dimanche 23 juin 2013

Seta Terzian - Two Girls from Heliopolis



Seta Terzian
Two Girls from Heliopolis
Sera M. Terzian, 2012

par Henrik Boudakian


 

NEW YORK – L’amitié est un élément important dans notre vie à tous. Elle donne sens à l’existence et aide à en surmonter les épreuves. Ma famille et moi avons émigré d’Erevan, où mon frère Megooch [Magos] et moi sommes nés, au Caire, en Egypte, lorsque j’avais 11 ans. Nous étions d'avis que ce serait une transition difficile pour deux garçons de partir pour un pays nouveau, un nouvel environnement et, plus particulièrement, une nouvelle communauté. Je fus réellement étonné de voir que nous fûmes accueillis à bras ouverts et, très rapidement, je me fis des amis pour la vie.

La communauté cairote était unique. Nous étions entourés de nombreux écrivains, orateurs et hommes d’Etat talentueux, issus de la Première république d’Arménie, englobée par l’Union Soviétique et la Turquie. Nous fûmes éduqués et inspirés par tous nos aînés. Le plus important, j’ai développé des amitiés qui ont duré toute ma vie. Un jour, j’eus la chance de donner une conférence à New York sur la merveilleuse communauté du Caire, dans laquelle j’ai grandi : ses aspects culturels et éducatifs, l’église, la musique et le théâtre.

L’année dernière, j’ai décidé d’essayer de contacter plusieurs de mes anciens amis, pour me rendre compte, malheureusement, que la plupart étaient décédés. Tout en cherchant sur internet, j’ai découvert un livre, Two Girls from Heliopolis, de Seta Terzian. Au début, j’ignorais s’il s’agissait de mon amie de longue date, Séta Mékhitarian. Je saisis ma chance et je l’appelai à Boston. Miracle, elle me répondit et je reconnus immédiatement sa voix. J’avais l’impression que nous nous trouvions au Caire, au Club Navasart, où nous avions l’habitude de nous retrouver, la plupart du temps. Nous parlâmes un long moment. Rien n’avait changé. Un demi-siècle plus tard, nous étions les mêmes jeunes gens en train de discuter et de se marrer.

J’ai acheté le livre de Seta Terzian et je l’ai lu avec intérêt et plaisir. Elle me ramène tout droit au cœur de l’Egypte. A l’ombre des grandes pyramides et du Sphinx, je croise les deux jeunes filles, Eugénie et Alicia, où elles rencontrent leur premier amour, leur première romance. Comme Seta, elles sont toutes deux nées à Héliopolis, où leurs familles et leurs compatriotes expatriés vouèrent leur temps et leurs efforts à refaire leur vie dans un pays nouveau.

Seta Terzian décrit à merveille Héliopolis (la ville du soleil, en grec), une banlieue du Caire, avec ses immeubles d’appartements, d’un blanc virginal, et ses villas chamarrées, et comment les deux adolescentes grandirent et parvinrent à l’âge adulte, malgré le chaos de la Campagne d’Afrique du Nord, lors de la Seconde Guerre mondiale, et comment, après la guerre, elles furent chassées – comme tous leurs amis – de leur Caire adoré par un climat politique égyptien perpétuellement instable et dangereux, pour gagner ensuite les Etats-Unis et le Canada.

Sa description des voyages d’Eugénie à Paris, Rome, Athènes et Majorque, me donnent l’impression d’y être avec elle. A travers le livre, elle relate les épreuves et les déceptions que les deux jeunes filles affrontent avec courage, et comment, au fil des ans, leur amitié les aide à surmonter tragédie et tristesse pour trouver le véritable bonheur.

Avec ce livre, Terzian montre qu’elle est la digne fille de son père, le grand écrivain Kourken Mékhitarian. Je recommande donc vivement Two Girls from Heliopolis comme une importante contribution à la littérature des grands écrivains du Caire. 

[Seta Terzian est née à Héliopolis. Elève à l’école élémentaire Nubarian, puis au collège de la Mission Anglaise, elle obtint ensuite une licence auprès de l’université américaine du Caire. Elle travailla durant quelques années pour le service d’information du ministère américain de la Guerre [US Office of War Information], puis partit aux Etats-Unis en 1948, où elle travailla dans le secteur de l’enseignement à Westwood, au Massachusetts, avant de prendre sa retraite en 1987.
Two Girls from Heliopolis est disponible auprès de la NAASR [National Association for Armenian Studies and Research] et en ligne sur Amazon.com ou Kindle.]

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Source : http://www.mirrorspectator.com/pdf/132206.pdf
Traduction : © Georges Festa – 06.2013.