samedi 31 août 2013

Université de Fresno (CA) : Gregory Aftandilian Speaks on Trans-Generational Trauma / conférence de Gregory Aftandilian sur le traumatisme trans-générationnel


Familles Dinguilian et Garabédian, Inwood Park, New York, fin des années 1920 ou début des années 1930
© Project SAVE Armenian Photograph Archives, Watertown, Mass. / www.reporter.am

 

Université de Fresno (Californie), 4 avril 2013 :
conférence de Gregory Aftandilian sur le « traumatisme trans-générationnel »
 
par Emma Shaljyan
 
Hye Sharzhoom, mai 2013, Vol. 34, No. 4 (122)

 
Hôte du département d’Etudes Arméniennes, le 4 avril dernier, et spécialiste du Moyen-Orient, Gregory Aftandilian a présenté une conférence sur « Le traumatisme trans-générationnel : impact du génocide arménien sur la seconde génération. »

Thème central de son exposé, la manière avec laquelle le génocide affecte les descendants de survivants du génocide. L’A. s’est intéressé à ce sujet, alors qu’il rédigeait un article relatif à l’impact de la Seconde Guerre mondiale sur l’identité des Américains d’origine arménienne de la seconde génération.

L’avènement de la Seconde Guerre mondiale raviva le souvenir du génocide arménien parmi les familles arméno-américaines, les survivants du génocide de 1915 devant envoyer au front leurs fils, avec toutes les angoisses que cela comportait.

G. Aftandalian a interviewé des vétérans arméno-américains de la Seconde Guerre mondiale et a découvert que le thème du retour était plus chargé d’émotion que celui de leur expérience de combattant. En comparaison, celui du traumatisme trans-générationnel a été étudié à grande échelle parmi les enfants de survivants de la Shoah, plus de 500 articles et ouvrages ayant été écrits sur le sujet, tandis que, dans le contexte arménien, le domaine est relativement nouveau.

Pour les parents survivants de la Shoah, comme, avant eux, les survivants du génocide arménien, les enfants représentaient la survie. Les parents survivants nourrissaient de grandes attentes pour leurs enfants – les considérant souvent comme des substituts de proches disparus et de communautés anéanties. Les survivants du génocide arménien tendent à surprotéger leurs enfants et veulent assurer leur sécurité et leur protection.

D’après l’A., les enfants du génocide arménien portent un fardeau, mais, parallèlement, veulent en savoir plus sur ce que leurs parents ont vécu et redécouvrir leurs racines.

Les efforts de la seconde génération pour demander une reconnaissance du génocide arménien dans les années 1970 peuvent être imputés, en partie, au traumatisme trans-générationnel du génocide, qu’ils vécurent en tant qu’enfants de survivants.

Les recherches menées sur les enfants de survivants ont révélé que beaucoup d’enfants de survivants du génocide arménien reçurent les prénoms de proches assassinés. Ces enfants se sont sentis dès lors à part, puisqu’une obligation leur était faite, directement ou non, de porter les espoirs et les aspirations des survivants – non seulement pour leur famille, mais aussi pour le peuple arménien dans son ensemble.

Dans certaines familles arméniennes, le génocide arménien n’était pas abordé, tandis que d’autres tentaient de protéger leurs enfants, autant que possible, du traumatisme. Ne voulant pas imposer à leur progéniture les images atroces de ce qu’ils avaient vécu.

Tout en faisant partager ses recherches, G. Aftandalian a présenté de nouvelles perspectives sur ce thème fascinant de la survie, livrant des aperçus inédits sur l’impact à long terme du génocide.

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