dimanche 7 septembre 2014

Découverte d'un document inédit sur le génocide arménien dans une bibliothèque parisienne / New Document on Armenian Genocide Discovered in Paris Library



Zabel Essayan (1878-1943)
© http://www.zabelyesayan.com/


Découverte d'un document inédit sur le génocide arménien dans une bibliothèque parisienne
Massis Post, 21.08.2014



ISTANBUL - Durant leurs recherches à la Bibliothèque Nubar, à Paris, l'historien turc Umit Kurt et le journaliste Alev Er ont découvert un document, jusque là inédit, sur le génocide arménien, et qui a pour auteur Zabel Essayan, la grande écrivaine d'alors.

Ce document de 11 pages relate en détail le sort réservé aux Arméniennes en 1915 et ensuite. Zabel Essayan soumit ce document au représentant de la délégation arménienne à la Conférence de Paris, Boghos Nubar Pacha, d'après un article paru dans le périodique arménien Agos, basé à Istanbul, qui en a présenté des extraits.

Essayan relève notamment que, depuis le début de la guerre, le parti Ittihat ve Terraki [Union et Progrès] a systématiquement exterminé la population non musulmane de l'empire. Les jeunes femmes et les enfants, dont le nombre dépasse les 200 000, furent enlevés de force.

Romancière talentueuse, Zabel Essayan naquit en 1878 à Scutari, un district de Constantinople. Très tôt, elle ambitionna d'être écrivaine et, à l'âge de 17 ans, publia un court texte dans une revue littéraire. Elle poursuivit des études supérieures à Paris, où elle s'inscrivit à la Sorbonne, corrigeant un dictionnaire franco-arménien et écrivant des articles et des nouvelles pour des revues françaises et arméniennes. Elle revint à Constantinople à l'âge de 30 ans pour y mener une vie littéraire active, reconnue pour son talent. Les Jeunes-Turcs la rangèrent aux côtés de Zohrab, Zartarian, Siamanto et Varoujan, inscrivant son nom - la seule femme écrivain - sur leur liste de mort. Elle s'enfuit en Bulgarie et, de là, parvint à gagner le Caucase, où elle documenta nombre d'atrocités en cours. En 1918, elle partit en Egypte, puis en Cilicie et à Paris, au service de la Délégation arménienne pour la paix.

Désabusée, elle devint communiste et exhorta l'ensemble des Arméniens de diaspora à reconnaître l'Arménie soviétique comme leur seule et unique patrie.

En 1927, elle visite l'Arménie soviétique, pour la première fois. Peu après, elle est invitée à s'y établir de façon permanente. En 1933, à l'âge de 55 ans, elle quitta sa vie parisienne confortable et s'installa en Arménie soviétique, avec sa fille, Sophie, et son fils, Hrant. A Erevan, elle enseigna la littérature comparée et la littérature française à l'université, écrivant de nombreux articles et publiant de façon prolifique. L'on pense, mais cela n'est pas certain, qu'elle s'est noyée et qu'elle est, très probablement, morte en exil, quelque part, en 1943.   

Lien vers l'article en turc d'Agos :
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Traduction : © Georges Festa - 09.2014