure, au siège de l’Association Nationale pour les Etudes et la Recherche Arméniennes (NAASR), 395 Concord Avenue.

Couvrant les genres des mémoires, de la fiction et de l’histoire orale, ces œuvres dues à Fethiye Çetin, Elif Shafak et Ayşe Gül Altinay (1) sont analysées par Gürsel en tant que pierres angulaires de ce que l’on peut qualifier à juste titre de littérature sentimentale dans les traitements récents en langue turque du génocide arménien.

A l’instar de nombreux exemples historiques d’une littérature sentimentale, qui entretient et reproduit un calendrier impérial et nationaliste contre la fibre des manifestations publiques et du malaise éthique, ces œuvres assument un rapport direct entre le fait d’afficher une souffrance, d’une part, et catharsis, édification morale et cohésion sociale, d’autre part. 

Dans ces trois ouvrages, le drame que constitue le fait de reconnaître une identité et une histoire ancestrales n’opère pas en tant que remise à niveau tragique de l’idéologie, mais bien plutôt comme le fondement de sa réincarnation. Dépendant des mythologies et des illusions mêmes du lignage biologique personnel, qu’elles semblent « pluraliser » ou « déstabiliser », ces œuvres reproduisent le mode de pensée qu’elles déclarent contester.

[Titulaire d’une licence de l’université de Chicago et d’un doctorat en littérature comparée et théorie littéraire de l’université de Pennsylvanie, Burcu Gürsel a enseigné à l’université Sabançi, avant de bénéficier d’une bourse post-doctorale au Forum Transregionale Studien de Berlin. Elle vit actuellement à Istanbul et achève un ouvrage repris de sa thèse, intitulé Invasive Translations : Violence and Mediation of the False-Colonial, France and Ottoman Egypt (1780-1840) [Outrances de la traduction : violence et médiation du faux-colonial, la France et l’Egypte ottomane (1780-1840).] (2)

Pour plus d’informations sur cette conférence ou la NAASR et son programme en vue de faire avancer les études, la recherche et les publications arméniennes, contacter : hq@naasr.org. 

NdT

1. Fethiye Çetin, Le livre de ma grand-mère, traduit du turc par Alexis Krikorian et Laurence Djolakian, Editions de l’Aube, 2006 ; Elif Shafak, La Bâtarde d’Istanbul, traduit du turc par Aline Azoulay, Phébus, 2007 ; Fethiye Çetin et Ayşe Gûl Altinay, Les Petits-Enfants, traduit du turc par Célin Vuraler, Actes Sud, 2011.
2. Pour un résumé (en anglais) de cette thèse, voir http://repository.upenn.edu/dissertations/AAI3309438/

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Traduction : © Georges Festa – 06.2012.