jeudi 19 juin 2014

Vasken Berberian - Sotto un cielo indifferente / Sous un ciel indifférent



© Sperling & Kupfer, 2013

Sotto un cielo indifferente
Le nouveau roman historique de Vasken Berberian

Entretien avec l'auteur
par Giovanni Zambito
Fattitaliani, 06.10.2013



L'écrivain arménien Vasken Berberian vit entre Athènes et Turin, et parle couramment le grec, l'anglais et l'italien, langue dans laquelle il écrit. Metteur en scène reconnu à la télévision, il a déjà publié en 2011 chez Sperling & Kupfer Come sabbia nel vento (avec Sonia Raule). Le 8 octobre dernier, avec le même éditeur, [est paru] en librairie Sotto un cielo indifferente, ouvrage avec lequel il se confirme comme une des voix les plus fortes et authentiques de la littérature arménienne en Italie.

Au centre du récit figure "Mikael, adolescent génial et rebelle des années 50," dont l'histoire se déroule des ruelles de Venise à la Grèce du début du 20ème siècle et à la Russie des goulags. Vasken Berberian nous raconte avec une rare sensibilité une intrigue subtile, faite d'émotions, de souvenirs et d'existences en suspens, avec pour toile de fond enchanteresse et poignante la Méditerranée et les mers glaciales de la lointaine Sibérie. Tout en nous offrant une narration puissante, en faisant la peinture d'un siècle d'histoire. Fattitaliani l'a interviewé.   

- Giovanni Zambito : Un autre livre, une autre histoire... Un autre voyage ?
- Vasken Berberian : Chaque livre est un autre voyage dans tous les sens, et puis la sortie de celui-ci coïncide avec des événements qui m'ont touché de près au niveau personnel.

- Giovanni Zambito : Italie, Grèce, Arménie, Canada, Russie : comment enchaîner des lieux à des situations qui représentent aussi des états d'âme ?
- Vasken Berberian : Les pays comptent peu, ils servent juste de cadre : chacun de nous, mis à part le lieu où il vit, n'est rien d'autre qu'un être humain... Il aime, il hait, il souffre et il jouit; et puis le peuple arménien est connu pour être nomade, un peu par volonté, mais aussi par obligation.

- Giovanni Zambito : Dans ton expérience d'écrivain, reconstitution et histoire vont-elles de pair ?
- Vasken Berberian : Tout à fait. Le contexte inspire l'histoire et vice versa. Il s'agit d'un roman historique, j'étais obligé, dans un sens, de suivre mes personnages, là où les grands événements les ont conduits, en forgeant leur caractère et en les transformant, jusqu'à devenir autres.

- Giovanni Zambito : Pourquoi as-tu choisi les années 50 comme cadre temporel ?
- Vasken Berberian : Le Collège Moorat-Raphael de Venise, que j'évoque dans le roman, a connu son heure de gloire dans les années 50. De nombreux philosophes, écrivains, théologiens, dont certains sont encore en vie, sont les anciens élèves de ce collège et de cette époque. Le témoignage de l'un d'eux - un entretien long de trois heures - m'a aidé à reconstituer fidèlement les années 50 à Venise.

- Giovanni Zambito : Envers qui est indifférent le ciel, auquel tu te réfères dans le titre ?
- Vasken Berberian : Parfois, le ciel semble nous être indifférent. Il nous arrive à tous de traverser une période difficile dans notre vie, alors que le ciel reste impassible à nous regarder d'en haut. Ce n'est pas une histoire triste, l'espoir arrive à la fin, comme le rappelle le bandeau rédigé par Antonia Arslan, : une fascinante histoire arménienne de passion et de rachat.

- Giovanni Zambito : L'enfance du héros doit-elle quelque chose à la tienne ?
- Vasken Berberian : L'histoire n'est pas autobiographique... Bien sûr, les pays que je décris, en dehors de l'Arménie et de la Sibérie, sont des pays où j'ai vécu et que je connais bien. J'ai voulu rendre hommage à mon peuple avec une histoire qui, je l'espère, pourra concerner tout le monde, quel que soit l'âge et la nationalité.
          
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Traduction de l'italien : © Georges Festa - 06.2014