mardi 15 juillet 2014

Micheline Aharonian Marcom - Interview



© MētisPresses (Genève), 2014 - trad. G. Festa


Le réel est vécu dans le corps : entretien avec Micheline Aharonian Marcom
par Jason DeYoung
Numéro Cinq, vol. V, n° 2, Feb. 2014


Il y a quelques mois, Micheline Aharonian Marcom m'a envoyé un courriel de remerciement pour ma recension (1) de son dernier roman, A Brief History of Yes, dont on peut lire un extrait dans Numéro Cinq (2). C'était incroyable de recevoir un courriel de la part d'un auteur, dont j'admire tant l'œuvre. En écrivant ma recension, je m'étais attaché à chacun de ses romans, du fait de leur mélange remarquable de passion et d'inventivité formelle. Ils me rappellent souvent certains passages de William Faulkner et Clarice Lispector. A la fois splendides et originaux, ses romans recherchent de manière obsédante l'ineffable au sein du langage. Ci-joint un passage exemplaire de son roman le plus récent :

And yes is the hillside grove; the invisible songbird inside of it. Yes the three-legged dogs in the white clay city. The blue pushing the sky out like a girl pushes from behind her mother's skirts with her hand to see what she has hidden from only moments ago. His feet, bony, ugly and black, and her toenails painted with lacquer a red or brown. Water. The water in the glass. The clear glass, the clear water. Water and the glass the same color which is clear and the word clear which doesn't say the yes of the color or the isness of all the life in the color or nothing in the glass holding water oxygen like refracted on the glass which is the image on glass of the window, the blue peeking sky, fingerprints, greasy and earthy, so that the glass doesn't fly off into ethereal metaphors and the girl itself, Maria, in the glass: thin stretched-down face, dark eyes, the right darker than the left, the right hand lifted in prayer, in benediction, and the mouth smiling now, open, saying, singing herself.

- A Brief History of Yes (Dalkey Archive Press, 2013)

[Oui ce bosquet à flanc de coteau; ce chant d'oiseau invisible en son sein. Oui ces chiens à trois pattes dans la ville d'argile blanche. L'azur repoussant le ciel comme la petite fille repousse de la main les jupes de sa mère pour voir ce qu'elle cache depuis peu. Ses pieds, anguleux, horribles et noirs, aux ongles vernis de rouge ou de noir. L'eau. L'eau dans la vitre. Clarté de la vitre, clarté de l'eau. Eau et vitre la même couleur claire et ce mot clair qui ne dit pas le oui de la couleur ni l'essence de toute cette vie au sein de la couleur ni rien dans la vitre qui porte l'eau l'oxygène comme réfractée sur la vitre qui est l'image sur la vitre de la fenêtre, le ciel bleu furtif, empreintes de doigts, grasses et terrestres, si bien que la vitre ne s'élance pas vers de vagues métaphores et la fille, Maria, dans la vitre : visage fin tendu, yeux sombres, le droit plus sombre que le gauche, la main droite levée en prière, en bénédiction, et la bouche qui sourit maintenant, ouverte, qui parle, chante.]

Suite à son premier courriel, j'ai saisi cette occasion pour lui poser quelques questions sur ses romans, ses pratiques d'écriture et sa vision artistique. Comme Marcom le précise plus bas, elle prend ses obsessions et des "histoires qu'on ne raconte pas," pour thème de son œuvre et qu'elle transforme en investigations. Elle a exploré le génocide arménien dans ses trois premiers romans (Three Apples Fell From Heaven, The Daydreaming Boy et Draining the Sea) et la sexualité féminine dans son œuvre la plus récente (The Mirror in the Well et A Brief History of Yes). Dans chacun de ces livres, elle se révèle à chaque fois une écrivaine au regard inlassable, dépeignant des actes à la fois tendres et monstrueux qui poussent ses personnages vers des lieux - que ce soit de l'intérieur ou de l'extérieur - qui sont au-delà des mots ou sans. Notre entretien a eu lieu par courriel fin 2013. (Jason DeYoung)

- Jason DeYoung : Tu as écrit une trilogie sur le génocide et maintenant tu écris (ou tu as écrit) une trilogie de 'drames familiaux,' pour reprendre ton expression. Qu'est-ce qui t'attire dans les trilogies ? En quoi te sont-elles utiles comme artiste ? Des trilogies t'ont-elles influencée ?
- Micheline Aharonian Marcom : Je ne crois pas; de toute façon, je savais ou je prévoyais d'écrire une trilogie - en fait, quand j'ai fini mon premier roman, j'ai réalisé que tout ce que j'avais envie de dire ne "tiendrait" pas dans un seul livre, c'est alors que le deuxième a commencé à émerger dans mon esprit. J'ai réalisé, ou décidé à un certain point, que naturellement trois livres se suivraient, suivant trois générations d'Arméniens et, en quelque sorte, suivant la chronologie et les déplacements géographiques de ma famille (même si ni le deuxième, ni le troisième dans cette trilogie ne sont biographiques). Alors que dans la seconde trilogie que j'ai écrite, je pensais à une trilogie "familiale," tournant autour de narratrices dans leurs rapports avec les hommes, et des questions liées à l'amour, avec ses grands thèmes - l'adultère, l'amour non partagé, les pulsions et les penchants morbides de l'éros - je ne réalisais pas, jusqu'à ce qu'écrive probablement le troisième, The Nothing on Which the Fire Depends, qu'ils étaient en fait trois et comme liés entre eux, formant donc une sorte de trilogie. Outre ces six romans, j'en ai écrit trois autres, qui ne sont pas des trilogies... Peut-être cela a-t-il plus à voir avec le sujet principal qu'explorent en priorité ces ouvrages. Et puis trois est un chiffre stable : un triangle... La trinité. Il est ce "point culminant de la manifestation," comme dit le Dictionnaire des symboles : on ne peut rien ajouter.

- Jason DeYoung : Tu disais dans ton interview avec Context (3), que "les livres [...] 'font' des écrivains les écrivains qu'ils sont." Pourrais-tu en dire un mot ou préciser ce que tu entends par là ?
- Micheline Aharonian Marcom : Je dis souvent à mes étudiants que les livres qu'ils écrivent, en particulier, peut-être, le premier, "fait" l'écrivain. Quand j'écrivais Three Apples Fell From Heaven, ce livre était si au-dessus de mes cordes, de mes capacités, de ce dont je me croyais capable, qu'il m'a poussée - le matériau comptait tant pour moi, non seulement parce qu'il s'agit de l'histoire de la survie de ma famille au génocide arménien, mais je ressentais aussi une responsabilité envers ces victimes inconnues, dont les histoires n'ont pas, non plus, été médiatisées. L'écriture de ce livre mettait donc la barre haute, un processus d'apprentissage exigeant. Et même le langage ne donnait déjà pas l'impression de pouvoir porter les histoires, les pertes, il devait essayer de le faire. J'ai dû faire de mon mieux et le livre, tel qu'il est apparu, y a répondu, d'une certaine manière : c'est là, peut-être, le grand mystère de la fabrication des livres : le fait que l'écrivain fasse de son mieux, mûrisse son métier, lise sans cesse, "tout," ainsi que William Faulkner nous y exhorte - alors elle écrit, échoue et écrit encore - tomber dans le rythme des récits et les "voix," puis trouver, finalement, et concrétiser, la forme définitive d'un livre. Ecrire, pour moi, ressemble à ma façon d'éprouver la conscience : elle a ses hauts et ses bas - le côté intellectuel et le côté très terrestre - il faut, après tout, s'asseoir dans un fauteuil, écrire et corriger des années durant, c'est une vocation silencieuse, conventionnelle, et pourtant les dieux surgissent... L'inspiration fait aussi partie du processus.       

- Jason DeYoung : Je viens juste de terminer un grand projet sur Joseph McElroy et, durant mes recherches, je suis tombé sur son essai sur le 11 septembre (4), où il se demande "quelle connaissance puis-je avoir, qui soit de quelque utilité." Cette confidence m'a vraiment frappé, car (de mon point de vue) voilà un des grands romanciers du 20ème siècle en train de se demander quel est son rôle face à cette tragédie. Or cette interrogation m'a fait à nouveau penser au rôle de l'écrivain, et aux nombreuses définitions que j'ai lues; les deux premières, qui viennent en tête, sont cette affirmation d'E. L. Doctorov, "La responsabilité ultime de l'écrivain est de témoigner," et celle de William T. Vollmann, "Notre tâche est de représenter des problèmes humains importants." Chaque écrivain semble avoir une définition toute personnelle de cette "tâche." Quelle est la tienne ?
- Micheline Aharonian Marcom : Je respecte infiniment William T. Vollmann et suis, je pense, d'accord pour l'essentiel avec ta citation, quant à l'écrivain qui "a pour tâche de représenter des problèmes humains importants." Ecrire pour moi c'est chercher. Et ce que je cherche varie et continue de varier, à mesure que mes domaines d'intérêt s'élargissent, que je m'interroge, que mon cœur et mon esprit sont touchés... que mes obsessions se révèlent. Je m'intéresse toujours aux histoires qui ne sont pas dites, qui sont censurées, niées, effacées : les histoires interstitielles, celles aussi dont on se détourne, où la honte est une forme de censure. Je suppose que tu remarques déjà ces "obsessions" dans mes premiers romans : les génocides des Arméniens et des Mayas Ixil au Guatemala, mais ils sont aussi évidents dans Mirror avec cette histoire de sexualité féminine non censurée et sans entraves, et dans mon dernier roman, The New American, sur cet étudiant américano-guatémaltèque, resté anonyme, déporté au Guatemala et qui revient en Californie à bord de trains de marchandises, avec d'autres immigrés d'Amérique Centrale. J'imagine que tu vas me dire que je n'écris que sur des choses qui me semblent urgentes, que je crois importantes. Mais ça inclut aussi de petits détails, comme ce colibri, dont je parle, qui surgit et se pose sur mon perron, ou cette araignée tisserande, qui file sa toile à nouveau, chaque nuit, en septembre, dans le jardin. La beauté de la nature compte elle aussi.        

- Jason DeYoung : D'après ce que je retire d'autres interviews que tu as donnés, tu es lue en profondeur. Je suis toujours curieux des habitudes de lecture d'un écrivain, et savoir comment il lit. As-tu une méthode de lecture pour les textes que tu étudies ? Cherches-tu quelque chose en particulier ?
- Micheline Aharonian Marcom : J'aimerais être lue en profondeur. J'adore les livres et il y en a tant que je n'ai pas encore lus ou que je n'ai lus qu'une seule fois. Quand j'ai commencé à écrire et à étudier plus sérieusement, aux approches de la trentaine, je lisais tout - des choses anciennes, nouvelles, récemment parues, etc. J'ai l'impression maintenant de ne m'intéresser, plus ou moins, qu'aux grands livres, qui sont "à la hauteur" ... Quelque part, ces années de lecture font que je ressens les choses plus rapidement. Avec les livres que nous appelons "classiques," nous espérons trouver cette "perfection esthétique" : ils ont duré et sont admirés pour cette raison. Avec les livres plus récents, on se fie à son instinct et on suit ses préférences, parce que le temps ne peut pas encore nous aider. Mais je suis toujours si heureuse de découvrir de nouveaux écrivains et de nouveaux livres ! Et c'est dans ce but, en fait, que je demande conseil à des écrivains, des critiques et des lecteurs avertis. J'essaie de lire tous azimuts, à travers le temps et l'espace. Je n'ai jamais compris ceux qui ne lisent que leurs semblables dans leur pays. Mais je pense aussi à quelqu'un comme Montaigne, qui ne lisait que quelques livres, de grands livres, sans arrêt - ce qui a cet intérêt immense : lire en profondeur. Beaucoup de livres ne tiennent pas la route à la seconde lecture, une fois l'intrigue découverte, le livre perd toute sa force - voilà pourquoi une deuxième lecture (et une troisième et une quatrième) en apprend tellement, révèle tant de choses sur un texte.  

- Jason DeYoung : Un des traits frappants de ton écriture - et une chose que j'admire - c'est ton exploration du corps, comme dans A Brief History of Yes, la poitrine concave de l'amante; dans The Mirror in the Well, la chatte de la femme; et, bien sûr, Draining the Sea a beaucoup à dire sur le corps et les corps. C'est parfois superbe et parfois laid (mais il y a une liberté et une proximité à l'égard de cette laideur, aussi, à en porter témoignage). Quel rôle le viscéral, le corps, la chair jouent-ils dans ton œuvre ? Cette question s'inspire, en partie, de deux phrases dans A Brief History of Yes : "N'as-tu pas vu ton Christ sur la croix ? Et pourquoi les protestants nient-ils l'image, là où l'on peut éprouver la connaissance ?"         
- Micheline Aharonian Marcom : Dans son admirable étude A Propos of 'Lady Chatterley's Lover' [Sur 'L'Amant de lady Chatterley'], D. H. Lawrence écrit : "La vie du corps est faite de sensations et d'émotions. Le corps éprouve la faim réelle, la soif réelle, la joie réelle sous le soleil et dans la neige, le plaisir réel dans l'odeur des roses ou l'apparence d'un lilas en floraison; la colère réelle, le chagrin réel, l'amour réel, la tendresse réelle, la chaleur réelle, la passion réelle, la haine réelle, la douleur réelle. Toutes les émotions appartiennent au corps et ne sont que reconnues par l'esprit." Pour répondre à ta question, je dirais que je m'intéresse depuis toujours au réel; intuitivement, et parfois consciemment, comme dit ici Lawrence, je sais que le réel est vécu dans le corps. Il est notre manière de connaître toute chose. Lawrence poursuit : "La religion chrétienne a perdu, dans le protestantisme finalement, la communion avec l'univers, la communion du corps, du sexe, des émotions, des passions, avec la terre, le soleil et les étoiles." C'est là, peut-être, en partie mon "écriture du corps," mon intérêt à coucher par écrit la totalité, la "communion." Je pense depuis longtemps qu'il devrait y avoir un mot en anglais, qui englobe penser et ressentir, à savoir, comment nous découvrons les choses; ce n'est que récemment que j'ai réalisé que le mot latin "sentire," que nous traduisons en anglais par "réaliser" et qui est à la racine de mots comme "sentiment," signifie, en fait, cela ! Penser-ressentir.      

- Jason DeYoung : Tu évoquais tes romans comme des recherches, le fait que tu écrives d'instinct, mais, à un certain point, les préoccupations formelles deviennent une priorité. Pourrais-tu en dire un mot ? Le travail augmente-t-il ou se contracte-t-il à ce moment-là ? Quels sont les modèles, à ton avis, qui président à ton travail ?
- Micheline Aharonian Marcom : Je réfléchis toujours à la forme, aux modèles. Ça ne vient pas après coup, mais c'est concomitant à la création d'un livre. J'obéis à ce que je définis comme "feu" en tant qu'écrivain. Ecrire des scènes à mesure et là où j'éprouve une énergie, comme tu dirais. Avec le temps, l'esprit crée des modèles et la forme commence à devenir apparente. Mais je prends beaucoup de décisions conscientes et délibérées quant à la forme; je suis l'artiste et je sais que c'est mon travail de tenir les rênes du livre, l'affiner, le mettre en ordre, etc. Pour ce faire, le processus d'édition peut être très long et minutieux. Dans les premières versions, je suis plutôt insouciante, mais ensuite je resserre les vis, je lis, j'imprime et je revois le tout, jusqu'à ce qu'un livre soit achevé. Jusqu'à ce que chaque virgule soit là où je veux. Chaque mot. Au niveau où j'en suis capable.

- Jason DeYoung : Tu écris des romans "sociaux" et "familiaux," pourrais-tu livrer un aperçu sur leur processus d'écriture, leurs différences ? Privilégies-tu l'un ou l'autre ? Ou bien sont-ils les deux faces d'une même médaille, autrement dit, l'un ne peut-il exister sans l'autre ?
- Micheline Aharonian Marcom : J'écris ce que je ressens en écrivant, ce que je me sens appelée à écrire, l'urgence. La seule véritable différence entre les romans "historiques" et "sociaux," que j'ai écrits, est que les premiers demandent habituellement un grand nombre de recherches et de déplacements, alors que les seconds sont moins exigeants. Cela dit, je me rappelle mon voyage au Portugal pour écrire A Brief History. J'ai mené là aussi beaucoup de recherches sur Lisbonne et le fado, j'écoutais souvent du fado, tout en étudiant la peinture des icônes et son histoire, en allant dans les musées pour les observer, jusqu'à me retrouver, à un moment, à étudier la migration des oiseaux et les grives solitaires. Je suppose qu'écrire, pour moi, ce n'est pas seulement chercher, il y a aussi que je suis curieuse et que j'ai envie d'améliorer mes connaissances, et que les livres sont une façon pour moi d'approfondir mes intérêts variés du moment; de plus, tout ce qui m'intéresse a tendance à se frayer un chemin dans mes ouvrages !   

- Jason DeYoung : Tu es (ou étais) enseignante. Quel enseignement apporte l'écriture ? Qu'as-tu appris à tes étudiants, selon eux ?
- Micheline Aharonian Marcom : J'ai enseigné pendant vingt-cinq ans, plusieurs disciplines - j'étais enseignante, avant de devenir écrivaine, en fait. Ces onze dernières années, j'ai enseigné dans une filière mastère en beaux-arts, en animant des ateliers d'écriture. J'enseigne l'écriture à partir de mon expérience d'écrivaine. L'influence principale sur ma pratique d'enseignement a été mon ancien professeur, Ginu Kamani, qui m'a appris à "faire mon apprentissage" avec les livres. Un enseignement de l'écriture ? Lire ! Adorer les livres et lire, lire, lire - les livres sont nos maîtres. Je crois que mes étudiants diraient que je les encourage à être leurs propres éditeurs, à s'entraîner pour être les meilleurs lecteurs de leurs livres et à avoir confiance en eux : l'œuvre leur appartient, et là seulement ils peuvent y arriver et décider si elle les satisfait.

- Jason DeYoung : Des projets ?
- Micheine Aharonian Marcom : Mon sixième ouvrage, The New American, va paraître chez Simon & Schuster.   

Notes


[Micheline Aharonian Marcom est l'auteure de deux romans publiés. Les trois premiers - Three Apples Fell From Heaven (2001), The Daydreaming Boy (2004) et Draining the Sea (2008) - ont pour thème le génocide et composent une sorte de trilogie. Son nouveau roman, A Brief History of Yes, fait pendant (deuxième d'une nouvelle trilogie) à The Mirror in the Well. Ancien boursière Fulbright et de la Lannan Foundation, lauréate du Whiting Writers' Award et du PEN/USA Award for Fiction, elle vit à Berkeley, en Californie.

Jason DeYoung vit à Atlanta, en Géorgie. Ses textes de fiction et autres écrits ont paru récemment ou sont à paraître dans REAL: Regarding Art and Letters, Music & Literature, New Orleans Review, The Los Angeles Review, Numéro Cinq, et The Best American Mystery Stories 2012.]
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Traduction : © Georges Festa - 07.2014