dimanche 28 septembre 2014

Carlos J. Sáenz : Aracsi y el cónsul alemán / Araxie et le consul d'Allemagne



© Nuevo Hacer (Buenos Aires), 2014


Présentation du roman Aracsi y el cónsul alemán
de Carlos J. Sáenz
Sardarabad (Buenos Aires), n° 1765, 20.08.2014


Le 12 mars dernier, dans la salle Siranouche du Centro Armenio [Centre Arménien], s'est déroulée la présentation de l'ouvrage Araksi y el cónsul alemán [Araxie et le consul d'Allemagne], de l'écrivain et scénariste Carlos J. Sáenz, en présence de l'ambassadeur d'Arménie en Argentine, S.E. Vahakn Mélikian, du Primat de l'Eglise apostolique arménienne pour l'Argentine et le Chili, Monseigneur Kissag Mouradian, de l'ambassadeur Hernán Mazzini Ezcurra, de représentants d'institutions communautaires, d'amis et de collègues de l'A., et de journalistes.    

L'ouvrage, publié à la demande de l'ingénieur Jorge Vartparonian pour les éditions Nuevo Hacer, est le premier de l'A., spécialisé dans le cinéma.

Argentin, né à Buenos Aires, Carlos Sáenz est metteur en scène et scénariste. Il a réalisé plusieurs courts-métrages, écrit et dirigé plusieurs longs-métrages, principalement des documentaires, qui ont connu un grand succès.

En 2003, il figura parmi les lauréats du Prix Raíces de l'Institut National du Cinéma et des Arts Visuels d'Argentine, conjointement à son homologue espagnol, pour son projet de long-métrage historique, El león de las sierras [Le Lion des sierras], projeté lors du Festival International du Film, à Mar del Plata.

Araksi y el cónsul alemán a pour origine un scénario personnel, réalisé en collaboration avec l'ingénieur Jorge Vartparonian. Il s'agit d'une superproduction à caractère guerrier et historique, en cours de financement.

Lors de la présentation, Carlos Manoukian, membre du conseil d'administration de l'Eglise arménienne, prononça des paroles de bienvenue et présenta la table ronde, composée de Rubén Mozian et des écrivains Marcos Aguinis, Jorge Torres Zavaleta et Carlos Sáenz.

Le modérateur était Rubén Mozian, en charge de la commémoration du centenaire du génocide des Arméniens, prévue l'année prochaine. Il rappela l'obligation morale, pour tous les Arméniens et leurs descendants, d'exiger réparation pour leurs souffrances, expliquant qu'une des formes de réparation est précisément la médiatisation. De ce point de vue, Araksi y el cónsul alemán est essentiel, s'agissant du premier roman argentin sur le génocide des Arméniens.

Il présenta ensuite les intervenants, qui évoquèrent le contenu de l'ouvrage.

Marcos Aguinis, écrivain et essayiste, prit le premier la parole, estimant que cette œuvre avait un goût doux-amer, puisque traitant du génocide des Arméniens, mais qu'il convenait de saluer une création littéraire sur ce sujet.

Aguinis présenta le contexte historique dans lequel les faits se déroulent : la Première Guerre mondiale, qu'il qualifia de tsunami, renversant quatre empires et changeant la carte du monde. C'est dans ce contexte qu'advint le génocide des Arméniens dans l'empire ottoman, qui avait connu un précédent lors des agissements du "sultan rouge," Abdülhamid II.

Il releva, de même, le négationnisme de l'Etat turc, qui nie avoir perpétré un génocide et l'application incorrecte de ce terme à d'autres types d'actions criminelles. Il évoqua aussi la nouvelle génération d'intellectuels turcs qui, non seulement, reconnaissent le génocide, mais, en outre, se solidarisent avec les Arméniens. A cet égard, il rappela l'assassinat de Hrant Dink, éditeur du journal Agos, en janvier 2007.

Concernant le caractère des personnages du roman, Aguinis souligna comment changent les êtres humains, lesquels semblent répondre à tel profil, pour changer soudain et se muer en une autre personne. A cet égard, Araksi y el cónsul alemán compte des personnages adorables et répugnants, précisa-t-il.

Evoquant l'ouvrage, l'écrivain Jorge Torres Zavaleta expliqua que son élaboration fut un travail lent, réfléchi. "Il s'agit d'un roman épique, qui éblouit par ses intrigues," faisant observer que, dans ce genre d'ouvrage, la fiction se fait "plus intérieure et plus subjective."

Parallèlement, à ses yeux, il s'agit d'un "roman à thèse," faisant le lien entre le génocide arménien et la Shoah, qu'il précéda de peu.

L'action se déroule dans une atmosphère bucolique, en ce que les êtres apprécient le lieu où ils vivent. L'on a affaire à un roman, qui traite des conflits intérieurs des personnages. A cet égard, l'intervenant souligna la prouesse de l'A., qui a su "s'inventer une mémoire," absorbant une suite de données pour les utiliser en tant qu'information, en vue de la création de ses personnages et susciter l'empathie du lecteur.

L'A. prit finalement la parole, remerciant les intervenants et l'assistance pour leur présence. Il présenta la conception de l'ouvrage, né de discussions avec Jorge Vartparonian, qui lui communiqua un matériau abondant sur le sujet, pour l'élaboration du scénario et sa transformation ultérieure en roman.

Il évoqua le processus de création et l'influence de ces lectures pour définir ses personnages et les adapter à la littérature.  

Au terme de cette présentation fut offert un vin d'honneur, tandis que l'A. signait des exemplaires du livre, le produit de la vente étant destiné au Fonds National Arménien, sur demande de l'éditeur, l'ingénieur Jorge Vartparonian.      

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Traduction de l'espagnol : © Georges Festa - 09.2014