mardi 10 décembre 2013

David Lynch - The Factory Photographs / Photographies d'usines




© Prestel (Londres - New York), à paraître janvier 2014

David Lynch : photographies d'usines à l'abandon
par Allison Meier
Hyperallergic (New York), 5.12.2013


David Lynch a le sens du plan dérangeant. C'est, après tout, le réalisateur qui nous a révélé la réalité déformée de Twin Peaks, pour culminer dans la déconcertante série des Black Lodge et, de fait, dans Eraserhead tout entier. David Lynch présente maintenant vingt ans de photographies d'usines en ruine.

En janvier 2014, The Factory Photographs [Photographies d'usines] s'ouvrira lors d'une exposition à la Photographers' Gallery de Londres et fera l'objet d'une publication homonyme aux éditions Prestel. Contrairement aux peintures de Lynch, au surréalisme étrangement désordonné, ses photographies possèdent une atmosphère plus austère, davantage onirique, semblable à ses films. En début d'année, Paris Photo l'a invité à choisir ses 99 photographies préférées lors cette Foire, et la plupart de ses sélections se focalisaient sur un voyeurisme que les aficionados de Lynch reconnaîtront, incluant souvent des figures humaines (1). Dans The Factory Photographs, toutefois, il n'y a aucun personnage.

Ces quelque 80 clichés en noir et blanc ont été pris dans d'anciennes usines abandonnées à New York, en Angleterre, en Allemagne et en Pologne - les grands centres d'une révolution industrielle en ruines - entre 1980 et 2000. Comme le précise Lynch dans la présentation de l'exposition londonienne :

"J'adore pénétrer dans des univers étranges. Bien des choses arrivent, quand tu t'ouvres à une oeuvre, que tu te laisses agir et réagir. Chaque oeuvre te "parle," et si tu l'écoutes, elle te conduira dans des lieux auxquels tu n'avais jamais songé."

A en juger par les aperçus disponibles, les édifices à l'abandon semblent des plus inquiétants, avec ce genre de rumination à faire vaciller la réalité, qui rend ses films si durables. Lynch a souvent exprimé sa passion pour l'exploration des usines abandonnées, comme dans cet entretien en 2009 avec Moby (2), où il déclare aimer les usines, telles des "cathédrales" de l'industrie, avec leurs vestiges mécaniques, "toutes ces textures à l'intérieur, et le mystère de leur traversée," éprouvant une sensation qui n'a rien à voir avec la vague actuelle d'édifices "bio", tout de verre.  

Il y a comme une mélancolie dans une vieille usine, dans ces lieux où autrefois l'avenir du progrès bouillonnait, désormais à l'arrêt. Les photographies de l'exposition seront accompagnées d'enregistrements sonores, réalisés par Lynch, qui saisissent cette atmosphère industrielle, faisant ressurgir des édifices obsolètes dans un cinéma figé.

David Lynch: The Factory Photographs sera présenté à la Photographers' Gallery (16-18 Ramillies Street, Londres) du 17 janvier au 30 mars 2014. L'ouvrage David Lynch: The Factory Photographs sera disponible en janvier aux éditions Prestel.

Notes


Traduction : © Georges Festa - 12.2013

site de la Photographers' Gallery (Londres) :