samedi 17 mai 2014

Simone Cristicchi, Jan Bernas - Magazzino 18. Storie di italiani esuli d'Istria, Fiume e Dalmazia / Entrepôt 18. Récits d'exilés italiens d'Istrie, de Fiume et de Dalmatie




Simone Cristicchi, Jan Bernas
Magazzino 18. Storie di italiani esuli d'Istria, Fiume e Dalmazia
[Entrepôt 18. Récits d'exilés italiens d'Istrie, de Fiume et de Dalmatie]
Mondadori, 2014



Montagnes de chaises enchevêtrées, telles des araignées en bois. Légions d'armoires désespérément vides. Lits faits de rêves brisés. Et puis des lettres, des photographies, des brochures, des journaux, des filets de pêche, des pianos muets, des marteaux amoncelés sur des rayonnages travaillés par l'humidité. Objets du quotidien, parmi d'innombrables autres, qui gisent dans l'Entrepôt 18, au Porto Vecchio de Trieste.

Il y a plus de soixante ans, tous ces objets furent remis au Service de l'Exode par leurs propriétaires légitimes, les Italiens d'Istrie, de Fiume et de Dalmatie, juste avant de devenir des exilés : près de 350 000 personnes contraintes d'évacuer leurs foyers et d'abandonner toute une région, suite au traité de paix du 10 février 1947, lequel attribua à la Yougoslavie de Tito ce pan d'Italie, disputé depuis toujours, qui longe la mer, de Capodistria à Pola.

De cette immense tragédie quasiment personne ne sait rien. Des fosses communes, des exécutions sommaires qui n'épargnèrent ni les femmes, ni les enfants, ni les religieux, de l'existence dans les camps de réfugiés, de la souffrance extrême née du déracinement et de l'effacement de leur identité, très rares furent ceux qui ont trouvé le courage d'en parler durant les décennies qui suivirent.

Il s'agit pourtant d'une histoire récente, à portée de main et surtout des plus documentée : il suffit d'ouvrir les portes de l'Entrepôt 18. Portes que Simone Cristicchi a ouvertes en grand.
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Traduction de l'italien : © Georges Festa - 05.2014  

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