samedi 1 février 2014

Parution des Mémoires d'Aram et Dirouhie Avédian sur le génocide arménien / Genocide Memoirs of Aram and Dirouhi Avedian Published





© H. and K. Manjikian Publications, 2014


Parution des Mémoires d'Aram et Dirouhie Avédian sur le génocide arménien


LOS ANGELES - Defying Fate [Braver le destin], cinquième volume de la collection The Genocide Library, paraît ce mois-ci à Los Angeles. Il présente les Mémoires d'Aram et Dirouhie Avédian, aujourd'hui disparus, survivants du génocide de 1915.

Dirouhie Tcheumlekjian (puis Avédian) naquit vers 1907 à Izmit. En 1915, elle fut déportée, ainsi que sa famille, par le gouvernement turc et marcha vers Deir es-Zor, en Syrie, "la fosse commune du peuple arménien." Unique survivante du massacre de sa famille à Al-Shaddadeh, Dirouhie fut adoptée par des Arabes de la région. Elle grandit dans le désert syrien où, quelques années plus tard, elle rencontra Aram Avédian, son futur mari. Après avoir passé treize ans dans une semi-captivité, elle s'enfuit à Alep.

Aram Avédian naquit lui aussi vers 1907, dans le village arménien de Tsitogh, près d'Erzéroum. En 1914, son père mourut de froid en servant dans l'armée turque. Au début du génocide, Aram et sa famille furent exilés vers le désert syrien. Après avoir marché presque un an durant et été témoins des atrocités des déportations et des massacres, Aram et sa famille atteignirent Al-Raqqah, en Syrie, où le jeune garçon fut kidnappé par un cavalier arabe, Aram passa, lui aussi, les treize années suivantes dans le désert syrien, au sein de diverses familles arabes, et finit, de même, par s'échapper vers Alep.

Aram et Dirouhie Avédian partirent finalement à Los Angeles où, à la fin des années 1970, ils consignèrent par écrit leurs Mémoires personnels, souhaitant documenter leur expérience du génocide et de leur survie en guise de testaments à l'attention des générations à venir. Le couple mourut en l'espace de trois mois à peine : Dirouhie décéda en 1987; Aram en 1988.

Les Mémoires manuscrits des Avédian furent ensuite recueillis et édités par leur fille, Knar Manjikian, laquelle a aussi annoté le volume qui en est résulté, Defying Fate, et a rédigé l'introduction. Le texte a été traduit en anglais par Ishkhan Jinbashian. "Chaque fois que ma mère parlait des membres de sa famille qu'elle avait perdus, elle disait que tout ce qu'elle souhaitait c'était de les voir dans ses rêves," écrit K. Manjikian.

K. Manjikian ajoute qu'après avoir vécu si longtemps parmi des Arabes et totalement oublié comment s'exprimer et écrire en arménien, ses parents réapprirent leur langue maternelle à 20 ans passés. Ils y parvinrent, précise-t-elle, en devenant d'avides lecteurs de littérature arménienne et du quotidien Arevelk d'Alep, tandis que sa mère perfectionnait son arménien en correspondant avec son frère, qui vivait à Istanbul, et aussi grâce à sa carrière dans la fonction publique, consacrant sa vie à l'Armenian Relief Society [Secours Arménien].

Dans la préface à Defying Fate, Hagop Manjikian écrit : "Malgré la dispersion des écrits [des Avédian] et la modestie de leurs auteurs, les qualifiant respectivement de "carnet" et de "journal," nous ne doutions aucunement qu'ils méritaient d'être publiés en tant qu'ouvrage à part entière, obéissant à notre principe de préférer la qualité à la quantité, le contenu à la taille, et la profondeur à l'apparence."  

Des exemplaires de Defying Fate peuvent être commandés aux Etats-Unis en adressant un chèque à H. et K. Manjikian, 10844 Wrightwood Lane, Studio City, CA 91604.
Le prix de chaque exemplaire, port compris, est de 15 dollars US.

La collection The Genocide Library

Projet des Editions H. et K. Manjikian, The Genocide Library a été créée en 2005 par Hagop et Knar Manjikian, avec pour objectif de publier des chroniques clé du génocide de 1915. Titres publiés : Passage through Hell, d'Armen Anush (deux éditions), The Fatal Night, de Mikael Chamtandjian (1), Death March, de Shahen Derderian, et Defying Fate, d'Aram et Dirouhie Avédian.
Prochain titre à paraître en 2014 : Our Cross, de M. Salpi (Aram Sahakian).  


NdT

1. Traduction française à paraître en 2014 (Georges Festa).

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Traduction : © Georges Festa - 02.2014