vendredi 10 mai 2013

Karen Babayan - Blood Oranges Dipped in Salt



Karen Babayan
Blood Oranges Dipped in Salt
Leeds (R.U.) : The Wild Pansy Press, 2012



Karen a grandi parmi la communauté arménienne de Téhéran en Iran jusqu’à l’âge de 16 ans, puis est partie au Royaume-Uni avec sa famille proche. Artiste visuelle, elle vit maintenant en Cumbrie avec une fascination pour ses racines familiales et l’aperçu qu’elles livrent sur l’incroyable histoire d’une communauté dynamique.

« Les histoires s’entrelacent autour de photos et de souvenirs de famille qui ont acquis une qualité mythique pour moi au fil des ans, » explique Karen. « Elles ont été patiemment recueillies sur toute une vie d’entretiens. Elles occupent un espace temps de plus de quatre cents ans jusqu’à aujourd’hui et ces événements couvrent une géographie s’étalant sur trois continents : de Djougha, Dilidjan et Erevan en Arménie, à Salmas, Ispahan et Téhéran en Iran ; puis, Leeds et Appleby, en Angleterre, et finalement Toronto, au Canada. »

Intitulé Blood Oranges Dripped in Salt [Des oranges sanguines trempées dans du sel], l’ouvrage reflète l’histoire des Arméniens d’Iran, du point de vue de la famille de l’A. Les rêves sont très présents, mais aussi les naissances, les mariages et les morts, tout ce qui compose la vie d’une famille. Les récits portent témoignage d’une minorité culturelle à l’histoire monumentale, qui a connu, à travers les générations, la perte, le déplacement, la migration, l’immigration et l’assimilation.

Karen Babayan tente de donner un sentiment de « l’ici et maintenant, » en créant un lien tangible entre passé et présent, tout en essayant de préserver l’esprit et la survie des récits originels. Le titre s’inspire du goût arménien pour les oranges trempées dans du sel en amuse-gueule, tandis que la référence aux oranges sanguines souligne les liens familiaux forts, dont témoignent ces récits.

« J’ai éprouvé un sentiment fort de responsabilité en m’emparant de ces histoires et de ces expériences, précise Karen, avant que ceux qui les racontent et les récits eux-mêmes ne disparaissent. C’est très émouvant de les voir enfin édités et de pouvoir les partager plus largement. J’espère que la production du livre, qui est très tactile à la façon d’un objet souvenir, poussera les gens à le diffuser, tout comme ces histoires ont circulé à travers les générations de ma famille. »

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