dimanche 19 octobre 2014

Constantinople et Smyrne dans les imaginaires de la diaspora arménienne et grecque - II / Constantinople and Smyrna in the Diasporan Armenian and Greek Imaginaries [Part Two]




© Asi Film Production - Yeni Sinemacilik - YXN Film, 2011; Think Positive Films, 2011; Graal, 2012; Crescent Street Films - Greek America Foundation, 2012



Constantinople et Smyrne dans les imaginaires de la diaspora arménienne et grecque - II
par Jennifer Manoukian
Jadaliyya, 28.05.2013


Constantinople dans les films de la diaspora arménienne

Si la production artistique dans la diaspora arménienne ne fut nulle part aussi abondante qu'à Constantinople, dans l'empire ottoman finissant, des générations d'artistes arméniens en diaspora - travaillant au Moyen-Orient, en Europe et aux Amériques - ont battu en brèche la thèse de Zabel Essayan, dès les années 1920. Or, ces dernières années, des cinéastes arméniens de la diaspora ont même commencé à se servir de leur symbole pour preuve de l'invalidité de sa théorie. En faisant de l'Istanbul contemporaine l'objet d'une étude artistique, les cinéastes de la diaspora arménienne ébranlent l'aspect péremptoire de sa théorie en puisant leur inspiration cinématographique dans cette ville, alors qu'ils vivent et travaillent en diaspora. L'exil, qu'Essayan observe dans les œuvres d'Emma, produites hors de Constantinople, reste néanmoins visible dans les créations de ces réalisateurs. Essayan explique ainsi les traces physiques de l'exil dans l'art :

"Nous sommes comme des exilés dans une terre étrange et lointaine. Nous sommes des exilés dans notre ville natale, puisque privés de l'environnement culturel que notre peuple crée autour de nous par son effort collectif. Seuls de vagues liens fragiles nous relient à notre terre d'origine."  

Alors qu'Essayan voit dans ces marques d'exil un obstacle à la création artistique, les cinéastes de la diaspora arménienne font de leur situation d'exilés le terreau de leur expression artistique. Naturellement, ils entretiennent avec la ville des liens plus émotionnels que physiques, ce qui ne les empêche pas de s'approprier les liens qui ont été préservés dans l'imaginaire de la diaspora et de chercher à comprendre la mentalité d'exilé, dont ils ont hérité, en revenant dans cette ville et en l'explorant grâce au cinéma.

Le court-métrage Bolis (abréviation en arménien pour Constantinople/Istanbul), d'Eric Nazarian (2010), et le documentaire I Left My Shoes in Istanbul, de Nigol Bezjian (2011), présentent des retours dans la ville, empreints de valeur symbolique, autant pour les cinéastes que pour les thèmes de leurs films.

Bolis raconte l'histoire d'Armenag Mouradian, un joueur d'oud, issu de la diaspora arménienne des Etats-Unis, qui se rend à Istanbul pour se produire lors d'un festival de musique. Il est le premier dans sa famille à revenir dans cette ville, depuis leur fuite en 1915. Ces sombres souvenirs le hantent, tandis qu'il commence à explorer l'Istanbul de 2010. Avant le spectacle, il décide de retrouver l'endroit du magasin de musique, que possédait son grand-père à l'époque ottomane. Ce faisant, l'ambivalence, qu'il ressent à l'égard de la ville, s'amenuise, à mesure qu'il éprouve par lui-même l'Istanbul moderne. Myrna Douzjian explique brièvement cette transformation, lorsqu'elle écrit : "La tendance première [de Mouradian] à rejeter Istanbul évolue rapidement vers un ensemble complexe d'émotions nuancées : une appréciation de la population et de l'histoire culturelle de la ville, ainsi qu'un sentiment de nostalgie pour ses espaces divers." (1)            

I Left My Shoes in Istanbul, de Nigol Bezjian, explore les thèmes similaires du retour et de la nostalgie, mais au moyen du documentaire. Son film est centré sur Sako Arian, un poète libano-arménien, qui revient dans la ville de ses ancêtres et qui tente de reconstituer un passé d'avant 1915, en visitant les rues, les églises et les écoles, qui faisaient autrefois partie de quartiers arméniens très animés. Comme Mouradian, Arian éprouve un mélange de sentiments en revenant dans une ville, pour laquelle il ressent à la fois de la nostalgie et un malaise, trouvant finalement apaisement et proximité dans l'incarnation moderne de la ville.

Les sujets traités dans ces films dépassent le cadre purement cinématographique et ont à voir avec la vie des réalisateurs, tous deux Arméniens de diaspora, aux prises avec leur rapport complexe avec la ville. Dans un entretien (2), Bezjian précise qu'une sensation inattendue de proximité, lors de son premier séjour dans la ville, l'a poussé à l'étudier plus en profondeur, dans son film :

"Je n'envisageais pas de réaliser un film sur Istanbul. C'est arrivé via un autre film que je réalisais sur Daniel Varoujean [poète arménien ottoman]. C'est pour ce film que je suis allé à Istanbul, pour la première fois de ma vie. [A Istanbul], j'ai réfléchi plus en profondeur sur la ville, qui m'était familière, même si je n'y étais jamais allé. Je connaissais le nom des quartiers. Je connaissais les habitants. Les visages de la communauté arménienne d'Istanbul m'étaient familiers. J'avais vu L'Epouse du conseiller de la paroisse; j'avais vu Apisoghom Agha [deux personnages de la littérature arménienne ottomane] (3) - pas comme à l'époque, bien sûr, mais sous leur forme moderne. J'avais un assistant turc, qui était très surpris de voir que je savais tout ça, en allant pour la première fois à Istanbul. Si bien que, durant ces deux ou trois jours, j'ai ressenti plein de choses, et de cette expérience est né I Left My Shoes in Istanbul."

Eric Nazarian fait écho à cette sensation étrange d'appartenance et de différence, lorsqu'il relate sa venue à Istanbul, pour y réaliser son film :

"Certaines rues d'Istanbul suscitent un sentiment des plus étrange de déjà-vu. Je n'arrive toujours pas à décrire cette sensation. L'impression de rentrer chez moi, tout en sachant que je reste un étranger dans cette ville. Un état d'esprit très bizarre, mais aussi très poétique, dans lequel on se laisse porter. J'ai compris alors qu'aucun génocide, aucune persécution, aucune politique ne pourront jamais édulcorer, ni amenuiser l'apport extraordinaire du peuple arménien à l'architecture, à la culture, à l'histoire, au patrimoine, à la musique et à la société d'Istanbul." (4)      

Dans leur œuvre, les deux cinéastes éclairent les apports des Arméniens à cette ville, non seulement pour un public arménien, très désireux de voir son histoire portée à l'écran, mais en particulier pour un public non arménien, ne connaissant pas le lien historique entre Constantinople et le peuple arménien. Avec une attention particulière pour le public turc. En présentant des membres de la diaspora arménienne - une communauté souvent calomniée en Turquie pour ses appels véhéments à la reconnaissance du génocide - et en évoquant, avec sensibilité, le bouleversement intérieur, qui continue de se déchaîner en eux, conséquence d'un traumatisme séculaire, ces réalisateurs s'efforcent de susciter de la compassion, au sein de l'opinion turque, à l'égard d'un peuple, dont ils ne connaissent que la caricature.  

L'admiration réciproque pour la ville, qui se manifeste dans ces films, sert aussi de lieu de standardisation. Même si ces films montrent des habitants à différents endroits de l'Istanbul moderne - autant d'aperçus sur la Constantinople de 1915, figée dans le temps - dont ils ignoraient totalement l'existence, ces lieux restent toujours très vivants dans l'esprit des Arméniens de la diaspora, vivant à des milliers de kilomètres de là.

Nazarian conçoit son film comme un pont entre la diaspora arménienne et la Turquie, lorsqu'il écrit :

"Pour moi, en tant que réalisateur, l'important est de faire de Bolis une histoire humaine entre un Turc et un Arménien de diaspora, découvrant un lien émotionnel, via un récit et le fait d'affronter ouvertement, en toute sincérité, notre passé." (5)

Le court-métrage de Nazarian fait, en réalité, partie d'un film plus vaste, intitulé Do Not Forget Me Istanbul, qui vise un même objectif. Le projet se compose d'un ensemble de courts-métrages, dus à des cinéastes représentant différentes minorités ethniques - arménienne, grecque, juive, arabe, bosniaque - lesquelles faisaient autrefois partie intégrante de la ville, mais que les générations plus jeunes de Stambouliotes ne connaissent peut-être pas.

Si le fait de travailler sur Constantinople et la communauté arménienne ne peut qu'évoquer le passé dans une certaine mesure, ces films se proposent résolument de lancer des discussions, susceptibles d'aider à forger l'avenir. Or ces réalisateurs ne considèrent pas leurs films comme faisant partie du débat, lourdement politisé, sur la réconciliation entre la Turquie, l'Arménie et la diaspora arménienne. Leur travail est, néanmoins, en soi politique, en ce que ces films ont le pouvoir d'atteindre tout un chacun, d'encourager la réflexion critique et de décaper le nationalisme, qui ronge l'esprit des Arméniens comme celui des Turcs.

Smyrne dans les films de la diaspora grecque

Dans l'imaginaire de la diaspora grecque, Smyrne joue un rôle similaire à celui de Constantinople pour les Arméniens : ville importante au plan historique, qui s'enorgueillissait d'une vaste communauté grecque avant 1922, Smyrne est restée un lieu de nostalgie et de traumatisme pour les Grecs de la diaspora, dont les parents et les grands-parents furent contraints de fuir la ville. Or, à l'instar des Arméniens de la diaspora, leurs homologues grecs ont gardé une mémoire vivante de leur ville ancestrale, préservant l'héritage de souvenirs d'un passé idyllique, bien que douloureux, qu'ils commencent à représenter à travers le cinéma.      
        
Le documentaire Smyrna: The Destruction of a Cosmopolitan City 1900-1922, produit en 2012 par Maria Ilioú, opère une approche historique, afin de comprendre sa ville ancestrale - une ville que son père dut fuir à l'âge de neuf ans. Fouillant la dimension historique de la ville moderne d'Izmir, souvent absente du discours dominant en Turquie, elle met au jour des photographies et des séquences d'archives, tout en menant des entretiens, qui reconstituent la communauté grecque de la Smyrne ottomane, avant sa destruction imminente.

Même si le souvenir de Smyrne a imprégné l'enfance d'Ilioú, elle réalise que peu de gens, en dehors de la communauté de la diaspora grecque, ont conscience de la présence importante des Grecs à Smyrne, avant 1922. Inscrire les Grecs dans l'histoire de la ville et faire prendre conscience de leur lien historique avec celle-ci devint ainsi une motivation première pour réaliser ce film.

A l'instar de Nazarian et Bezjian, Ilioú s'efforce de briser les obstacles que les nationalismes grec et ottoman opposent à la réécriture de l'histoire. Tentant de contrecarrer les entreprises visant à modifier l'histoire de la ville, Ilioú s'emploie à contourner la perpétuation d'une rhétorique nationaliste et à présenter l'histoire aussi objectivement que possible. Elle évoque ainsi son documentaire :

"Le film aborde surtout l'acceptation de l'altérité - l'importance de vivre aux côtés de gens issus de religions [et] de cultures différentes, [qui] parlent des langues différentes, pensent différemment et qui, malgré tout, arrivent très bien à vivre ensemble. Ce qui était le cas à Smyrne. Une sorte de miracle. Une époque heureuse, durant au moins les cent ans, où cette communauté - cette communauté multiculturelle - était vraiment active. Et puis la vague du nationalisme - la vague de l'histoire - qui fut plus grande que les rapports entre les gens, et le fait que tout ça se soit effondré. Une vraie tragédie." (6) 

Le documentaire Hello Anatolia (2012), de Chrysovalantis Stamelos, adopte une approche plus légère, plus contemporaine, afin d'explorer la présence grecque à Smyrne. Son film illustre son évolution personnelle, quittant les Etats-Unis pour Izmir, s'adaptant à la ville moderne, tout en explorant les traces de la métropole historique, qu'il connaît indirectement.

De même qu'Ilioú, Stamelos a grandi parmi les récits de sa famille sur Smyrne. Pour lui, ces récits furent si évocateurs qu'ils l'ont poussé à revenir et à éprouver la ville par lui-même. Il présente son film comme "le retour au pays de [ses] arrière-grands-parents, pour essayer de retrouver leur passé à travers la langue, l'architecture, la religion et la culture" (7). De même que les réalisateurs de la diaspora arménienne, Stamelos est le premier de sa famille à revenir depuis le traumatisme, qui les a poussés à partir. En dépit de près d'un siècle, la puissance d'attraction de Smyrne et de son ancrage dans l'imaginaire de la diaspora grecque est restée forte.

Les souvenirs préservés dans cet imaginaire formatent, en réalité, la réaction initiale de Stamelos à la ville. Partageant cette sensation inattendue d'appartenance, que Nazarian et Bezjian ont éprouvée lors de leur première venue à Istanbul, Stamelos précise :

"Quand je suis venu en Turquie, pour la première fois, je me suis senti chez moi, vraiment. Je n'avais pas l'impression d'être dans un pays étranger... La culture et la population, les visages, tout : probablement une des expériences les plus bizarres de ma vie. Jamais je n'avais voyagé dans un pays, où je me sentais si proche des gens... Quand on me demande si je suis un étranger - un yabancı en turc - je réponds non. Ma famille est d'ici et je me sens très lié à cet endroit." (8)   
   
En dépit de son enracinement historique, le film se préoccupe aussi de l'avenir des relations gréco-turques. Stamelos voit son rôle dans l'avenir comme étant, pour reprendre ses termes, de "construire un pont" entre les peuples grec et turc, grâce à la ville qu'ils partagent. (9)    

Constantinople et Smyrne revisitées

"Tant de souffrances, tant de tragédies. Désormais mon esprit ne désire que revenir au passé. Si seulement tout cela pouvait être un mensonge, si seulement nous pouvions rentrer chez nous, dans nos jardins, nos forêts avec leurs chants d'oiseaux, leurs moineaux et leurs chouettes menues, nos vergers avec leurs mandariniers et leurs cerisiers en fleurs, retrouver nos fêtes splendides..."

Ainsi s'achève le roman D'un jardin d'Anatolie [Ματωμένα χώματα] (1962), de la romancière grecque Dido Sotiriou (10), tandis qu'un de ses personnages contemple les contours de Smyrne, réfugié dans une île grecque voisine, en 1922. Si les communautés arménienne et grecque ottomanes de Constantinople et de Smyrne ne figurent peut-être plus au radar des habitants des villes modernes d'Istanbul et d'Izmir, la mémoire de ces villes dans les imaginaires de ces diasporas demeure vivace. Malgré le temps qui a passé, des générations trois ou quatre fois déplacées, vivant à travers le monde, continuent de véhiculer une nostalgie et de porter le poids du traumatisme, que ces villes représentent.

En étudiant leur rapport respectif avec leurs villes ancestrales, ces artistes de la diaspora permettent au monde extérieur d'avoir un aperçu de l'âme tourmentée de leurs communautés. Pour la diaspora arménienne et grecque, Constantinople et Smyrne ont représenté une perte incommensurable - perte d'une vie, d'un potentiel, d'un avenir qui auraient pu exister. Une perte, qui se combine aux tentatives visant à séparer l'histoire de leurs communautés de celles de ces villes. Ces ouvrages et ces films essaient précisément de résister à cette spoliation historique, en mettant à nu leur passé et en permettant à ceux qui veulent comprendre de ressentir le tribut psychologique, que l'histoire continue de faire payer aux communautés de la diaspora arménienne et grecque. La blessure reste vive.

Mais ces œuvres donnent aussi aux Grecs et aux Arméniens de la diaspora la possibilité d'agir sur leur rapport avec leurs villes ancestrales, qu'auparavant ils ne connaissaient qu'à travers un héritage de souvenirs. Ce faisant, elles dé-mythologisent ces villes, les extraient de la rhétorique nationaliste qui domine dans la diaspora et en viennent à appréhender ces villes de manière plus intime. Dans ces œuvres, l'héritage de mélancolie et de nostalgie, qui caractérise les rapports de la diaspora avec Constantinople et Smyrne, cède la place à un sentiment nouveau, aux couleurs d'expériences autres, lesquelles se combinent pour former une approche davantage nuancée de ces villes, au passé comme au présent.

Le traumatisme ne doit ni éclipser les rôles divers que ces villes ont eu autrefois pour les Grecs et les Arméniens ottomans, ni influencer les fonctions possibles, qu'elles sont susceptibles de jouer actuellement et à l'avenir. Les possibilités ne peuvent que croître, grâce à des projets tels que ceux-ci; à mesure qu'ils attirent de plus en plus l'attention, ils ont la capacité d'humaniser ces communautés, d'en dissiper les perceptions nationalistes et d'encourager les Grecs et les Arméniens de la diaspora contemporaine d'éprouver par eux-mêmes leurs villes ancestrales.

Ces représentations artistiques n'élaborent pas une histoire commune, visant à annuler les souffrances subies par les Grecs et les Arméniens ottomans, ni à les taire ou à les intégrer dans un débat rebattu sur le multiculturalisme. Ces projets sont, essentiellement, des manifestations personnelles et constructives d'un héritage fait d'exil, relaté via un retour sur le lieu du traumatisme, comme pour montrer à Constantinople et à Smyrne qu'elles n'ont jamais été oubliées.          

Notes

1. Myrna Douzjian, "Filmic Approaches to Catastrophe: Narrative and Trauma in Levon Minasian's Le Piano and Eric Nazarian's Bolis," Critics' Forum, 2011 - http://www.criticsforum.org/pdf/1322492331.pdf
2. Entretien avec le réalisateur Nigol Bezjian, lors du 9ème Festival International du Film de l'Abricot d'Or, d'Erevan (8 - 15.07.2012) - mis en ligne le 19.07.2012 sur YouTube : http://www.youtube.com/watch?v=bY1rZH6JtO4
3. Apisoghom Agha, personnage de la pièce d'Hagop Baronian, Les Mendiants honorables (traduction française par H. et L. Torossian, Vienne (Autriche) : éditions Torossian, 1995). (NdT)
4.  Artsvi Bakhchinyan, "How an Armenian Filmmaker Got the 'G-Word' in a Turkish Movie," The Armenian Weekly, Nov. 3, 2011 - http://armenianweekly.com/2011/11/03/armenian-filmmaker/. Traduction française parue dans notre blog : http://armeniantrends.blogspot.fr/2011/11/eric-nazarian-interview.html (G. Festa).
5. Georges Adourian, "Eric Nazarian's Film 'Bolis' to Premiere at Arpa Film Festival," Asbarez.com, 16.09.2011 - http://asbarez.com/98185/eric-nazarian%E2%80%99s-film-%E2%80%98bolis%E2%80%99-to-premiere-at-arpa-film-festival/
6. "An Interview with Maria Iliou, Director of Smyrna: The Destruction of a Cosmopolitan City, New York City Greek Film Festival, mis en ligne le 04.04.2013 sur YouTube - http://www.youtube.com/watch?v=Yk1skpOoFpc
7.  Andreas Bousios, "Hello Anatolia," Hürriyet Daily News, 11.03.2013 - http://www.hurriyetdailynews.com/hello-anatolia.aspx?pageID=449&nID=42709&NewsCatID=396
8. Chris Gratien, "Hello Anatolia : an interview with Valantis Stamelos," Ottoman History Podcast, 09.12.2012 - http://www.ottomanhistorypodcast.com/2012/12/greek-anatolia-smyrna-film.html
10. Christophe Chiclet, "Hommage à Dido Sotiriou (1909-2004)," Confluences Méditerranée, n° 52, Hiver 2004-2005, "Turquie, la 28ème étoile" - texte accessible en ligne sur http://www.cairn.info/revue-confluences-mediterranee-2005-1-page-213.htm

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Traduction : © Georges Festa - 10.2014