jeudi 6 décembre 2012

Jacques Hadjaje - Dis-leur que la vérité est belle

© Compagnie des Camerluches, 2009

 
Alger / Créteil / New York / Jérusalem
ou les tropismes d’un exil réinventé

 

Tout a été dit sur la guerre d’Algérie, ses exils intérieurs, ses nuits, ses mémoires comme ses mythes. Et tout reste à dire. Les paradoxes nourriciers, les musiques annonciatrices, les générations rebelles, les masques dont personne n’était dupe. Les métissages.

Car dans l’odyssée d’Albert Chouraqui, Juif algérois, celle de sa famille tiraillée entre insouciance fédératrice, intérêts lancinants ou encore intermittences d’utopies rêvées, comment ne pas se reconnaître, lancer des ponts, comme on jette des bouteilles à la mer ?

Des naissances aux mariages, des départs aux transmissions manquées, des amarrages au grand large, toute une histoire, à la fois personnelle et collective, celle du je et celle du nous, se conjugue, entrelaçant passé, présent et avenir. Celle de l'enfant, devenu témoin, père.

La vérité. Leurs vérités. Albert, Aimée, Gaston, Arlette, Leïla, Brigitte, Cécile, Olga et Georges. A la manière d’un Pirandello ou d’un Pinter, la scène se déplace, virevolte, tangue. Comme tanguent les corps qui dansent ou les ponts des navires. De temps à autre, massacres et fusillades font entendre leur écho proche ou lointain. De temps à autre, les amours impossibles, les terres d’attache réinventées, la magie du jazz ou de la cuisine, ou encore le déracinement, la dissolution didentités farouches, qui se croisent pour mieux s’affronter.

La vérité est belle, de cette beauté toute camusienne, nocturne, où rôde la prescience de l’irrémédiable, de l’inachèvement. La vérité, à la fois amère et bouleversante, de familles marquées, désaccordées, d’où naît pourtant le chant d’une quête. Se dire que sa propre vérité est belle. Leur dire que leur vérité est belle. Entre maïeutique et ironie, un parcours gospel. Nous sommes tous pieds-noirs.

© georges festa – 12.2012

 
Dis-leur que la vérité est belle
Ecrit et mis en scène par Jacques Hadjaje

Avec Isabelle Brochard (Aimée, mère d’Albert)
Jacques Hadjaje (Gaston, père d’Albert)
Anne Didon (Arlette, institutrice et Leïla, amie d’Albert)
Anne O’Dolan (Brigitte, sœur d’Albert et Cécile, fille d’Albert)
Guillaume Lebon (Albert)
Delphine Lequenne (Olga, amie d’Aimée)
Laurent Morteau (Georges, cousin de Gaston et Spirit)

Lumières : James Angot – Costumes : Delphine Lebon
Scénographie : Patricia Lacoulonche – Musique et arrangements : Jean-Baptiste Sabiani

Jeudi 6 décembre 2012
Sud-Est Théâtre
94190 Villeneuve-Saint-Georges