lundi 4 mars 2013

Jean-Paul Sartre / Serge Nicolaï : Huis clos / A Puerta Cerrada

© Teatro Timbre 4 - Clara Pizarro (Buenos Aires)

 

Je donnerais tout au monde pour revenir sur terre, un instant, un seul instant, et pour danser !

Garcin, Inès, Estelle ou les morts qui s’invitent à la table des vivants. Se mesurent à leur souvenir. Demandent des comptes. Tout en faisant et défaisant les leurs. Et si cette brève palpitation, noces de chair et de boue, que l’on nomme vie, n’était qu'absences et méprises ? Différées, masquées, tues. Mise en abîme comme l’on porte en bière. Dans ce Triomphe de la mort trois marionnettes aux prises avec l’inextricable. Ne pas avoir eu le choix, ou cru ne pas l’avoir eu. Avoir cédé aux convenances, rusé avec les pouvoirs. Quel fil d’Ariane se perd dans ces catacombes ? Nos catacombes. Dédale moderne, intemporel, où les corps se dévoilent, se déprennent de leurs convenances, se déchirent. Comme les dernières heures du condamné ou l’irrémédiable déchéance. Tous comptes faits, que nous reste-t-il ? Bientôt l’oubli, la nuit. Qui nous saisissaient, nous étreignaient. A chaque fois. Réveiller les vivants. Engourdis de mort. Qui se condamnent et se détruisent à l’envi. A l’image de ces secondes, de ces heures lourdes, immobiles, ineffaçables. Pour lesquelles l’on vendrait son âme, son corps. Lorsque bourreaux et victimes coexistent. Lorsque oubli et déni perdurent. Lorsque liberté et pitié s’affrontent. Huis clos ou la mise à nu nécessaire. Vitale. A jamais.

© georges festa – 03.2013
 


A puerta cerrada

D’après Huis clos de Jean-Paul Sartre

Mise en scène et scénographie : Serge Nicolaï
Avec : Maday Mendez, Josefina Pieres, Franz David Toro, Daniel Cabot
Musique originale : Jean-Jacques Lemêtre
Traduction et surtitres : Leslie Menahem

Théâtre du Soleil (Paris)
26.02 – 210.03.2013