samedi 1 décembre 2012

De James Dean à Staline : la tragédie des rapatriés arméniens / Da James Dean a Stalin : la tragedia del rimpatrio armeno

© Moreradiant, 2008 - Edisud, 2004


De James Dean à Staline : la tragédie des rapatriés arméniens

par Hazel Antaramian Hofman


 

[Toute petite déjà, elle se demandait pourquoi elle vivait à Erevan, alors que son père était né aux Etats-Unis et que sa mère venait de Lyon. Et puis elle a compris. Dans le cadre d’un projet historico-artistique, Hazel Antaramian Hofman suit les traces de ceux qui, venus du monde entier, après la Seconde Guerre mondiale, décidèrent d’émigrer en Arménie.]

Je suis née en 1960, à Erevan, en Arménie, même si je parle peu en arménien et que le peu que je parle soit l’arménien occidental. Depuis mon plus jeune âge, je me suis toujours demandé pourquoi je vivais dans un pays aussi exotique, alors que mon père était né à Kenosha, dans le Wisconsin, et que ma mère était de Lyon, en France. Ce n’est qu’au fil des ans et après avoir entendu d’innombrables récits que j’ai pris conscience d’être le produit de deux enfants de la diaspora arménienne, suite à la Seconde Guerre mondiale, obligés, au sens émotif de la patrie [Hayrenik] propre à leurs parents, d’abandonner une terre connue au plan culturel et idéologique pour l’inconnu.

Les rapatriements qui firent suite à la Seconde Guerre mondiale déracinèrent de nombreux Arméniens dans le monde entier : France, Liban, Egypte, Grèce, Chypre, Syrie, Bulgarie, Roumanie, Palestine, Etats-Unis, jusqu’au Soudan, en Iran, en Irak, en Inde, en Uruguay, en Argentine et en Chine. Cette campagne fut orchestrée afin de repeupler l’Arménie d’alors, petite fraction de ce vaste territoire défini comme la terre ancestrale des Arméniens, depuis l’époque de Darius le Grand. Les rapatriés n’étaient cependant pas dirigés vers la patrie romantique et immense de leurs ancêtres, mais dans une Arménie « soviétisée » sous Staline. Ce fut un phénomène migratoire, accompagné d’une dépossession personnelle et spirituelle, et d’une disparité culturelle.

Après la Seconde Guerre mondiale, les rapports entre Union Soviétique et Turquie étaient tendus. Les Soviétiques exigeaient la restitution des provinces de Kars, d’Ardahan, d'Erzeroum, de Trébizonde et de Van, qui auraient dû passer de la Turquie à l’Arménie soviétique. Ces territoires étaient historiquement arméniens et se retrouvèrent de 1878 à 1918 sous le contrôle de la Russie. Durant deux années, de 1918 à 1920, l’Arménie bénéficia en outre d’une indépendance toute nouvelle. Le fait que ces territoires dussent être restitués à l’Arménie soviétique était jugé important par l’ensemble des Arméniens, y compris ceux de la diaspora. La revendication de ces territoires par les Soviétiques agissait ainsi de concert avec les aspirations de la diaspora arménienne. Les rapatriements constituèrent un aspect de la mémoire historique du génocide, de l’abandon et de l’émigration forcée de l’empire ottoman durant le 19ème et le début du 20ème siècle. Or, finalement, les changements d’alliances après la Seconde Guerre mondiale, entre les Soviétiques et l’Occident, en particulier les Etats-Unis, et l’Occident et la Turquie, scellèrent le sort de ces territoires.

Eglise arménienne et rapatriés

De nombreux Arméniens de la diaspora conservèrent un lien fort avec leur foi chrétienne et la dévotion à leur patrimoine religieux, constituant églises et écoles arméniennes dans les pays qui les accueillaient. Etant donné cette propension à la dévotion religieuse des Arméniens résidant à l’étranger, la politique du Kremlin se mit, après 1941, à promouvoir l’idée de patrie. L’idéologie communiste s’amenuisa ainsi en faveur du patriotisme arménien et de l’Eglise. Les manœuvres soviétiques pour s’assurer l’appui de l’Eglise arménienne constituent un aspect central de ce processus de propagande. Le clergé arménien se joignit au chœur adressé aux Arméniens à travers le monde, afin qu’ils reviennent dans leur « mère patrie ». Le nouveau Patriarche Gevorg [Kévork] VI Tchéorekdjian, élu en 1945 par le Conclave ecclésiastique en Arménie soviétique, lança un appel mondial aux Arméniens, afin qu’ils rentrassent « chez eux ». En réalité, chaque soutien apporté à l’Eglise arménienne par les Soviétiques était motivé politiquement. Lequel soutien ne reniait certes pas des années d’érosion de l’Eglise et de persécution de cette institution. La culture soviétique modifia notablement le rôle de la tradition chez les Arméniens, dont le rapport entre le peuple arménien et son credo religieux, que l’on peut définir comme la principale institution sociale à avoir maintenu les Arméniens unis, au fil des siècles.

La république d’Arménie était dans un état d’extrême pauvreté, après la Seconde Guerre mondiale. En novembre 1945, Staline autorisa le retour des Arméniens en Arménie soviétique, afin d’insuffler un nouvel élan à la construction, à la revitalisation et au développement économique dans une république soviétique en pleine dépression. Les organisations nationalistes arméniennes, les partis politiques, la hiérarchie religieuse unirent leurs efforts pour soutenir les rapatriés. Le Comité aux Rapatriés arméniens souligna la nécessité de faire appel au sentiment national arménien, sans mentionner le fait que l’Arménie faisait désormais partie de l’Union Soviétique.

Patrie et propagande

L’histoire du rapatriement est constellée de parcours individuels sinueux et contradictoires, mais, dans la majeure partie des cas, l’on observe une trace commune : il s’est agi d’un choix nationaliste ou, parfois, lié à des sentiments socialistes, décidé par un patriarche ou une matriarche qui fit table rase de sa famille en réponse à un appel émotionnel global, encouragé par la propagande soviétique.

L’appel des Soviétiques aux Arméniens du monde entier fut une manœuvre pour attirer des jeunes ; pour s’assurer des travailleurs qualifiés et des professionnels en provenance de pays développés et pour obtenir de nouvelles technologies et de nouveaux produits. Encouragés par des promesses de logement gratuit, d’une terre sur laquelle construire et des opportunités de travail, tous ceux qui abandonnèrent la diaspora changèrent radicalement d’existence, en se fondant sur de faux espoirs. Dès leur arrivée, ils furent témoins de conditions sociales et économiques inimaginables, sans aucune possibilité de quitter l’Arménie du bloc soviétique et de récupérer leurs passeports confisqués.          

La mémoire collective de nombreux hayrenadartsner [rentrés] fut celle de la trahison et de la désillusion, masquées par des proclamations patriotiques. Tous ceux qui survécurent à cette époque racontèrent ensuite des histoires d’arriération, de maladies, de discriminations, d’angoisse psychologique et de brutalités physiques, subies sous le régime soviétique. Zabel [Tchoukassian] Melkonian, une jeune New-Yorkaise, dans la vingtaine, quitta ainsi les Etats-Unis en 1947, suite à la décision de son père de rentrer en Arménie.

Après avoir vécu des conditions d’existence véritablement abyssales, elle se souvient d’avoir tenté de prévenir des proches en Amérique de ne pas partir en Arménie, envoyant des messages critiques dans des lettres, lesquelles étaient systématiquement censurées.

Survivre

Articles universitaires, conférences et témoignages ont à peine commencé à faire la lumière sur cette période de l’histoire arménienne. Crosby Phillian, New-Yorkais, a quitté les Etats-Unis en 1949, à l’âge de seize ans. Il affirme aujourd’hui que la « survie » fut le chapelet de nombreux rapatriés qui, durant leur existence en Arménie, furent contraints de vendre leurs affaires personnelles au marché noir, en échange de quelques roubles pour pouvoir se procurer de la nourriture.

La vente d’objets au marché noir devint un rituel dominical. Tenaillés par l’inquiétude, les akhpars [rapatriés] se retrouvèrent à la merci de ceux qui avaient un peu d’argent et qui connaissaient le système. Phillian, qui vit actuellement en France, souligne, lui aussi, que la loi non écrite d’alors, sous l’Union Soviétique, était celle des files interminables pour acheter quelques aliments de base : pain, viande ou fromage. Foules énervées, querelles et affrontements physiques n’étaient pas rares. Phillian se souvient même d’une victime. Un homme, qui essayait simplement d’acheter du fromage, fut tué, frappé à la tête par une femme à coups de talon de chaussure.

De Humphrey Bogart à Staline

Mes souvenirs de petite fille en Arménie sont évidemment limités et conditionnés par la situation sociale vécue par mes parents. Avec le temps, en écoutant les récits familiaux, j’ai appris combien fut déchirante la différence dans le vécu culturel de mes parents, entre la période où ils grandirent loin de l’Arménie et, plus tard, arrivés à l’âge adulte, durant leurs années de formation en Arménie.

En y pensant, il est difficile d’imaginer le choc culturel vécu par quelqu’un qui a grandi à la fin des années 1940 aux Etats-Unis, dans l’environnement sonore de Count Basie, Benny Goodman et Frank Sinatra, et les visages de Cary Grant, Humphrey Bogart, Lana Turner et Loretta Young, qui dominaient les écrans.

Et puis aussi ceux qui avaient pourtant connu des expériences loin d’être négatives. Ceux qui, dans une certaine mesure, avaient appris comment fonctionnait le système soviétique. Ils trouvèrent du travail dans les institutions gouvernementales ou se lancèrent dans des commerces lucratifs ou des professions qui leur permettaient de se faire une place. D’autres, au contraire, savaient « se gagner » le système grâce à la corruption.

Mais il y eut ceux qui souffrirent considérablement. Qui se retrouvèrent en mauvaise santé, dans un stress continuel et dans la misère. Quoi qu’il en soit, les expériences les plus terribles furent vécues par ceux qui furent déportés d’Arménie en Sibérie ou en Asie Centrale, sans jamais revenir. Etant donné la différence radicale d’existence de leurs parents, avant et après la Seconde Guerre mondiale, comment saisir les souvenirs innocents de ces enfants, nés en Arménie de rapatriés ? Ce sont les enfants des akhpars [rapatriés]. Ignorant tout de la tragédie de leur famille, ils grandirent avec ceux des déghatsis, les Arméniens autochtones. Nombre d’entre eux ne s’adaptèrent jamais à la vie en Arménie et subirent de plein fouet discrimination sociale, maladies graves et pauvreté.

Recherche ethnographique et art

De nombreuses questions continuent d’émerger : comment peut-on surmonter la perte profonde des libertés culturelles et la méfiance, que subirent les Arméno-américains dans le contexte de la Guerre froide ? Comment les Arméniens chrétiens parvinrent-ils à gérer la répression religieuse en Arménie soviétique ? Pour comprendre et raconter l’histoire d’une façon nouvelle, je me suis tournée vers la recherche ethnographique et l’expression artistique.

En 2010, j’ai commencé à réaliser des entretiens et à rassembler des photographies de famille, des souvenirs et des documents de voyage. En me basant sur ces sources et sur la documentation historiographique, mon intention était de saisir les multiples facettes de cette histoire à travers la peinture, les dessins et les installations artistiques, en tant qu’expressions et interprétations d’expériences sociales.

Lorsque Tom Mooradian, écrivain et ami de ma famille, s’est rendu à Fresno en automne 2009 (puis en 2011), pour la promotion de ses Mémoires, The Repatriate : Love, Basket-ball, and the KGB [Rapatrié : amour, basket-ball et KGB] (Moreradiant, 2008), je me suis rendue compte que nous nous comprenions et que nous savions tous deux que l’existence d’autres histoires personnelles devait être documentée. Or, comme je l’ai précisé à Tom, mon objectif n’était pas d’écrire des biographies personnelles, mais d’utiliser l’imaginaire collectif et les textes rassemblés, afin de raconter l’histoire des rapatriés de la fin des années 1940, dans le contexte de l’histoire arménienne au vingtième siècle. Non seulement pour mieux comprendre mon histoire personnelle, mais pour recueillir l’histoire orale, interpréter, d’un point de vue artistique, le choc, la perte de liberté et le bouleversement idéologique, qui donna forme au temps historique des akhpars.

Paris

En décembre 2011, je me suis rendue à Paris, en France, pour rencontrer de vieux amis de ma famille qui se rapatrièrent en 1947, pour quitter ensuite l’Arménie en 1966. Les récits de leur départ de la France, dans le second après-guerre, sont alambiqués, déprimants, parfois surréalistes.

Plus de soixante ans ont passé depuis le moment où un bateau se tenait au large,, dans le port de Marseille. Quelques jours plus tard, le navire russe mis à disposition pour le rapatriement partit. C’était le 24 décembre 1947. A bord du Pobéda [Victoire] se trouvaient aussi – entre autres – 300 Arméniens français, qui attendaient leurs documents de voyage. Les autorités françaises leur refusèrent le droit de lever l’ancre depuis le port de Marseille et leur ordonnèrent de débarquer.

Finalement, le bateau leva l’ancre avec 1 122 Arméniens à bord, sans les 300 Arméniens français, que la France considérait comme ses citoyens. A l’époque, Virginie [Hekiman] Antaramian avait douze ans et était née en France de parents arméniens. Elle se souvient de nombreux épisodes de cette époque. Elle se souvient d’avoir été emmenée à bord du navire, en cachette, par son oncle communiste Hagop Tchildjian, comme ce fut le cas pour de nombreux autres enfants de parents franco-arméniens. Puis, elle se souvient d’avoir attendu, cachée à bord, d’être rejointe par ses parents.

Pour les Français, qui avaient perdu de nombreux compatriotes durant la guerre, il importait de sauvegarder la frange jeune de la population. Virginie apprit d’autres gamins des histoires semblables à la sienne : emmenés à bord du navire principal sur de petites embarcations, en pleine nuit, pour être embarqués sans que les autorités françaises n’en sachent rien ou amenés sur le Pobéda dans de grandes malles. Dans un second temps, cependant, ceux à qui il n’avait pas été permis d’appareiller à partir de Marseille furent autorisés à quitter la France.

Je veux aller en Arménie
 

Certaines histoires comportent aussi un romantisme qui se mêle au surréalisme, comme le caractère déterminé de Hagop Dertlian, Arménien, communiste convaincu, qui emmena sa femme et trois de ses cinq filles en Arménie. La cadette, Esther, fut dévastée à l’idée d’abandonner son cher Paris et comprenait fort bien les réticences de sa mère et de ses sœurs plus jeunes, lors du départ en Arménie, en 1947.

A l’époque, la sœur aînée d’Esther, Arménouhie, s’était déjà installée aux Etats-Unis après avoir épousé un soldat américain, après la guerre. Sa troisième sœur, Alice, ne voulut pas, à l’inverse, quitter Paris. Elle resta quelque temps dans cette ville pour rejoindre ensuite sa sœur Arménouhie aux Etats-Unis. Mais ce fut en Arménie qu’Esther rencontra et épousa l’amour de sa vie, Dickran Sahaguian, un Franco-arménien. Ironie du sort, tous deux vivaient dans le même quartier d’une banlieue de Paris, avant leur rapatriement, mais ils ne se connaissaient pas, jusqu’à ce que leurs existences se croisent en Arménie après 1947.

D’autres histoires font vibrer des cordes autrement plus tristes. La mère de Virginie, Dirouhie (Samuélian) Hékimian, à l’éducation soignée, socialiste, originaire de Décines, près de Lyon en France, persuada sa famille de s’installer en Arménie en 1947 et se retrouva soudain, trois ans plus tard, à gérer la maladie grave de son mari et élever ses deux enfants.

Pour survivre, elle dut vendre tous les objets de valeur en possession des siens au marché noir contre quelques roubles. Sa famille vécut dans la misère durant de nombreuses années. Leurs conditions d’existence les rendirent plus vulnérables aux maladies. Le typhus fut diagnostiqué chez sa fille, Virginie, tandis qu’une grave dysenterie frappa son fils, Massis, âgé de cinq ans seulement, et que son mari était hospitalisé. Virginie se souvient comment sa mère, très religieuse, priait chaque nuit, demandant que leur existence pût changer par miracle.

Gros bras et technologie

En mars 2012, je fis un second voyage afin de recueillir des histoires et des photographies pour mon projet. Je rendis visite à Erevan à une vieille connaissance de ma famille. Elle n’était pas une rapatriée, mais dans sa jeunesse, elle avait connu de nombreux Arméniens originaires des Etats-Unis et de France. Nous nous rencontrions lors des repas, nous invitions des voisins ou ses collègues de travail, des gens qui connaissaient des histoires de rapatriés ou qui étaient eux-mêmes fils de rapatriés. Les histoires les plus intéressantes, qui émergeaient à cette occasion, concernaient les progrès technologiques opérés par la société arménienne grâce aux Arméniens qui étaient revenus et qui n’ont jamais été reconnus publiquement. En fin de compte, le cosmopolitisme d’Erevan est entièrement lié à ces Arméniens qui arrivaient de l’étranger.

La technologie américaine était tenue en grande estime par ceux qui encourageaient le rapatriement des Arméniens et son acquisition devait contribuer à l’effort soviétique visant à faire progresser et développer l’Arménie arriérée de l’après-guerre. Tout cela était si important que le gouvernement soviétique finança les voyages de nombreux rapatriés originaires de pays développés, avec des bagages extravagants. Grâce aux conteneurs amenés des Etats-Unis en Arménie, arrivaient les dernières nouveautés américaines en matière de transport et de technologie domestique.

Rares furent les Arméno-américains qui quittèrent les Etats-Unis après la Seconde Guerre mondiale. Il y eut deux convois, l’un en 1947 et l’autre en 1949. Les frères Antaramian, Paul et Massey, furent rejoints par leurs parents en Arménie, ainsi que par leurs deux frères cadets, Anto et Perry, après avoir venu leur ferme dans le Wisconsin. Paul se souvient que sa famille ramena avec elle des Etats-Unis du matériel et des outils de construction de toutes sortes, jusqu’à du bois, des fenêtres, des gonds, des vis, des câbles et des clous dans le but de construire une maison, dès leur arrivée.

Dans leur conteneur se trouvaient aussi des machines à laver, des poêles, des réfrigérateurs, un tracteur et une berline « Ambassador », de la marque Nash Motors. D’autres Arméno-américains emportèrent leurs voitures, telle Buick de la General Motors ou telle version civile de la « Jeep », marque Willys-Overland Motors. Deran Tachdjian, Arménien rapatrié en 1949, originaire de Watertown, Massachusetts, se souvient que son père emmena en Arménie sa Buick Roadmaster. Cette voiture fut convoitée par les fonctionnaires soviétiques qui n’eurent de cesse de harceler la famille de Deran, jusqu’à ce que celle-ci remît la voiture au gouvernement. Deran se souvient comment, menacée de déportation, sa famille se décida finalement à livrer l’automobile aux fonctionnaires communistes.

A nouveau en voyage

Mon périple artistique, dans l’après-guerre du rapatriement arménien, ne fait que commencer. A ce jour, j’ai recueilli 45 photographies en noir et blanc d’enfants et de familles de rapatriés, prises en Arménie entre 1947 et 1966. Ces photographies entreront dans une base de données qui sera ensuite utilisée pour le travail artistique et comme documents d’archive. Une exposition de dessins, de tableaux et d’installations est prévue au printemps/été 2013.       

[L’A. désire continuer à rassembler des photographies et des récits de rapatriés. Elle demande ainsi à toute personne ayant des histoires à raconter sur les rapatriements en Arménie, après la Seconde Guerre mondiale, de la contacter via le courriel suivant : hazelantaramhof@yahoo.com, en insérant dans l’objet du message la mention « repatriate project ».]

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