<?xml version='1.0' encoding='UTF-8'?><?xml-stylesheet href="http://www.blogger.com/styles/atom.css" type="text/css"?><feed xmlns='http://www.w3.org/2005/Atom' xmlns:openSearch='http://a9.com/-/spec/opensearchrss/1.0/' xmlns:georss='http://www.georss.org/georss' xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'><id>tag:blogger.com,1999:blog-3147729012975104079</id><updated>2012-02-01T15:11:50.091-08:00</updated><title type='text'>Armenian Trends - Mes Arménies</title><subtitle type='html'>Arménies - traversées de soi, de l'autre - flux et reflux informulés - quête d'Eden - les saisons d'ordalie - accéder aux métamorphoses - scander les gouffres et les cimes - multiple, errant, total</subtitle><link rel='http://schemas.google.com/g/2005#feed' type='application/atom+xml' href='http://armeniantrends.blogspot.com/feeds/posts/default'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3147729012975104079/posts/default?max-results=100'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://armeniantrends.blogspot.com/'/><link rel='hub' href='http://pubsubhubbub.appspot.com/'/><link rel='next' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3147729012975104079/posts/default?start-index=101&amp;max-results=100'/><author><name>Artavazd</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09115897617536890691</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://3.bp.blogspot.com/_seFKDDF1jyM/Si7VkSrlsyI/AAAAAAAAAxI/Yj2vbSW6h4c/S220/david2.jpg'/></author><generator version='7.00' uri='http://www.blogger.com'>Blogger</generator><openSearch:totalResults>897</openSearch:totalResults><openSearch:startIndex>1</openSearch:startIndex><openSearch:itemsPerPage>100</openSearch:itemsPerPage><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3147729012975104079.post-5944635979273802131</id><published>2012-02-01T15:07:00.000-08:00</published><updated>2012-02-01T15:11:50.098-08:00</updated><title type='text'>Queer Armenian Women's Movement Publishes Collective / Publication d’un ouvrage collectif par un mouvement lesbien arménien</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/-yLbJGnmXCuU/TynGDIBodsI/AAAAAAAACX0/r7PONe6429M/s1600/queeredcover.jpg"&gt;&lt;img style="display: block; margin: 0px auto 10px; text-align: center; cursor: pointer; width: 205px; height: 262px;" src="http://4.bp.blogspot.com/-yLbJGnmXCuU/TynGDIBodsI/AAAAAAAACX0/r7PONe6429M/s320/queeredcover.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5704308160037680834" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family: verdana;"&gt;© Erevan : Tigran Mets Press, nov. 2011&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br style="font-family: verdana;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;br style="font-family: verdana;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;font-size:100%;" &gt;&lt;span style="font-family: verdana;"&gt;Publication d’un ouvrage collectif par un mouvement lesbien arménien&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br style="font-family: verdana; font-weight: bold;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;font-size:100%;" &gt;&lt;span style="font-family: verdana;"&gt;par Nora Kayserian&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br style="font-family: verdana; font-weight: bold;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;font-size:100%;" &gt;&lt;span style="font-family: verdana;"&gt;&lt;a href="http://www.ianyanmag.com"&gt;Ianyan Mag&lt;/a&gt;, 21.11.2011&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br style="font-family: verdana; font-weight: bold;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;br style="font-family: verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family: verdana;"&gt;J’ai souvent bataillé pour trouver un forum où je puisse débattre de questions me concernant tout autant que les gens qui m’entourent. A Los Angeles, un espace où des féministes arméniennes puissent discuter de ces problèmes et créer ensemble est inexistant. Après avoir lu &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Queered : What’s to Be Done With Xcentric Art &lt;/span&gt;[Lesbiennes : que faire d’un art Xcentrique], je peux finalement dire que j’ai découvert l’espace que je recherchais. Il ne se trouve pas à Los Angeles, mais à Erevan !&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br style="font-family: verdana;"&gt;&lt;br style="font-family: verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family: verdana;"&gt;Cet ouvrage bilingue (en arménien et en anglais), récemment paru, inclut des entretiens, des écrits, des correspondances et des créations artistiques émanant d’un collectif intitulé Queering Erevan – où figurent Nancy Agabian, auteure de &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Me as her again : True Stories of an Armenian Daughter&lt;/span&gt;, Araks Nerkayan, une des figures clé du mouvement avant-gardiste des années 1980 intitulé Third Floor [3ème étage] à Erevan, la journaliste Lusine Vayachyan, la militante LGBT Sara Chance et beaucoup d’autres.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br style="font-family: verdana;"&gt;&lt;br style="font-family: verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family: verdana;"&gt;Queering Yerevan, intitulé auparavant The Women-Oriented Women’s Collective [Collectif Les Femmes pour les femmes], est une mosaïque d’artistes, d’écrivaines et de militantes, originaires de plusieurs pays et différents milieux, entre 2007 et 2011. Le groupe joignit au début ses forces pour encourager la création artistique à Erevan, mais a abouti à quelque chose de plus important. « La parole des lesbiennes a longtemps été réduite au silence, du fait de l’ignorance de la société entourant le problème de l’existence de la culture lesbienne en Arménie, » écrit le groupe dans le premier article de son blog, évoquant la nécessité urgente de créer un espace de sécurité pour les lesbiennes, citant l’oppression des femmes par les hommes, mais aussi les femmes, dans la société arménienne, l’homosexualité étant considérée comme perverse ou immorale et l’idée que les lesbiennes sont doublement opprimées par les fardeaux que sont les rôles du mariage et de la maternité, dévolus aux femmes. Une première étape, estimaient-elles, passait par l’expression personnelle. C’est ainsi qu’est né le mouvement Queering Erevan.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br style="font-family: verdana;"&gt;&lt;br style="font-family: verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family: verdana;"&gt;L’ouvrage aborde la création du collectif, son objectif, détaille et débat de la prise de conscience, des projets artistiques et d’entretiens centraux concernant les questions LGBT en Arménie. Son concept révèle intimité et camaraderie dans cette scène quasi clandestine des lesbiennes, via différents moyens d’expression. Dans un extrait particulièrement intéressant, Shushan Avagyan, co-fondatrice du Centre de Ressources pour Femmes à Erevan  et traductrice de &lt;span style="font-style: italic;"&gt;I Want to Live : Poems of Shushanik Kurghinian&lt;/span&gt; [Je Veux vivre : poèmes de Chouchanik Kurghinian] (1) présente ainsi une performance qu’elle réalisa avec Arpi Adamyan et Lusine Talalyan sur la place de la République à Erevan :&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br style="font-family: verdana;"&gt;&lt;br style="font-family: verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family: verdana;"&gt;« Cette performance fut perçue comme un acte de trahison et les artistes comme salissant de hautes valeurs culturelles comme la masculinité, l’orgueil nationale et militaire. Pourtant, une sensation de surprise persista chez les spectateurs, alors que la représentation familière de la guerre, matérialisée par ces mêmes valeurs culturelles qu’ils soutiennent à la manière de dogmes, est expérimentée à nouveau dans une nouvelle traduction hétérodoxe. »&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br style="font-family: verdana;"&gt;&lt;br style="font-family: verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family: verdana;"&gt;Une des sections que je préfère dans ce livre, vers la fin, se compose d’un recueil peu orthodoxe de lettres et de courriels. Elle livre une vision sincère des luttes que le groupe traversa ces dernières années. D’après Talalyan, lorsque les promesses de subventions échouèrent, elles firent tout leur possible pour voir le livre publié. L’ouvrage a été financé en totalité par des gens qui soutiennent et encouragent un changement social progressif, grâce aussi à un effort financier substantiel de la part de l’Association Arménienne Gay et Lesbienne de New York (AGLANY) via le site de financement collectif &lt;a href="http://www.kickstarter.com"&gt;www.kickstarter.com&lt;/a&gt;, réitérant ainsi un des messages du livre : la force de l’action collective. La fin du livre n’est pas la seule partie non orthodoxe. Sa conception et son agencement renforcent le mot « queer », placé en titre, au moyen d’énigmes insérées à la suite de certains passages, de prospectus liés à des événements, de citations et de photos de membres du collectif, ainsi que de leur travail artistique. &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br style="font-family: verdana;"&gt;&lt;br style="font-family: verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family: verdana;"&gt;Le contenu et de la publication de ce livre sont importants à plusieurs titres. Il met en lumière un ensemble de questions qui sont considérées comme des tabous dans nos communautés, y compris dans celles soi-disant « progressistes ». Le simple fait qu’un livre soit consacré à des homosexuelles arméniennes est exceptionnel en Arménie, où l’homosexualité, réprimée durant et après la période soviétique, n’a été dépénalisée dans ce pays du sud du Caucase qu’en 2003, bien qu’elle demeure stigmatisée. En Arménie, les lesbiennes, gays, bisexuels et transsexuels vivent dans un environnement de haine et d’intolérance, harcelés en permanence et considérés comme une menace pour la famille nucléaire.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br style="font-family: verdana;"&gt;&lt;br style="font-family: verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family: verdana;"&gt;Même si, dans certaines communautés arméniennes en diaspora, cette discrimination n’est pas autant explicite, la parole de ces Arméniens est souvent ignorée et éclipsée par des « questions plus urgentes ».&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br style="font-family: verdana;"&gt;&lt;br style="font-family: verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family: verdana;"&gt;En dépit de sa rareté, ce livre est aussi d’une importance vitale : il présente des images que l’on voit pas suffisamment. Il existe un besoin critique de documenter des mouvements et des histoires telles que celles-ci, dans l’espoir que cela fasse naître un dialogue sur les paradigmes hétéro-normatifs auxquels nous sommes accoutumés. Nous ne pouvons progresser, si nous sommes incapables de débattre et d’explorer le genre, la sexualité, le « coming out », l’androgynie et les trans-identités, ainsi que leurs rapports avec notre identité arménienne. En se colletant à ces questions, cet ouvrage représente un pas en avant et inaugure un long et fructueux dialogue, que je souhaite.       &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br style="font-family: verdana;"&gt;&lt;br style="font-family: verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family: verdana;"&gt;NdT&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br style="font-family: verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family: verdana;"&gt;1. Ouvrage paru aux Editions de l’Armenian International Women’s Association, 2005 – ISBN-13 : 978-0964878754&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br style="font-family: verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family: verdana;"&gt;[&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Nora Kayserian&lt;/span&gt; est née en Turquie et a grandi aux Etats-Unis. Licenciée en psychologie de l’Université de Californie à Los Angeles, elle achève actuellement un mastère en Conseil à l’Université Loyola Marymount (Los Angeles) et travaille à temps partiel comme consultante auprès des services sociaux de l’Arleta High School. Elle adore le chocolat, la poésie et faire du vélo à travers les rues polluées de Los Angeles.]&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br style="font-family: verdana;"&gt;&lt;br /&gt;_____________&lt;br /&gt;&lt;br style="font-family: verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family: verdana;"&gt;Source : &lt;a href="http://www.ianyanmag.com/2011/11/21/queer-armenian-womens-movement-publishes-collective/"&gt;http://www.ianyanmag.com/2011/11/21/queer-armenian-womens-movement-publishes-collective/&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br style="font-family: verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family: verdana;"&gt;Traduction : © Georges Festa – 02.2012.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br style="font-family: verdana;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3147729012975104079-5944635979273802131?l=armeniantrends.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3147729012975104079/posts/default/5944635979273802131'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3147729012975104079/posts/default/5944635979273802131'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://armeniantrends.blogspot.com/2012/02/queer-armenian-womens-movement.html' title='Queer Armenian Women&apos;s Movement Publishes Collective / Publication d’un ouvrage collectif par un mouvement lesbien arménien'/><author><name>Artavazd</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09115897617536890691</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://3.bp.blogspot.com/_seFKDDF1jyM/Si7VkSrlsyI/AAAAAAAAAxI/Yj2vbSW6h4c/S220/david2.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/-yLbJGnmXCuU/TynGDIBodsI/AAAAAAAACX0/r7PONe6429M/s72-c/queeredcover.jpg' height='72' width='72'/></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3147729012975104079.post-7075962850256126290</id><published>2012-02-01T08:35:00.000-08:00</published><updated>2012-02-01T09:59:22.561-08:00</updated><title type='text'>Orhan Eskiköy - Interview</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/-3-K6FPCrV1U/Tylp55Aq9HI/AAAAAAAACXo/HPJCgeWgb1k/s1600/iki-dil-bir-bavul.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 224px; height: 320px;" src="http://1.bp.blogspot.com/-3-K6FPCrV1U/Tylp55Aq9HI/AAAAAAAACXo/HPJCgeWgb1k/s320/iki-dil-bir-bavul.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5704206846318539890" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;© Perişan Film, 2009&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;font-size:100%;" &gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Entretien avec Orhan Eskiköy&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br  style=" font-weight: bold;font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;font-size:100%;" &gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;par Esra Demirkuran&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br  style=" font-weight: bold;font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;font-size:100%;" &gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;&lt;a href="http://www.nisimazine.eu/"&gt;Nisimazine.eu&lt;/a&gt;, 25.11.2008&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Orhan Eskiköy est co-réalisateur (avec Özgür Doğan) de &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Iki Dil Bir Bavul&lt;/span&gt; [On the Way to School / Sur le chemin de l’école] (2009), qui est en compétition pour le Prix VPRO Joris Ivens. Ils suivent un enseignant turc qui enseigne à des élèves kurdes, lesquels ne comprennent pas le turc, à Demirci, un village reculé près d’Ourfa, au sud-est de la Turquie.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;- Esra Demirkuran :&lt;/span&gt; &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Sur le chemin de l'école &lt;/span&gt;est l’histoire d’un peuple avec sa géographie et deux langues différentes. De ce point de vue, le film aborde une rupture dans la communication. Comment vois-tu la déconnexion entre est et ouest en Turquie ?&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;- Orhan Eskiköy : &lt;/span&gt;En Turquie, l’absence de communication entre les gens de l’ouest et de l’est fait qu’ils ont des préjugés. Comme ils ne parlent pas la même langue et n’essaient pas de se connaître mutuellement, la seule façon qu’ils ont d’être informés de la culture et du mode de vie de l’autre passe par la télévision. A la télévision, les Kurdes sont surtout présentés comme des terroristes ou des gens faisant pitié. Or ils ont besoin d’être compris par le reste du pays. Notre film vise à montrer au public (turc, essentiellement) ce que la réalité des Kurdes.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;- Esra Demirkuran :&lt;/span&gt; Pourrais-tu nous parler du processus de production ?&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;- Orhan Eskiköy :&lt;/span&gt; On a commencé à faire des recherches sur le film, il y a cinq ans, alors qu’Özgür et moi étions étudiants. Mais on n’arrivait pas à trouver un village ou un enseignant. Il y a trois ans, on a participé à un atelier organisé par l’Association des Documentaristes (BSB) en Turquie. C’est là qu’on a rencontré des professionnels européens comme Leena Passenen et Massimo Arvat, qui ont cru en notre projet. En 2007, on s’est inscrit au Greenhouse Documentary Development Workshop [Atelier Greenhouse de création documentaire] et notre projet a été sélectionné. On a obtenu ensuite le soutien de différentes institutions comme Sundance et le Fonds Jan Vrijman.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;- Esra Demirkuran : &lt;/span&gt;Comment avez-vous trouvé le personnage principal, Emre l’enseignant ?&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;- Orhan Eskiköy :&lt;/span&gt; Durant nos recherches, on s’est aperçu que l’histoire d’Emre était vécue par beaucoup d’enseignants débutants. Quand on l’a rencontré, il était très pessimiste et se demandait ce qu’il faisait là. Comparé à d’autres enseignants, il avait l’allure typique d’un Turc venu de l’ouest. Il correspondait vraiment à notre histoire !&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;- Esra Demirkuran :&lt;/span&gt; A certains moments, Emre semble épuisé d’enseigner le turc à des enfants qui parlent le kurde. Quelles difficultés avez-vous rencontré en le suivant toute une année ?&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;- Orhan Eskiköy :&lt;/span&gt; Suivre un personnage sur une longue période est difficile. Emre chageait d’avis si souvent ! Un jour il adorait le village, puis il laissait tomber. Au début, il est fermement convaincu d’enseigner le turc. Avec le temps, quand il s’aperçoit que ce n’est pas aussi facile, il perd espoir. On avait peur qu’il quitte le film. Finalement, ça ne s’est pas produit. Mais il n’était plus aussi coopératif avec nous ; ne répondant pas à certains appels ou ne nous informant pas sur des changements importants dans le village, etc.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;- Esra Demirkuran : &lt;/span&gt;Le film donne des détails sur le système éducatif en Turquie et un sentiment fort de marginalité. D’un côté, on remarque la solidité du système, de l’autre, le professeur doit enseigner le turc avant d’aborder le programme. Que penses-tu de la solution qu’il découvre par lui-même ?&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;- Orhan Eskiköy :&lt;/span&gt; Dans des pays en développement comme la Turquie, certains groupes possèdent des privilèges ; d’autres n’ont pas le moindre avantage. Ce qui crée un énorme écart. Les règles n’ont de sens et ne peuvent fonctionner que tout le monde a les mêmes opportunités. L’Etat se doit de prendre en compte et de respecter la diversité au sein du pays. Naturellement, pour qu’il y ait unité dans l’enseignement, le même programme doit être suivi. Mais, pour revenir à notre film, un enseignant ne peut faire cours à des élèves qui ne parlent pas la même langue. Il y a là, à mon avis, une forme de violence exercée à l’encontre des enseignants et des élèves.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;- Esra Demirkuran :&lt;/span&gt; Bien qu’on ne vous voit pas dans le film en tant que réalisateurs, votre point de vue n’est pas celui d’un « outsider ». Comment définirais-tu votre style de documentaristes ?&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;- Orhan Eskiköy :&lt;/span&gt; Nous essayons d’observer la vie de personnages réels dans leurs histoires réelles et leurs situations réelles. Voilà comment je formulerais notre style. Dans un documentaire d’observation, tu dois te trouver avec tes personnages au bon moment. A part ça, ce genre prend le réalisateur aux tripes…&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;br /&gt;___________&lt;br /&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Source : &lt;a href="http://www.nisimazine.eu/Orhan-Eskikoy-On-the-way-to-school.html"&gt;http://www.nisimazine.eu/Orhan-Eskikoy-On-the-way-to-school.html&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Traduction : © Georges Festa – 01.02.2012.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;br face="verdana"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;NdT : Signalons la première du nouveau film d’Orhan Eskiköy et Özgür Doğan, &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Voice of My Father&lt;/span&gt;, au Festival international du Film de Rotterdam (25.01 – 05.02.2012) - &lt;a href="http://www.filmfestivalrotterdam.com/nl/"&gt;http://www.filmfestivalrotterdam.com/nl/&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br style="font-family: verdana;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3147729012975104079-7075962850256126290?l=armeniantrends.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3147729012975104079/posts/default/7075962850256126290'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3147729012975104079/posts/default/7075962850256126290'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://armeniantrends.blogspot.com/2012/02/orhan-eskikoy-interview.html' title='Orhan Eskiköy - Interview'/><author><name>Artavazd</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09115897617536890691</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://3.bp.blogspot.com/_seFKDDF1jyM/Si7VkSrlsyI/AAAAAAAAAxI/Yj2vbSW6h4c/S220/david2.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/-3-K6FPCrV1U/Tylp55Aq9HI/AAAAAAAACXo/HPJCgeWgb1k/s72-c/iki-dil-bir-bavul.jpg' height='72' width='72'/></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3147729012975104079.post-8035933992622687554</id><published>2012-01-31T16:44:00.001-08:00</published><updated>2012-01-31T16:48:16.522-08:00</updated><title type='text'>Serge Momjian - Memories of the Past / Souvenirs du passé</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/-WY2q7-BYADQ/TyiLCP6CBTI/AAAAAAAACXc/XwJgwVLNFzg/s1600/memories.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 320px; height: 320px;" src="http://1.bp.blogspot.com/-WY2q7-BYADQ/TyiLCP6CBTI/AAAAAAAACXc/XwJgwVLNFzg/s320/memories.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5703961798810666290" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;© Austin &amp;amp; Macauley Publishers, 2010&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;font-size:100%;" &gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Serge Momjian nous fait partager &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Memories of the Past&lt;/span&gt; [Souvenirs du passé]&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br  style=" font-weight: bold;font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;font-size:100%;" &gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;&lt;a href="http://www.reporter.am/"&gt;The Armenian Reporter&lt;/a&gt;, 03.08.2010&lt;br /&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;LONDRES – Le 15 juillet 2010, les éditions londoniennes Austin &amp;amp; Macauley ont publié &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Memories of the Past&lt;/span&gt;, un ouvrage de 190 pages, de Serge Momjian.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Le livre s’intéresse à la vie de Vartan Apélian, qui n’a que deux ans lorsqu’il perd ses parents lors du premier massacre à grande échelle du 20ème siècle. Ce n’est que vers 25 ans que Vatan prend conscience de ce passé tragique.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Il émigre aux Etats-Unis durant les années 1930 et s’entretient alors avec les survivants d’une patrie qui n’existe plus.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Les récits obsédants des témoins oculaires ne cessent de le hanter.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Il retrouve ses racines arméniennes à travers ses recherches historiques et s’associe pleinement aux forces et aux faiblesses de son peuple.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Son existence est bouleversée le jour où il découvre, à sa stupéfaction, que sa mère, devenue une vieille dame oubliée de tous et convertie à l’islam, a survécu aux massacres.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;[&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Serge Momjian&lt;/span&gt;, est né à Beyrouth. Jeune homme, il arrive à Londres, se met à étudier le journalisme, puis s’inscrit à une licence de lettres, mention fiction. Il travaille depuis comme journaliste et critique littéraire pour plusieurs publications, parmi lesquelles le &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Daily Star&lt;/span&gt; de Beyrouth, grand journal anglophone au Moyen-Orient, et &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Events&lt;/span&gt;, un magazine londonien d’actualités. Passionné par l’art, il contribue aussi à divers périodiques. Il est l’auteur de &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Conflicting Motives&lt;/span&gt; (1994), &lt;span style="font-style: italic;"&gt;The Invisible Line&lt;/span&gt; (2000) et &lt;span style="font-style: italic;"&gt;The Singer of the Opera &lt;/span&gt;(2004), trois romans tous publiés à Londres. Au plan littéraire, les écrits de Momjian témoignent d’une réelle originalité et lui ont valu estimes et éloges. &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Memories of the Past&lt;/span&gt; est son premier roman historique et son œuvre la plus achevée. &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;br /&gt;____________&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;br style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Source : &lt;a href="http://www.reporter.am/index.cfm?objectid=18675F69-9F1D-11DF-9AD00003FF3452C2"&gt;http://www.reporter.am/index.cfm?objectid=18675F69-9F1D-11DF-9AD00003FF3452C2&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br face="verdana"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Traduction : © Georges Festa – 01.2012.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br style="font-family: verdana;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3147729012975104079-8035933992622687554?l=armeniantrends.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3147729012975104079/posts/default/8035933992622687554'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3147729012975104079/posts/default/8035933992622687554'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://armeniantrends.blogspot.com/2012/01/serge-momjian-memories-of-past.html' title='Serge Momjian - Memories of the Past / Souvenirs du passé'/><author><name>Artavazd</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09115897617536890691</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://3.bp.blogspot.com/_seFKDDF1jyM/Si7VkSrlsyI/AAAAAAAAAxI/Yj2vbSW6h4c/S220/david2.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/-WY2q7-BYADQ/TyiLCP6CBTI/AAAAAAAACXc/XwJgwVLNFzg/s72-c/memories.jpg' height='72' width='72'/></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3147729012975104079.post-5533558853596426230</id><published>2012-01-31T16:00:00.000-08:00</published><updated>2012-01-31T16:08:11.483-08:00</updated><title type='text'>Etudes arméniennes  - SOAS, Université de Londres / Armenian Studies - SOAS, University of London</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/-V5OxP-lTrtA/TyiBMFyw58I/AAAAAAAACXQ/CH-vlQLb_Xc/s1600/soas.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 186px; height: 214px;" src="http://3.bp.blogspot.com/-V5OxP-lTrtA/TyiBMFyw58I/AAAAAAAACXQ/CH-vlQLb_Xc/s320/soas.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5703950972778244034" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;© www.soas.ac.uk&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;div style="text-align: center; font-weight: bold;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Etudes arméniennes – Université de Londres, School of Oriental and African Studies (SOAS)&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;par Vazken Khatchig Davidian&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;&lt;a href="http://www.caia.org.uk/"&gt;Armenian Voice&lt;/a&gt; (Londres), n° 58, Winter 2011&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Octobre 2010 a vu le premier anniversaire de la réintroduction des études arméniennes à la School of Oriental and African Studies (SOAS), à l’université de Londres. Financé par la Fondation Calouste Gulbenkian, ce programme suscite déjà un vif intérêt. Il propose des cours de culture et d’histoire arménienne, ainsi que de l’arménien occidental. Ce dernier constitue un développement particulièrement bienvenu, l’arménien occidental étant considéré comme une langue en péril par l’UNESCO.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Afin de marquer cet heureux événement, qui coïncide avec une célébration majeure dans le calendrier arménien – &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Tarkmantchats&lt;/span&gt;, la Fête des traducteurs, considérée plus largement comme une fête de la langue et de la littérature -, le docteur Krikor Moskofian, du programme d’études arméniennes à la SOAS, a organisé toute une série d’événements qui s’étendaient sur une période de trois week-ends.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Une conférence passionnante, par Ara Sarafian, directeur de l’Institut Komitas de Londres, inaugura le premier week-end. Sa communication s’intitulait : « Armenian Serfs [Khafirs] in the Sassoun Region of the Ottoman Empire : A Critical Interpretation Based on New Archival Evidence » [Les serfs arméniens [khafirs] dans la région de Sassoun sous l’empire ottoman : une approche critique fondée sur de nouvelles preuves d’archives]. L’exposé proposa une approche critique de la notion de servage dans la région de Mouch / Sassoun, d’après les rapports détaillés du Père Grigoris [Krikoris Vartabed], adressés au Patriarcat arménien de Constantinople en 1872. Le texte, ainsi que le débat qui s’ensuivit, présidé par le docteur Igor Dorfman-Lazarev, livra d’utiles aperçus sur le vécu de la vie paysanne arménienne en Arménie Occidentale historique.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Moment fort du week-end suivant, l’exposé-bilan du programme conduit par la SOAS à la Faculté des Langues et des Cultures, par son doyen, la professeure Anne Pauwels. Dans son intervention, « Keeping Alive in a Global Diaspora : Challenges and Initiatives for Armenian in the World » [Rester en vie dans une diaspora globalisée : défis et initiatives pour l’arménien à travers le monde], A. Pauwels évoqua les défis auxquels sont confrontées des langues telle que l’arménien, dans un monde où globalisation, déplacement et migration sont la norme. Elle souligna les importants défis linguistiques que rencontrent migrants, réfugiés et autres, non seulement en termes d’apprentissage de langues nouvelles, mais aussi de préservation de leur langue d’avant la migration. L’A. conclut en mettant en relief les stratégies et les initiatives susceptibles d’aider les communautés à maintenir en vie leurs langues et à les préserver ainsi dans un contexte transnational. Cet exposé très instructif fut agrémenté d’exemples repris des travaux de l’A. parmi les communautés de migrants en Australie. A quoi succéda un débat animé, présidé par le professeur Ian Brown, de la SOAS.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Ce second week-end accueillit aussi une communication, la seule en arménien, du docteur Zaven Yégavian, directeur du département d’études arméniennes à la Fondation Calouste Gulbenkian. Le docteur Yégavian présenta un panorama de l’enseignement arménien dans les écoles de la diaspora arménienne. Après un rappel de l’histoire du système éducatif arménien en diaspora, il souligna les difficultés et les défis que rencontrent ces institutions. La rencontre était présidée par le docteur Krikor Moskofian.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Le dernier week-end intégra deux événements très intéressants. Le premier fut une conférence prononcée par le docteur Tim Greenwood, assistant d’histoire médiévale à l’université de Saint-Andrews en Ecosse, sur « Three Late Antique Silver Crosses » [Trois croix d’argent de l’Antiquité tardive]. Cet exposé captivant présenta et analysa très en détail une croix en argent récemment découverte, qui porte une longue inscription en arménien. Cette croix fut analysée dans le cadre de deux autres objets en argent, de l’Antiquité tardive, originaires d’Asie Mineure, plus précisément deux autres croix en argent. Le docteur Greenwood évalua les apports potentiels de ces découvertes, eu égard à notre connaissance de l’histoire de l’art arménien, ainsi que de l’histoire et de l’identité arméniennes dans l’Antiquité tardive. La réunion était présidée par le docteur Sossie Kasbarian, de la SOAS.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;L’événement final de ces célébrations fut la projection d’un documentaire sur celle qui fut probablement le plus grand écrivain arménien du début du 20ème siècle, la féministe et militante Zabel Essayan, de Constantinople. Le film, réalisé par Talin Suciyan et Lara Aharonian, s’intéresse aux années de maturité d’Essayan, suite à son émigration en Arménie soviétique, jusqu’à sa disparition lors des purges staliniennes. Il souligne aussi à quel point ce géant de la littérature arménienne est peu connu aujourd’hui en république d’Arménie. Dans une scène emblématique du film, une habitante d’Erevan se demande : « Mais qui est cette Zabel Essayan ? », après avoir découvert que la rue où elle vit a été rebaptisée du nom de l’auteur. Cette manifestation s’acheva par un débat entre le docteur Victoria Rowe, spécialiste de la littérature féministe arménienne de la fin du 19ème et du début du 20ème siècle, et Talin Suciyan, journaliste arménienne d’Istanbul.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;br style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Aboutissement durable de cette série d’événements, le lancement par le docteur Moskofian de la Society of Western Armenian Speakers [Société des Arménophones occidentaux]. Se réunissant une fois par mois, la Société encourage les membres de la communauté à converser en arménien occidental avec les étudiants linguistes de la SOAS, dans un cadre amical, décontracté et informel. Des personnes de tous âges et avec différents niveaux de langue sont les bienvenues, à condition de s’exprimer, ou de s’y essayer, en arménien occidental.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br style="font-family:verdana;"&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Pour plus d’informations, veuillez contacter le docteur Krikor Moskofian à la SOAS ou par courriel : moskofiank@yahoo.co.uk.    &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br face="verdana"&gt;&lt;br /&gt;_____________&lt;br /&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Source : &lt;a href="http://www.caia.org.uk/wp-content/uploads/magazine//http___caia.org.uk_armenianvoice_58_index.pdf"&gt;http://www.caia.org.uk/wp-content/uploads/magazine//http___caia.org.uk_armenianvoice_58_index.pdf&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br face="verdana"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Traduction : © Georges Festa – 01.2012.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br style="font-family: verdana;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3147729012975104079-5533558853596426230?l=armeniantrends.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3147729012975104079/posts/default/5533558853596426230'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3147729012975104079/posts/default/5533558853596426230'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://armeniantrends.blogspot.com/2012/01/etudes-armeniennes-soas-universite-de.html' title='Etudes arméniennes  - SOAS, Université de Londres / Armenian Studies - SOAS, University of London'/><author><name>Artavazd</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09115897617536890691</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://3.bp.blogspot.com/_seFKDDF1jyM/Si7VkSrlsyI/AAAAAAAAAxI/Yj2vbSW6h4c/S220/david2.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/-V5OxP-lTrtA/TyiBMFyw58I/AAAAAAAACXQ/CH-vlQLb_Xc/s72-c/soas.jpg' height='72' width='72'/></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3147729012975104079.post-3935289331532884368</id><published>2012-01-30T15:28:00.000-08:00</published><updated>2012-01-30T15:32:59.230-08:00</updated><title type='text'>A Question of Genocide / Un génocide en questions</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/-FJpPn3TGo44/TycoBsE0nyI/AAAAAAAACXE/IR3wOUWkM3M/s1600/aquestion.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 210px; height: 320px;" src="http://4.bp.blogspot.com/-FJpPn3TGo44/TycoBsE0nyI/AAAAAAAACXE/IR3wOUWkM3M/s320/aquestion.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5703571462564388642" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family: verdana;"&gt;© Oxford University Press, 2011&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br style="font-family: verdana;"&gt;&lt;br style="font-family: verdana;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;font-size:100%;" &gt;&lt;span style="font-family: verdana;"&gt;Ronald Grigor Suny, Fatma Müge Göçek, Norman M. Naimark, éd.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br style="font-family: verdana; font-weight: bold;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold; font-style: italic;font-size:100%;" &gt;&lt;span style="font-family: verdana;"&gt;A Question of Genocide : Armenians and Turks at the End of the Ottoman Empire&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br style="font-family: verdana; font-weight: bold;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;font-size:100%;" &gt;&lt;span style="font-family: verdana;"&gt;[Un génocide en questions : Arméniens et Turcs à la fin de l’empire ottoman]&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br style="font-family: verdana; font-weight: bold;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;font-size:100%;" &gt;&lt;span style="font-family: verdana;"&gt;Oxford : Oxford University Press, 2011, xxii + 434 p. – ISBN : 978-0-19-539374-3&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br style="font-family: verdana; font-weight: bold;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;font-size:100%;" &gt;&lt;span style="font-family: verdana;"&gt;par Michael Bobelian&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br style="font-family: verdana; font-weight: bold;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;font-size:100%;" &gt;&lt;span style="font-family: verdana;"&gt;&lt;a href="http://www.h-net.org"&gt;H-Human-Rights&lt;/a&gt;, Sept. 2011&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br style="font-family: verdana;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;br style="font-family: verdana;"&gt;&lt;div style="text-align: center; font-weight: bold;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family: verdana;"&gt;A la recherche d’un consensus : &lt;span style="font-style: italic;"&gt;A Question of Genocide&lt;/span&gt; et le processus historiographique&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br style="font-family: verdana;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br style="font-family: verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family: verdana;"&gt;Durant des années, Arméniens et Turcs se sont affrontés au sujet des déportations et des morts de la population arménienne dans l’empire ottoman. Via plusieurs phases révisionnistes, le gouvernement turc a attribué ces morts aux ravages de la Première Guerre mondiale ; à une guerre civile déclenchée par des traîtres arméniens ; ou à des négligences de la part des dirigeants ottomans, désireux de déplacer, mais non d’anéantir, la minorité arménienne. L’argument mis en avant par la diaspora arménienne – et par l’Arménie après son indépendance – est demeuré en grande partie inchangé : l’empire ottoman a perpétré un génocide, soutenu par l’Etat.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br style="font-family: verdana;"&gt;&lt;br style="font-family: verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family: verdana;"&gt;Au fil des ans, la communauté scientifique a repris ce modèle. Peu d’études universitaires existaient avant 1965, date à laquelle les Arméniens exhumèrent cette tragédie des ténèbres en recourant à des manifestations, à diverses pressions sur des gouvernements étrangers et au terrorisme. La date de cette renaissance coïncide avec un intérêt croissant du monde universitaire pour les droits de l’homme. Néanmoins, au début, partiales, d’ordre souvent amateur, les productions dues à des Arméniens et des Turcs qui se voulaient à la fois historiens et avocats, occupèrent le terrain avec des explications contradictoires empruntées à leurs nationalités respectives. En bien des manières, ces affrontements universitaires offrirent une scène nouvelle à la bataille que se livrent les deux ennemis.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br style="font-family: verdana;"&gt;&lt;br style="font-family: verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family: verdana;"&gt;Finalement, des études qui font toujours autorité, dues à Vahakn N. Dadrian et Richard G. Hovannissian, opérèrent une percée, suivies d’une liste croissante d’historiens turcs, de chercheurs sur la Shoah menant des études comparées et d’autres, non arméniens. Ces historiens exploitèrent des archives oubliées, provenant de nations diverses (tandis que les archives ottomanes demeuraient en grande partie fermées à ceux qu ne soutenaient pas la position de la Turquie) ; ils ont injecté une analyse sociologique, psychologique et économique au sein d’un corpus littéraire grandissant ; et ils ont intégré des récits de première main, émanant de survivants, de perpétrateurs et de tiers, afin d’ajouter à la compréhension de cette tragédie. Au sommet de cette montagne de preuves, l’Association Internationale des Chercheurs sur le Génocide déclara cette tragédie un génocide en 1997. Trois ans plus tard, 126 chercheurs sur la Shoah se rangèrent à cette décision.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br style="font-family: verdana;"&gt;&lt;br style="font-family: verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family: verdana;"&gt;L’instauration de ce consensus n’empêcha pas un groupe réduit, mais résolu, de contester cette catégorisation. Composé en majorité de chercheurs turcs et d’une poignée d’historiens étrangers, ils persistent à soutenir le discours turc officiel. Ce consensus n’a pas non plus atténué les échanges souvent polémiques au sein de la communauté scientifique. Au mépris de l’authenticité (ou son absence) de leurs recherches, se posant en avocats – témoignant, par exemple, à plusieurs reprises devant le Congrès des Etats-Unis -, les deux camps opposés exposent leurs querelles universitaires sur la scène politique. Et ce faisant, ils prolongent un dialogue de sourds, au lieu de se parler, dans une salve incessante, faite d’attaques et de contre-attaques.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br style="font-family: verdana;"&gt;&lt;br style="font-family: verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family: verdana;"&gt;En 2000, Ronald Grigor Suny et Fatma Müge Göçek fondèrent le Séminaire de recherches sur l’Arménie et la Turquie (Workshop on Armenian and Turkish Scholarship – WATS), pour en finir avec cette impasse. &lt;span style="font-style: italic;"&gt;A Question of Genocide&lt;/span&gt; est né des efforts de ce collectif (ainsi que de plusieurs rencontres du Mellon Foundation Sawyer Seminar sur le meurtre de masse, organisées par le troisième éditeur de l’ouvrage, Norman M. Naimark). « Les débats – lors des sept ateliers WATS, expliquent les organisateurs dans la préface du livre – furent exempts de tout esprit partisan et de tout nationalisme. » (p. 4). Après dix années de dialogue, à l’affrontement de « discours nationalistes, s’est substitué un seul récit partagé. » (p. 5). Le domaine le plus controversé demeure néanmoins hors d’atteinte. Plus de 80 participants ne parviennent pas à s’accorder sur le fait qu’un génocide a eu lieu. « Le titre de ce volume, notent les deux chercheurs à l’université du Michigan, reflète à la fois les certitudes des uns et la perplexité des autres » quant à la manière de décrire « la nature des massacres » (p. 10).&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;          &lt;br style="font-family: verdana;"&gt;&lt;br style="font-family: verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family: verdana;"&gt;A un certain niveau, l’ouvrage contribue admirablement au domaine étudié. Les quinze études de ce recueil s’intéressent à plusieurs éléments –souvent négligés – de cette époque avec un regard neuf et à travers des sources nouvelles. Certaines, comme l’exploration du rôle des politiques agraires, par Stephan H. Astourian, élargissent le champ des influences. D’autres apportent une analyse plus restreinte, mais profonde, comme Hans-Lukas Kieser qui examine comment un patriote turc se mue en un meurtrier de masse. Les contributeurs proposent de nouveaux aperçus sur le rôle de l’Allemagne en tant qu’alliée des Ottomans, la présence de la Russie sur le front du Caucase, le rôle des organisations politiques arméniennes et la destruction des Assyriens. Le recueil dévoile aussi les motivations et les méthodes diverses employées par les meurtriers de masse, tandis que trois essais permettent de mieux comprendre le voile de silence de la Turquie, lequel a finalement conduit à sa politique inébranlable de déni.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br style="font-family: verdana;"&gt;&lt;br style="font-family: verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family: verdana;"&gt;Mais, à un autre niveau, le livre déçoit en omettant une opportunité unique d’explorer un sujet qui ne concerne pas seulement le cœur de cette controverse en cours, mais aussi toute une profession – le processus historique. Parallèlement au conflit israélo-palestinien, le génocide arménien demeure parmi les sujets les plus controversés dans le monde universitaire moderne. La capacité du collectif WATS à rassembler des chercheurs concurrents, et parfois hostiles et politisés, propose une réflexion sur le développement d’une historiographie comptant peu d’équivalents dans l’histoire de la profession.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br style="font-family: verdana;"&gt;&lt;br style="font-family: verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family: verdana;"&gt;Les révélations apportées par les éditeurs dans la courte introduction laissent le lecteur sur sa faim. Comment WATS a-t-il atteint un « consensus rugueux » (p. 8) ? Qui a refusé de se joindre à ce consensus et pourquoi ? Quelle fut l’attitude des chercheurs face à des preuves contradictoires, mais convaincantes ? Qui fut laissé en dehors de WATS et pourquoi ? Une collaboration émergea-t-elle de la confrontation ? De quelle manière des pressions extérieures ont-elles influencé le processus, en particulier parmi les participants turcs, lesquels furent dénoncés et menacés pour avoir organisé un colloque à Istanbul ? Et, plus important, la création d’un discours partagé a-t-elle contribué à l’établissement de la vérité ou l’a-t-elle sapé ?&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br style="font-family: verdana;"&gt;&lt;br style="font-family: verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family: verdana;"&gt;Plusieurs participants eussent pu exposer leur propre témoignage pour aborder les questions complexes mises en lumière dans l’Introduction. Il eût été éclairant d’apprendre des chercheurs lequel d’entre eux parvint à contre-coeur à de nouvelles conclusions et dévoila les difficultés, au plan personnel et professionnel, qui naquirent de ces constats, ou bien de voir comment la méfiance première parmi les participants s’est effritée en l’espace de dix années. Les révélations les plus édifiantes eussent pu émaner de ces participants, lesquels continuent à mettre en question l’applicabilité du qualificatif de génocide, après une décennie de dialogue.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br style="font-family: verdana;"&gt;&lt;br style="font-family: verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family: verdana;"&gt;La mise à l’écart de ces questions nous prive d’une opportunité de fouiller des secteurs de la profession, qui recueillent rarement une grande attention. Quel rôle le parti pris ou l’accès aux archives (ou bien son absence) jouent-ils dans la prise de décision d’un chercheur ? De quelle manière un historien est-il influencé par ses collègues ? Comment des prises de position ossifiées se heurtent-elles à des vérités et à des interprétations nouvelles ? Qu’est-ce qui différencie le révisionnisme fondé de l’exploitation du processus historique ?&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br style="font-family: verdana;"&gt;&lt;br style="font-family: verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family: verdana;"&gt;L’on peut comprendre que les contributeurs aient souhaité éluder confidences dérangeantes et conversations privées éclairantes ou, plus simplement, n’aient pas voulu produire un type d’écriture confessionnelle, peu familier à la plupart des historiens. Tel quel – en tant que contribution scientifique à la compréhension du génocide arménien, de la fin de l’empire ottoman et des débuts de la république de Turquie – &lt;span style="font-style: italic;"&gt;A Question of Genocide&lt;/span&gt; parvient à ses fins. L’ouvrage eût pu néanmoins apporter nombre de révélations, non seulement sur les événements qui ont eu lieu il y a un siècle, mais aussi sur une pression nationaliste triomphante et des partis pris profondément enracinés quant à la manière d’enquêter et de décrire le passé. Par essence, il eût pu instruire quant aux fonctions les plus difficiles et les plus nobles d’un historien.             &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br style="font-family: verdana;"&gt;&lt;br /&gt;___________&lt;br /&gt;&lt;br style="font-family: verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family: verdana;"&gt;Source : &lt;a href="http://www.h-net.org/reviews/showrev.php?id=32982"&gt;http://www.h-net.org/reviews/showrev.php?id=32982&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br style="font-family: verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family: verdana;"&gt;Traduction : © Georges Festa – 01.2012.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br style="font-family: verdana;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3147729012975104079-3935289331532884368?l=armeniantrends.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3147729012975104079/posts/default/3935289331532884368'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3147729012975104079/posts/default/3935289331532884368'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://armeniantrends.blogspot.com/2012/01/question-of-genocide-un-genocide-en.html' title='A Question of Genocide / Un génocide en questions'/><author><name>Artavazd</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09115897617536890691</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://3.bp.blogspot.com/_seFKDDF1jyM/Si7VkSrlsyI/AAAAAAAAAxI/Yj2vbSW6h4c/S220/david2.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/-FJpPn3TGo44/TycoBsE0nyI/AAAAAAAACXE/IR3wOUWkM3M/s72-c/aquestion.jpg' height='72' width='72'/></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3147729012975104079.post-3176613410946323528</id><published>2012-01-29T16:21:00.000-08:00</published><updated>2012-01-30T10:22:40.740-08:00</updated><title type='text'>Hrant Gadarigian - Yerevan to Diyarbekir and Back / Aller-retour Erevan-Diyarbakır (I)</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/-yY0nrX_zGs8/TyXjBq2NnFI/AAAAAAAACW4/4mF294zAgoI/s1600/800px-Diyarbakirwalls2.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 320px; height: 206px;" src="http://3.bp.blogspot.com/-yY0nrX_zGs8/TyXjBq2NnFI/AAAAAAAACW4/4mF294zAgoI/s320/800px-Diyarbakirwalls2.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5703214120955649106" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Murailles de Diyarbakır, Turquie&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;© Gerry Lynch, 2003 – http://commons.wikimedia.org&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;font-size:100%;" &gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Aller-retour Erevan-Diyarbakır : refaire le lien avec un passé en voie de disparition&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-weight: bold; font-family:verdana;" &gt; (I)&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-weight: bold; font-family:verdana;"&gt;&lt;br  style=" font-weight: bold;font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;font-size:100%;" &gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;par Hrant Gadariguian&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br  style=" font-weight: bold;font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;font-size:100%;" &gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;&lt;a href="http://hetq.am/"&gt;Hetq&lt;/a&gt;, 28.10.2011&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;La semaine dernière, accompagné de deux amis, nous sautons dans une jeep japonaise et quittons Erevan pour la réouverture de l’église apostolique arménienne Sourp Kirakos à Diyarbakır, en Turquie.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;L’unique raison pour laquelle je précise que la jeep est de fabrication japonaise est que le volant se trouve du côté droit. Ce qui ne fut pas sans étonner les curieux, tandis que nous nous frayions notre chemin à travers les montagnes et les vallées d’Anatolie orientale.  &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Même si j’ai déjà voyagé en Turquie (Istanbul, Ankara, Van), ce fut toujours par avion. Là, j’ai une chance d’observer la population et le paysage de près et par moi-même.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;font-size:100%;" &gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;La Turquie par le Djavakh&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Etant donné que la Turquie refuse d’ouvrir sa frontière avec l’Arménie, nous devons tout d’abord nous diriger vers la Géorgie et sa frontière commune avec la Turquie à Possof.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Nous voyageons à travers la région arménienne du Djavakh, nous arrêtant pour quelques séances de gouttes pour notre chauffeur, un photo-journaliste franco-arménien, à Akhalkalak.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Des habitants font cercle et nous demandent qui nous sommes et vers où nous nous dirigeons. Ils relèvent que l’arménien occidental que nous parlons leur rappelle leur dialecte, étant donné que beaucoup, dans cette région, font remonter leurs racines à Erzeroum.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Il existe une frontière toute proche avec la Turquie à Akhalkalak, mais elle aussi est fermée. Les Arméniens du lieu ne peuvent nous en dire la raison.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Nous traversons la ville plus importante d’Akhaltskha, puis nous escaladons les montagnes jusqu’à Possof. Les choses se passent sans incidents, jusqu’à ce que les douaniers turcs nous informent que la jeep doit être inspectée. Ils procèdent à une fouille minutieuse ; mon ami Max m’apprend que c’est la première inspection à laquelle il est soumis, depuis ses nombreux voyages en Turquie par cette même route.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Au feu vert, nous prenons le volant dans l’obscurité qui gagne et contournons la vieille ville fortifiée de Kars, ainsi que le champ de bataille de Sarikamich, site d’une bataille, lors de la Première Guerre mondiale, entre les armées ottomane et russe.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;font-size:100%;" &gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Erzeroum : un quartier arménien dans la Vieille ville&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Epuisés, les yeux troubles, nous atteignons enfin Erzeroum tard ce soir là et avons la chance d’obtenir une chambre pour nous trois dans le dortoir local réservé aux enseignants et aux éducateurs turcs de passage.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Je mentionne au passage que le troisième membre du groupe est Khatchik, ancien Arménien d’Istanbul parti s’installer en Arménie, il y a vingt ans. Il fera pour nous office d’utile traducteur, mon turc étant, au mieux, rudimentaire.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Lorsque nous nous réveillons le lendemain matin, la ville est recouverte d’un manteau de neige. Elle tombe encore, lorsque nous nous dirigeons vers la cafétéria du dortoir pour un petit-déjeuner composé d’olives, de fromage et de thé. Ce dernier breuvage est un produit de base dans les régions orientales de la Turquie, servi dans de petits verres cylindriques.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Heureusement, Max a aussi amené de son côté une petite cafetière qui s’avère des plus précieuse pour un adepte du café matinal comme moi. &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Avant de quitter les lieux, Max nous conduit vers un ancien quartier d’Erzeroum, fait de bâtiments en pierres à moitié en ruines. Il a visité l’endroit auparavant, lors d’un précédent voyage. Il s’agit, nous dit-il, d’un ancien quartier arménien.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;A l’heure actuelle, il est prévu que tout ce quartier soit rasé par la mairie d’Erzeroum. Ceux qui vivent encore là sont dédommagés par les autorités locales.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Nous nous baladons avec Khatchik dans les rues vides, essayant de ne pas prendre froid, tandis que Max, toujours intrépide, disparaît dans un coin, en quête de sa prochaine grande photo.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;font-size:100%;" &gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Direction le sud, vers Bingöl et Diyarbakır&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Après une heure ou deux, nous nous engouffrons dans notre véhicule et prenons la route du sud, au sortir d’Erzeroum. Notre prochaine étape : Bingöl. La route qui monte à travers les montagnes s’avère traîtresse, du fait de l’enneigement. Des chantiers intermittents rendent le passage encore plus difficile.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;La neige diminue enfin, tandis que nous nous approchons de la petite ville de Bingöl – thème du célèbre chant mélancolique, mêlant plainte et perte, qui débute par ce vers « Chère sœur, indique-moi le chemin de Bingöl… ».&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Nous nous arrêtons pour trouver de quoi manger dans cette commune peuplée en très grande majorité de Kurdes. Max veut aussi s’acheter une paire de chaussures bon marché. Celles qu’il portait à Erzeroum sont toutes mouillées à cause des rues détrempées. Mais bon - à quoi s’attend-il ? - les semelles sont déjà trouées…&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Le paysage se mue en une série de vallées pour la plupart dépourvues d’arbres et de collines vallonnées. Les étendues sont vastes et panoramiques. Un paradis perdu ?&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Un peu d’étymologie concernant le nom. Suite aux conquêtes arabes au 7ème siècle, la tribu arabe des Bekr occupa cette région, qui prit le nom de Diyar-ı Bekir (terres de la tribu des Bekr). En 1937, Atatürk rebaptisa la ville Diyarbakır, qui demeure son nom actuel.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;C’est la capitale non officielle des régions kurdes de la Turquie, avec une population de plus de 800 000 habitants.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Quant à savoir pourquoi les Arméniens appellent la ville Tigranakert [Digranagerd], cela reste un mystère. J’ai lu dans &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Wikipedia &lt;/span&gt;que les historiens arméniens ont un jour proposé comme théorie que la ville occupe le site d’une ancienne ville arménienne homonyme et qu’au 19ème siècle, les habitants arméniens employaient ce nom. Mes lecteurs lanceront peut-être d’autres hypothèses.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Nous obtenons une chambre dans un hôtel au bas d’une étroite ruelle à l’écart de la place principale, dans la ville ancienne. Cette ruelle est si étroite qu’un athlète pourrait sauter de la fenêtre de notre hôtel dans celle de l’hôtel d’en face.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;font-size:100%;" &gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Dans la ville sur le Tigre&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;On est mercredi, le 19 [octobre]. Nous remarquons déjà des Arméniens venus d’Istanbul et d’ailleurs déambulant dans les rues de la vieille ville. Je veux dire, même pour un œil peu exercé, eux et nous, sortant du lot.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Max, qui trimbale sa caméra avec son objectif proéminent, aimante constamment les gamins des rues en quête d’aumône. Des gamins âgés de 5 à 8 ou 9 ans, tout au plus.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;« Hello ! », « English, English ! » ou « Money, please ! » : voilà quelques-unes des phrases que ces gosses emploient en s’approchant. Ils les ont probablement apprises de gamins plus âgés, qui travaillent maintenant dans les stands du marché comme porteurs ou dans les salons de thé comme serveurs. Mais je remarque d’autres gamins très jeunes, transportant dans des chariots en bois tout un tas d’objets à travers les rues pavées.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Après nous être enregistrés, nous nous frayons un chemin vers le quartier où se trouve Sourp Kirakos. Max est à nouveau aux aguets pour quelques photos de choix et les habitants des lieux semblent répondre à ses demandes pour être filmés. Beaucoup l’invitent dans leurs cours intérieures, lorsqu’il pointe son nez dans chaque porte ouverte.  &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Nous tombons sur l’église orthodoxe syriaque et entrons dans un vaste jardin. Nous y rencontrons des Arméniennes qui ont voyagé depuis la ville syrienne de Khamichli, sur la frontière turque, pour les festivités prévues à l’église.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Nous discutons avec un Arménien quinquagénaire, né à Diyarbakır, mais qui vit maintenant à Istanbul. En fait, la plupart des gens à qui nous parlons nous disent qu’il ne reste tout au plus qu’une poignée d’Arméniens, la plupart âgés, dans la ville. Deux font office de gardiens à l’église chaldéenne.     &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Puis c’est à l’extérieur de Sourp Kirakos que nous croisons Aram, le gardien du lieu. Il nous apprend qu’il est Arménien d’un côté de sa famille. Je ne me rappelle plus laquelle. Quadragénaire énergique, affable, Aram supervise la préparation de la re-consécration de l’église, prévue samedi, et de l’office religieux dominical.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Beaucoup reste encore à faire. Des matériaux de construction jonchent la cour de l’église. Aram nous assure que des ouvriers locaux seront engagés pour tout nettoyer à temps.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;font-size:100%;" &gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Lice – Des Arméniens islamisés et une église en ruines&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Avant notre départ, Max demande à Aram s’il peut nous indiquer la direction de villages avoisinants où des Arméniens islamisés sont censés habiter. Il nous répond qu’il en existe beaucoup et promet de nous fournir des détails et quelques contacts.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Fidèle à sa parole, le lendemain, nous sommes accostés par un parent d’Aram qui propose de nous conduire vers plusieurs villages près de la ville de Lice, à mi-chemin de la voie express séparant Diyarbakır de Bingöl.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Nous y faisons la connaissance de plusieurs Arméniens « kurdisés », qui nous apprennent que leurs grands-parents ou arrière-grands-parents, principalement du côté maternel, étaient en fait Arméniens. Les habitants de ces lieux sont les descendants de jeunes Arméniennes enlevées lors des massacres et mariées de force.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Telle est l’étendue de leur identité arménienne – peu de choses ont été transmises au fil des générations. Il n’était guère prudent de s’identifier en tant qu’Arménien durant une période où la jeune république de Turquie s’embarquait sur une politique étatique de consolidation nationale.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Ces « Arméniens » que nous rencontrons sur notre chemin semblent mal à l’aise, lorsqu’ils évoquent devant nous ces questions en présence de leurs voisins kurdes. Ce n’est que lorsque nous prenons nos distances vis-à-vis du groupe plus large qu’ils se confient à nous.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;On sent quand même que quelque chose diffère dans leurs manières. Ils sont animés et expressifs, même la femme, en présence de trois étrangers qui entrent dans leur monde rural restreint.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Lorsque nous leur apprenons que nous venons d’Arménie, ils nous interrogent et demandent même à savoir à quoi ressemble « Jerevan ».&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Le parent d’Aram nous escorte vers un édifice en ruines qui ressemble de près à une église arménienne, au sommet d’une colline. Son nom et son histoire sont un mystère, même pour lui. Tout ce qu’il peut nous dire, c’est que la région s’enorgueillissait jadis d’une importante présence arménienne. Il n’en reste aujourd’hui que quelques traces, si tant est.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Nous repartons à Diyarbakır, laissant derrière nous nos compatriotes redécouverts, sans les oublier.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;font-size:100%;" &gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Mardin : une forteresse montagneuse&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Le lendemain, nous décidons de gagner le sud, vers l’ancienne ville de Mardin, perché sur une montagne rocheuse surplombant les plaines au nord de la Syrie.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;En 1915-1916, les chrétiens arabes, assyriens/syriaques et arméniens de toutes confessions furent massacrés ou déportés. Plus aucun Arménien ne vit, dit-on, à Mardin aujourd’hui.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;La ville se compose d’un ensemble de terrasses ascendantes et de rues étroites avec des passages menant au niveau suivant. Eparpillés dans les ruelles, des artisans exercent leur négoce dans de petites échoppes – menuisiers, ferblantiers, bijoutiers, forgerons… La vieille ville tout entière est une mosaïque embrouillée de maisons, de magasins, de mosquées et d’églises – ces dernières étant principalement syriaques orthodoxes.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;L’église arménienne Sourp Kévork [Saint-Georges] existe néanmoins toujours à Dérik, un district à l’ouest de la province de Mardin. En 2006, Monseigneur Mesrop Mutafian, Patriarche arménien d’Istanbul, visita cette église et s’entretint avec les trois derniers Arméniens qui y vivaient alors – Kévork, Naif et sa femme Serpouhie, Demirci. Sont-ils toujours là ? N’y étant jamais allés, nous ne pouvons le dire.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;font-size:100%;" &gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Sourp Kirakos : quel avenir attend l’église ?&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Samedi, jour de la re-consécration de l’église Sourp Kirakos, datant du 16ème siècle et restaurée, il n’y a plus de places assises. Sont présents dignitaires locaux, ecclésiastiques de haut rang et autres invités, dont l’ancien ministre des Affaires étrangères d’Arménie et le dirigeant du parti Héritage, Raffi Hovannissian, l’ambassadeur des Etats-Unis en Turquie, Francis Ricciardione, le porte-parole du Patriarcat grec orthodoxe, basé à Istanbul, Dosithéos Anagnostopoulos, le vicaire patriarcal de l’Eglise syriaque orthodoxe à Istanbul, Yusuf Çetin, le maire de Diyarbakır, Osman Baydemir, et celui de Sur, Abdullah Demirbaş.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Tout autour de Sourp Kirakos, les organisateurs de la manifestation ont installé plusieurs panneaux illustrant la présence des Arméniens à Diyarbakır, autrefois. Les illustrations et le texte rappellent aux visiteurs que les Arméniens jouèrent un rôle de premier plan dans les arts et le commerce et dans d’autres secteurs.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Je prends un prospectus intitulé « A quoi ressemblait Diyarbakır en 1869 ? ». La population de la ville se répartissait en fonction de la religion pratiquée. Sur une population totale de 21 372 âmes, 6 853 relevaient de l’Eglise apostolique arménienne et 831 étaient des catholiques arméniens. Un tiers des habitants étaient donc arméniens. 9 814 sont enregistrés en tant que musulmans, sans que leur nationalité ne soit précisée. Le reste se composait d’Assyriens, de catholiques assyriens, de Chaldéens, de Grecs, de protestants et de Juifs.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Le prospectus relève qu’il existait quatre écoles arméniennes et quatre cimetières chrétiens. Il n’en subsiste plus aucune trace aujourd’hui. Si je me souviens bien, une des affiches précisait que l’université de Dicle, dans la banlieue est de Diyarbakır, est bâtie sur le site d’un ancien village arménien.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Dimanche, l’office divin est célébré à Sourp Kirakos pour la première fois depuis plus de trente ans.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Durant la Première Guerre mondiale, l’église fut réquisitionnée par l’armée allemande en tant que centre de commandement. Elle servit de dépôt de vêtements pour la Sümerbank, propriété de l’Etat, jusqu’en 1950. L’église fut ensuite restituée à la communauté arménienne, après un long combat juridique.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Durant les décennies suivantes, l’église tomba en désuétude et se dégrada, la communauté arménienne déclinant en nombre. Beaucoup partirent à Istanbul ou plus loin encore. Certains ont fait le voyage retour dans leur ville d’attache, juste pour être présents à la réouverture de l’église.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Il s’agit d’un édifice massif couvrant 3 200 mètres carrés, pouvant accueillir 3 000 personnes. Qui va s’en servir (il ne reste plus aucun Arménien à Diyarbakır) et pour quel usage ? La question reste ouverte.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;(à suivre)  &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;br /&gt;____________&lt;br /&gt;&lt;br style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Source : &lt;a href="http://hetq.am/eng/articles/5832/yerevan-to-diyarbekir-and-back-reconnecting-with-a-fading-past.html"&gt;http://hetq.am/eng/articles/5832/yerevan-to-diyarbekir-and-back-reconnecting-with-a-fading-past.html&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;  &lt;br face="verdana"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Traduction : © Georges Festa – 01.2012.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br style="font-family: verdana;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3147729012975104079-3176613410946323528?l=armeniantrends.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3147729012975104079/posts/default/3176613410946323528'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3147729012975104079/posts/default/3176613410946323528'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://armeniantrends.blogspot.com/2012/01/hrant-gadarigian-yerevan-to-diyarbekir.html' title='Hrant Gadarigian - Yerevan to Diyarbekir and Back / Aller-retour Erevan-Diyarbakır (I)'/><author><name>Artavazd</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09115897617536890691</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://3.bp.blogspot.com/_seFKDDF1jyM/Si7VkSrlsyI/AAAAAAAAAxI/Yj2vbSW6h4c/S220/david2.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/-yY0nrX_zGs8/TyXjBq2NnFI/AAAAAAAACW4/4mF294zAgoI/s72-c/800px-Diyarbakirwalls2.jpg' height='72' width='72'/></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3147729012975104079.post-496884822549202108</id><published>2012-01-28T11:20:00.000-08:00</published><updated>2012-01-29T13:23:15.963-08:00</updated><title type='text'>Chris Dikian : Vendre des cigarettes près des tramways / Selling Cigs by the Tramways</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/-5qRv8XZwIME/TyRK5C8s79I/AAAAAAAACWs/PRGezwRRtRA/s1600/Greek_and_Armenian_refugee_children_near_Athens%252C_1923.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 320px; height: 186px;" src="http://3.bp.blogspot.com/-5qRv8XZwIME/TyRK5C8s79I/AAAAAAAACWs/PRGezwRRtRA/s320/Greek_and_Armenian_refugee_children_near_Athens%252C_1923.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5702765372062363602" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Enfants réfugiés grecs et arméniens, près d’Athènes (Grèce), en 1923, suite à leur expulsion de la Turquie&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;© http://en.wikipedia.org&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;font-size:100%;" &gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Vendre des cigarettes près des tramways : survivre dans la Grèce occupée par les nazis&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br  style=" font-weight: bold;font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;font-size:100%;" &gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;par Arthur Hagopian&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br  style=" font-weight: bold;font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;font-size:100%;" &gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;&lt;a href="http://www.mirrorspectator.com/"&gt;The Armenian Mirror-Spectator&lt;/a&gt;, 21.01.2012&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br style="font-family: verdana; font-weight: bold;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;SYDNEY – Sa maison dans la banlieue de Chatswood, dans les hauteurs de Sydney, est à des années-lumière de ce camp délabré en Grèce, où sa famille trouva refuge après les massacres perpétrés par les Turcs en 1915 et où il grandit. Désormais il n’a plus faim, il n’est plus pieds nus.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Mais Chris Dikian porte encore les cicatrices de cette lutte pour la survie qu’il mena, très jeune, durant l’occupation de ce pays par les nazis.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;« Phix-Derghouty était un camp fait de cabanes en briques de boue avec des toits en fer blanc, qui accueillit principalement les survivants des massacres, issus de diverses régions d’Arménie Occidentale, » rappelle-t-il. Une rangée de bâtiments en brique rouge s’élevait à la lisière du camp, face à l’usine de chaussures Bata, avec une étendue vide entre les deux.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Des esprits entreprenants transformèrent cette étendue en un vaste marché et centre commercial, où grouillaient boutiques de coiffeurs, forges, conserverie, restaurants, cafés, boulangeries, magasins de produits alimentaires et d’occasion.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Certains avaient même installé des lignes électriques. Les autres, moins chanceux, comme les marchands de fruits et légumes ou les vendeurs de fruits, n’avaient que des lampes à pétrole.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;« C’était le cœur du camp, là où le bien et le mal se mêlaient, » se souvient Dikian.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;« A la tombée de la nuit, la fumée provenant des échoppes de souvlaki, combinée à l’arôme, emplissait l’air. »&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;La cabane qui abritait sa famille se trouvait près de ces échoppes. Comme les autres habitations du camp, elle comptait une seule grande pièce servant à tout, avec une réserve où la famille conservait ses précieuses provisions de nourriture : olives, fromage, farine, maïs, huile d’olive.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;« Je ne me rappelle pas s’il y avait une cuisine. Mais toutes les odeurs appétissantes émanaient de la porte voisine, où vivait ma grand-mère. Elle était arrivée au Pirée avec sa fille et son fils, et s’était retrouvée dans le camp. Mon grand-père, disait-on, avait été médecin, il avait émigré aux Etats-Unis, ne supportant plus le sultan Abd ul-Hamid II, » ajoute-t-il en gloussant.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Le père de Dikian naquit dans une ville près d’Istanbul dans une riche famille, mais tous ses efforts pour récupérer quelque bien que ce fût s’avérèrent vains.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Dikian raconte comment son père et son oncle furent séparés de la principale caravane de réfugiés et s’enfuirent dans les collines environnantes.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;« Ils furent sauvés par des Kurdes et s’intégrèrent à leur communauté comme bergers. Avec leur nouvelle famille kurde d’adoption, ils allaient de lieu en lieu, en quête de pâturages, comme c’est la coutume chez les Kurdes, » explique Dikian.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Mais les deux frères perdent à nouveau la trace l’un de l’autre. L’oncle réussit à retourner en Arménie après des mois d’errance, tandis que son père se retrouve dans un centre de la Croix Rouge et se fraie finalement un chemin vers la Palestine sous mandat, où il s’installa.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Un autre oncle, Léo, s’établit comme vendeur de fruits et légumes et parcourait les rues avec sa marchandise entassée sur une charrette à trois roues.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;« Le soir, la lumière inquiétante de la lampe à pétrole, suspendue à un bâton sur la charrette, réveillait en moi des terreurs enfantines, » se souvient Dikian.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Débrouillard et efficace, Léo adorait s’amuser et, un jour, durant l’occupation de la Grèce par les Italiens, il eut l’audace de faire tourner un disque anti-Mussolini sur son gramophone portatif, une incartade qui lui valut un séjour de six mois dans une prison en Crète.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;« Il devait être saoul, suppose Dikian. Mais il survécut aux dures conditions d’incarcération et revint, chargé de figues sèches et d’autres fruits, et portant la barbe. »&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;« L’occupation italienne ne dura pas longtemps. Bientôt, les nazis arrivèrent et, contrairement aux Anglais qui avaient libéré le pays, ils apportèrent avec eux la misère, la faim et les atrocités, » se rappelle-t-il.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Pour lutter contre la famine en temps de guerre, les Allemands instituèrent un système de rationnement alimentaire, mais ce dernier n’apaisa guère les tiraillements d’estomac parmi les réfugiés.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;« Avec mon grand-père, je gravissais parfois les collines environnantes, sur les versants desquelles nous pouvions trouver et ramasser des plantes comestibles à cuisiner. Parfois, mon père trimbalait une machine à coudre ou quelque objet de valeur que nous possédions jusque dans des villages isolés et les échangeait contre de l’huile d’olive, de la farine, des olives, du blé, du fromage, tout ce sur quoi il pouvait mettre la main. Mais les moins chanceux s’estimaient heureux, s’ils pouvaient capturer un chien, le cuisiner et le manger. »&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Les gens mouraient autour de lui, en permanence.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;« Toute la journée, on pouvait voir les camions d’ordures faire leurs rondes et ramasser les cadavres dans les rues, qu’ils embarquaient sans autre cérémonie. »&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Même si les résistants grecs ne cessaient de combattre et qu’aucun soldat allemand en vadrouille n’était en sécurité, les représailles étaient sévères : pour chaque soldat tué, les Allemands abattaient dix civils qu’ils raflaient au hasard. A l’occasion, ils portaient la barre à cent.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;« L’école fonctionnait par intermittences et nous, les enfants, on avait beaucoup de temps de libre. On se baladait dans les zones connues et moins connues du camp. On nous avertissait de ne pas manger les chocolats enveloppés dans du papier argenté et doré, largués par les avions allemands. Les Allemands étaient libres de nous empoisonner, mais dès que quelqu’un tentait de vendre de l’huile d’olive frelatée, ils le pendaient ! C’était la justice nazie, » ajoute Dikian.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Une des visions les plus mémorables aux alentours du camp fut celle des Juifs portant leurs insignes jaunes. Dikian se rappelle qu’ils étaient peu nombreux, mais que, progressivement, leur nombre s’amenuisa.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Lorsque les Allemands parvinrent à découvrir des caches d’armes, l’enfer se déchaîna.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;« Jetant un coup d’œil par notre fenêtre, je vis une fois un homme – probablement un résistant – conduisant des soldats allemands vers une fosse, près de notre cabane, où des armes étaient cachées. Le sang ruisselait sur son visage. Après avoir déterré les armes, les soldats récompensèrent leur informateur d’une balle en pleine tête. »&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Un jour, il s’éveille au milieu des cris de la population et l’odeur étouffante du feu. &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;« Les Allemands s’en vont ! » s’écriaient les habitants, tout heureux.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;« C’était vrai, mais avant de partir, ils menèrent une opération de nettoyage, abattant certaines personnes et en regroupant d’autres, dont mon père, vers des wagons. »&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Puis ils incendièrent les échoppes à l’aide de leurs lance-flammes. Tandis que la fumée s’élevait dans le ciel, les gens accouraient tels des poulets décapités, tentant de sauver ce qu’ils pouvaient.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;« Je me trouvais dans la gare, tenant ma mère par la main. »&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;« Où emmènent-ils papa ? » lui demandai-je.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;« Dieu seul le sait ! », murmura-t-elle.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;L’arrivée des troupes britanniques annonça une aube nouvelle d’espoir pour les habitants du camp.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;« On sentit, dès le début, qu’ils étaient différents, plus humains que les Allemands, durs et brutaux. Dès que les Tommies, tout sourire, ont installé leur camp, on escaladait les barbelés en leur demandant la charité. Contrairement aux soldats allemands qui pouvaient répondre par des coups quand on leur demandait de la nourriture, les Anglais arrivaient presque toujours à nous trouver quelque chose. »&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;« George ! George ! », s’écriaient les enfants, dès qu’ils apercevaient un des militaires anglais sortir de son campement. Telle était l’affectueuse appellation qui leur était réservée.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Les soldats, jeunes pour la plupart, adoraient bronzer sur la terrasse de leur état-major. Parfois, ils récompensaient leur fidèle public de biscuits qu’ils lui jetaient.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;« On ramassait chaque morceau ! », se souvient Dikian.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Les dimanches étaient à part. Les soldats alignaient les enfants, puis les conduisaient dans leur cantine pour un repas : « Quel luxe inouï ! du thé chaud mélangé à du lait, des betteraves, des œufs sur le plat, de savoureuses tranches de pain, toutes blanches ! »&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Peu après, l’oncle de Dikian, Léo, réapparut, cette fois avec une carriole.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;« Après avoir discuté, il me plaça à côté de lui et nous partîmes. Il voulait me montrer ce qui existait au-delà des barbelés. Je suis resté quelque temps avec lui en l’aidant dans ses activités farfelues, puis je suis retourné à Phix-Derghouty pour me retrouver chef de famille, après le départ de mon père. »&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;« Je me suis procuré deux paquets de cigarettes Papastrato et j’ai monté un commerce, les vendant partout où je pouvais, surtout dans les tramways. Tout allait bien jusqu’au jour où j’ai été dévalisé. Alors je me suis mis à vendre des gâteaux, mais les affaires ont flanché, quand j’ai commencé à avoir faim et à les manger. »&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;« Puis vint ce jour heureux où mon père franchit le seuil – il avait été libéré par les Russes et commençait à échafauder des projets pour nous emmener tous rejoindre sa sœur à Jérusalem. »&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Phix-Derghouty fut abandonné – mais jamais oublié. Lorsque Dikian revint pour une visite, des années plus tard, il ne restait plus aucune trace du camp : dans ses cendres, le phénix d’une banlieue flambant neuve, Neos Kosmos, a relevé sa tête d’or. &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;br /&gt;___________&lt;br /&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Source : &lt;a href="http://www.mirrorspectator.com/pdf/012112.pdf"&gt;http://www.mirrorspectator.com/pdf/012112.pdf&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;   &lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Traduction : © Georges Festa – 01.2012.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br style="font-family: verdana;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3147729012975104079-496884822549202108?l=armeniantrends.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3147729012975104079/posts/default/496884822549202108'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3147729012975104079/posts/default/496884822549202108'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://armeniantrends.blogspot.com/2012/01/genocide-armenien-vendre-des-cigarettes.html' title='Chris Dikian : Vendre des cigarettes près des tramways / Selling Cigs by the Tramways'/><author><name>Artavazd</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09115897617536890691</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://3.bp.blogspot.com/_seFKDDF1jyM/Si7VkSrlsyI/AAAAAAAAAxI/Yj2vbSW6h4c/S220/david2.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/-5qRv8XZwIME/TyRK5C8s79I/AAAAAAAACWs/PRGezwRRtRA/s72-c/Greek_and_Armenian_refugee_children_near_Athens%252C_1923.jpg' height='72' width='72'/></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3147729012975104079.post-8175597466849058064</id><published>2012-01-28T07:44:00.000-08:00</published><updated>2012-01-28T07:49:35.174-08:00</updated><title type='text'>Les Arméniens d'Abkhazie, objectif : plurilinguisme / Gli armeni d'Abkhazia, obiettivo plurilinguismo</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/-P0LoghfLpJg/TyQYQvF_IqI/AAAAAAAACWg/Db5Jebb0mT8/s1600/769px-Abkhazia_map-fr.svg.png"&gt;&lt;img style="display: block; margin: 0px auto 10px; text-align: center; cursor: pointer; width: 294px; height: 229px;" src="http://4.bp.blogspot.com/-P0LoghfLpJg/TyQYQvF_IqI/AAAAAAAACWg/Db5Jebb0mT8/s320/769px-Abkhazia_map-fr.svg.png" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5702709703956439714" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Carte de l’Abkhazie, octobre 2008&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;© fr.wikipedia.org&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;font-size:100%;" &gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Les Arméniens d’Abkhazie – objectif : plurilinguisme&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br  style=" font-weight: bold;font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;font-size:100%;" &gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;par Giorgio Comai&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br style="font-family: verdana; font-weight: bold;"&gt;&lt;a href="http://www.balcanicaucaso.org/"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;font-size:100%;" &gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;www.balcanicaucaso.org&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;[A la maison, ils parlent une variante de l’arménien occidental, l’arménien hamchène. A l’école, ils étudient l’arménien oriental parlé à Erevan. Pour les autorités de Soukoumi, ils devront parler l’abkhaze dans quelques années. Mais la majeure partie d’entre eux préfère pour l’heure le russe. Entretien avec Sourèn Kersélian, ex-président de la communauté arménienne en Abkhazie.]&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;- Giorgio Comai :&lt;/span&gt; La communauté arménienne est l’une des plus importantes de l’Abkhazie d’aujourd’hui. Selon les dernières données fournies par le Bureau des Statistiques de Soukhoumi pour 2003 (données contestées, en attente des chiffres tout autant discutés, relatifs au recensement de cette année [2011]), il s’agit d’environ 45 000 personnes, soit 15 % de la population. Selon d’autres estimations, ils représenteraient au contraire plus de 20 %. Quelles sont les principales activités de votre organisation qui représente la communauté arménienne en Abkhazie ?&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;- Sourèn Kersélian : &lt;/span&gt;Enseignement, culture, sport, soutien aux familles arméniennes, un mouvement de jeunesse… Tout ce dont une organisation sociale doit s’occuper. Nous ne sommes pas une organisation politique.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;- Giorgio Comai :&lt;/span&gt; Vous avez commencé par le mot « enseignement »… Quelle est la situation, de ce point de vue ?&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;- Sourèn Kersélian :&lt;/span&gt; En Abkhazie, il existe environ 8 000 élèves de nationalité arménienne – ce sont des chiffres approximatifs -, parmi lesquels 2 000 étudient dans l’une des 32 écoles arméniennes présentes dans la république, tandis que les autres vont dans les écoles russes. Ce sont toutes des écoles publiques. La plupart de ces écoles arméniennes comptent les onze niveaux du cursus d’enseignement, certaines moins, neuf ou quatre niveaux dans les villages plus petits où il y a peu d’habitants.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Dans les villes, même là où se trouvent des écoles arméniennes, les parents commencent à penser qu’il vaut mieux envoyer les enfants dans les écoles russes. Nous voudrions que cela change, que de plus en plus d’enfants étudient dans des écoles arméniennes.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Mais il y a tant de problèmes ! Les manuels ne sont pas publiés ici, on nous les envoie d’Arménie, par voie aérienne à Adler (l’aéroport situé entre Sotchi et la frontière avec l’Abkhazie – Ndlr). Et puis il y a le problème du manque de personnels, l’âge moyen des enseignants est de plus en plus élevé. Voilà pourquoi, dans certaines disciplines, nous sommes obligés de recourir à des enseignants russes.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;- Giorgio Comai :&lt;/span&gt; Pourquoi les gens préfèrent-ils souvent envoyer leurs enfants dans les écoles russes ?&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;- Sourèn Kersélian :&lt;/span&gt; La raison est simple. Tout près d’ici, il y a un grand et solide pays, la Russie. Là existent de nombreuses possibilités pour poursuivre ses études et trouver du travail. Les parents pensent que les enfants qui ont reçu une éducation en russe auront une vie plus facile, soit qu’ils doivent travailler, soit qu’ils décident de continuer leurs études.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;- Giorgio Comai :&lt;/span&gt; Quels sont les contacts avec l’Arménie ?&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;- Sourèn Kersélian :&lt;/span&gt; Il existe des contacts, des échanges, nous envoyons des jeunes ou des enseignants faire des cours de mise à niveau. Mais, du fait du manque de routes, il faut recourir à l’avion. Et un vol d’Adler à Moscou coûte moitié moins cher qu’un vol à Erevan, même si Erevan est bien plus proche.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;- Giorgio Comai :&lt;/span&gt; Les Arméniens d’Abkhazie ne parlent pourtant pas la même langue usitée aujourd’hui à Erevan, mais l’arménien hamchène…&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;- Sourèn Kersélian :&lt;/span&gt; Il existe deux langues littéraires arméniennes, l’arménien oriental et l’arménien occidental. Les Arméniens qui vivent dans l’Arménie contemporaine parlent l’arménien oriental, alors que les Arméniens abkhazes parlent l’arménien hamchène, une variante de l’arménien occidental, qui s’en différencie du reste sensiblement.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Cela est dû au fait que, mille ans durant, les Hamchènes ont vécu séparément des autres Arméniens, dans la partie septentrionale de la Turquie actuelle, entre Batoumi et Trabzon. Aujourd’hui y vivent les Hemchenlis, des Arméniens islamisés. Ils parlent pratiquement leur langue… Nous vivons séparés depuis plus d’un siècle, ce qui fait qu’il y a des différences, mais dans les faits la langue est la même. Les Turcs les appellent Hemchyli et ne les reconnaissent pas comme Arméniens… Mais eux, même s’ils ont changé de nom, sont conscients de leurs racines.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;- Giorgio Comai :&lt;/span&gt; Donc, les Arméniens d’Abkhazie parlent à la maison l’arménien hamchène, tandis qu’à l’école ils étudient l’arménien oriental, celui d’Erevan ?&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;- Sourèn Kersélian :&lt;/span&gt; Oui. Ce qui fait que lorsque nos enfants vont à l’école, dans la pratique c’est comme s’ils apprenaient une langue étrangère. Ils n’étudient pas dans la langue parlée à la maison, mais dans l’arménien littéraire oriental. Evidemment, avec le temps, nous avons commencé à utiliser de plus en plus de mots issus de l’arménien oriental, y compris dans la vie quotidienne, car nos journaux et nos revues sont aussi dans cette langue. Aujourd’hui, en Abkhazie, on capte par satellite six chaînes arméniennes. Parmi lesquelles certaines diffusent aussi en arménien occidental, très répandu parmi les Arméniens de la diaspora qui proviennent en grande partie des territoires de la Turquie actuelle. D’autre part, nombre de grands auteurs arméniens ont écrit en arménien occidental.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;- Giorgio Comai : &lt;/span&gt;Les autorités de Soukhoumi ont approuvé, il y a deux ans, une loi sur la langue officielle, qui rend obligatoire la connaissance de la langue abkhaze dans de nombreux domaines, par exemple pour ceux qui veulent travailler dans la fonction publique, d’ici 2015. Vu le niveau actuel de connaissance de la langue parmi les non Abkhazes qui habitent ici, il semble difficile d’appliquer cette loi, en particulier avec les délais actuellement en vigueur…&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;- Sourèn Kersélian :&lt;/span&gt; Je pense qu’une loi pour sauvegarder la langue abkhaze est nécessaire, car si nous voulons construire un Etat abkhaze – et nous voulons le construire, car sinon jamais nous n’aurions livré cette guerre à un tel prix pour ne pas permettre aux Abkhazes de construire leur Etat – c’est nécessaire.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Et les habitants de l’Abkhazie doivent comprendre cela. J’estime que pour un habitant de France ou d’Italie il ne viendrait jamais à l’esprit que l’on puisse vivre dans un pays sans savoir la langue de son Etat. Quand je pense au fait que les Russes ont vécu durant des dizaines d’années dans les pays baltes sans jamais étudier la langue locale… En fait, ce comportement ne me semble pas très correct.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Cette loi vise à soutenir le développement et la diffusion de cette langue, mais cet objectif doit être à long terme. De notre côté, les Arméniens, personne ne se plaint de ce point de vue. Nous voulons que nos enfants apprennent l’abkhaze, d’ailleurs ils l’étudient aussi dans les écoles arméniennes. Mais pas suffisamment. Si nos enfants vivent ici sans étudier l’abkhaze, dans 15 ou 20 ans ils auront des problèmes. Par exemple, ils ne pourront pas travailler dans les institutions de l’Etat.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;- Giorgio Comai :&lt;/span&gt; Et pourtant, aujourd’hui, en Abkhazie, la langue la plus répandue est sans aucun doute le russe. Pratiquement tout le monde le parle.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;- Sourèn Kersélian :&lt;/span&gt; A la base, l’Abkhazie est une terre multinationale où tout le monde parle le russe. Mais je crois qu’il est important de développer la langue abkhaze, dans la pratique et pas seulement sur le papier. C’est sûr, il est plus facile apparemment de dire « Nous parlons tous russe » et de ne pas se casser la tête avec toutes ces questions. Mais il faut aussi penser autrement. Lorsque, par exemple, nous cueillons une fleur et que nous la conservons dans un livre, c’est parce que nous prenons en compte son importance et sa beauté. La langue ne serait-elle pas un précieux héritage de l’humanité tout entière ?&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Tous ceux qui soutiennent l’Abkhazie doivent soutenir aussi le développement de la langue de tout un peuple, lequel a réussi à survivre à travers les siècles, dans des conditions souvent difficiles. Si aujourd’hui on renonce à l’abkhaze, demain ce sera le tour d’une autre langue, puis de l’arménien, et peut-être, un jour, viendra le tour de l’italien.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Pour ce qui concerne la mise en application de la loi sur la langue officielle, il faut néanmoins prendre en compte un délai réaliste. Si nous commençons avec ce programme de soutien à l’abkhaze avec les enfants qui sont aujourd’hui à l’école maternelle – et que ces derniers continuent de l’étudier durant tout leur cursus – à la fin ils parleront abkhaze. Mais ceci n’adviendra que dans 15 ou 20 ans… Et il sera légitime de demander à cette génération la connaissance de l’abkhaze.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;- Giorgio Comai :&lt;/span&gt; Ce qui veut dire que vos enfants parleront arménien hamchène, arménien oriental, abkhaze, russe et probablement une langue étrangère, comme l’anglais ?&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;- Sourèn Kersélian :&lt;/span&gt; En Europe, le plurilinguisme, la capacité de parler deux ou trois langues, est une chose normale. Il en va de même dans une grande partie de l’Asie.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;A condition que la méthode soit juste, la capacité de parler quatre langues peut être une chose normale ; cela me paraît complètement faisable. Comme dans d’autres pays. Par exemple, en Belgique, beaucoup de gens parlent flamand, français, allemand et anglais… quatre langues.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Le plurilinguisme est important ; l’important est de sauver sa propre langue.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;br /&gt;_____________&lt;br /&gt;&lt;br style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Source : &lt;a href="http://www.balcanicaucaso.org/aree/Abkhazia/Gli-armeni-d-Abkhazia-obiettivo-plurilinguismo-106982"&gt;http://www.balcanicaucaso.org/aree/Abkhazia/Gli-armeni-d-Abkhazia-obiettivo-plurilinguismo-106982&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Article publié le 16.11.2011.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br face="verdana"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Traduction de l’italien : © Georges Festa – 01.2012.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br style="font-family: verdana;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3147729012975104079-8175597466849058064?l=armeniantrends.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3147729012975104079/posts/default/8175597466849058064'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3147729012975104079/posts/default/8175597466849058064'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://armeniantrends.blogspot.com/2012/01/les-armeniens-dabkhazie-objectif.html' title='Les Arméniens d&apos;Abkhazie, objectif : plurilinguisme / Gli armeni d&apos;Abkhazia, obiettivo plurilinguismo'/><author><name>Artavazd</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09115897617536890691</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://3.bp.blogspot.com/_seFKDDF1jyM/Si7VkSrlsyI/AAAAAAAAAxI/Yj2vbSW6h4c/S220/david2.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/-P0LoghfLpJg/TyQYQvF_IqI/AAAAAAAACWg/Db5Jebb0mT8/s72-c/769px-Abkhazia_map-fr.svg.png' height='72' width='72'/></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3147729012975104079.post-4271939122549296888</id><published>2012-01-28T03:29:00.000-08:00</published><updated>2012-01-28T03:39:38.197-08:00</updated><title type='text'>Aram Kouyoumdjian - Occupy Armenian Theater / Occupons le théâtre arménien !</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/-FEQEfRwWR2I/TyPcSNui3ZI/AAAAAAAACWU/mRjz3Sf9eK0/s1600/1123Ser-Yev-Dzidzagh-1.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 320px; height: 214px;" src="http://4.bp.blogspot.com/-FEQEfRwWR2I/TyPcSNui3ZI/AAAAAAAACWU/mRjz3Sf9eK0/s320/1123Ser-Yev-Dzidzagh-1.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5702643758661819794" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Yervant Odian (1869-1926), &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Ser Yev Dzidzagh&lt;/span&gt;, comédie en deux actes&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Mise en scène par Krikor Satamian&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;AGBU Pasadena Center, 10.12.2011&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt; © www.oia.net&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;div style="text-align: center; font-weight: bold;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Occupy Armenian Theater&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;[Occupons le théâtre arménien !]&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;par Aram Kouyoumdjian&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;&lt;a href="http://asbarez.com/"&gt;Asbarez.com&lt;/a&gt; , 30.12.2011&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Dans mon article écrit fin décembre 2011 – plusieurs mois avant le lancement du mouvement Occupons à New York et sa diffusion dans 80 pays -, je protestais calmement, déplorant la situation du théâtre arménien chez nous, en diaspora, et appelais à développer – et améliorer – sa production culturelle. Or cette année qui vient de s’achever n’a proposé ni quantité ni qualité, si ce n’est les deux. Les productions à thématique arménienne se sont comptées sur les doigts d’une main et je ne citerai favorablement qu’une seule œuvre importante – &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Ser Yev Dzidzagh&lt;/span&gt; [Amour et rires], de la Compagnie du Théâtre Ardavazt. Et l’année prochaine ? La nouvelle pièce de Vahé Berbérian, &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Guiank &lt;/span&gt;[Vie], surgit à l’horizon, mais reste à voir si elle inaugurera une saison théâtrale vivante.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Pour l’heure, las du statu quo, j’occupe le théâtre arménien. Voici mes demandes :&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;1. &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Que le théâtre arménien adopte une vision audacieuse, reflète notre identité et notre condition d’exilés, et serve de témoignage historique et de commentaire sur la société.&lt;/span&gt; Prenons nos distances avec ces comédies et ces farces ineptes qui ont détourné le théâtre arménien. J’ai enduré &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Tchorekchapti… Sirélis&lt;/span&gt; [Mercredi… ma chérie], mais c’est avec peine que j’ai répondu à l’annonce semi-littéraire de &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Don Juan&lt;/span&gt; – un plagiat de &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Boeing, Boeing&lt;/span&gt; sur « le médecin d’une femme » (vous voulez dire « gynécologue » ?) et les « hôtesses de l’air » qu’il courtise parallèlement.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;     En vérité, j’adore les comédies et les farces – lorsqu’elles sont véritablement comiques et burlesques. Or notre production théâtrale de ces dernières années pourrait conduire un néophyte à penser que le mariage et l’infidélité maritale sont les uniques préoccupations de notre communauté.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;      J’exagère peut-être – pas tant que ça. Le sujet est d’importance ; le génocide et ses conséquences sont des thèmes récurrents dans les œuvres dramatiques, mais où sont les pièces sur les conflits entre vie et psyché en diaspora ; sur la nostalgie de la terre ancestrale et, à la lumière de l’indépendance de l’Arménie, le mythe du retour ; sur l’appartenance (et la non-appartenance) à une société d’accueil ?&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;      Il y aurait là beaucoup à demander à une forme d’art arménienne, qui n’a jamais été suffisamment développée. Même durant la renaissance (« zartonk ») de la littérature arménienne au 19ème siècle, la censure ottomane réprima le théâtre, tandis que le génocide le rendit quasiment inexistant durant les premières décennies du 20ème siècle. Ce n’est qu’à l’apogée de la diaspora arménienne au Liban que le théâtre devint viable – du moins, jusqu’au déclenchement de la guerre civile.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;       Il peut à nouveau prospérer en Californie, où une communauté arménienne nombreuse, éduquée et aisée peut soutenir une activité sérieuse. Mais, pour que cela advienne, les dramaturges arméniens doivent prendre conscience du potentiel d’agir collectivement et de créer un théâtre de la diaspora – théâtre qui soit provocateur et pas uniquement soucieux de rentabilité commerciale. Ce faisant, ils pourraient constituer un nouveau cercle littéraire, dans la tradition des écrivains de la revue Méhian [Temple] à Constantinople (aux alentours de 1914), qui  s’efforçaient de célébrer l’esprit arménien, et du groupe Menk [Nous] à Paris (vers 1931), qui se colletait à la problématique de l’exil suite au génocide.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;2. &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Que le théâtre arménien en diaspora bénéficie d’un soutien institutionnel&lt;/span&gt;. Le théâtre est une entreprise onéreuse, dont le financement ne doit pas être à la charge des artistes, mais des institutions artistiques. Ni l’Association Hamaskaïne, ni l’Association Culturelle Tékéyan ne soutiennent durablement la scène. L’Union Générale Arménienne de Bienfaisance (UGAB) subventionne Ardavazt, mais cette compagnie s’aventure rarement hors des sentiers battus. Une organisation professionnelle, l’Armenian Dramatic Arts Alliance [Union Arménienne des Arts de la scène], attribue tous les deux ans le Prix dramatique William Saroyan (d’un montant substantiel de 10 000 dollars], mais son soutien aux productions se limite à des lectures mises en scène. Pour que le théâtre arménien progresse de façon significative, son financement doit s’accroître de façon exponentielle. Cette ambition est-elle réaliste ? Tout à fait. Il y a dix ans, la communauté arménienne réunit un million de dollars pour que l’Opéra de San Francisco puisse représenter &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Archak II&lt;/span&gt; à six reprises (1). Un montant comparable pourrait financer une compagnie de théâtre bien gérée et verser en retour à la communauté des dividendes culturels durant des années ! Il est grand temps de faire cet investissement.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;3. &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Que le théâtre arménien en diaspora possède un lieu – et des résidents. Comment se fait-il que les Arméniens en Californie aient bâti une foule d’églises, d’écoles et de centres communautaires – mais pas un seul théâtre ?&lt;/span&gt; Après tout, un théâtre est le lieu où s’exprime la parole d’une communauté, tant au plan littéral que métaphorique. La diaspora arménienne à Beyrouth (et originaire de cette ville) le sait ; le théâtre Hagop Der Melkonian a alimenté la vie culturelle de cette communauté, durant des années.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Un théâtre ne servirait pas seulement de lieu de rassemblement communautaire ; il pourrait héberger de façon permanente des compagnies en résidence, permettant à leurs membres (acteurs, metteurs en scène, décorateurs et chorégraphes) de se former entre deux productions et de proposer un lieu pour des créations de pièces nouvelles.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;4. &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Que le théâtre arménien en diaspora bénéficie de productions de valeur&lt;/span&gt;. J’ai raillé plus haut mises en scène, lumières, costumes et son amateurs. (J’entends par là des rideaux noirs ou des contours peints de portes et de fenêtres, faisant office de toiles de fond, ou bien ces téléphones qui continuent de sonner sur scène, bien après que les acteurs les aient décrochés.) Au risque de me répéter, mes demandes ne seraient pas complètes, si je n’insistais pas sur le professionnalisme concernant les aspects techniques du théâtre. Des décorateurs de talent et des équipes de scène compétentes sont aussi essentielles pour des productions à succès que les dramaturges, les réalisateurs et les acteurs.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;5. &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Que mes demandes soient satisfaites au plus tôt, afin que je puisse cesser cette tâche et pouvoir à nouveau apprécier et profiter du théâtre arménien&lt;/span&gt;. Sinon, je me prépare à tenir bon.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;NdT&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;1. Opéra composé en 1868 pour un livret italien par le poète arménien Tovmas R. Terzian, sur une musique de Tigrane Tchoukhadjian (1837-1898). Réécrit dans les années 1930 par les musicologues Alexandre Chahverdian et Lévon Khodjia-Eynatian, sur un nouveau livret dû au réalisateur soviétique Armen Goulakian. Présenté en 2001-2002 à l’Opéra de San Francisco sous les auspices du musicologue Haig Avakian et du dramaturge Gerald Papasian  - &lt;a href="http://www.armeniapedia.org/index.php?title=Arshak_II_Opera"&gt;http://www.armeniapedia.org/index.php?title=Arshak_II_Opera&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;[&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Aram Kouyoumdjian&lt;/span&gt; est lauréat des Elly Awards, section écriture dramatique (&lt;span style="font-style: italic;"&gt;The Farewells&lt;/span&gt;) [Les Adieux] et mise en scène (&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Three Hotels&lt;/span&gt;) [Trois hôtels]. Sa toute dernière œuvre est &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Happy Armenians &lt;/span&gt;[Heureux Arméniens]. Il est possible de contacter chaque contributeur de &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Critics’ Forum&lt;/span&gt; à comments@criticsforum.org. Tous les articles publiés dans cette série sont accessibles en ligne sur &lt;a href="http://www.criticsforum.org/"&gt;www.criticsforum.org&lt;/a&gt;. Pour s’abonner à la version électronique hebdomadaire de nouveaux articles, aller sur &lt;a href="http://www.criticsforum.org/join"&gt;www.criticsforum.org/join&lt;/a&gt;. &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Critics’ Forum &lt;/span&gt;est un groupe créé pour débattre de questions liées à l’art et à la culture arménienne en diaspora.] &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br style="font-family:verdana;"&gt;&lt;br /&gt;___________&lt;br /&gt;&lt;br style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Source : &lt;a href="http://asbarez.com/100093/critics-forum-occupy-armenian-theater/"&gt;http://asbarez.com/100093/critics-forum-occupy-armenian-theater/&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt; &lt;br face="verdana"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Traduction : © Georges Festa – 01.2012.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br face="verdana"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Avec l’aimable autorisation d’Hovig Tchalian, rédacteur en chef de &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Critics’ Forum&lt;/span&gt;.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br style="font-family: verdana;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3147729012975104079-4271939122549296888?l=armeniantrends.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3147729012975104079/posts/default/4271939122549296888'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3147729012975104079/posts/default/4271939122549296888'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://armeniantrends.blogspot.com/2012/01/aram-kouyoumdjian-occupy-armenian.html' title='Aram Kouyoumdjian - Occupy Armenian Theater / Occupons le théâtre arménien !'/><author><name>Artavazd</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09115897617536890691</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://3.bp.blogspot.com/_seFKDDF1jyM/Si7VkSrlsyI/AAAAAAAAAxI/Yj2vbSW6h4c/S220/david2.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/-FEQEfRwWR2I/TyPcSNui3ZI/AAAAAAAACWU/mRjz3Sf9eK0/s72-c/1123Ser-Yev-Dzidzagh-1.jpg' height='72' width='72'/></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3147729012975104079.post-7865966795118780269</id><published>2012-01-27T16:14:00.001-08:00</published><updated>2012-01-27T16:17:26.381-08:00</updated><title type='text'>The Color of Pain / La Couleur de la souffrance</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/-60Xz16qiK-o/TyM-EEO8agI/AAAAAAAACWI/yK7dYKuJj68/s1600/B3ElUKQ2kKGrHqYOKkQEyONWqOCoBMk37JSp_3.JPG"&gt;&lt;img style="display: block; margin: 0px auto 10px; text-align: center; cursor: pointer; width: 227px; height: 279px;" src="http://2.bp.blogspot.com/-60Xz16qiK-o/TyM-EEO8agI/AAAAAAAACWI/yK7dYKuJj68/s320/B3ElUKQ2kKGrHqYOKkQEyONWqOCoBMk37JSp_3.JPG" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5702469792758000130" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family: verdana;"&gt;© Erevan (Arménie) : Editions Printoinfo, 2010&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br style="font-family: verdana;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold; font-style: italic;font-size:100%;" &gt;&lt;span style="font-family: verdana;"&gt;The Color of Pain : The Reflection of the Armenian Genocide in Armenian Painting&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br style="font-family: verdana; font-weight: bold;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;font-size:100%;" &gt;&lt;span style="font-family: verdana;"&gt;[La Couleur de la souffrance : reflets du génocide arménien dans la peinture arménienne]&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br style="font-family: verdana; font-weight: bold;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;font-size:100%;" &gt;&lt;span style="font-family: verdana;"&gt;par Alan Whitehorn&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br style="font-family: verdana; font-weight: bold;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;font-size:100%;" &gt;&lt;span style="font-family: verdana;"&gt;&lt;a href="http://www.mirrorspectator.com"&gt;The Armenian Mirror-Spectator&lt;/a&gt;, 28.01.2012&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br style="font-family: verdana;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;br style="font-family: verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family: verdana;"&gt;Outre les analyses détaillées par des chercheurs, les membres de la communauté artistique ont eux aussi essayé de « décrire l’indescriptible ». L’album &lt;span style="font-style: italic;"&gt;The Color of Pain : The Reflection of the Armenian Genocide in Armenian Painting&lt;/span&gt;, publié par Chahèn Khatchatourian (1), représente un condensé du témoignage des artistes arméniens sur les massacres d’Arméniens dans l’empire ottoman. Ce livre d’art bilingue (anglais et arménien), de 208 pages, au grand format, s’intéresse aux tableaux en couleur sur les massacres hamidiens des années 1890, le génocide de 1915 et la période continuelle de souffrances qui perdura après ces atrocités. Ce volume est une évocation puissamment émouvante de la souffrance collective issue de la persécution ethnique et religieuse, à l’instigation de l’Etat, contre le peuple arménien. La vision est celle d’artistes arméniens célèbres et réputés. De nombreux tableaux inclus dans cet ouvrage peuvent être trouvés dans les collections de la Galerie Nationale d’Arménie et le Musée du Génocide arménien à Erevan. Parmi ces œuvres puissamment évocatrices figurent celles d’Hovhannès Ayvazovsky, Vartkès Soureniants, Sarkis Khatchatourian, Archak Fetvadjian, V. Podpomogov (Ter-Astvatsatrian), Khorène Der-Haroutian, Arshile Gorky (Vostanik Adoyan), Kéro Antoyan, Carzou (Carnik Zouloumian), Jansem (Hovhannès Sémerdjian), Papaz (Hagop Papazian), Hagop Hagopian, Grigor Khandjian et d’autres. L’album aurait pu inclure d’autres artistes contemporains tel que le Canadien Hagop Khoubessérian, mais il constitue indubitablement un volume impressionnant. La qualité des reproductions en couleur est excellente. L’on a coutume de dire qu’une image peut en dire plus que des mots. L’ensemble de ces œuvres d’art proposent une manière hautement efficace d’informer sur le génocide des Arméniens, perpétré par les Jeunes Turcs. &lt;span style="font-style: italic;"&gt;The Color of Pain&lt;/span&gt; est un nouveau livre important qui porte un témoignage visuel fort, via le point de vue des artistes. Un DVD ou un site internet serait des plus utile pour élargir la portée de cet ouvrage dans le public. J’imagine des organisations comme Facing History et le Genocide Education Project utilisant ce genre de matériaux dans leurs séminaires éducatifs sur le génocide dans les lycées. Pour une génération plus jeune, davantage orientée sur l’image, ce pourrait être des plus instructif.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br style="font-family: verdana;"&gt;&lt;br style="font-family: verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family: verdana;"&gt;Du mieux que nous pouvons, nous continuons de documenter le génocide de 1915, mais il s’agit d’un récit très, très difficile à écrire. Nous faisons énormément appel à des personnes dévouées qui ont consacré une vie entière à raconter une histoire aussi exhaustive que possible, après tant de morts et de traumatismes. Mais il ne suffit pas que des chercheurs et des artistes écrivent ce récit profondément émouvant. Il faut aussi que les autres résistent au « péché d’indifférence » et lisent ces témoignages importants. Ils ont besoin d’en savoir davantage et de mieux comprendre. Ils peuvent en outre aider en faisant don de ces ouvrages à des bibliothèques communautaires et publiques, afin que les voix des morts soient plus largement entendues et ne tombent pas dans l’oubli. Ces quatre volumes (2) peuvent aider à faire la différence. Ils constituent de précieux testaments au nom des victimes arméniennes et de leurs familles.        &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br style="font-family: verdana;"&gt;&lt;br style="font-family: verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family: verdana;"&gt;Note&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br style="font-family: verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family: verdana;"&gt;1. Erevan : Editions Printoinfo, 2010 – ISBN : 978-9939-53-643-9&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br style="font-family: verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family: verdana;"&gt;2. Allusion à 3 autres ouvrages récemment parus : Verjine Svazlian, &lt;span style="font-style: italic;"&gt;The Armenian Genocide : Testimonies of the Eyewitness Survivors&lt;/span&gt;, Erevan : Gitoutioun, 2011 – ISBN : 978-5-8080-0857-1 ; Vahakn Dadrian et Taner Akçam, éd., &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Judgment at Istanbul : The Armenian Genocide Trials&lt;/span&gt;, New York : Berghahn Books, 2011 – ISBN : 978-0-85745-286-3 ; Raymond Kévorkian, &lt;span style="font-style: italic;"&gt;The Armenian Genocide : A Complete History&lt;/span&gt;, London : I.B. Tauris, 2011 – ISBN : 978-1-84885-561-8.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br style="font-family: verdana;"&gt;&lt;br /&gt;___________&lt;br /&gt;&lt;br style="font-family: verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family: verdana;"&gt;Source : &lt;a href="http://www.mirrorspectator.com/pdf/012812.pdf"&gt;http://www.mirrorspectator.com/pdf/012812.pdf&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br style="font-family: verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family: verdana;"&gt;Traduction : © Georges Festa – 01.2012&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3147729012975104079-7865966795118780269?l=armeniantrends.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3147729012975104079/posts/default/7865966795118780269'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3147729012975104079/posts/default/7865966795118780269'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://armeniantrends.blogspot.com/2012/01/color-of-pain-la-couleur-de-la.html' title='The Color of Pain / La Couleur de la souffrance'/><author><name>Artavazd</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09115897617536890691</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://3.bp.blogspot.com/_seFKDDF1jyM/Si7VkSrlsyI/AAAAAAAAAxI/Yj2vbSW6h4c/S220/david2.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/-60Xz16qiK-o/TyM-EEO8agI/AAAAAAAACWI/yK7dYKuJj68/s72-c/B3ElUKQ2kKGrHqYOKkQEyONWqOCoBMk37JSp_3.JPG' height='72' width='72'/></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3147729012975104079.post-4502390655160370776</id><published>2012-01-27T14:13:00.001-08:00</published><updated>2012-01-27T14:34:25.180-08:00</updated><title type='text'>Venise, exposition "Arménie. Empreintes d'une civilisation" / Venezia, mostra "Armenia. Impronte di una civiltà"</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/-9rRNv19mS3o/TyMh81_c2iI/AAAAAAAACV8/GwAC4AvOuF8/s1600/tom.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 320px; height: 245px;" src="http://1.bp.blogspot.com/-9rRNv19mS3o/TyMh81_c2iI/AAAAAAAACV8/GwAC4AvOuF8/s320/tom.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5702438882350258722" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Premier ouvrage arménien publié à Venise en 1512 par Hagop Meghapart (tirage photo)&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;© www.armenianweekly.com&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;font-size:100%;" &gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Ourbataguirk&lt;/span&gt;, le Livre du vendredi&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br  style=" font-weight: bold;font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;font-size:100%;" &gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;&lt;a href="http://www.comunitaarmena.it/"&gt;Akhtamar on line&lt;/a&gt;, n° 129, 15.01.2012&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Tentons de nous représenter, avec un peu d’imagination, la vénérable imprimerie d’Hagop Méghapart, passée à l’histoire pour avoir été la première à publier un livre arménien.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Cela se passe à Venise, il y a juste cinq cents ans. L’atmosphère de la ville ne devait être guère différente de celle d’aujourd’hui : excepté, bien sûr, ces bruyants canots à moteur, qui sillonnent le Grand Canal, et les tours de Porto Marghera, qui défigurent la ligne d’horizon de la lagune.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Mais le charme des ruelles et des petites places, des canaux et de leurs abords, devait être le même.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Il nous semble encore entendre la rumeur assourdie des presses chargées d’encre que le premier imprimeur arménien employa pour entrer dans l’histoire.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;L’on sait peu de choses sur lui, sinon qu’il était arménien et vivait à Venise durant les premières années du 16ème siècle ; c’est tout. Aucune date de naissance ou de décès.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Il n’a laissé à la postérité « que » des exemplaires de ses précieux ouvrages, le premier desquels étant incontestablement l’&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Ourbataguirk&lt;/span&gt;, le Livre du vendredi, un texte long de 124 pages, imprimé en rouge et noir. En réalité, le livre en contient cinq, qui se suivent, et ne compte pas seulement des prières, comme le titre pourrait le faire penser.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;« Un livre très pratique, destiné à la classe marchande, à laquelle appartenait ce même Méghapart », comme l’a précisé à l’&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Osservatorio Balcani e Caucaso&lt;/span&gt; Vartan Karapétian, un des commissaires de l’exposition vénitienne, avec Gabriella Uluhogian et Boghos Lévon Zékiyan (1).&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;De fait, un exemplaire des plus précieux de cet ouvrage (il en existe une dizaine à travers le monde) est exposé à Venise et provient du musée des Pères mékhitaristes de San Lazzaro, qui ont tant contribué à la diffusion de la culture arménienne, et pas seulement dans la cité lagunaire. &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Méghapart avait oblitéré à l’aide d’un numéro tous les exemplaires : une sorte de code ISBN avant la lettre, qui permettait à l’imprimeur de suivre le parcours de chacune de ses productions.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Vers 1512 ou, tout au plus, l’année suivante, la même imprimerie vit paraître une autre publication, le &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Parzatoumar&lt;/span&gt; [Canon Pascal], un calendrier de 118 pages.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Datés sans conteste en 1513, deux autres textes du même imprimeur : le &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Pataragatetr&lt;/span&gt; [Missel], en 88 pages, l’&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Aghtark &lt;/span&gt;[Prédictions], 380 pages de prières pour les malades et d’horoscopes, et le &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Tagharan&lt;/span&gt; [Chants], un texte de musiques en 150 pages.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Il faut attendre plus d’un demi-siècle une autre imprimerie arménienne ; toujours à Venise, en 1565, paraît &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Kharnapntur tumari geghetsik yev pitani&lt;/span&gt; [Mélanges calendaires], de l’imprimeur Abgar Dpir Tokhatetsi, qui publiera un autre volume, deux ans plus tard, à Constantinople.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;La longue période écoulée depuis la première imprimerie confirme la difficulté inhérente aux caractères de la langue.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Dans le reste de l’Europe, au contraire, dès l’invention de Gutemberg en 1455, la production est incessante : durant les cinquante premières années, trente mille titres sont imprimés à plus de douze millions d’exemplaires. L’idée révolutionnaire de l’Allemand fut de créer des caractères mobiles pour les lettres, qui pouvaient être composés pour chaque page, puis encrés pour la presse (jusqu’alors les textes étaient « gravés » sur des palettes en bois, lesquelles faisaient fonction de matrices et ne pouvaient être modifiées).&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;La réalisation des caractères arméniens était évidemment plus difficile et exigeait, pour le moins, des spécialistes de la langue ; voilà pourquoi les premiers imprimeurs ne pouvaient être qu’Arméniens. A vrai dire, il semble qu’à Mayence (en Allemagne), en 1486, ait été publié un livre qui reproduisait aussi quelques lettres arméniennes. Ce qui n’égratigne pas la « primauté » de Méghapart, à qui l’on doit l’impression du premier livre entièrement en arménien.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Rappelons enfin que la première imprimerie en Arménie (à Vagharshapat) remonte à 1771, tandis qu’il faut attendre plus d’un siècle (1877) la première imprimerie à Erevan.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;D’autres volumes seront imprimés à Rome en 1584 et à Milan en 1621 ; puis s’épanouira la production de la Nouvelle-Djoulfa, au milieu du 17ème siècle.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Signalons encore des publications à Livourne (1644), Padoue (1690) et Trieste (1776).&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;[L’exposition « Armenia. Impronte di una civiltà » [Arménie. Empreintes d’une civilisation] est organisée par le ministère de la Culture d’Arménie et par la Fondation des Musées de la Ville de Venise, avec le soutien du Comité National pour les Célébrations du 500ème anniversaire de l’imprimerie arménienne.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Elle se tient à Venise au Musée Correr, au Musée Archéologique National et dans les Salles monumentales de la Bibliothèque Nationale Marciana.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Elle restera ouverte au public du 16 décembre 2011 au 10 avril 2012.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Une fois l’exposition achevée, une partie des matériaux sera exposée à San Lazzaro jusqu’à fin 2012.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Catalogues parus en anglais et en italien aux éditions Skira, avec des contributions de spécialistes mondialement reconnus et de la Scuola degli armenisti italiani [Association des arménistes italiens] – Milan, 2012, 408 p. – prix : 55 euros.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Informations : Bibliothèque Nationale Marciana (tél : 041-2407238 ; courriel : biblioteca@marciana.venezia.sbn.it).       &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;NdT&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;1. &lt;a href="http://www.balcanicaucaso.org/aree/Armenia/Armenia-impronte-di-una-civilta-109429"&gt;http://www.balcanicaucaso.org/aree/Armenia/Armenia-impronte-di-una-civilta-109429&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br  style="font-family:verdana;"&gt;&lt;br /&gt;_____________&lt;br /&gt;&lt;br style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Source : &lt;a href="http://www.comunitaarmena.it/akhtamar/akhtamar%20numero%20129%20%2815%20gennaio%29.pdf"&gt;http://www.comunitaarmena.it/akhtamar/akhtamar%20numero%20129%20%2815%20gennaio%29.pdf&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br face="verdana"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Traduction de l’italien : © Georges Festa – 01.2012.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br style="font-family: verdana;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3147729012975104079-4502390655160370776?l=armeniantrends.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3147729012975104079/posts/default/4502390655160370776'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3147729012975104079/posts/default/4502390655160370776'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://armeniantrends.blogspot.com/2012/01/venise-exposition-armenie-empreintes.html' title='Venise, exposition &quot;Arménie. Empreintes d&apos;une civilisation&quot; / Venezia, mostra &quot;Armenia. Impronte di una civiltà&quot;'/><author><name>Artavazd</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09115897617536890691</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://3.bp.blogspot.com/_seFKDDF1jyM/Si7VkSrlsyI/AAAAAAAAAxI/Yj2vbSW6h4c/S220/david2.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/-9rRNv19mS3o/TyMh81_c2iI/AAAAAAAACV8/GwAC4AvOuF8/s72-c/tom.jpg' height='72' width='72'/></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3147729012975104079.post-2401211488372225556</id><published>2012-01-19T16:36:00.000-08:00</published><updated>2012-01-19T16:43:41.720-08:00</updated><title type='text'>Genocide Studies and Prevention, Vol. 6, Number 2, August 2011 / Vol. 6, n° 2, août 2011</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://4.bp.blogspot.com/-GHw6wxnAwIw/Txi3_nsPvkI/AAAAAAAACVw/tJ9OgC_frQI/s1600/genocidestudies.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 215px; height: 300px;" src="http://4.bp.blogspot.com/-GHw6wxnAwIw/Txi3_nsPvkI/AAAAAAAACVw/tJ9OgC_frQI/s320/genocidestudies.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5699507632051568194" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;© University of Toronto Press, 2011&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;font-size:100%;" &gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Parution d’un nouveau numéro de la revue &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Genocide Studies and Prevention&lt;/span&gt; (vol. 6, n° 2, août 2011)&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;font-size:100%;" &gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;&lt;a href="http://www.mirrorspectator.com/"&gt;The Armenian Mirror-Spectator&lt;/a&gt;, 22.10.2011&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;TORONTO – Actuellement dans sa sixième année de parution, &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Genocide Studies and Prevention&lt;/span&gt; (GSP) présente dans le second numéro de son volume 6 une diversité d’articles originaux, lesquels couvrent un grand nombre de thèmes liés directement au domaine des études sur le génocide. Ce numéro propose des articles dus au président de l’Institut Zoryan, Roger W. Smith, son collègue Bedross Der Matossian et une diplômée du Programme universitaire sur le Génocide et les Droits de l’homme (GHRUP), Regine King, originaire du Rwanda. Cette revue expose les opportunités et la plate-forme que constituent des chercheurs aussi bien reconnus qu’à venir, qu’elle compte.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;« Force africaine pré-positionnée, génocide et théorie des relations internationales », par Stephen Burgess, professeur à l’US Air Wave College, examine la proposition de créer une Force africaine pré-positionnée (African Standby Force, ASF) afin d’intervenir lorsqu’un génocide menace ce continent. En lançant l’ASF, les dirigeants africains promirent à l’excès de mettre fin au génocide, compte tenu de leur absence de volonté politique, de la faible capacité de leurs Etats et de la capacité militaire réduite des brigades sous-régionales de cette Force. Burgess note que les dirigeants de plusieurs pays ne sont pas parvenus à atteindre la date butoir de 2010 et interroge une « solution africaine à des problèmes africains » - renforçant l’importance internationale du génocide et la responsabilité internationale de sa prévention.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Regine King, doctorante à la Faculté Factor-Inwentash du Travail social près l’Université de Toronto et diplômée du Programme d’études sur le génocide et les droits de l’homme de cette même université, propose une étude intitulée « Guérir le traumatisme psychosocial par le biais des commissions Vérité et réconciliation : le procès de Gacaca dans le Rwanda de l’après-génocide. » Ecrivant en qualité de chercheure dans le domaine de la santé mentale, au sein de la communauté rwandaise, et de praticienne préoccupée par le bien-être mental des individus et des communautés qui survivent à la violence de masse et au génocide, elle critique l’usage exclusif des commissions Vérité et réconciliation fondées sur les communautés, quel que soit le soutien énergique que leur apportent gouvernements de l’après-conflit et organisations multilatérales, depuis la fin de la Guerre froide. Elle conclut en suggérant que d’autres modèles pouvaient être adoptés afin de compléter Gacaca.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Dans « D’une révolution pacifique à une contre-révolution sanglante : les massacres d’Adana en 1909 », Bedross Der Matossian relève que l’historiographie des massacres d’Adana en 1909 est représentée par deux visions divergentes. Tandis que certains chercheurs turcs nient l’implication des autorités gouvernementales locales dans ces massacres en rejetant toute la responsabilité sur les Arméniens qui se seraient révoltés dans le cadre d’un complot visant à établir un royaume en Cilicie, d’autres chercheurs arméniens, dont les travaux sont éclipsés par le génocide arménien, accusent le Comité Union et Progrès (CUP) d’avoir agi en coulisse pour anéantir le développement économique des Arméniens dans la région. S’affranchissant de l’historiographie existante, le présent article soutient que les massacres d’Adana doivent être pensés comme faisant partie d’un processus révolutionnaire, lequel conduisit à l’érosion de la stabilité sociale et politique dans la région, à l’affaiblissement des institutions publiques et à l’exacerbation des inquiétudes d’ordre économique contemporaines, ensemble qui suscita la mise en œuvre de la violence contre la population arménienne vulnérable d’Adana.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;La quatrième contribution à ce volume – « Le Newsnight a-t-il manqué l’histoire ? Ou comment le Programme « Flagship Political Current Affairs » [Pleins feux sur l’actualité politique] de la BBC a relaté le génocide et la guerre au Rwanda entre avril et juillet 1994 » - étudie le rôle des médias d’information exposant ou ignorant un génocide en cours. L’essai est signé par Georgina Holmes, spécialiste de la théorie des relations internationales et des médias et qui rédige actuellement un ouvrage sur la politique des sexes dans le conflit médiatisé au Rwanda. Elle écrit qu’à l’époque du génocide au Rwanda en 1994, le programme « Newsnight » de débats politiques en fin de soirée à la BBC constitua l’une des rares sphères politiques dans les médias, au sein desquelles représentants du gouvernement britannique, partis d’opposition, Nations Unies et organisations non gouvernementales internationales pouvaient commenter la politique étrangère britannique. Depuis 1994, les médias britanniques ont été accusés de ne pas avoir rendu compte du génocide. Or une centration sur les médias écrits crée un vide, lorsque l’on veut comprendre comment « Newsnight » de la BBC couvrit ces événements. Le présent article analyse de quelle manière la BBC contextualisa le génocide d’une manière spécifique jusqu’au 31 juillet 1994. Holmes conclut que « Newsnight » a manqué l’histoire et « a échoué à demander des comptes aux politiques britanniques. »&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Le choix final de ce numéro est dû à Roger W. Smith, professeur émérite de gouvernance au Collège William and Mary et président de l’Institut International pour les Etudes sur le Génocide et les Droits de l’homme (une division de l’Institut Zoryan). Dans son article « George Steiner et la guerre contre les Juifs : étude sur une présentation déformée », Smith critique le travail de Steiner, estimant qu’il se fourvoie dans ses interprétations, ses explications et ses implications. Il conteste les thèses de Steiner selon lequel les Juifs s’attirèrent leur destruction prochaine, inventèrent la pratique du génocide et suscitèrent de telles exigences morales à l’égard des êtres humains ordinaires que la tension devint insupportable et se traduisit par une révolte contre la tyrannie de la conscience et de la perfection. Dans son essai, Smith s’efforce de rectifier ces assertions et renvoie son lecteur aux insuffisances émaillant l’œuvre de Steiner, s’agissant de la Shoah.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;[&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Genocide Studies and Prevention : An International Journal&lt;/span&gt; a été fondé conjointement par l’Association internationale des Chercheurs sur le Génocide et l’Institut International pour les Etudes sur le Génocide et les Droits de l’homme (IIGHRS) (une division de l’Institut Zoryan). La revue s’est donné pour mission de comprendre le phénomène du génocide, susciter une prise de conscience de ce fléau toujours actuel et promouvoir la nécessité de le prévenir, pour des raisons à la fois pragmatiques et morales. Il s’agit de la revue officielle de l’Association Internationale des Chercheurs sur le Génocide et est publiée trois fois par an par les Presses de l’Université de Toronto. Pour plus d’informations, contacter l’IIGHRS à admin@genocidestudies.org.]             &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;___________&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Source : &lt;a href="http://www.mirrorspectator.com/pdf/221010.pdf"&gt;http://www.mirrorspectator.com/pdf/221010.pdf&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Traduction : © Georges Festa – 01.2012.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;site internet&lt;/span&gt; : &lt;a href="http://utpjournals.metapress.com/content/120325/"&gt;http://utpjournals.metapress.com/content/120325/ &lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3147729012975104079-2401211488372225556?l=armeniantrends.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3147729012975104079/posts/default/2401211488372225556'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3147729012975104079/posts/default/2401211488372225556'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://armeniantrends.blogspot.com/2012/01/genocide-studies-and-prevention-vol-6.html' title='Genocide Studies and Prevention, Vol. 6, Number 2, August 2011 / Vol. 6, n° 2, août 2011'/><author><name>Artavazd</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09115897617536890691</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://3.bp.blogspot.com/_seFKDDF1jyM/Si7VkSrlsyI/AAAAAAAAAxI/Yj2vbSW6h4c/S220/david2.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/-GHw6wxnAwIw/Txi3_nsPvkI/AAAAAAAACVw/tJ9OgC_frQI/s72-c/genocidestudies.jpg' height='72' width='72'/></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3147729012975104079.post-6237477604985499573</id><published>2012-01-18T13:46:00.000-08:00</published><updated>2012-01-19T02:43:40.555-08:00</updated><title type='text'>Lucine Kasbarian - Elixir in Exile / Elixir en exil</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://4.bp.blogspot.com/-pE0-V5R2npU/Txc-Ow7zPkI/AAAAAAAACVk/iX8No9pnZMw/s1600/AleppoSouq.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 240px; height: 320px;" src="http://4.bp.blogspot.com/-pE0-V5R2npU/Txc-Ow7zPkI/AAAAAAAACVk/iX8No9pnZMw/s320/AleppoSouq.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5699092276835466818" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Souk d’Alep, Syrie – novembre 2005&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;© commons.wikimedia.org&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;font-size:100%;" &gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Elixir en exil&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;font-size:100%;" &gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;par Lucine Kasbarian&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;font-size:100%;" &gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;&lt;a href="http://hetq.am/"&gt;Hetq&lt;/a&gt;, 14.12.2011&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;[Si Ponce De León a pu partir en quête de la fontaine de Jouvence, une fille d’Arménie pourra-t-elle démystifier l’insaisissable &lt;span style="font-style: italic;"&gt;iskiri hayat&lt;/span&gt; ?]&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Dans la maison de mes parents au New Jersey se dissimule un liquide extraordinaire, que contient une carafe en verre en forme de lampe d’Aladin.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Couleur cornaline et à l’odeur épicée, musquée, qui vous transporte, ce liquide exotique semble voué à servir de parfum plutôt que d’être consommé à la manière d’un breuvage.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Ce même liquide n’émerge de son cabinet que pour être présenté avec mille précautions à d’honorables hôtes ou comme remède populaire pour quelque étrange maladie.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Découvrons le rare et précieux &lt;span style="font-style: italic;"&gt;iskiri hayat&lt;/span&gt;. Signifiant en persan « élixir de vie », ce fortifiant constitue une source de curiosité et d’admiration depuis mon enfance – une clé codée renvoyant à un passé fascinant.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Le mot &lt;span style="font-style: italic;"&gt;iskir&lt;/span&gt; est une variante dialectale (corruption en turc) du persan &lt;span style="font-style: italic;"&gt;iksir&lt;/span&gt; [élixir]. &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Hayat&lt;/span&gt; signifie « vie » en persan et en arabe. Et à en juger par la vénération avec laquelle ce breuvage était évoqué et manipulé lorsque j’étais enfant, j’étais convaincue que l’&lt;span style="font-style: italic;"&gt;iskiri hayat&lt;/span&gt; possédait des propriétés mystiques.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Dédé (mon grand-père paternel) savait que nos ancêtres arméniens concoctaient cette liqueur dans leur terre d’origine, mais guère plus – sinon qu’une seule bouffée avait le pouvoir de faire revenir d’exil celui qui l’inhalait dans notre province originelle de Tigranakert (l’actuelle Diyarbakir, en Turquie).&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Un jour, je jetai un coup d’œil sur les ingrédients bruts, protégés chacun dans un sachet en tissu attaché par une ficelle. Certains – qui ressemblaient à des touffes de crin de cheval ou à une grappe de raisins pétrifiés – auraient fort bien pu peupler la besace d’un sorcier. Lorsque je fus suffisamment grande, Hairig (mon père) me débita les vingt ingrédients en des termes empreints de respect : &lt;span style="font-style: italic;"&gt;amladj&lt;/span&gt;, &lt;span style="font-style: italic;"&gt;kadi oti&lt;/span&gt;, &lt;span style="font-style: italic;"&gt;koursi kadjar&lt;/span&gt;… Egrenés à la suite, ils résonnaient telle une incantation. En fait, devenue adulte, je découvris que Hairig regrettait de ne pas avoir questionné davantage Dédé sur « les médicaments » - terme sous lequel Dédé désignait herbes et épices, dont l’&lt;span style="font-style: italic;"&gt;iskiri hayat&lt;/span&gt;.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Lors de sa dernière visite à Beyrouth dans les années 1950, Dédé revint avec un paquet d’ingrédients que lui avait remis Manouch, une de ses trois sœurs. Illettrée, elle convainquit son neveu, Vahan Dadoyan, d’écrire sous sa dictée en arménien le nom de chaque ingrédient sur une étiquette, laquelle serait ensuite apposée sur chacun d’eux. Comme cela était coutumier pour cette génération, les femmes savaient par cœur les recettes et dosaient les ingrédients &lt;span style="font-style: italic;"&gt;atchki tchapov&lt;/span&gt; (à vue d’œil). Manouch ne prit donc aucune mesure.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Heureusement, Dédé possédait un mélange séché d’ingrédients déjà combinés. Nous ignorons où il se le procura, mais Hairig, dès les années 1950, s’en servit plusieurs fois pour fabriquer cette boisson. Aujourd’hui, la quantité dont nous disposons est peu abondante et le potentiel de ce mélange d’herbes, de racines et d’épices réduit. Il ne reste plus qu’une seule bouteille d’&lt;span style="font-style: italic;"&gt;iskiri hayat&lt;/span&gt;. Ce qui ne fit que déterminer davantage Hairig à décoder et recréer la recette familiale de l’&lt;span style="font-style: italic;"&gt;iskiri hayat&lt;/span&gt;.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Comment mon père, au 21ème siècle et loin de sa terre ancestrale, pouvait-il reconstituer la recette, alors qu’il ignorait jusqu’à l’équivalent anglais des noms de certains de ces ingrédients au son captivant, et quelle quantité préparer de chaque ingrédient ?&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Malheureusement, à l’instar du mélange d’épices et d’herbes intervenant dans cette sublime concoction, les noms de nombreux ingrédients sont probablement des combinaisons de langues parlées le long de la Route de la soie, parmi lesquelles le dialecte arménien de Tigranakert, l’arabe, l’arménien occidental, le kurde, le turc et peut-être même le néo-arménien chaldéen. Même pour quelqu’un comme mon père né en Amérique, familier du dialecte de Tigranakert et possédant plus d’une dizaine de dictionnaires relatifs à ces langues, tenter de donner un sens à certains noms fut problématique.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Il savait que &lt;span style="font-style: italic;"&gt;sounboul hindi&lt;/span&gt; était le terme indien désignant la jacinthe. Et que &lt;span style="font-style: italic;"&gt;manafsha koki&lt;/span&gt; désignait la racine de violette. Mais qu’en était-il pour &lt;span style="font-style: italic;"&gt;agil koki&lt;/span&gt;, &lt;span style="font-style: italic;"&gt;houslouban&lt;/span&gt; et &lt;span style="font-style: italic;"&gt;badrankoudj&lt;/span&gt; ?&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Tant de choses furent perdues lors du génocide. Pour un Arménien de diaspora trancher le nœud gordien revient à localiser sa demeure ancestrale, confisquée, en Arménie Occidentale. Comme les autorités turques ont délibérément modifié les noms et les points de repère régionaux après 1915 afin d’obscurcir leurs origines arméniennes, les indications (souvent les descriptions de la maison et des alentours, transmis oralement par les ancêtres survivants du génocide) sont aujourd’hui insuffisantes.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Pour Hairig, une autre quête frustrante fut de trouver des personnes originaires de Tigranakert ou d’ailleurs, capables de l’aider à déchiffrer les noms et les significations des ingrédients insaisissables de l’&lt;span style="font-style: italic;"&gt;iskiri hayat&lt;/span&gt;. Même si le célèbre livre de cuisine de Tigranakert contient bien une recette de l’&lt;span style="font-style: italic;"&gt;iskiri hayat&lt;/span&gt;, ce n’était pas la formule qu’il recherchait. Et bien que certaines entreprises produisent des formules commerciales, il désirait notre recette ancestrale spécifique.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;En dépit d’une tâche apparemment insurmontable, mon père progressa quelque peu au fil des ans. Récemment, toutefois, il lui sembla avoir épuisé les options qui s’ouvraient à lui.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Si bien que, lorsque je décidai de partir en pèlerinage vers les déserts de Deir-es-Zor – les lieux de massacre du génocide arménien – l’année dernière (1), j’espérai élargir notre recherche à Haleb [Alep, en Syrie], où certains survivants du génocide (dont ma famille) trouvèrent refuge. Là, croyais-je, la personne adéquate reconnaîtrait à coup sûr les noms des ingrédients, saurait à quoi ils ressemblent et m’indiquerait même où je pourrais en obtenir. Nous nous inquiéterions ensuite de savoir quelle quantité de chaque élément mélanger.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Et puis, j’avais pour objectif de renouveler le stock de Hairig – qui plus est, à partir d’une source proche au plan logistique de Tigranakert. Le faire me semblait quelque chose de sensé que tout enfant reconnaissant peut faire pour un proche qui lui est cher, au soir de sa vie.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Mon père n’a jamais vu la maison de ses ancêtres et, pourtant, il véhicule le &lt;span style="font-style: italic;"&gt;ham yev hod&lt;/span&gt; [les saveurs et les fragrances] de Tigranakert à travers ses paroles, ses pensées et ses actions – de sa modestie, son humour et son hospitalité à son dialecte et à sa capacité à raconter des histoires, à ses dons culinaires et musicaux. Un simple don l’aiderait à fabriquer cet étonnant élixir qui pourrait, du moins émotionnellement, lui rendre ses ancêtres, leur façon de vivre et notre patrie perdue. Et n’importait-il pas de redécouvrir une part manquante et précieuse de notre patrimoine culinaire et, peut-être, le partager avec le monde entier ?&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Durant ces journées fugaces que j’ai passé à Haleb et grâce à un compagnon de voyage, le diacre Chant Kazandjian (un autre Tigranakertsi – un compatriote de Tigranakert), j’ai rencontré et rapidement sympathisé avec Talin Guiragossian et Avo Tashjian [Tachdjian], un couple marié qui possède ces qualités rares que l’on aimerait rencontrer parmi les Arméniens. Talin se trouve elle aussi être de Tigranakert et c’était un véritable plaisir des sens que de l’entendre, elle et le diacre Chant, converser dans notre dialecte truculent, coloré, proche de l’extinction. Professeur d’anglais, Talin s’efforça de traduire les ingrédients de l’&lt;span style="font-style: italic;"&gt;iskiri hayat&lt;/span&gt; que nous ne reconnaissions pas, allant jusqu’à solliciter l’aide de sa mère. Toutes deux furent cependant aussi déconcertées que mon père l’avait été par ces hiéroglyphes en puissance. En outre, Talin et Avo vinrent à ma rencontre au célèbre Bazar couvert, près de la citadelle d’Alep, où des corridors sont censés s’étendre depuis la forteresse jusqu’à la cathédrale arménienne des Quarante Martyrs, dans la vieille ville.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Ce marché souterrain rappelle l’existence que l’on menait il y a des siècles. Loin de sembler anachronique et arriérée, l’atmosphère y est revigorante. Le Bazar persuade les visiteurs de faire le lien avec l’histoire, en affichant des particularités culturelles qui ont réussi à demeurer intactes, en dépit de l’influence rampante du monde moderne. Ici, les gens ne « vivent pas dans le passé », comme certains sont enclins à parler de ceux qui ne se conforment pas aux coutumes modernes. Ces gens préfèrent s’accrocher à leurs traditions et prendre part à un authentique prolongement du passé dans le présent.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Lorsque nous entrons dans le Bazar, nous nous émerveillons devant les plafonds voûtés, les portes sculptées avec recherche et la ferronnerie ornant les murs. Les marchands – certains vêtus de caftans, d’autres à l’occidentale – hèlent les clients. A travers les passages étroits, sinueux, des employés conduisent des ânes transportant des sacs de céréales. D’autres transportent des marchandises à dos de cheval. Des femmes vêtues du niqab marchandent les prix. A travers ce labyrinthe, nous croisons les secteurs de la bijouterie, du textile, de la poterie et de la viande de chameau, jusqu’à atteindre finalement celui des herbes et des épices.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Talin me conduit vers l’échoppe appartenant à l’épicier d’Alep. C’est le plus ancien, le plus réputé et le mieux approvisionné de ses confrères. Talin présume que l’épicier, qui a hérité cette affaire de son père et de son grand-père, a conservé le savoir qu’ils ont accumulé et qu’ils lui ont transmis. Autrement dit, lorsque nos ancêtres surgirent des déserts de Deir-es-Zor, parlant toute une variété de dialectes, les grands-parents de cet épicier recueillirent certainement les nombreuses appellations entourant tel ou tel produit, y compris celles usitées par les Arméniens.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Quelles qu’aient pu être leurs ambitions personnelles, les quatre fils de l’épicier travaillent tous dans l’entreprise familiale, s’affairant à l’extérieur de cette petite échoppe. Laquelle fourmille de bocaux, de sachets, de boîtes en métal et de pots emplis de poudres, de liquides, de graines et de racines. Une échelle mène à une trappe au plafond qui ouvre sur un grenier, leur principal entrepôt.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Ne pouvant communiquer à l’aide de mots, je ne puis réfréner mon envie de rencontrer l’épicier. Stoïque et las du monde, il ne soupçonne en rien et n’affiche aucun intérêt quant à l’origine de mon enthousiasme. Homme peu loquace, l’épicier ne parle pas anglais. Mais, tandis que Talin lui lit la liste des courses, nom après nom, quelque chose d’incroyable se produit :&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;« Avez-vous de l’&lt;span style="font-style: italic;"&gt;agil koki&lt;/span&gt; ? », lui demande-t-elle en arabe.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;L’épicier fait un grand signe de tête, tel un salut solennel, afin de signifier : « Oui. »&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;«  Et du &lt;span style="font-style: italic;"&gt;badrankoudj&lt;/span&gt; ? »&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;A nouveau, la tête de l’épicier s’abaisse lentement, jusqu’à ce que son menton effleure sa clavicule.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Ainsi se poursuit ce rituel. Talin prononce un nom et l’épicier fait savoir, sans se hâter, que non seulement il sait ce que le mot veut dire, mais qu’il a en stock le produit désiré.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Puis l’épicier appelle ses fils afin que chacun d’eux se charge des différentes parties de la commande.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Grâce à l’entremise de Talin, nous rassemblons tous les ingrédients de la liste, sauf un. Même s’il n’est pas interrompu par les demandes émanant de ses clients, l’épicier n’est toujours pas enclin à engager une discussion intéressante. De même, nous n’arrivons pas à le cajoler au point qu’il nous explique en arabe certains termes plus ésotériques, tandis que Talin ne parvient pas à identifier les ingrédients de vue ou grâce à l’odeur. C’est alors que les fils de l’épicier écrivent en caractères romains le nom de chaque ingrédient sur le paquet correspondant – un moment révélateur.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Je suis en état de choc, lorsque nous quittons la boutique, après avoir achevé la part royale de ma mission. Pour fêter ça, Avo, Talin, Chant et moi gagnons le secteur des huiles et des parfums pour le bain au Bazar et nous nous récompensons en achetant les traditionnels &lt;span style="font-style: italic;"&gt;kissehs&lt;/span&gt; – les gants de toilette rudimentaires qu’utilisaient nos anciens.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;De retour dans ma chambre d’hôtel, je verse une larme en inhalant chaque ingrédient et son arôme. Puis je les emballe dans des sacs plastiques Ziploc, je les répartis dans mes bagages, en espérant ne pas être refoulée à l’aéroport de Damas pour soupçon de trafic de drogue. Par la suite, les senteurs célestes qui imprégnaient les vêtements dans ma valise me firent saliver, lorsque je les déballai, une fois revenue aux Etats-Unis.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Quelle fut la réaction de Hairig, lorsque je revins dans le New Jersey, que je lui racontai mon histoire et lui présentai les sachets, un par un ? Il parut satisfait, mais aussi perplexe. Etions-nous vraiment proches de notre but ? C’était presque trop beau. Il inspecta précautionneusement chaque sachet comme pour dire : « Voilà donc à quoi ressemble le &lt;span style="font-style: italic;"&gt;badrankoudj&lt;/span&gt; ! », rassemblant ses forces pour l’étape suivante : trouver un vendeur d’épices bien informé, capable de nous donner les équivalents anglais aux mots étrangers, grâce à la stimulation visuelle.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Nous instruirons bientôt nos lecteurs des ultimes péripéties de notre fascinant voyage. Le breuvage reconstitué s’avèrera peut-être si surnaturel que la prochaine fois que vous entendrez parler de nous, ce sera peut-être de Tigranakert même…&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;[&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Lucine Kasbarian&lt;/span&gt; est l’auteur d’&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Armenia : A Rugged Land, an Enduring People&lt;/span&gt; [Arménie : une terre rude, un peuple qui résiste] (Dillon Press, 1997) et de &lt;span style="font-style: italic;"&gt;The Greedy Sparrow : An Armenian Tale&lt;/span&gt; [Le Moineau gourmand : conte arménien] (Marshall Cavendish Children’s Books, 2011).]&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Note&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;1. Voir &lt;a href="http://www.countercurrents.org/kasbarian070910.htm"&gt;http://www.countercurrents.org/kasbarian070910.htm&lt;/a&gt;. Article paru aussi in &lt;a href="http://www.azad-hye.net/article/article_view.asp?re=833kdz86"&gt;http://www.azad-hye.net/article/article_view.asp?re=833kdz86&lt;/a&gt; (11.09.2010) et traduit dans notre blog &lt;a href="http://armeniantrends.blogspot.com/2010/10/lucine-kasbarian.html"&gt;http://armeniantrends.blogspot.com/2010/10/lucine-kasbarian.html &lt;/a&gt;(13.10.2010).&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;___________&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Source : &lt;a href="http://hetq.am/eng/articles/7939/"&gt;http://hetq.am/eng/articles/7939/&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Traduction : © Georges Festa – 01.2012.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3147729012975104079-6237477604985499573?l=armeniantrends.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3147729012975104079/posts/default/6237477604985499573'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3147729012975104079/posts/default/6237477604985499573'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://armeniantrends.blogspot.com/2012/01/lucine-kasbarian-elixir-in-exile-elixir.html' title='Lucine Kasbarian - Elixir in Exile / Elixir en exil'/><author><name>Artavazd</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09115897617536890691</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://3.bp.blogspot.com/_seFKDDF1jyM/Si7VkSrlsyI/AAAAAAAAAxI/Yj2vbSW6h4c/S220/david2.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/-pE0-V5R2npU/Txc-Ow7zPkI/AAAAAAAACVk/iX8No9pnZMw/s72-c/AleppoSouq.jpg' height='72' width='72'/></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3147729012975104079.post-6619371053720255672</id><published>2012-01-15T14:34:00.000-08:00</published><updated>2012-01-15T14:56:56.759-08:00</updated><title type='text'>Athanase Vantchev de Thracy - 2</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://2.bp.blogspot.com/-hPyULOeIivs/TxNZaDQQSRI/AAAAAAAACVY/xhF0pEbaBN8/s1600/On_the_way_28129_003.jpg"&gt;&lt;img style="display: block; margin: 0px auto 10px; text-align: center; cursor: pointer; width: 264px; height: 187px;" src="http://2.bp.blogspot.com/-hPyULOeIivs/TxNZaDQQSRI/AAAAAAAACVY/xhF0pEbaBN8/s320/On_the_way_28129_003.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5697996257638762770" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;© Levon R. - 2008&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;font-family:verdana;" &gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;Arménie des sortilèges&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;à tous mes amis arméniens,&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;font-family:verdana;" &gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;Voici soudain qu’un beau poème se présente à mes yeux.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;Tch’en Yu-yi&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;La neige sur les toits, le beau cortège des cimes,&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;Ô Arménie céleste, plus clair que l’alphabet&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;Des livres anciens et la rumeur des faits,&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;Je t’aime comme un poème, comme le cristal des rimes !&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;Ces blanches dentelles qu’une main éprise de la beauté&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;A suspendues, légère, à chaque fenêtre bleue,&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;Les doux géraniums, les rituels heureux,&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;Et le murmure magique et somptueux du thé !&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;Comme tout cela m’est cher, comme tout cela m’est proche,&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;Au milieu du flot flamboyant du temps&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;Et les chansons antiques qui font trembler le sang&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;Accompagnées du son délicieux des cloches !&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;Ô tendre Arménie vêtue de perce-neige,&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;Mon songe perpétuel, mon âme, mon sortilège !&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;© &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;Athanase Vantchev de Thracy&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;Paris, ce vendredi 13 janvier, Anno Domini MMXII&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;Glose :&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;Tchen Yu-yi (1090-1138) : poète chinois de l’époque de la dynastie des Song (960-1279).&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;Cortège (n.m.) : de l’italien corteggio, lui-même du verbe corteggiare. Suite de personnes qui en accompagnent une autre pour lui faire honneur dans une cérémonie (escorte, suite). Groupe organisé qui avance (défilé, procession).&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;Sortilège (n.m.) : du latin sortilegus, « qui lit le sort », « devin ». Artifice de sorcier. Charme, incantation, sort. Action, influence qui semble magique.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3147729012975104079-6619371053720255672?l=armeniantrends.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3147729012975104079/posts/default/6619371053720255672'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3147729012975104079/posts/default/6619371053720255672'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://armeniantrends.blogspot.com/2012/01/athanase-vantchev-de-thracy-2.html' title='Athanase Vantchev de Thracy - 2'/><author><name>Artavazd</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09115897617536890691</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://3.bp.blogspot.com/_seFKDDF1jyM/Si7VkSrlsyI/AAAAAAAAAxI/Yj2vbSW6h4c/S220/david2.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/-hPyULOeIivs/TxNZaDQQSRI/AAAAAAAACVY/xhF0pEbaBN8/s72-c/On_the_way_28129_003.jpg' height='72' width='72'/></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3147729012975104079.post-3906949770855406872</id><published>2012-01-13T15:13:00.000-08:00</published><updated>2012-01-15T14:28:29.235-08:00</updated><title type='text'>Diana Der-Hovanessian / Interview</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://2.bp.blogspot.com/-sqLL2Jf6l8E/TxC61Pqzu9I/AAAAAAAACVM/7YyaXeZFwbM/s1600/diana.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 211px; height: 320px;" src="http://2.bp.blogspot.com/-sqLL2Jf6l8E/TxC61Pqzu9I/AAAAAAAACVM/7YyaXeZFwbM/s320/diana.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5697258952525593554" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;© Červená Barva Press, 2011&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;font-size:100%;" &gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Diana Der-Hovanessian : « J’écris pratiquement chaque jour. »&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;font-size:100%;" &gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;par Artsvi Bakhchinyan&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;font-size:100%;" &gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;&lt;a href="http://www.armenianweekly.com/"&gt;The Armenian Weekly&lt;/a&gt;, 27.12.2011&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Née en Nouvelle-Angleterre, poétesse, Diana Der-Hovanessian a enseigné à deux reprises la poésie américaine au titre du programme Fulbright et est l’auteure de plus de vingt-cinq ouvrages de poésie et de traductions. Elle est lauréate du National Endowment for the Arts [Fondation Nationale pour les Arts], de la Poetry Society of America [Société Américaine de Poésie], du Centre de Traduction PEN/Columbia, de la National Writers Union [Union Nationale des Ecrivains], de l’Armenian Writers Union [Union des Ecrivains Arméniens], du Paterson Poetry Center [Centre Paterson de Poésie], des magazines &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Prairie Schooner&lt;/span&gt; et &lt;span style="font-style: italic;"&gt;American Scholar&lt;/span&gt;, ainsi que du ministère de la Culture de la république d’Arménie.  &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Parmi les nombreuses pièces écrites par Der-Hovanessian, deux (&lt;span style="font-style: italic;"&gt;The Secret of Survival&lt;/span&gt; et &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Growing Up Armenian&lt;/span&gt;) [Le Secret de la survie et Une Jeunesse arménienne] ont été portées à la scène et, en 1984 et 1985, présentées dans plusieurs campus universitaires, racontant l’histoire des Arméniens à travers la poésie et la musique. Après 1989, &lt;span style="font-style: italic;"&gt;The Secret of Survival&lt;/span&gt;, avec Michael Kermoyan, puis avec Vahan Khanzadian, fut présenté à nouveau, afin d’aider les victimes du tremblement de terre en Arménie. Elle intervient en qualité de poétesse et de conférencière sur la poésie américaine, la poésie arménienne en traduction et la littérature des droits de l’homme auprès de nombreuses universités aux Etats-Unis et à l’étranger. Elle préside actuellement le New England Poetry Club.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;L’entretien qui suit a été mené par Artsvi Bakhchinyan chez Diana Der-Hovanessian à Cambridge.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;- Artsvi Bakhchinyan :&lt;/span&gt; Cette année, tu ajoutes trois nouveaux ouvrages à tes publications. A combien en sommes-nous ?&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;- Diana Der-Hovanessian :&lt;/span&gt; Quinze livres personnels et dix volumes de traductions.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;- Artsvi Bakhchinyan :&lt;/span&gt; Les nouvelles traductions sont compilées dans l’ouvrage &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Armenian Poetry of Our Time&lt;/span&gt; [Poésie arménienne contemporaine]. Et celui-ci débute par de grandes figures du 20ème siècle comme Daniel Varoujan, Siamanto et Tékéyan, pour se poursuivre avec de jeunes poètes contemporains, tels que Vahé Arsen. Considères-tu le fait de traduire comme faisant partie de ton œuvre personnelle ? Y vois-tu une obligation ? Ou s’agit-il d’un moyen d’intégrer la grande poésie que tu admires ?&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;- Diana Der-Hovanessian :&lt;/span&gt; Je répondrai oui à toutes ces questions. Traduire n’est pas aussi amusant que le fait de créer du neuf. Et cela comporte nombre de responsabilités. Mais je me suis lancée, parce qu’il n’existait aucune anthologie contemporaine de poésie arménienne en anglais. Certains poèmes ont été traduits isolément par des poètes autrefois, dont Henry Longfellow. Mais en 1896, travaillant à partir de traductions littérales en prose par des érudits et amis arméniens, Alice Stone Blackwell produisit la première édition en anglais de poèmes arméniens. Puis, en 1917, afin d’aider le Near East Relief [Secours pour le Proche-Orient] et attirer l’attention sur le massacre des poètes arméniens en 1915 et le génocide, elle ajouta d’autres poèmes et publia une nouvelle édition.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;- Artsvi Bakhchinyan :&lt;/span&gt; Alice Stone Blackwell fut une grande amie des Arméniens et une humaniste. Mais elle n’était pas poétesse. A ton avis, ses traductions sont-elles encore valables ?&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;- Diana Der-Hovanessian :&lt;/span&gt; Naturellement, elles sont datées. Elle utilise des tournures du 18ème et du 19ème siècle. Par exemple, elle commence ainsi &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Le petit lac&lt;/span&gt; de Bedros Tourian : « Why dost thou lie in hushed surprise, Thou little lonely mere ? » [Pourquoi cette langueur où tu t’appesantis, Réduit à cette solitude ?] Malheureusement, Julia Ward Howe, qui était elle aussi active (elle présidait l’association The Friends of Armenia [Les Amis de l’Arménie]), ne contribua pas à ces traductions. Or c’était une poétesse réputée.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;- Artsvi Bakhchinyan :&lt;/span&gt; L’ouvrage d’Alice Stone Blackwell resta longtemps introuvable, je crois. Est-ce pour cela que tu t’es lancée ?&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;- Diana Der-Hovanessian :&lt;/span&gt; Alors que je n’avais pas encore été publiée, tout en éditant de la poésie dans des revues et des journaux, un poète bulgare m’a demandé de travailler avec lui sur une anthologie de la poésie bulgare. Et j’ai répondu : « Non, je ne peux pas faire ça… alors qu’il n’existe pas d’anthologie moderne de poésie arménienne. »&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;- Artsvi Bakhchinyan :&lt;/span&gt; Et tu t’es lancée…&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;- Diana Der-Hovanessian :&lt;/span&gt; J’ai commencé avec mon père. Nous avions déjà réalisé ensemble quelques traductions. La première fois, c’était pour un concert que les Boston Pops donnaient à partir de charakans arméniens pour un ami, le chef d’orchestre Rouben Grégorian. Et la deuxième pour une conférence sur Daniel Varoujan que mon &lt;span style="font-style: italic;"&gt;hayrig&lt;/span&gt; [père] donnait et où il voulait six poèmes en anglais pour cet événement. Je publiais déjà des poèmes à cette époque… et quand j’ai vu l’effet que produisit Varoujan, je les ai envoyés à l’un de mes éditeurs qui, à mon grand étonnement, garda l’ensemble.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;- Artsvi Bakhchinyan :&lt;/span&gt; Tu as commencé comme ça ?&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;- Diana Der-Hovanessian :&lt;/span&gt; Non. En fait, une autre éditrice que je connaissais m’invita à déjeuner et me confia qu’elle songeait à créer une page, au &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Christian Science Monitor&lt;/span&gt;, consacrée à des poèmes de littérature étrangère. Elle m’a demandé d’en faire quelques-uns en arménien. Je lui répondis que je connaissais pas assez bien cette langue. C’était il y a longtemps. Alors elle m'a regardée et m'a dit : « Bon, tu es jeune. Apprends ! » Ce que j’ai fait. J’ai suivi tous les cours proposés à Harvard. Et tous ceux de l’Université de Boston. J’ai aussi été beaucoup aidée. Après la mort de mon père, de nombreux amis m’ont adressé des poèmes ou m’en ont lu. Et naturellement mes étudiants en Arménie se sont empressés de rassembler des livres. Et aussi des poètes, qui venaient m’en lire. Le seul livre que j’ai réalisé toute seule a été le volume de Dérian. Je me suis aidée d’un dictionnaire, puis j’ai fait superviser le tout. Pareil pour Koutchak. Chose étrange, je n’ai pas trouvé le dialecte de Koutchak difficile. Il ressemblait au dialecte qu’utilisait ma grand-mère pour me parler. Mais Sayat Nova a été rude. Et le plus intimidant a été Narek, même si je travaillais à partir de traductions arméniennes modernes de l’ancien krapar (arménien classique). Pour la première anthologie, j’ai réalisé le Narek avec l’aide du Hayr Ochagan, prêtre à l’église de la Sainte-Trinité à Cambridge. Quant à l’édition de Narek, les traductions ont été faites avec Tom Samuélian… Il envoyait un chauffeur chaque matin avec des traductions mot à mot réalisées par un prêtre, lorsque j’étais boursière Fulbright à Erevan. Et à mon retour à Boston, le reste a été envoyé par courriel.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;- Artsvi Bakhchinyan :&lt;/span&gt; Comment choisis-tu les poèmes devant figurer dans une anthologie ?&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;- Diana Der-Hovanessian :&lt;/span&gt; A mon avis, un traducteur réalise souvent un poème qu’il aurait souhaité avoir écrit lui-même. Ou bien il s’agit d’un poème très important, essentiel au plan historique et qui doit être traduit. Par exemple, j’ai dû traduire Bédros Tourian pour la première anthologie, car il est important historiquement… Il fut le premier à employer l’arménien populaire et à écrire sur des thématiques personnelles.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;- Artsvi Bakhchinyan :&lt;/span&gt; Même si tu n’aimais pas Tourian ?&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;- Diana Der-Hovanessian :&lt;/span&gt; Non, bien que ma mère l’adorait. Il a écrit un grand poème, « Derdountch » [Complainte]. Mes règles en matière de traduction comprennent trois obligations pour le traducteur : 1) le traducteur doit au lecteur le poème que le poète originel a écrit ; 2) le traducteur doit au poète originel la meilleure version possible dans la langue seconde, car la réputation du poète originel est entre ses mains ; le traducteur doit au poème un second souffle de vie dans la langue seconde.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;- Artsvi Bakhchinyan :&lt;/span&gt; Tu as consacré avec M. Margossian un ouvrage volumineux à Tcharents. Certaines de ces traductions ont été reprises dans un film tourné récemment à Erevan. Tcharents est-il l’un de tes poètes favoris ?&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;- Diana Der-Hovanessian :&lt;/span&gt; Pas au début. Durant les cinq années passées à traduire Tcharents, je rêvais de lui. On pourrait gloser sur ces rêves. Lors de mon premier voyage en Arménie, je travaillais à ce livre… J’ai rencontré ses filles et j’ai passé beaucoup de temps avec Anahid.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;- Artsvi Bakhchinyan :&lt;/span&gt; Durant un autre voyage, j’ai fait en sorte que tu rencontres Régina Ghazaryan, aujourd’hui disparue, une amie de Tcharents et qui avait caché une partie de ses écrits.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;- Diana Der-Hovanessian :&lt;/span&gt; Ah oui ! Une rencontre formidable ! Il est important de rencontrer des gens qui connaissent personnellement les auteurs que l’on traduit. J’espère qu’on se souvient de Régina en Arménie.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;- Artsvi Bakhchinyan :&lt;/span&gt; Un de tes nouveaux livres s’intitule &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Dancing at the Monastery&lt;/span&gt;. Il comporte de nombreux poèmes en prose. Tu as choisi d’abandonner le vers et la rime formelle ?&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;- Diana Der-Hovanessian :&lt;/span&gt; Non. Mon tout dernier manuscrit compte une part plus grande de sonnets, de villanelles, etc.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;- Artsvi Bakhchinyan :&lt;/span&gt; Et pourtant, ton nouveau livre, qui vient de paraître ce mois-ci aux éditions Cervana Barva, &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Now I See It&lt;/span&gt;, reste fidèle à la forme.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;- Diana Der-Hovanessian :&lt;/span&gt; En fait, ces poèmes viennent de paraître, mais ont été écrits il y a quelque temps. Mon éditeur, chez Sheep Meadow, a plutôt tendance à reprendre tel ou tel vers libre ou humoristique, quelque étrange qu’en puisse être la forme. Mais dans mes derniers livres, il a laissé passer des passages en vers libres. D’ailleurs, je suis une grande admiratrice de la poésie libre et satirique de Tcharents. J’adore les traduire.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;- Artsvi Bakhchinyan :&lt;/span&gt; Tu n’as jamais rêvé d’en discuter avec lui ?&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;- Diana Der-Hovanessian&lt;/span&gt; (rires) : Non ! Mais pour revenir aux calligrammes, au 16ème siècle, le poète anglais George Herbert réalisa des poèmes religieux en forme d’autels et d’ailes, et plus récemment, dans les années 1950, au Brésil et en Allemagne, certains artistes ont combiné des mots disséminés sur des affiches et des objets d’art et ont appelé ce mouvement la Poésie concrète.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;- Artsvi Bakhchinyan :&lt;/span&gt; Parle-moi un peu de tes habitudes d’écriture. Tu écris tous les jours ? Tu réécris ? Conserves-tu d’anciennes versions ? Tu as réalisé récemment un projet avec un poète américain, X.J. Kennedy, intitulé « Where Does a Poem Come from ? » [D’où vient un poème ?] Avez-vous trouvé d’où viennent les poèmes ?&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;- Diana Der-Hovanessian&lt;/span&gt; (rires) : Nous sommes convenus, bien sûr, qu’ils viennent des poètes. Et ils rejoignent les poètes depuis les lieux les plus inattendus : une actualité, le souvenir d’une conversation, le poème de quelqu’un d’autre auquel on aimerait répondre, un rêve. Beaucoup de poèmes se présentent à moi, lorsque je suis à moitié endormie. Alors je me lève pour les écrire. Maintenant… je n’en ai pas connaissance. Mais j’écris pratiquement chaque jour… surtout en les réécrivant. J’en jette la plupart, sinon ma maison serait jonchée de papier. Encore plus que maintenant ! J’écris tout d’abord sur du papier. Puis je tape sur ordinateur et je continue à modifier. Le New England Poetry Club [Club de poésie de Nouvelle-Angleterre] me prend l’essentiel de mon temps : planifier les programmes, mettre en place des jurys de concours, présenter les intervenants, répondre aux courriels. J’espère m’en retirer rapidement. Nous avons un bon vice-président. &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;- Artsvi Bakhchinyan :&lt;/span&gt; Bon, j’espère que le Prix Varoujan et les programmes de traductions que tu as lancés vont continuer ?&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;- Diana Der-Hovanessian :&lt;/span&gt; Moi aussi.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;- Artsvi Bakhchinyan :&lt;/span&gt; Une dernière question, qu’on a dû souvent te poser : as-tu pensé à écrire tes Mémoires ? Après tout, tu as connu et travaillé avec les plus grands, non seulement dans la poésie arménienne, mais celle du monde entier : Andréi Voznesensky, Bella Akhmadulina, Tomas Tranströmer, Yevgeny Yevtushensko, Czeslaw Milosz, Seamus Heaney.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;- Diana Der-Hovanessian&lt;/span&gt; (rires) : Hum…&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;___________&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Source : &lt;a href="http://www.armenianweekly.com/2011/12/27/diana-der-hovanessian-i-write-almost-every-day/"&gt;http://www.armenianweekly.com/2011/12/27/diana-der-hovanessian-i-write-almost-every-day/&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Traduction : © Georges Festa – 01.2012.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Avec l’aimable autorisation de Khatchig Mouradian, rédacteur en chef de &lt;span style="font-style: italic;"&gt;The Armenian Weekly&lt;/span&gt;.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3147729012975104079-3906949770855406872?l=armeniantrends.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3147729012975104079/posts/default/3906949770855406872'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3147729012975104079/posts/default/3906949770855406872'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://armeniantrends.blogspot.com/2012/01/diana-der-hovanessian-interview.html' title='Diana Der-Hovanessian / Interview'/><author><name>Artavazd</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09115897617536890691</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://3.bp.blogspot.com/_seFKDDF1jyM/Si7VkSrlsyI/AAAAAAAAAxI/Yj2vbSW6h4c/S220/david2.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/-sqLL2Jf6l8E/TxC61Pqzu9I/AAAAAAAACVM/7YyaXeZFwbM/s72-c/diana.jpg' height='72' width='72'/></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3147729012975104079.post-1831647130496431750</id><published>2012-01-12T16:22:00.000-08:00</published><updated>2012-01-12T16:25:22.658-08:00</updated><title type='text'>Louis M. Najarian</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://1.bp.blogspot.com/-nR5CsqvBBVA/Tw95gkiJL7I/AAAAAAAACVA/HWBEseJwKZQ/s1600/govdoon.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 215px; height: 320px;" src="http://1.bp.blogspot.com/-nR5CsqvBBVA/Tw95gkiJL7I/AAAAAAAACVA/HWBEseJwKZQ/s320/govdoon.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5696905654116626354" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family: verdana;"&gt;© Govdoon Youth of America, 2001&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;font-size:100%;" &gt;&lt;span style="font-family: verdana;"&gt;Des plaines de Govdoun aux montagnes d’Ushbeg&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;font-size:100%;" &gt;&lt;span style="font-family: verdana;"&gt;par Louis M. Najarian&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family: verdana;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;&lt;a href="http://www.mirrorspectator.com"&gt;The Armenian Mirror-Spectator&lt;/a&gt;, 09.12.2011&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family: verdana;"&gt;En septembre 2011, Elenne, mon épouse, et moi avons participé à un pèlerinage en Arménie historique (Anatolie) avec Armen Aroyan. Aroyan est une encyclopédie sur les villages et la vie en Arménie historique au 20ème siècle. Lorsque l’on voyage avec lui et d’autres pèlerins vers des cités et des villages d’où sont issus nos parents et grands-parents, l’on vit une odyssée à travers le passé, à la fois instructive et amère. L’on apprécie bien évidemment la richesse de notre héritage et de notre culture, dont la religion, l’art, la musique, la littérature, l’architecture, le commerce et en particulier le degré le plus haut de civilisation à cette époque. Comme dit Aroyan, chacun achève le pèlerinage avec une vision agrandie de son identité ethnique.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family: verdana;"&gt;Il s’agissait de mon troisième voyage à Govdoun, le village de mes grands-parents avec qui j’ai vécu jusqu’à l’âge de cinq ans. Govdoun est un village situé à environ vingt kilomètres à l’est de Sivas, l’ancienne capitale Sébastia. A l’époque de mes grands-parents, deux cent cinquante familles arméniennes et seulement trois familles turques vivaient à Govdoun. Le village est situé sur les plaines longeant la rivière Alice, juxtaposé à une rangée de montagnes qui procure un sol fertile pour cultiver le blé, occupation essentielle jadis comme aujourd’hui. Cette visite fut la plus intéressante, car j’ai marché dans les rues non pavées du village et peu de choses ont changé depuis l’époque de mes grands-parents. L’église Sourp Garabed [Saint Jean Précurseur], où ils se marièrent, existe encore, mais elle sert malheureusement de grange. Grâce à une carte dessinée par un ancien villageois arménien, nous avons localisé les fondations de la maison des Mikaélian (famille de ma grand-mère). Il existe beaucoup de maisons abandonnées, réduites à de simples murs sans toits ou à quelques fondations. Depuis le tournant du siècle dernier, une famille turque vit toujours dans une maison qui appartenait originairement à des Arméniens et ils se souviennent encore de Mourad Pacha, cet Arménien qui combattit pour la liberté. Aujourd’hui, les vingt-cinq familles turques restantes ont été déplacées des régions orientales de la Turquie, afin d’exploiter ce sol fertile. Ces gens se montrèrent hospitaliers, lorsqu’ils apprirent notre histoire. Ils nous précisèrent que les familles qui survécurent au génocide et partirent à Istanbul envisagèrent de regagner Govdoun jusqu’aux années 1950, mais qu’aucune ne l’a fait à ce jour. Je fus accueilli un matin dans la maison d’une des familles turques actuelles. La disposition de la maison était la même que celle de mes grands-parents : trois pièces, l’une servant à la fois de cuisine et de salon, la seconde de chambre à coucher et la troisième réservée aux animaux. Les toilettes se trouvent à l’extérieur. Ils sont agriculteurs, fabriquent leur propre pain et vivent une existence simple, guère différente de celle de mes grands-parents.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family: verdana;"&gt;Elenne et moi avons visité une seconde fois le village d’Ushbeg, près de la ville de Chemishkezeg, d’où la famille de son père et de sa mère émigrèrent. Lors de notre visite en 2004, nous ne trouvâmes que deux foyers, avec des objets provenant d’une église près de la maison, mais rien qui ressemblât à un village. Tandis que nous partions cette fois-ci, deux femmes s’approchèrent de nous, originaires toutes deux du village d’Ushbeg, mais installées depuis à Istanbul. L’une de ces femmes nous précisa que sa grand-mère était arménienne et proposa de nous montrer où se trouvait l’église. Même Aroyan fut étonné, car ceci était chose nouvelle pour lui. Après avoir gravi une heure durant la colline, cette femme nous indiqua les fondations des maisons, l’une après l’autre, disant : « Ermeni, Ermeni ! » (anciennes maisons d’Arméniens). Au sommet de la colline, au bord de l’escarpement, se trouvait la muraille encore présente, qui entourait l’ancienne église. Lorsque nous fîmes demi-tour, descendant une longue route sinueuse, face à nous se dressa le fameux rocher de Chemishkezeg, connu sous le nom de Mournayi Kar. Le père d’Elenne possédait des images de ce rocher, qui symbolisait le village, lorsqu’il y jouait enfant. Ce fut un moment d’émotion de se retrouver là où son père, ses tantes, ses oncles et ses cousins vécurent et jouèrent. Elenne entendit souvent parler du village en haut de la montagne, Ots Quig, où ils se rendaient durant les chauds étés. Notre guide turc nous ayant communiqué le nouveau nom du village, nous parcourûmes les sept kilomètres et nous découvrîmes le village estival de son père avec une église.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family: verdana;"&gt;Moments inespérés, mais d’élection, tous suscités par Aroyan. Féru d’histoire arménienne, je suis conscient de notre tumultueux passé historique. Si nos parents et nos grands-parents rêvèrent d’une Arménie libre et indépendante, qui est maintenant une réalité, l’on se prend encore à rêver à l’avenir de notre patrie historique. Mais je continue à me poser la question : tous ces gens si intelligents et talentueux, comment tout cela est-il arrivé ?          &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family: verdana;"&gt;[Psychiatre, le docteur &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Louis M. Najarian&lt;/span&gt; exerce à Manhasset, New Jersey.]&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family: verdana;"&gt;NdT&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family: verdana;"&gt;Sur Govdoun, voir Vahan Hambartsumian, &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Village World (Kiughashkharh) : An Historical and Cultural Study of Govdoon&lt;/span&gt;, Govdoon Youth of America, 2001, 205 p.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;___________&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family: verdana;"&gt;Source : &lt;a href="http://www.mirrorspectator.com/2011/12/09/from-the-plains-of-govdoon-to-the-mountains-of-ushbeg/"&gt;http://www.mirrorspectator.com/2011/12/09/from-the-plains-of-govdoon-to-the-mountains-of-ushbeg/&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family: verdana;"&gt;Traduction : © Georges Festa – 01.2012&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3147729012975104079-1831647130496431750?l=armeniantrends.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3147729012975104079/posts/default/1831647130496431750'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3147729012975104079/posts/default/1831647130496431750'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://armeniantrends.blogspot.com/2012/01/louis-m-najarian.html' title='Louis M. Najarian'/><author><name>Artavazd</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09115897617536890691</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://3.bp.blogspot.com/_seFKDDF1jyM/Si7VkSrlsyI/AAAAAAAAAxI/Yj2vbSW6h4c/S220/david2.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/-nR5CsqvBBVA/Tw95gkiJL7I/AAAAAAAACVA/HWBEseJwKZQ/s72-c/govdoon.jpg' height='72' width='72'/></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3147729012975104079.post-2303620025214915302</id><published>2012-01-11T15:11:00.000-08:00</published><updated>2012-01-11T15:54:53.344-08:00</updated><title type='text'>Seeroon Yeretzian</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://4.bp.blogspot.com/-DLce-nf6vDg/Tw4XYy0UzyI/AAAAAAAACU0/cZqkAsRa1RM/s1600/HM_01_M_Home_Sweet_Home_I.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 238px; height: 320px;" src="http://4.bp.blogspot.com/-DLce-nf6vDg/Tw4XYy0UzyI/AAAAAAAACU0/cZqkAsRa1RM/s320/HM_01_M_Home_Sweet_Home_I.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5696516293395795746" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Seeroon Yeretzian, &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Home Sweet Home I&lt;/span&gt;, huile sur toile, 54 x 40, 1983&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;© http://www.seeroonart.com/&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;font-size:100%;" &gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;La peinture de Seeroon [Siroun] Yeretzian : un expressionnisme compassionnel&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;font-size:100%;" &gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;par Sahag Toutjian&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;font-size:100%;" &gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;&lt;a href="http://massisweekly.com/"&gt;Massis Weekly&lt;/a&gt;, 31.12.2011&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;[Longtemps attendu, le premier album, de grande qualité, consacré à la grande peintre arméno-américaine Seeroon Yeretzian, vient de paraître aux éditions Abril (1), en décembre 2011. Seeroon est l’une des peintres les plus douées de l’avant-garde arménienne dans la diaspora contemporaine et le présent album de 200 pages de reproductions aux couleurs authentiques rassemble le meilleur de sa création artistique à ce jour. Nous sommes convaincus qu’elle promet de surprendre ses admirateurs dans son pays et à l’étranger par de nouveaux chefs-d’œuvre toujours plus accomplis de son style artistique unique. L’essai qui suit reprend une recension par l’A. en 1991 d’une première exposition de peintures de Seeroon Yérétzian en avril 1991.]&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Au premier coup d’œil, en pénétrant dans la salle d’exposition, la perplexité éveille vos sens. L’on passe devant les toiles. Tout d’abord, de manière indistincte, puis plus nettement, votre assurance se met à vaciller. Vos pensées refusent de s’abriter au sein de leur trompeuse égalité d’humeur initiale. Les expressions convenues sur l’art deviennent, au lieu de cela, hors de propos et superflues. L’on a affaire ici au monde réel : violent, brutal et impitoyable. L’on a aussi affaire ici à un art particulier de peindre qui décrit un arc au-dessus du monde, avec amour et compassion, pour en faire le portrait avec une expression sincère de sentiments et de vécu.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;En premier lieu, l’on est impressionné par l’audace que Seeroon Yérétzian déploie dans le choix des thèmes et la diversité de son expérimentation esthétique. Elle examine avec minutie, sonde et interroge des « réalités » endurcies. Elle explore des parallèles personnels, neufs par leur profondeur et leur forme. Elle tente d’exprimer les idiomes entièrement nouveaux d’un langage artistique – tout en préservant une authenticité et une véracité de création.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Avec elle, ce simple principe esthétique se voit une fois de plus confirmé : le dénominateur commun de toute création artistique authentique, quels que soient les différents modes de styles et d’expressions, réside dans l’expression individuelle clairement novatrice, soit, pour recourir à une terminologie populaire, une « signature » inimitable, à l’estampille personnelle. Ce qui signifie qu’il est possible d’accomplir une véritable formulation artistique d’une même réalité donnée, via une exécution tant figurative qu’abstraite.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Les stylisations de l’expression picturale sont nombreuses et diverses. Il est possible de communiquer dans la « langue » limitée de la duplication ou de la re-duplication, rappelant plus ou moins la photographie. Il est possible de livrer l’essence des apparences au travers d’une abstraction marquée. Mais il est aussi possible – comme dans le cas de Seeroon Yeretzian – de conduire le processus d’abstraction non pas à son niveau le plus élevé ou extrême, mais seulement jusqu’au point nécessaire à la puissance d’expression, tout en préservant une communion éloquente et une interaction immédiate avec le monde extérieur. Ces composantes sont toutes deux également importantes pour apprécier au mieux son art. D’un côté, d’indiscutables leviers artistiques de l’art abstrait l’aident énormément dans l’accomplissement de son expression. De l’autre, sa communion avec le monde réel lui permet d’exprimer de manière dynamique des vérités, lesquelles sont habituellement dépouillées de leurs droits civiques.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Les œuvres de Seeroon Yeretzian témoignent d’une posture responsable et salutaire au regard de situations humaines et collectives malsaines. L’injustice, la laideur et les incohérences de la vie sociale constituent ses thèmes – et l’objet de son indignation « silencieuse ». Ses toiles tendent à être des constructions artistiques érigées à leur encontre.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Le thème des « droits des femmes » est la force motivante la plus immédiate de son effort créateur. Or cela ne la conduit pas à une répudiation de type féministe, mais à une attitude globalement humaniste. Dans de nombreuses œuvres, cette condition sociale détestable est soulignée – l’exploitation et le calvaire concurrents tant de l’homme que de la femme -, leur inégalité, qui résulte d’une même situation courante d’inhumanité. Elle soulève cette question via toutes les palettes qu’elle utilise dans ses toiles. La femme crucifiée, son homologue masculin impuissant, relégué dans l’arrière-plan de son absurdité musculaire, les deux autres personnages féminins ou « voleurs » crucifiés à ses côtés – ou bien, autre exemple, les deux enfants qui animent le plan frontal – tous se rejoignent ensemble sur une croix symbolique modernisée.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Le second thème important, qui domine les toiles, est la souffrance et les privations humaines, l’humiliation de l’homme par l’homme et l’inhumanité de l’homme envers l’homme. Là se manifestent le génocide arménien, d’une part, et le sans-abri américain, de l’autre.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Les œuvres consacrées au génocide arménien expriment une profonde tragédie, de puissantes émotions. Avec quelle infinie tendresse ces crânes d’argile sont portés sur la toile ! Têtes privées de corps. Corps acéphales. Visages d’un autre monde, yeux caverneux, ossements. Le cadre de la toile n’arrive pas à contenir autant d’inhumanité – si bien qu’au sein de l’œuvre un contexte particulier est réservé, d’où se déversent les torrents d’une tragédie, avec la lourdeur d’un bleu sombre, les éruptions d’un rouge brûlant, l’explosion d’un vert triste qui rappelle davantage la mort que la vie. Dans une autre partie de la toile, le contenu du cadre interne et l’espace qui lui est extérieur se dissolvent mutuellement pour ne plus faire qu’un.  &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Dans de nombreuses œuvres, les thèmes austères, honteux, du sans-abri se dressent tel un immense point d’interrogation face à l’auto-aliénation secrète de la démocratie américaine. La série de toiles distordues montrant une vieille femme traînant la vanité de la vie, devenue un fardeau pesant et insupportable, le long de froids trottoirs, accuse avec force cette moderne fiction grotesque, nommée civilisation. (Par un paradoxe amer, l’on songe à cette bonne vieille expression : « vieillir avec grâce »…) Frustes et meurtriers, les pavés ronds où l’image de la jeunesse ou la juxtaposition tranchante des couleurs vives de deux adorables poupées s’éploie, telle une masse de chair grise et inanimée. Cette perversion illustre une trahison de la rationalité de l’homme à son encontre. « Home, Sweet Home », 1983 : une inscription sous l’image des plus poignante, choquante, d’un sans-abri en proie au désespoir.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Dans la lignée des thèmes portés sur la toile, une importance considérable est accordée aux vices de la société : tromperie (masques, masques, masques), l’humiliation sociale des femmes, l’emprise débilitante d’une civilisation illusoire (et la destruction d’une spontanéité innocente et rafraîchissante par une élite en costume cravate grise), la scène contemporaine arménienne et non arménienne, la mélancolie omniprésente et l’espoir sans ailes surgissant parfois non sans mal, et finalement, le réconfort indirect qu’apporte la passion créatrice pour l’art.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Au centre des peintures à l’huile de Seeroon Yeretzian, l’on découvre souvent l’ardente trinité du rouge-orange-jaune, dont la tension dynamique est contrebalancée par le noir épais en arrière-plan. En outre, le blanc intermittent rend le thème plus saillant, comme avec les visages blancs de trois femmes qui contrastent avec les couleurs du néon enveloppant leurs corps à vendre. A un second niveau, l’on remarque les nuances de couleur rouille, en particulier un vert morbide, lequel donne si justement sens à cet instant. Une obscurité grise ou noire, exprimant la sombre tragédie par des teintes pesantes, rehausse encore ces impressions. Le brun, le gris et le noir sont habituellement dominants dans le cas des acryliques. Lesquels sont cependant parfois adoucis par le blanc éclatant à l’arrière-plan et, dans certains cas, s’embrasent avec le chatoiement de tessons joyeux aux couleurs arc-en-ciel.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;La symbiose harmonieuse de couleurs et de nuances trouve son point culminant dans les gouaches. A cet égard, il convient de noter les lettres ornementales de l’alphabet arménien, qui invoquent les couleurs et les nuances authentiques de notre patrimoine en matière d’art de la miniature.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;N’oublions pas les dessins au crayon et à la plume, animant objets et situations.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Seeroon Yeretzian crée sous la stimulation immédiate de sa psyché, de ses idées et de son imagination. L’intégrité confère à ses formes d’expression une immédiateté neuve et une intensité pénétrante, qui éclaire au mieux les horizons spirituels intérieurs de l’artiste. La série des masques glacés, par leur pouvoir éloquent, bien que réfréné, de communication, symbolise son opposition sans équivoque à l’hypocrisie individuelle et aux supercheries sociales. &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;L’on pourrait attribuer les qualités esthétiques premières des peintures de Seeroon Yeretzian à l’influence de la meilleure tradition de l’expressionnisme allemand – en particulier, la force des lignes noires ou sombres, vigoureuses et énergiques, l’usage en général de la couleur comme un moyen pour illustrer des états émotionnels ; la prépondérance de couleurs pesantes (noir, brun, etc.) pour exprimer de manière émotionnelle et authentique la dureté et l’aspect impitoyable de l’existence. Ses créations exposent une perception aiguë de la destinée incertaine de l’homme contemporain sans but, l’emprise profonde d’aspirations intérieures et le vigoureux dynamisme, à l’audace inflexible, d’une pensée moderne en quête de réponses.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Note&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;1. Abril Publishing, 415 E Broadway, Suite 102, Glendale, Californie – tél : 818/243-4112&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;___________&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Source : &lt;a href="http://massisweekly.com/Vol31/massis48.pdf"&gt;http://massisweekly.com/Vol31/massis48.pdf&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Traduction : © Georges Festa – 01.2012.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;site de Seeroon Yeretzian &lt;/span&gt;: &lt;a href="http://www.seeroonart.com/"&gt;http://www.seeroonart.com/&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3147729012975104079-2303620025214915302?l=armeniantrends.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3147729012975104079/posts/default/2303620025214915302'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3147729012975104079/posts/default/2303620025214915302'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://armeniantrends.blogspot.com/2012/01/seeroon-yeretzian.html' title='Seeroon Yeretzian'/><author><name>Artavazd</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09115897617536890691</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://3.bp.blogspot.com/_seFKDDF1jyM/Si7VkSrlsyI/AAAAAAAAAxI/Yj2vbSW6h4c/S220/david2.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/-DLce-nf6vDg/Tw4XYy0UzyI/AAAAAAAACU0/cZqkAsRa1RM/s72-c/HM_01_M_Home_Sweet_Home_I.jpg' height='72' width='72'/></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3147729012975104079.post-2372915983301170437</id><published>2011-12-22T21:13:00.000-08:00</published><updated>2011-12-22T21:32:57.848-08:00</updated><title type='text'>Jack Danielian - A Century of Silence : Terror and the Armenian Genocide / Un siècle de silence : terreur et génocide arménien</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://4.bp.blogspot.com/-P66VQGseY6g/TvQOzkjjotI/AAAAAAAACUo/pCxtHng6DWA/s1600/ajp.gif"&gt;&lt;img style="display: block; margin: 0px auto 10px; text-align: center; cursor: pointer; width: 182px; height: 244px;" src="http://4.bp.blogspot.com/-P66VQGseY6g/TvQOzkjjotI/AAAAAAAACUo/pCxtHng6DWA/s320/ajp.gif" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5689188508424708818" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;© Palgrave Macmillan, 2010&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;font-size:100%;" &gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Un siècle de silence : terreur et génocide arménien&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;font-size:100%;" &gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;par Jack Danielian&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;font-size:100%;" &gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;&lt;a href="http://araratmagazine.org/"&gt;Ararat&lt;/a&gt;, 21.10.2010&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;[Note de l’éditeur : La présente étude, publiée in &lt;span style="font-style: italic;"&gt;The American Journal of Psychoanalysis&lt;/span&gt; (vol. 79, n° 3, septembre 2010) (1), est reproduite à l’attention des lecteurs d’&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Ararat&lt;/span&gt;. Pour les citations et la bibliographie exhaustive, consulter le site de l’&lt;a href="http://www.palgrave-journals.com/ajp/index.html"&gt;AJP&lt;/a&gt;.]&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Si le viol, la torture, l’esclavage sexuel, le massacre et l’épuration ethnique s’inscrivent dans un continuum de violations majeures des droits de l’homme, l’impulsion génocidaire occupe ainsi le pôle extrême de ce continuum. Les crimes de génocide vont au-delà d’un besoin de puissance nue, d’expansion économique ou de conquête territoriale. Ils impliquent des soubassements psychogènes et psycho-dynamiques dont l’observation peut être terrifiante. Pourtant, leur étude psychologique est essentielle.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Comme l’a souligné R. W. Smith (2), le meurtre avalisé par l’Etat, durant le dernier siècle, a fait 60 millions de victimes. Même si le savoir relatif au génocide s’accumule, le pur savoir est autre chose que la compréhension. Ces témoins qui ont dépassé le savoir vers une prise de conscience psychologique prennent le risque grandissant de connaître symptômes graves et états mutilants. A l’extrême, j’ai en tête le compositeur de musique classique arménienne, Komitas, qui après le génocide arménien de 1915, passa vingt ans quasiment dans le silence, et le major général canadien, membre des Forces de maintien de la paix des Nations Unies au Rwanda, Roméo Dallaire, qui continua à souffrir de symptômes autodestructeurs de stress post-traumatique, plusieurs années après que sa mission ait pris fin.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Le traumatisme est contagieux et la contagion est probablement insidieuse. Tous ceux qui entrent en contact avec lui peuvent en ressortir marqués, y compris la victime, les familles et les descendants de la victime, les observateurs, les témoins spectateurs, les avocats, les chercheurs et, naturellement, les perpétrateurs. La blessure du génocide dans la psyché humaine est là, dans un monde fluctuant, chaotique et souvent dangereux, entre mémoire et oubli, entre savoir et ne pas savoir, voir et ne pas voir, terreur et néant. Les traumatologues en sont arrivés à définir ce processus chez les victimes comme une « conspiration du silence ». Il existe dans les couches conscientes et inconscientes de la mémoire et a été identifié comme « le mécanisme le plus efficace de tous pour la transmission du traumatisme » (3).&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Les perpétrateurs du génocide visent l’anéantissement physique de leurs victimes, mais ils visent davantage. S’appuyant sur l’instinct des gens consistant à se distancier de l’horreur, de la peur et de la déshumanisation, les perpétrateurs cherchent à détruire la mémoire tant chez les survivants que chez ceux qui prennent la défense des survivants. Une méthode réfléchie pour réaliser cette destruction de la mémoire est d’inverser la responsabilité. Via l’exploitation violente accumulée d’une victime, celle-ci commence à accepter la responsabilité honteuse du perpétrateur. (« Aucun être humain ne peut être mauvais à ce point ; il se peut que je sois pire que je pensais et sans que je le sache. Je suis responsable d’avoir fait surgir le pire chez cette autre personne. ») Les perpétrateurs se considèrent alors comme victimes et les victimes comme perpétrateurs.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;La suppression tragique de la responsabilité ne prend pas non plus fin avec la victime. Condition quasiment &lt;span style="font-style: italic;"&gt;sine qua non&lt;/span&gt; de la psychologie des perpétrateurs, le fait qu’ils s’engageront dans un déni massif de responsabilité, même face à des preuves irréfutables. Terreur et déni concourent à un processus pernicieux de déréalisation de la vérité ; en outre, le processus perdure aussi longtemps qu’il est autorisé. Il s’agit d’un processus qui, comme le souligne I. W. Charney (4), « vise à désensibiliser et rendre possible l’émergence de nouvelles formes de violence génocidaire à l’égard de populations dans l’avenir. » Comme je l’ai rappelé, une longue file de survivants, familles, témoins spectateurs et journalistes est sujette, à des degrés divers, à cette déréalisation et à la désensibilisation corollaire.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Il existe d’autres dimensions pénibles dans les actes génocidaires. Au niveau le plus profond, le perpétrateur agit à la fois pour revivre et rejouer sa dynamique pathologique. Ces agissements peuvent être considérés comme des tentatives pour extérioriser des sentiments personnels, culturels ou communautaires humiliants de faiblesse et d’impuissance inacceptables et, pour ce faire, recréer de manière répétée et ritualisée ces sentiments au sein de la population victime. Les motifs présidant aux crimes génocidaires ne serviront donc pas simplement l’aphrodisiaque temporaire d’une soumission sexuelle ou physique, mais le pouvoir ultime de victimiser en permanence les vivants. Leur objectif commun dans un avenir incertain est d’instituer un incroyable « pacte permanent de silence » avec les populations victimes. Les victimes rendent ainsi hommage au pouvoir du criminel génocidaire, via la création et la recréation de cycles auto-imposés, ostensiblement autonomes, de re-victimisation. Comme je l’ai laissé entendre, le pouvoir du perpétrateur consistant à forcer la victime à venger le bourreau est essentiel au maintien d’un pacte permanent avec la victime d’un génocide. Le but sans fin est de créer une profonde altération psychologique, en sorte d’induire un silence permanent. Des générations de familles de survivants et leurs défenseurs finissent par se demander si le génocide a jamais eu lieu ou croire qu’on s’en souvient mal ou se persuader qu’il est déformé de manière malveillante. Le but sans fin est de créer une profonde altération psychologique, afin d’induire un silence permanent.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;font-size:100%;" &gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Le génocide arménien&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;En tant que premier massacre de masse, avalisé par un Etat, du 20ème siècle, le génocide arménien peut être instructif. Retenant l’idée que la terreur (dans ce cas, la terreur d’Etat) et le déni sont des instruments, Smith, Markurson et Lifton résument le déni turc dans leu article paru en 1995 (5) comme suit :&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;« En dépit de la grande masse de preuves qui illustrent la réalité historique du génocide arménien – récits de témoins oculaires, archives officielles, preuves photographiques, rapports diplomatiques et témoignages des survivants -, le déni du génocide arménien par les régimes successifs en Turquie s’est poursuivi de 1915 jusqu’à aujourd’hui. »&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Naturellement, les stratégies changent en fonction des évolutions politiques. Il y eut tout d’abord une tentative pour diaboliser les observateurs, puis exercer une pression diplomatique et politique, et enfin d’autres tentatives, souvent abouties, pour faire obstacle à des congrès universitaires. Dans l’article cité plus haut, les auteurs évoquent éthique professionnelle et déni du génocide, tout en signalant la tentative suivante de blocage au niveau universitaire :&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;« Exemple notoire, la tentative de la part des autorités turques, d’annuler par la force un colloque à Tel Aviv en 1982, au cas où le génocide arménien serait débattu, exigences assorties de menaces sur la sécurité des Juifs en Turquie. Le Conseil du Mémorial de la Shoah aux Etats-Unis a fait état de menaces similaires sur des projets visant à inclure des références au génocide arménien dans le contexte interprétatif du Musée-Mémorial de la Shoah à Washington. »&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Le génocide arménien a décimé un nombre, accepté en général, de près de 1 500 000 Arméniens autochtones, lesquels avaient créé une histoire continue de 3 000 ans dans leur patrie ancestrale en Anatolie. 60 % de la population civile arménienne fut massacrée, dont environ 80 % ou plus étaient des paysans vivant de leurs terres dans les montagnes d’Anatolie. Lorsque ce point fut rappelé au principal organisateur du génocide, Talaat Pacha, par l’ambassadeur d’alors des Etats-Unis en Turquie, Talaat répondit : « Ceux qui sont innocents aujourd’hui, peuvent être coupables demain ! » Je ne pense pas que sa réponse nécessite quelque commentaire.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Dans sa recension de &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Black Dog of Fate&lt;/span&gt; [Le chien noir du destin], de Peter Balakian (6), parue dans le &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Boston Globe&lt;/span&gt; (9 juin 1997), Stephen Kurkjian signale que les écrivains arméniens commencent maintenant seulement à découvrir leur passé commun. Nous revenons à nouveau au point psychologique de savoir comment le traumatisme peut rendre n’importe qui (ou n’importe quel groupe de gens) muet pour des générations. Naturellement, c’est ce qui est arrivé aux Arméniens. Face au déni farouche par les gouvernements turcs des événements arrivés dans l’empire ottoman, et face à la collusion morale sur cette question de la part du gouvernement des Etats-Unis et d’autres grandes puissances, les Arméniens, progressivement, se sont enfermés dans un silence pénible. Est-il légitime, même avec délicatesse, de demander pourquoi, en tant que peuple, il a fallu tant de temps aux Arméniens pour raconter leur histoire ? Tragiquement, comme nous l’avons vu, la question soulève cette autre question. Le déni est, de fait, l’instrument de la terreur. Le silence prolongé des Arméniens n’était pas un silence dilatoire, d’indifférence ou d’isolement. Ce fut plutôt un silence fait de perte paralysante. L’ampleur du silence est perpétuée par des vagues successives de déni au niveau international, chaque déni réactivant inévitablement le traumatisme. Et, comme l’on sait, le traumatisme est contagieux ; le déni virulent et le quasi déni opportuniste du génocide arménien ont eu de graves effets sur des générations de cet ancien peuple. De nombreux Arméniens sont encore trop épouvantés pour lire leur propre histoire ou en parler en public. Du fait précisément que le génocide arménien s’est traduit par une entreprise quasi centenaire de déni par la Turquie, il constitue un important cas d’étude, illustrant de quelle manière traumatisme et déni peuvent se renforcer mutuellement, perpétuant ainsi des cycles renouvelés de victimisation.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Il existe d’autres aspects du génocide arménien, qui peuvent aussi être instructifs pour pénétrer la dynamique pathologique des crimes génocidaires. Les Turcs ottomans parlent souvent de leur minorité arménienne comme d’une « communauté loyale » et leur « millet d’élection ». L’écrivain nationaliste turc Ahmed Emin, au 20ème siècle, évoque les comportements exceptionnellement favorables des Turcs envers les Arméniens. Les Turcs faisaient montre à leur égard de confiance et d’affection. Ils parlaient fréquemment d’eux dans la presse comme de nos « frères loyaux » et nos « loyaux sujets arméniens ». Ismail Enver, ministre de la Guerre durant la Première Guerre mondiale, confia à l’ambassadeur Morgenthau qu’il avait « la plus grande admiration pour l’intelligence et le génie industrieux » des Arméniens, [mais que] « quelques centaines d’Arméniens brillants, éduqués […] pouvaient renverser le gouvernement. » Peroomian relève que « les Arméniennes étaient sans cesse convoitées, quoique inaccessibles, par les Turcs et les Kurdes. » Morgenthau est convaincu que « ces jeunes filles arméniennes représentaient un type élevé de féminité et que les Jeunes-Turcs, avec leur intuition grossière, reconnaissaient que le mélange de leur sang avec la population turque exercerait une influence eugénique sur son ensemble. »&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Assez rapidement, ces témoignages turcs d’admiration et de jalousie ouvrirent la voie à des atrocités sexuelles et des tortures gratuites. L’évolution des sentiments, de l’admiration à la jalousie et au mépris le plus absolu, propose un terrain propice à des études ultérieures sur l’étiologie des crimes de génocide. Reste à étudier de manière adéquate les implications cliniques de ce genre d’évolution, lors d’un génocide.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;D’autres séquelles du génocide arménien sont néanmoins susceptibles d’approfondir notre compréhension du processus génocidaire. Il subsiste environ 70 000 Arméniens aujourd’hui en Turquie, rescapés du génocide. L’étude de ces populations autochtones, vivant au milieu d’une majorité ne manifestant aucun repentir et sous un gouvernement cultivant toujours un déni farouche, invite à des recherches. Dans son étude pionnière sur les descendants d’un peuple massacré, intitulée &lt;span style="font-style: italic;"&gt;And Those Who Continued Living in Turkey after 1915&lt;/span&gt; [Et ceux qui continuèrent à vivre en Turquie après 1915] (7), Peroomian fait la chronique de l’existence et des générations de survivants. La censure étatique de tout affichage visible de la culture ou de la langue arménienne est toujours pleinement appliquée. La censure n’est pas seulement soutenue par l’Etat. Elle est reçue dans l’opinion via le langage dépréciateur utilisé pour décrire les différentes catégories d’Arméniens. Durant la Première Guerre mondiale, les Arméniens dans l’armée turque étaient qualifiés de &lt;span style="font-style: italic;"&gt;djavour-askerleri&lt;/span&gt; [soldats infidèles]. Ils étaient maintenus à l’écart des troupes régulières, devaient porter des uniformes d’une couleur différente et, sans bénéficier d’une formation appropriée, furent enrôlés dans des travaux forcés. Les enfants des chrétiens islamisés étaient appelés fourmis infidèles ou engeance de convertis. Les survivants adultes étaient, quant à eux, qualifiés de &lt;span style="font-style: italic;"&gt;mutedi&lt;/span&gt;, à savoir récemment convertis. Ce terme suscitait dépréciation personnelle et discrimination dans la société, comme dans l’administration. Les emplois de fonctionnaires vont à ceux qui peuvent prouver qu’ils ne comptent pas de chrétien converti parmi leurs ancêtres, bien que, selon certaines estimations, il existe deux millions de citoyens en Turquie ayant un ascendant arménien.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;La plus humiliante et sinistre de toutes ces appellations est un terme usité pour présenter les survivants restants : les « restes de l’épée ». Toujours utilisée de nos jours, ce terme constitue « une expression lourde de sens, qui véhicule l’histoire d’une nation, l’état d’esprit et la disposition psychologique des survivants d’une immense catastrophe, ainsi que la manière avec laquelle ces rescapés sont perçus par les perpétrateurs de cette catastrophe. » Il devient difficile d’échapper au message selon lequel ces Arméniens qui ont survécu ne l’ont pu que parce qu’ils n’étaient pas dignes du noble sabre turc. Mehmed Uzun, un poète et romancier kurde, cité par Peroomian, en saisit éloquemment le sens :&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;« Toi, un « reste de l’épée », un être qui ne sait donc même plus pourquoi il vit, dont la face est tournée vers les morts et le passé, et non l’avenir, qui ne peut raconter à personne ce qu’il a vécu, qui ignore même comment le raconter et qui, de ce fait, éprouve une honte incommensurable, qui se sent coupable d’être vivant vis-à-vis des morts ! […] qui entend constamment le fracas des épées […] des pointes desquelles […] s’écoulent des gouttes de sang […] »&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Ces familles arméniennes survivantes en Turquie marchent sur une corde raide, entre « mémoire et oubli », depuis presque un siècle après l’anéantissement de leurs ancêtres. L’étude psychologique de ces populations est susceptible de nous permettre de mieux comprendre comment des mécanismes insidieux visant à déshumaniser les survivants peuvent renforcer la terreur chez ces survivants.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;La date de l’assassinat soudain de l’éditeur et écrivain arméno-turc Hrant Dink, le 19 janvier 2007, illustre douloureusement les mécanismes grâce auxquels les négationnistes du génocide peuvent instiller à nouveau la terreur chez les survivants. Hrant Dink, éditeur d’un journal bilingue en Turquie et grand journaliste, fut abattu en plein jour dans une rue d’Istanbul. Homme au courage rare, il pensait pouvoir trouver le juste équilibre entre le fait d’être un citoyen turc respecté et néanmoins ne pas oublier le sort de ses ancêtres, respecter la douleur de sa communauté et pourtant avoir un large cercle d’amis turcs proches. Ce juste équilibre s’est avéré traître. Et quelque cinq ans après ce crime, les progrès ont été inégaux et peu convaincants, exceptée l’arrestation d’un jeune homme de 17 ans qui, selon un communiqué immédiat du chef des forces de sécurité d’Istanbul, « n’avait aucun lien avec quelque groupe que ce soit » (8). Rappelons que l’assassinat de ce grand Arménien en Turquie suscita la plus grande consternation à travers le monde et qu’en Turquie, 100 000 personnes assistèrent à ses funérailles.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Un lien possible avec ce meurtre a récemment été établi avec le notoire « Etat profond » de la Turquie, lequel, en retour, est lié à un groupe ultranationaliste opérant dans la clandestinité, nommé « Ergenekon ». Ergenekon se composerait d’officiels de la sécurité, de responsables des services secrets, d’éléments de l’appareil judiciaire, de généraux à la retraite et d’hommes d’affaires. D’après la dépêche parue in &lt;span style="font-style: italic;"&gt;The Economist&lt;/span&gt; (19 juillet 2008), Ergenekon est « le nom d’une patrie mythique dont partirent les tribus turciques, guidées par une louve. » Un autre reportage sur ce lien a été publié par Jason Notte dans le &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Boston Metro&lt;/span&gt; (7 février 2008), citant son entretien avec Jenny White, professeure d’anthropologie à l’université Brandeis (Waltham, Massachusetts). Le professeur White voit dans « l’Etat profond » l’héritage de groupes militaires secrets de l’OTAN mis en place durant la Guerre froide, mais toujours actifs :&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;« Il est si vaste qu’il est même difficile de le sonder […] Assassinats d’intellectuels enquêtant là-dessus […] – un taux de mortalité très élevé. Il y a eu récemment le meurtre de Hrant Dink, journaliste arménien, dont le procès est toujours en cours. Il est clair que la police était au courant avant que cela n’arrive. Les dossiers ont été perdus [et] la vidéo a disparu. »&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;La crainte et la terreur que de tels liens peuvent inspirer à une population déjà traumatisée sont évidentes. Non seulement un silence forcé en est issu, mais un silence forcé de l’intérieur, comme nous l’avons rappelé plus haut. C’est avec de grandes difficultés que Kemal Yalcin (9) a pu amener des Arméniens à s’entretenir avec un journaliste turc des plus sympathique tel que lui. Il décrit un instinct conscient ou inconscient chez les Arméniens survivants pour dissimuler leur passé, surtout dans leurs contacts avec un Turc. Le fait que parler du génocide arménien constitue une preuve d’ « outrage à l’identité turque » dans un tribunal demeure une politique d’Etat. Combinaisons de terreur et d’humiliation, se manifestant au plan comportemental par une prudence, une timidité ou une autocensure des plus extrême, les survivants dissimulent leur secret. Tenir bon de quelque manière en faisant montre d’intelligence, de talent, d’assurance ou d’énergie rappelle aux survivants leur vulnérabilité totale à une exposition dangereuse. La mémoire historique leur enseigne que ceux qui se sont élevés furent les premiers à être sélectionnés pour être torturés et liquidés.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Le pressentiment d’être dangereusement exposés peut être observé dans l’échange suivant. Un écrivain arménien de la diaspora, visitant Istanbul en 1963, est enthousiasmé lorsqu’il rencontre un rassemblement d’intellectuels arméniens dans la rue, dont un en particulier qu’il a toujours voulu rencontrer. Loin d’être enchanté, l’intellectuel auquel il s’adresse « murmure des mots inaudibles… Une écrivaine intervient sur un ton de réprimande : « Monsieur, si vous voulez parler à haute voix, parlez en turc ! Si vous devez parler en arménien, alors parlez à voix basse ! C’est la Turquie, vous comprenez ? »&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Chacun comprendra, en effet.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;font-size:100%;" &gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Le chauvinisme turc : après-génocide contre avant-génocide.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;La psycho-dynamique du génocide arménien et de ses séquelles à long terme proposent un matériau dense, permettant d’étudier les courants sous-jacents du génocide. D’autre part, les antécédents de ce génocide seront aussi d’un intérêt scientifique pour les spécialistes du traumatisme. Ces antécédents couvrent 600 ans d’histoire entre Turcs et Arméniens dans l’empire ottoman.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Le système du millet dans l’empire ottoman définissait des groupes minoritaires semi-autonomes : les communautés grecque, arménienne et juive. En tant qu’ « incroyants », les Arméniens étaient qualifiés de rayas [bétail] et leur témoignage en justice n’était pas considéré comme juridiquement valide. Dans le système du millet, les Arméniens étaient obligés de « porter un bonnet rouge, noir et jaune, avec des bottes et des chaussons violets. » Dans son ouvrage retentissant,&lt;span style="font-style: italic;"&gt; A Shameful Act : The Armenian Genocide and the Question of Turkish Responsability&lt;/span&gt; [Un Acte honteux : le génocide arménien et la question de la responsabilité de la Turquie] (10), Taner Akçam expose comment les minorités du millet étaient soumises à d’humiliantes pratiques :&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;« Il leur était interdit de conduire leur pratique religieuse pouvant déranger les musulmans. Le son des cloches d’églises et la construction d’églises et de synagogues étaient prohibés. Il [leur] était interdit de monter à cheval, de porter des armes et ils étaient obligés de s’écarter à l’approche de musulmans, lorsqu’ils voyageaient à pied. La couleur de [leur] vêtement et de leurs chaussures, ainsi que la qualité des tissus devaient être distincts de ceux des musulmans […] Il [leur] était interdit de porter des caftans à haut col, des matières précieuses ( en particulier, la soie), de la mousseline fine, des fourrures ou des turbans. D’autres édits imposaient les couleurs pouvant être portées ; les chaussures et le couvre-chef des Arméniens, par exemple, devaient être rouges, tandis que les Grecs portaient le noir et les Juifs le bleu turquoise. Il leur était interdit de porter des sabots et devaient attacher des clochettes aux couvertures portées dans les bains publics […] [Leur] avilissement incluait l’interdiction de construire leurs maisons plus hautes que celles des musulmans, comme signe de leur infériorité […] Enfreindre ces restrictions était puni d’amende ou d’emprisonnement, ou même, sous les règnes plus durs, de mort. »&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Tant que les minorités se conformaient à leur condition, elles étaient tolérées. Or cette condition exigeait l’acceptation humiliante d’un statut inférieur à celui de la majorité turque. Les exemples que j’ai livrés de traitement pré-génocidaire des Arméniens ne peuvent être décrits que comme la preuve éclatante d’un chauvinisme turc institutionnalisé, intériorisé et ininterrompu. Autre exemple particulièrement frappant, le contexte de la question des nombreux monuments et panégyriques dans la Turquie actuelle, idéalisant un des principaux concepteurs du génocide arménien, Talaat Pacha. Talaat s’enfuit à Berlin sous un nom d’emprunt, mais fut assassiné dans cette ville par un jeune Arménien survivant, Soghomon Tehlirian. En 1943, les restes de Talaat fut transférés en grande pompe depuis Berlin et enterrés de nouveau à Istanbul dans le cadre de cérémonies officielles en tant que héros national, en présence de l’ambassadeur d’Allemagne, Franz von Papen ; par la suite, un boulevard à Ankara et une école à Istanbul furent baptisés en son nom. Pas le moindre soupçon ici de quelque crime d’ « outrage à l’identité arménienne »… A nouveau, les perpétrateurs inversent leur position vis-à-vis de ceux qu’ils ont victimisés, parlant alors d’ « outrage ».&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;J’ai déjà évoqué la présentation par les Turcs des survivants arméniens en tant que « restes de l’épée ». Le terme est une preuve supplémentaire d’un odieux chauvinisme post-génocide, comprenant aussi actuellement une réelle menace à l’encontre des « restes ». Comparé à l’avant-génocide dans l’empire ottoman, le chauvinisme post-génocide en Turquie est passé d’une mentalité esclavagiste à l’égard des minorités à une fureur meurtrière effrénée à leur encontre. On peut comparer avec les esclaves aux Etats-Unis qui furent abusés en tous points comme esclaves, mais qui firent face aux lynchages de masse, une fois l’esclavage aboli. Les traumatologues pourraient voir dans les modèles turcs décrits un lien systémique entre comportement pré-génocidaire, génocidaire et post-génocidaire, s’étalant sur quelque 700 ans.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;font-size:100%;" &gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Récits des témoins du génocide arménien&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Les représentants étrangers, au niveau des responsabilités gouvernementales officielles ou non, étaient nombreux dans l’empire ottoman au tournant du siècle, se traduisant par de nombreux récits sur le génocide arménien. Les médias des Etats-Unis couvrirent largement les événements de 1915-1922, le &lt;span style="font-style: italic;"&gt;New York Times&lt;/span&gt; assurant à lui seul près de 200 articles de reportages de plus en plus angoissés. Parmi les rapports de premier plan figurent les récits d’Henry Morgenthau (&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Ambassador Morgenthau’s Story&lt;/span&gt;) (11), du Vicomte Bryce (&lt;span style="font-style: italic;"&gt;The Treatment of the Armenians in the Ottoman Empire 1915-1916&lt;/span&gt;) (12), de Leslie Davis (&lt;span style="font-style: italic;"&gt;The Slaughterhouse Province : An American Diplomat’s Report on the Armenian Genocide, 1915-1917&lt;/span&gt;) (13) et de Jacob Künzler (&lt;span style="font-style: italic;"&gt;In the Land of Blood and Tears : Experiences in Mesopotamia during the World War, 1914-1918&lt;/span&gt;) (14).&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Pour réalistes qu’ils soient, ces récits de témoins oculaires éludent des agissements considérés comme trop répugnants pour être publiés. Par exemple, Morgenthau écrit : « J’ai passé totalement sous silence les détails les plus atroces, car un récit exhaustif des orgies sadiques dont les Arméniens et les Arméniennes furent victimes n’aurait jamais pu paraître dans un ouvrage américain. » Dans l’édition du 8 décembre 1915 de &lt;span style="font-style: italic;"&gt;The Outlook&lt;/span&gt;, dans un article intitulé « L’Homme de Constantinople », William Ellis rapporte qu’en dépit d’atroces détails, « je suis heureux que &lt;span style="font-style: italic;"&gt;L’Homme de Constantinople&lt;/span&gt; n’ait pas tenté de déchirer mon âme par des récits d’atrocités personnelles. » En novembre 1916, &lt;span style="font-style: italic;"&gt;The Atlantic Monthly&lt;/span&gt; publie « Le Calvaire d’une nation : un récit personnel », précisant que « le récit complet de la déportation ne pourra jamais être couché par écrit, pour la raison qu’il évoque tant de souffrances que cela est indescriptible et tant de cruauté que cela est incroyable. »&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Malgré ces avertissements, les récits des témoins oculaires sont indéniablement révoltants. &lt;span style="font-style: italic;"&gt;The Atlantic Monthly&lt;/span&gt; rapporte encore que « les anciens Turcs […] gardaient en vie la vache qu’il pouvaient continuer à traire. Tel n’est pas le cas des Jeunes-Turcs [perpétrateurs du génocide de 1915] […] Les yeux sont arrachés des orbites […] les ongles extirpés à la racine et […] cheveux et moustaches ôtés lentement, cheveu après cheveu. » Dans un communiqué du &lt;span style="font-style: italic;"&gt;New York Times&lt;/span&gt;, publié le 12 novembre 1916, le consul d’Allemagne à Mossoul «  a vu dans beaucoup d’endroits de telles quantités de mains tranchées de petits enfants que les rues en eussent pu être pavées. » Les Arméniens « ont leurs sourcils arrachés, leurs poitrines découpées, leurs ongles arrachés ; leurs tortionnaires leur sectionnent les pieds ou bien leur enfoncent à coups de marteau des clous comme ils le font pour ferrer des chevaux. » Citant un témoin, Samuel Bartlett, originaire de Toronto, le &lt;span style="font-style: italic;"&gt;New York Times&lt;/span&gt; poursuit : « Les Turcs se sont aussi emparé de tous les nourrissons dans la ville et les ont jetés dans le fleuve jusqu’à le faire déborder de ses rives. Ils ont fait sortir les prêtres, leur ont appliqué aux pieds des chaussures en fer chauffées à blanc, les ont attaché à des charrettes et les ont forcé à marcher sur de longues distances. » Résumant la mise en œuvre du génocide, le colonel Hawker déclare dans le &lt;span style="font-style: italic;"&gt;New York Times&lt;/span&gt; en date du 7 juin 1919 : « Le projet turc était d’extraire tous les hommes valides de la communauté et de les attacher. Puis ils les torturaient en découpant leur chair et en brûlant leurs blessures. Finalement, ils leur coupaient la tête en présence des épouses et des enfants des victimes. Les vieillards, les femmes et les enfants étaient [ensuite] rassemblés et conduits de place en place. » L’ambassadeur Morgenthau analyse la psychologie du perpétrateur présidant à ces atrocités : « Le fait fondamental, sous-jacent à la mentalité turque, est son mépris souverain pour toutes les autres races […] [A savoir] un mépris complet pour la vie humaine et un plaisir intense à infliger des souffrances physiques. » Morgenthau conclut sobrement : « Un orgueil véritablement insensé est l’élément qui explique largement [ce comportement]. »&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Dans le génocide des Arméniens ottomans, les explications dynamiques du comportement des Turcs que nous avons présentées doivent inclure des motivations qui vont bien au-delà de l’épuration ethnique territoriale. Dans de multiples récits de témoins oculaires, un exemple des plus personnalisé de dégradation semble avoir constitué le modus operandi des perpétrateurs. Après avoir passé en revue des milliers de pages de ces récits, cinq caractéristiques du génocide arménien se détachent :&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;1. Les atrocités sexuelles et la mutilation physique font partie intégrante du processus génocidaire.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;2. Les Turcs rivalisaient de vanité en développant les méthodes les plus diaboliques de torture (à savoir, clouer des fers aux hommes ; mutilation de l’oreille, du nez et des yeux ; seins et mamelons découpés des femmes et rassemblés pour la galerie ; enfoncer de la paille de fer dans l’anus d’un homme et dans son pénis ; dépeçage progressif des membres de la victime).&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;3. Les tortures sexuelles et les morts prolongées constituaient l’approche préférée.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;4. Les membres de la famille étaient, partout où cela était possible, obligés d’assister aux atrocités.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;5. Les méthodes de dégradation étaient, partout où cela était possible, conçues afin de maximiser le plaisir du perpétrateur.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;La psycho-dynamique de l’humiliation des victimes par un perpétrateur implacable soulève inévitablement des questions d’implication intra-psychique, en particulier des questions de sentiments désavoués. Notons que le mépris démontrable des Turcs pour leurs victimes semble s’être accru à mesure que le génocide se déroulait. Les Turcs ridiculisaient les victimes qui s’alignaient, soumises, en vue du massacre tels des « moutons ». D’un point de vue dynamique, cela renvoie à nouveau à l’inversion du rôle de perpétrateur et de victime. Ayant terrorisé les victimes par toutes les méthodes possibles, le perpétrateur trouve maintenant une justification à son mépris face à l’incapacité de réagir de sa victime. La victime est perçue comme justifiant son propre statut de victime (a). Le parallèle avec le « mouton » est lui aussi révélateur. Les Turcs se sont longtemps identifiés aux loups. Au sein d’une pré-histoire mystique en Asie Centrale, ils croient, comme nous l’avons relevé précédemment, que leurs ancêtres furent allaités par une louve. Or l’image qu’ils se font d’eux-mêmes contraste directement avec le tableau que l’ambassadeur Morgenthau livre des Turcs qu’il connaît fort bien. Il les décrit comme « obséquieux », et même « serviles » et « amorphes », et tout autant soumis à l’autorité. Cette dynamique sous-jacente d’obséquiosité et de servilité honteuses envers l’autorité est-elle le « mouton » caché dans la psyché turque ? D’évidence, pour les Turcs, loups et mouton, vainqueur et vaincu, sont des expériences mutuellement exclusives et ne peuvent être réconciliées. L’une est digne de la gloire la plus extrême, l’autre de la dégradation la plus extrême.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;font-size:100%;" &gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Les récits des victimes-survivants du génocide arménien&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Comme pratiquement tous les hommes valides, âgés de 15 à 60 ans, furent raflés, torturés et tués, les récits de ce supplice émanent d’observateurs étrangers. Or avec l’étape génocidaire suivante de la déportation des femmes, des enfants et des vieillards, les témoignages courageux des rares survivants représentent une source centrale (b). Dans la catégorie des récits de survivants, trois témoignages représentatifs se distinguent. A savoir &lt;span style="font-style: italic;"&gt;The Knock at the Door : A Journey through the Darkness of the Armenian Genocide&lt;/span&gt; [On frappe à la porte : voyage dans les ténèbres du génocide arménien], de Margaret Ajemian Ahnert (15), &lt;span style="font-style: italic;"&gt;My Grandmother : A Memoir&lt;/span&gt; [Le Livre de ma grand-mère], de Fethiye Çetin (16) et &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Death March : An Armenian Survivor’s Memoir of the Genocide of 1915&lt;/span&gt; [Marche de la mort : Mémoires d’un survivant arménien sur le génocide de 1915], de Shahen [Chahèn] Derdérian (17). Tous trois portent un témoignage immédiat sur la déportation. Je m’excuse auprès de mes lecteurs pour les abus innommables recensés. Or il s’agit de récits de survivants traumatisés, qui véhiculent les indubitables blessures psychiques d’une profonde souffrance. Ce sont toutes des descriptions d’événements que le silence n’a pu réduire au silence. Il est impossible de comprendre la psycho-dynamique du génocide sans témoigner du témoin et, plus important, sans témoigner des victimes.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Ahnert décrit sa mère Ester, une survivante des déportations, dans les passages suivants :&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;« [Elle] regarde d’un œil vide devant elle et continue de chanter : « Il ne reste plus personne ! Ils sont tous morts ! […] Je ne peux oublier ! Ils les ont tous tués ! »&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;« [Ester] accourt à la maison : « Grand-mère, grand-mère, j’ai vue une pendaison dans la rue ! » Grand-mère me fait vite entrer et ferme la porte… « Ne raconte à personne ce que tu as vu ! » « Mais je l’ai vu ! » Grand-mère me file une claque. « Tu n’as pas vu et tu n’as pas entendu ! »&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;« Au matin, nous découvrons le corps d’une jeune mariée que nous connaissions, d’Amasia… Je vis là son ventre fertile fendu et son bébé mort-né planté sur un sabre fiché dans la poussière, derrière sa tête. »&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;« De temps en temps, le chef des soldats turcs se penchait de son cheval, saisissait un petit enfant par le bras et faisait tournoyer son corps dans les airs. Puis il fracassait le corps à terre. Il vociférait à tous ceux qui l’écoutaient : « Ne croyez pas que j’aie tué un enfant innocent ! Même ces nourrissons sont des criminels, parce qu’ils portent les semences de la vengeance ! Tuez aussi les enfants ! » J’entendis les soldats dire : « Tuez les enfants aussi ! Tuez-les tous ! » Un soir, Youssouf Bey, un officier retraité de l’armée turque, recevait quelques militaires à dîner… L’un d’eux raconta l’histoire d’un jeune couple qu’il avait capturé lors d’un convoi… « S’il vous plaît ! Ne me séparez pas de ma sœur ! Elle est malade et a besoin de mon aide ! » « Très bien, Djanoum, je vous prends tous les deux ! », répondis-je. Après avoir violé la première, je m’approche de l’autre et réalise que c’est un garçon. Je lui coupe alors les parties avec mon sabre. « Tiens ! Te voilà une fille ! Ça te plaît ? » Alors mes hommes et moi plaquons le garçon contre un mur pour qu’il puisse nous voir sodomiser à tour de rôle la fille… » Eclats de rires et applaudissements fusèrent de toutes parts. »&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Fethiye Çetin, avocate turque et militante des droits de l’homme, à l’héritage surprenant, a relaté, dans un récit profondément émouvant, comment sa grand-mère bien aimée lui révéla, non sans réticences, à un âge très avancé, « son secret intime » : elle était arménienne.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;« Nous composions une alliance particulière et très secrète. J’éprouvais son envie de se défaire du fardeau qu’elle avait porté durant toutes ces années – écarter les voiles qui dissimulaient son secret, raconter cette histoire qu’elle n’avait jamais partagée avec âme qui vive – mais je pense qu’elle savait aussi que, ayant traversé ma vie sans en rien savoir, je trouverais cela profondément dérangeant. Elle me protégeait. »&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;« Après avoir franchi le pont à Maden – à Havler – ma grand-mère [à savoir, la grand-mère de la victime survivante] précipita deux de ses petits-enfants dans les flots [l’Euphrate]. Il s’agissait des filles de mon oncle… L’une se noya de suite, tandis que la tête de l’autre remonta brusquement de l’eau. Ma grand-mère – la mère de mon père – repoussa sa tête sous l’eau… Puis elle se jeta dans les eaux en furie et échappa aux regards… Des années plus tard, elle se référa maintes fois à cet épisode et, chaque fois, l’histoire s’achevait par un profond silence. »&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Shahen Derdérian est l’une des très rares victimes à avoir survécu au carnage de la déportation et qui a pu relater son histoire atroce. Il ne fut pas tué avant la déportation, car il n’avait que huit ans. Voici son récit :&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;« Je vis aussi deux policiers s’en prendre violemment à un prêtre arménien. L’un d’eux tirait la barbe de l’ecclésiastique, tandis que l’autre le frappait à coups de fouet. Le prêtre tomba à terre. Alors les gendarmes le firent sortir de la caravane et lui clouèrent des fers à cheval dans la plante des pieds. »&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;« Ayant reçu leurs ordres du gouvernement turc en personne, ces hommes entreprirent d’extraire les jeunes garçons arméniens de la caravane et les égorgèrent sur place. »&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;« Ils ordonnèrent à la femme de danser. Elle refusa. Ils lui lièrent les mains et, la menaçant de leurs fusils, réitérèrent l’ordre… Le civil dit à ses larbins de faire danser à tout prix la « sale infidèle »… Sans résultat… Il donna l’ordre de la torturer. Tandis que les hommes la tenaient par les bras, un gendarme lança un petit chaton dans sa culotte. Ils lui lièrent alors les mains dans le dos. Comme le chaton commençait à lacérer sa chair, la femme ne cessait de bondir, s’agitant de gauche à droite, hurlant. Les hommes étaient ravis. La femme tomba à terre. Elle se tordait de douleur. Elle se releva à nouveau, courant çà et là. Ses bourreaux suscitèrent des cris de joie. Un gendarme s’approcha d’elle et fouetta le chaton dans sa culotte. L’animal paniqué la griffant impitoyablement, la malheureuse devenait folle… A la fin, le civil ordonna aux hommes de l’abattre non loin. Elle fut emmenée. Quelques minutes plus tard, nous entendîmes une rafale. »&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;« Quel privilège de mourir d’une mort naturelle ! »&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Le lecteur notera les années d’édition de ces trois récits : 2007, 2008 et 2009. Il notera aussi que deux récits sont dus à des Arméniens et que l’un est un récit publié en Turquie par une avocate turco-arménienne, militante des droits de l’homme. Après quasiment un siècle de lugubre silence de l’extérieur et de l’intérieur, le mur commence peut-être à s’effriter. Et cela semble se manifester simultanément parmi tous les éléments du silence : Arméniens de la diaspora, survivants turco-arméniens et un groupe privilégié de spécialistes des droits de l’homme. Plus simplement, impossible de dépasser le génocide tant que ce crime n’est pas nommé. Ce faisant, peut-être cela aidera-t-il à identifier certains récits prévisibles et imprévisibles par les perpétrateurs eux-mêmes. &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Derdérian note qu’un gouverneur, après avoir ordonné à ses policier de disperser des « infidèles » arméniens implorant pitié, hurle à leur intention : « Si je savais qu’il y a de la pitié ne serait-ce que dans un seul de mes cheveux, je l’arracherais ! » Parallèlement, Dadrian cite Nail Bey, perpétrateur notoire, jurant : « Si cela était en mon pouvoir, je créerai à nouveau les Arméniens pour pouvoir les exterminer à nouveau ! »&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Fa’iz El-Ghusein, un Bédouin arabe élevé en Turquie et cité plus haut, soumit un rapport détaillé sur « l’Arménie martyre » (septembre 1916) (18). Le rapport contient les agissements d’un perpétrateur, ainsi que son remords inattendu.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;« Tandis que nous étions en route, je vis une Arménienne que je connaissais et qui était très belle. Je l’appelai par son nom et je lui dis : « Viens, je te sauverai, et tu épouseras un jeune homme de ton pays, un Turc ou un Kurde ! » Elle refusa et me répondit : « Si tu désires me faire une faveur, je te demanderai une chose que tu peux faire pour moi. » Je lui dis que je ferais tout ce qu’elle souhaitait. Elle me déclara : « J’ai un frère plus jeune que moi, ici, parmi tous ces gens. Je te prie de le tuer avant de me tuer, afin qu’en mourant mon âme ne s’inquiète pas de son sort. » […] Je dois obéir à mes ordres. Alors je lui assène un coup de hache, je lui fends le crâne et il tombe raide mort. Puis elle me dit : « Je te remercie de tout mon cœur et je te demande une autre faveur. » Elle se couvre les yeux de ses mains : « Frappe comme tu as frappé mon frère, un seul coup, ne me torture pas ! » Je lui assène un coup et je la tue. Aujourd’hui encore, je pleure sa beauté et sa jeunesse, ainsi que son courage admirable. »&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Margaret Ajemian Ahnert, un des trois récits de victimes survivantes (qui lui fut dicté par sa mère) que j’ai présenté, relate le point de vue d’un perpétrateur en puissance. Ce Turc décrit une juxtaposition quasiment incompréhensible de bonnes intentions et de violence délibérée :&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;« Le mari turc dit à son voisin arménien : « Ne t’inquiète pas ! Ta famille et la mienne sont amies depuis des années. Tes enfants et les miens sont camarades. Ton épouse et la mienne sont les meilleures amies au monde. Je ne permettrai pas que l’un de vous souffre. J’aiguiserai et j’affûterai mes couteaux chaque jour pour que, lorsque l’ordre se présentera, je vous égorge rapidement et proprement. Toi et ta famille, vous ne ressentirez ni douleur ni souffrance. Je t’en fais le serment en tant qu’ami. »&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;« La mère de l’auteur, Ester, était choquée : « J’étais bouche bée. Je n’en croyais pas mes oreilles. »&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Ces récits de perpétrateurs démontrent que tous ceux qui entrent en contact avec le traumatisme du génocide – y compris les perpétrateurs – ne peuvent s’empêcher d’en être affectés. (d)&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;De nombreux perpétrateurs opteront pour un déni malveillant, d’autres prétendront qu’ils ne faisaient que leur travail, et très peu ressentiront consciemment un légitime remords.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Après avoir évoqué récits de témoins et récits de survivants victimes, venons-en aux réactions possibles des spectateurs, journalistes, politiciens et universitaires. J’observe trois options les concernant. En choisissant la première option, ils peuvent s’engager sur la voie commode consistant à faire la sourde oreille aux droits de l’homme. Dans la seconde option, untel devient un spectateur détaché, adoptant un « point de vue objectif ». Ou bien ils peuvent choisir la troisième voie, plus difficile, le fait de parler pour ceux qui ne peuvent pas parler, à savoir, préférer la mémoire à l’oubli. La conséquence de la première option est une prédisposition à adopter une position victimisante laquelle, comme il en va des perpétrateurs, peut créer une fureur irrationnelle envers les victimes ou les victimes potentielles. La seconde option laisse l’individu enclin à une aptitude réduite à distinguer le vrai du faux, créant ainsi un vide moral. Israel Charny recense bon nombre d’analyses regrettables de « chercheurs qui s’investissent dans une explication pédante des définitions du génocide et dans un souci obsédant du détail, au point que les faits mêmes qui sont analysés sont perdus de vue. » Seule la troisième option peut, face à la terreur, transcender l’expérience génocidaire et ainsi ré-instituer en soi un sens des valeurs humaines, de l’humanité et de l’esprit humain.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Pour toutes les raisons que j’ai citées, le génocide arménien est qualifié à juste titre de « génocide secret », « génocide oublié », « meurtre racial », « crime contre l’humanité » et de « crime sans nom ». Autant de descriptions qui s’appliquent. Les tentatives par la Turquie de blanchir ces crimes et les criminels qui les ont commis ont été fébriles, mais entre autres dommages, une vérité plus large touchant à l’impulsion génocidaire a été obscurcie : chaque génocide est lié à tous les autres génocides. Cet aperçu est essentiel pour une compréhension psycho-dynamique des mécanismes internes du processus génocidaire. Les perpétrateurs potentiels « testent la conscience, la solidarité et la fermeté du reste du monde » (Dadrian, 1995). Ainsi, chaque génocide constitue une répétition générale pour chaque génocide suivant, n’attendant qu’une évaluation des marques de toute pression contraire pouvant être exercée sur les perpétrateurs. Chaque génocide « requiert la présence d’un état d’esprit génocidaire » (Dadrian, 1995).&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Dans le cas des Arméniens, l’activité génocidaire débuta dès 1895, sous le règne du sultan Abd ul-Hamid II. 200 000 civils furent massacrés. Comme nous l’avons vu, les traumatologues enseignent que les perpétrateurs évaluent le succès de leur activité génocidaire en termes des risques encourus lors de tentatives antérieures de leur part (ou par d’autres perpétrateurs). Au plan psychologique, le perpétrateur, épris de son fanatisme pervers, prend à contresens l’absence de réaction extérieure soit pour une faiblesse passive, soit pour une approbation concrète de ses agissements. L’impulsion génocidaire peut donc être renforcée par l’imagerie grandiloquente d’une secrète admiration par le monde extérieur, laquelle alimente alors la tentative suivante. Dans le cas des Arméniens, les répétitions générales eurent lieu en 1895, 1909 et 1912, avant la liquidation finale de toute la population en 1915-1918 (c).&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;En termes de renforcement des impulsions génocidaires, du fait du succès de tentatives par d’autres, se détache l’analyse perspicace par Hitler du génocide arménien en tant que facteur dans sa décision d’une « solution finale » à l’égard des minorités juives d’Europe. L’Allemagne fut un allié proche de la Turquie durant la Première Guerre mondiale et Hitler était jeune homme dans l’armée allemande, lorsque les Turcs lancèrent leur programme d’extermination en masse. Un des plus proches collaborateurs d’Hitler au sein du mouvement national-socialiste était le docteur Max Erwin von Scheubner Richter, lequel était « l’ancien consul d’Allemagne à Erzeroum [Turquie] et dont les rapports atroces sur le massacre des Arméniens ont été conservés » (Dadrian, 1995). Hitler se référa de manière significative au génocide arménien : « Partout, les peuples attendent un nouvel ordre mondial […] Que l’on songe aux déportations bibliques et aux massacres du Moyen Age […] et souvenons-nous de l’extermination des Arméniens. » Et Hitler prononça sa fameuse déclaration : « Qui, après tout, parle aujourd’hui de la destruction des Arméniens ? » Bardakjian cite aussi des soulignages par Hitler, assimilant Arméniens et Juifs à des « peuples de déchets ». Naturellement, le génocide arménien fut instructif pour les nazis, du fait surtout de l’absence quasi complète de fermeté à travers le monde, laquelle en retour alimente, comme nous l’avons vu, une escalade croissante du déni par la Turquie.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;A cause de la dynamique du processus génocidaire, le génocide n’a pas pris fin avec le génocide arménien ou le génocide juif. Les génocides au Cambodge, au Kurdistan, au Rwanda, en Bosnie, au Kosovo, au Congo et ailleurs ont suivi. Dans un ouvrage primé, &lt;span style="font-style: italic;"&gt;A Problem from Hell&lt;/span&gt; (19), Samantha Powers explique comment les perpétrateurs&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;« […] gardent un œil sur Washington et d’autres capitales occidentales, lorsqu’ils décident de quelle manière procéder. Talaat Pacha faisait souvent remarquer que personne n’avait empêché le sultan Abd ul-Hamid II d’assassiner les Arméniens. Hitler fut enhardi par le fait que personne au monde ‘ne se souvenait des Arméniens’. »&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Le processus fut du même ordre avec Saddam Hussein contre les Kurdes, les Hutus contre les Tutsis, et les génocides en Bosnie, au Kosovo et au Congo. Power recourt au terme « déni plausible » pour décrire la position des Etats-Unis et des puissances occidentales. Pour confirmer l’interconnexion de tous les génocides, elle note comment l’impulsion génocidaire devient « insatiable ».&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Finalement, il existe un phénomène spécifique entourant le génocide, mieux appelé peut-être déni du ping-pong : chaque fois, l’opinion n’est pas convenablement alertée par son gouvernement, et ce gouvernement se met alors à invoquer une absence de soutien dans l’opinion pour agir. Dans le cas des Etats-Unis, Power décrit le déni du ping-pong comme une relation circulaire « délibérée » entre dirigeants politiques et opinion publique. Dans une citation prophétique d’Arthur Koestler sur la Seconde Guerre mondiale, Power réitère : « Vous pouvez convaincre [des manifestants] une heure durant [ou jusqu’à ce que] leur système mental d’autodéfense se mette à travailler et, en une semaine, les haussements d’épaules en signe d’incrédulité reviennent tel un réflexe […] » En vérité, il y a là une vision de la déréalisation dans l’espace dangereux séparant « savoir et ne pas savoir ». Des périodes cumulées de déréalisation peuvent conduire à une mise à l’écart dépréciatrice de sentiments, non seulement envers autrui, mais aussi soi-même. Le message est clair. En prenant connaissance d’un génocide, même un spectateur ne peut en fuir les conséquences.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Notes&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;1. &lt;a href="http://www.palgrave-journals.com/ajp/journal/v70/n3/full/ajp201012a.html"&gt;http://www.palgrave-journals.com/ajp/journal/v70/n3/full/ajp201012a.html&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;2. &lt;a href="http://utpjournals.metapress.com/content/g6146623m16g3648/fulltext.pdf"&gt;http://utpjournals.metapress.com/content/g6146623m16g3648/fulltext.pdf&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;3. &lt;a href="http://books.google.fr/books?id=thoNwuDmHEQC&amp;amp;lpg=PP1&amp;amp;ots=Lx5Bpad9sm&amp;amp;dq=International+Handbook+of+Multi-Generational+Legacies+of+Trauma&amp;amp;pg=PP1&amp;amp;redir_esc=y#v=onepage&amp;amp;q&amp;amp;f=false"&gt;http://books.google.fr/books?id=thoNwuDmHEQC&amp;amp;lpg=PP1&amp;amp;ots=Lx5Bpad9sm&amp;amp;dq=International+Handbook+of+Multi-Generational+Legacies+of+Trauma&amp;amp;pg=PP1&amp;amp;redir_esc=y#v=onepage&amp;amp;q&amp;amp;f=false&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;4. &lt;a href="http://www.ideajournal.com/articles.php?id=27"&gt;http://www.ideajournal.com/articles.php?id=27&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;5. &lt;a href="http://hgs.oxfordjournals.org/content/9/1/1.abstract"&gt;http://hgs.oxfordjournals.org/content/9/1/1.abstract&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;6. &lt;a href="http://books.google.fr/books?id=Nzcj9nmbEiUC&amp;amp;lpg=PP1&amp;amp;ots=7nEwpuc2Ca&amp;amp;dq=Black+Dog+of+Fate&amp;amp;pg=PP1&amp;amp;redir_esc=y#v=onepage&amp;amp;q&amp;amp;f=false"&gt;http://books.google.fr/books?id=Nzcj9nmbEiUC&amp;amp;lpg=PP1&amp;amp;ots=7nEwpuc2Ca&amp;amp;dq=Black+Dog+of+Fate&amp;amp;pg=PP1&amp;amp;redir_esc=y#v=onepage&amp;amp;q&amp;amp;f=false&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;7. &lt;a href="http://araratmagazine.org/2010/06/peroomian-turkey-post-1915/"&gt;http://araratmagazine.org/2010/06/peroomian-turkey-post-1915/&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;8. &lt;a href="http://www.nytimes.com/2007/01/23/world/europe/23turkey.html"&gt;http://www.nytimes.com/2007/01/23/world/europe/23turkey.html&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;9. &lt;a href="http://www.gomidas.org/books/KemalYalcin.htm"&gt;http://www.gomidas.org/books/KemalYalcin.htm&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;10. &lt;a href="http://books.google.fr/books?id=E-_XTh0M4swC&amp;amp;lpg=PP1&amp;amp;ots=wZCd8GuS0Z&amp;amp;dq=A+Shameful+Act:+The+Armenian+Genocide+and+the+Question+of+Responsibility&amp;amp;pg=PP1&amp;amp;redir_esc=y#v=onepage&amp;amp;q&amp;amp;f=false"&gt;http://books.google.fr/books?id=E-_XTh0M4swC&amp;amp;lpg=PP1&amp;amp;ots=wZCd8GuS0Z&amp;amp;dq=A+Shameful+Act:+The+Armenian+Genocide+and+the+Question+of+Responsibility&amp;amp;pg=PP1&amp;amp;redir_esc=y#v=onepage&amp;amp;q&amp;amp;f=false&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;11. &lt;a href="http://books.google.fr/books?id=ENsLAAAAYAAJ&amp;amp;ots=UJszrIPdB1&amp;amp;dq=Ambassador+Morgenthau%E2%80%99s+Story&amp;amp;pg=PR3&amp;amp;redir_esc=y#v=onepage&amp;amp;q&amp;amp;f=false"&gt;http://books.google.fr/books?id=ENsLAAAAYAAJ&amp;amp;ots=UJszrIPdB1&amp;amp;dq=Ambassador+Morgenthau%E2%80%99s+Story&amp;amp;pg=PR3&amp;amp;redir_esc=y#v=onepage&amp;amp;q&amp;amp;f=false&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;12. &lt;a href="http://books.google.fr/books?id=H0mfmdThGLAC&amp;amp;lpg=PP1&amp;amp;ots=GGwifr1pR7&amp;amp;dq=The+Treatment+of+the+Armenians+in+the+Ottoman+Empire+1915-1916&amp;amp;pg=PP1&amp;amp;redir_esc=y#v=onepage&amp;amp;q&amp;amp;f=false"&gt;http://books.google.fr/books?id=H0mfmdThGLAC&amp;amp;lpg=PP1&amp;amp;ots=GGwifr1pR7&amp;amp;dq=The+Treatment+of+the+Armenians+in+the+Ottoman+Empire+1915-1916&amp;amp;pg=PP1&amp;amp;redir_esc=y#v=onepage&amp;amp;q&amp;amp;f=false&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;13. &lt;a href="http://www.armenian-genocide.org/Education.16/current_category.122/resourceguide_detail.html"&gt;http://www.armenian-genocide.org/Education.16/current_category.122/resourceguide_detail.html&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;14.  &lt;a href="http://books.google.fr/books?ei=TBO-TPzpI4OglAfhg7nmBw&amp;amp;ct=result&amp;amp;id=9uMhAQAAIAAJ&amp;amp;dq=In+the+Land+of+Blood+and+Tears:+Experiences+in+Mesopotamia+during+the+World+War,+1914-1918&amp;amp;q=In+the+Land+of+Blood+and+Tears:+Experiences+in+Mesopotamia+during+the+World+War,+1914-1918&amp;amp;redir_esc=y#search_anchor"&gt;http://books.google.fr/books?ei=TBO-TPzpI4OglAfhg7nmBw&amp;amp;ct=result&amp;amp;id=9uMhAQAAIAAJ&amp;amp;dq=In+the+Land+of+Blood+and+Tears:+Experiences+in+Mesopotamia+during+the+World+War,+1914-1918&amp;amp;q=In+the+Land+of+Blood+and+Tears:+Experiences+in+Mesopotamia+during+the+World+War,+1914-1918&amp;amp;redir_esc=y#search_anchor&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;15. &lt;a href="http://books.google.fr/books?id=lXzZAAAAMAAJ&amp;amp;q=The+Knock+at+the+Door:+A+Journey+through+the+Darkness+of+the+Armenian+Genocide&amp;amp;dq=The+Knock+at+the+Door:+A+Journey+through+the+Darkness+of+the+Armenian+Genocide&amp;amp;hl=en&amp;amp;ei=phO-TJTDGcGclge3xNThBw&amp;amp;sa=X&amp;amp;oi=book_result&amp;amp;ct=result&amp;amp;redir_esc=y"&gt;http://books.google.fr/books?id=lXzZAAAAMAAJ&amp;amp;q=The+Knock+at+the+Door:+A+Journey+through+the+Darkness+of+the+Armenian+Genocide&amp;amp;dq=The+Knock+at+the+Door:+A+Journey+through+the+Darkness+of+the+Armenian+Genocide&amp;amp;hl=en&amp;amp;ei=phO-TJTDGcGclge3xNThBw&amp;amp;sa=X&amp;amp;oi=book_result&amp;amp;ct=result&amp;amp;redir_esc=y&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;16. &lt;a href="http://books.google.fr/books?id=dQaDSQAACAAJ&amp;amp;dq=My+Grandmother:+A+Memoir&amp;amp;hl=en&amp;amp;ei=yhO-TIHgDMKqlAfOrqzoBw&amp;amp;sa=X&amp;amp;oi=book_result&amp;amp;ct=result&amp;amp;redir_esc=y"&gt;http://books.google.fr/books?id=dQaDSQAACAAJ&amp;amp;dq=My+Grandmother:+A+Memoir&amp;amp;hl=en&amp;amp;ei=yhO-TIHgDMKqlAfOrqzoBw&amp;amp;sa=X&amp;amp;oi=book_result&amp;amp;ct=result&amp;amp;redir_esc=y&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;17. &lt;a href="http://books.google.fr/books?id=ivNhQwAACAAJ&amp;amp;dq=Death+March:+An+Armenian+Survivor%E2%80%99s+Memoir+of+the+Genocide+of+1915&amp;amp;hl=en&amp;amp;ei=4BO-TIm7EYS0lQfEtqXhBw&amp;amp;sa=X&amp;amp;oi=book_result&amp;amp;ct=result&amp;amp;redir_esc=y"&gt;http://books.google.fr/books?id=ivNhQwAACAAJ&amp;amp;dq=Death+March:+An+Armenian+Survivor%E2%80%99s+Memoir+of+the+Genocide+of+1915&amp;amp;hl=en&amp;amp;ei=4BO-TIm7EYS0lQfEtqXhBw&amp;amp;sa=X&amp;amp;oi=book_result&amp;amp;ct=result&amp;amp;redir_esc=y&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;18. &lt;a href="http://www.archive.org/details/martyred_armenia_1009_librivox"&gt;http://www.archive.org/details/martyred_armenia_1009_librivox&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;19. &lt;a href="http://books.google.fr/books?id=UgtZzDIftqsC&amp;amp;lpg=PP1&amp;amp;ots=aq_tNFMcag&amp;amp;dq=A+Problem+from+Hell&amp;amp;pg=PP1&amp;amp;redir_esc=y#v=onepage&amp;amp;q&amp;amp;f=false"&gt;http://books.google.fr/books?id=UgtZzDIftqsC&amp;amp;lpg=PP1&amp;amp;ots=aq_tNFMcag&amp;amp;dq=A+Problem+from+Hell&amp;amp;pg=PP1&amp;amp;redir_esc=y#v=onepage&amp;amp;q&amp;amp;f=false&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;a. Au début de sa carrière, Hitler se réfère aux Arméniens en tant que victimes de leur absence de courage et de combativité. La « solution de la question juive », ajoute-t-il, exige donc un « affrontement sanglant ». Sinon, « le peuple allemand finira par ressembler aux Arméniens. » (Dadrian, 1995, p. 402).&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;b. Pour un développement sensible et merveilleusement écrit sur la thérapie personnelle d’une Arménienne, liée au fait de grandir au sein d’une famille de survivants, voir Topalian (2000).&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;c. De plus en plus, dans les familles arméniennes en diaspora, l’acte de témoigner a lieu de manière intergénérationnelle et se manifeste de façon continue. Adolescent en 1915, mon beau-père fut exposé à des crimes d’une atrocité épouvantable dans son village ancestral de Keghi, près de Kharpert. Entre autres crimes, il fut obligé de voir les Turcs tuer le fils d’un villageois arménien, découper les organes génitaux du garçon et forcer le père à manger le foie de son fils. La complicité forcée d’avoir été contraint de voir l’innommable conduisit mon beau-père à revivre cette scène particulièrement atroce toute sa vie, cette terreur dissimulée explosant périodiquement dans des cauchemars et des souvenirs visuels.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;d. Dans &lt;span style="font-style: italic;"&gt;The Unknown Black Book&lt;/span&gt; [Le Livre noir ignoré] (2008), une étude de la Shoah dans les territoires soviétiques occupés par l’Allemagne, Rubenstein et Altman relèvent que « face au traumatisme de leurs propres hommes, les commandants allemands décidèrent de trouver un moyen de massacrer femmes et enfants qui épargnait aux soldats toute souffrance émotionnelle. » (p. 10)&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;e. Dans les déserts brûlants de Deir-er-Zor, où il rend hommage aux femmes et enfants arméniens qui y périrent en masse, Peter Balakian est stupéfait de découvrir sur place des amas d’ossements humains (« Bones », extrait de &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Black Dog of Fate&lt;/span&gt;, &lt;span style="font-style: italic;"&gt;New York Times Magazine&lt;/span&gt;, 12/7/08).                                        &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;[Diplômé de Harvard College et docteur en psychologie de l’université Columbia, &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Jack Danielian&lt;/span&gt; a suivi ensuite une formation post-doctorale en psychanalyse à l’Institut Américain de Psychanalyse (Centre Karen Horney), où il exerce actuellement en qualité de formateur, d’analyste responsable de projet et de doyen de l’Institut. Il a travaillé durant 30 ans comme praticien spécialisé dans le traumatisme, les effets intergénérationnels du génocide et la dynamique de la honte. Il a évoqué ces thématiques en 2007 à Erevan, lors d’un Second Congrès international en Arménie. Il est l’auteur de plus de 25 études scientifiques, dont un chapitre sur l’identité culturelle arménienne paru in &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Recent Studies in Modern Armenian History&lt;/span&gt; (Armenian Heritage, 1972).]  &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;___________&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Source : &lt;a href="http://araratmagazine.org/2010/10/terror-and-armenian-genocide/"&gt;http://araratmagazine.org/2010/10/terror-and-armenian-genocide/&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Traduction : © Georges Festa – 12.2011.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3147729012975104079-2372915983301170437?l=armeniantrends.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3147729012975104079/posts/default/2372915983301170437'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3147729012975104079/posts/default/2372915983301170437'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://armeniantrends.blogspot.com/2011/12/jack-danielian-century-of-silence.html' title='Jack Danielian - A Century of Silence : Terror and the Armenian Genocide / Un siècle de silence : terreur et génocide arménien'/><author><name>Artavazd</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09115897617536890691</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://3.bp.blogspot.com/_seFKDDF1jyM/Si7VkSrlsyI/AAAAAAAAAxI/Yj2vbSW6h4c/S220/david2.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/-P66VQGseY6g/TvQOzkjjotI/AAAAAAAACUo/pCxtHng6DWA/s72-c/ajp.gif' height='72' width='72'/></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3147729012975104079.post-5428512969528117901</id><published>2011-12-22T13:27:00.000-08:00</published><updated>2011-12-22T17:43:47.633-08:00</updated><title type='text'>Israel W. Charny</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://1.bp.blogspot.com/-ZofVRLjlAFE/TvOhq57oxvI/AAAAAAAACUc/8jyr-QgkP8c/s1600/charny.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 202px; height: 320px;" src="http://1.bp.blogspot.com/-ZofVRLjlAFE/TvOhq57oxvI/AAAAAAAACUc/8jyr-QgkP8c/s320/charny.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5689068512776603378" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;© Editions Privat, 2001&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;[Suite au vote par l’Assemblée Nationale, ce 22.12.2011, de la proposition de loi sur la négation des génocides, que nous tenons à saluer, nous présentons à nouveau ces réflexions éclairantes et instructives d’Israël W. Charny, directeur de l’Institut de recherches sur la Shoah et le génocide de Jérusalem. - NdT]&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;font-size:100%;" &gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Génocide arménien : comment nier un génocide en 12 leçons&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;font-size:100%;" &gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;par Israël W. Charny&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://www.armeniapedia.org/"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;font-size:100%;" &gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;www.armeniapedia.org&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;[Ces 12 méthodes, intitulées à l’origine « Modèles pour nier en bloc un génocide avéré : manuel », ont été publiées dans &lt;span style="font-style: italic;"&gt;The Encyclopedia of Genocide and Crimes against Humanity &lt;/span&gt;[L'Encyclopédie du génocide et des crimes contre l'humanité], éd. ABC-Clio Inc, 1999, vol. 1, p. 168.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt; Ces 12 stratégies ont toutes été expérimentées par le gouvernement turc à travers sa campagne de négation du génocide.] &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;1. Mettre en doute et minimiser les statistiques.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;C’est l’un des discrédits les plus importants jetés sur cette question centrale. En prétendant que les chiffres sont exagérés ou gonflés, et que seuls quelques centaines de milliers de gens furent tués, et non plus d’un million, ils tentent de dévier en totalité tout le problème. Comme si quelques centaines de milliers de morts ne constituaient pas aussi un génocide. &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;2. Attaquer les motivations de ceux qui disent la vérité. &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Prétendre que les Arméniens ne sont pas dignes de foi, car ils demandent des réparations revient à dire que des victimes n’ont pas à être entendues, car elles ne seraient pas objectives du fait qu’elles demandent justice. &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;3. Prétendre qu’il y eut des morts par inadvertance.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Elles seraient le résultat de la famine, des migrations ou des maladies, et non d’une volonté de tuer. Mentionner aussi que des Turcs / musulmans périrent aussi à cette époque – sans dire qu’ils périrent sur les champs de bataille, et non entre les mains de leur propre gouvernement. &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;4. Exagérer le caractère étranger des victimes. &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Les victimes étaient des infidèles (des chrétiens), une cinquième colonne, et non de « bons » Turcs ottomans. &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;5. Expliquer les morts comme le résultat d’un conflit ethnique, arrivé inévitablement aux victimes du fait de l’histoire de leurs relations.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;L’échec. Les Arméniens et les Turcs ne pouvaient plus partager ces terres, car les Arméniens préféraient être indépendants que d’être des citoyens de seconde zone. &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;6. Accuser des forces « incontrôlées » d’avoir commis les massacres. &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Ils incriminent souvent ces mêmes Kurdes qu’ils ont combattu ensuite pour les dominer. &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;7. Éviter de contrarier les défenseurs de la thèse du génocide, qui pourraient quitter le « processus de paix ». &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;La Turquie refuse même d’ouvrir des relations diplomatiques avec l’Arménie, car elle parle du génocide arménien. &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;8. Justifier le négationnisme au nom des intérêts économiques actuels. &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Sans aucun doute l’arme n° 1 de la Turquie pour nier le génocide arménien. Menacer constamment l’Occident d’annuler des contrats militaires valant plusieurs milliards s’est révélé payant au cours des différentes législatures sur ce sujet. En fait, il est clair que le débat sur le fait de reconnaître officiellement le génocide à l’Ouest n’est pas de savoir s’il a eu lieu ou non – puisqu’il a très clairement eu lieu -, mais quelles répercussions économiques ou diplomatiques, ou représailles possibles, la Turquie menacerait de mettre à exécution, si ces Etats reconnaissent une vérité vieille de 90 ans. &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;9. Prétendre que les victimes sont bien traitées, tout en niant totalement les accusations de génocide. &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Montrer comment quelques milliers d’Arméniens ne furent pas tués à Istanbul, afin de démontrer que 2 millions et demi ne furent ni tués, ni déportés d’Anatolie. &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;10. Prétendre que ce qui est en jeu ne correspond pas à la définition du génocide. &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;[Au moment où ces lignes furent écrites (septembre 2004), l’Union Européenne, le Secrétariat Général des Nations Unies et même Amnesty International évitaient toujours de qualifier les crimes au Darfour par leur nom. Voici les trois raisons de cette réticence.] &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;a. Un autre malentendu est la conception du génocide par le « tout ou rien ». Les partisans de cette thèse estiment que les massacres ne constituent un génocide que s’ils visent à détruire un groupe national, ethnique, racial ou religieux « en totalité ». Leur référence est la Shoah. Ils ignorent l’expression « en partie » figurant dans la définition de la Convention des Nations Unies sur le génocide, qu’ils n’ont souvent pas lue. &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;b. Depuis les années 1990, un nouvel obstacle pour qualifier un génocide par son nom est la distinction opérée entre génocide et « purification ethnique », terme inventé à l’origine comme euphémisme pour le génocide survenu dans les Balkans. Le génocide et la « purification ethnique » sont parfois décrits comme des crimes qui s’excluent mutuellement, or ce n’est pas le cas. Le professeur Shabas, par exemple, précise que la « purification ethnique » vise à expulser un groupe, alors que le « génocide » vise à la destruction de ce groupe, en totalité ou en partie. Il illustre son propos en opérant une distinction simpliste : dans une « purification ethnique », les frontières restent ouvertes et un groupe est conduit à l’extérieur ; dans un « génocide », les frontières sont fermées et un groupe est tué. &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;c. Prétendre que « l’intention » du responsable est simplement une « purification ethnique », et non un « génocide », lequel suppose une intention spécifique de détruire, en totalité ou en partie, un groupe national, ethnique, racial ou religieux. Le rapport de la Commission des experts des Nations Unies en 2005 éludait la question. Il confondait le motif avec l’intention. (Ironiquement, ce même rapport comprenait aussi un paragraphe déclarant que le motif et l’intention ne doivent pas être confondus, recommandation que la Commission s’empressa d’enfreindre.) Même si le motif d’un responsable est d’expulser un groupe de sa terre (« purification ethnique »), tuer les membres de ce groupe et autres actes énumérés dans la Convention sur le Génocide peuvent encore comporter l’intention spécifique de détruire ce groupe en totalité ou en partie. Ce qu’est un génocide. &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;11. Accuser les victimes. &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;La tactique peut-être la plus odieuse de toutes. Affirmer qu’en fait ce sont les Arméniens qui ont massacré et anéanti les Turcs. &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;12. Affirmer que la paix et la réconciliation sont plus importants qu’accuser un peuple de génocide. &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Discours que l’on entend souvent de la part des Turcs, des officiels du gouvernement américain et d’autres, qui n’ont clairement jamais été victimes de génocide.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt; Autant dire à quelqu’un dont la mère fut violée et assassinée par son voisin de palier, qu’il est plus important de s’accommoder avec ses voisins, chose que n’accepteront jamais les Arméniens qui méritent et ont besoin d’excuses et de réparations.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt; Ils ont besoin que la Turquie s’excuse maintenant, non seulement à cause du génocide, mais à cause de cette longue campagne de négationnisme et de désinformation qui dura presque un siècle, des vexations continuelles infligées aux Arméniens de Turquie, du blocus de l’Arménie depuis le début des années 1990, et de la guerre qui suivit le génocide et s’empara d’autres territoires arméniens. &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;__________&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Source : &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;a href="http://www.armeniapedia.org/index.php?title=Twelve_Ways_To_Deny_A_Genocide"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;http://www.armeniapedia.org/index.php?title=Twelve_Ways_To_Deny_A_Genocide&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Article précédemment publié le 04.12.2007, après accord de l’éditeur http://www.yevrobatsi.org &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Traduction : © Georges Festa.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3147729012975104079-5428512969528117901?l=armeniantrends.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3147729012975104079/posts/default/5428512969528117901'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3147729012975104079/posts/default/5428512969528117901'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://armeniantrends.blogspot.com/2011/12/israel-w-charny.html' title='Israel W. Charny'/><author><name>Artavazd</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09115897617536890691</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://3.bp.blogspot.com/_seFKDDF1jyM/Si7VkSrlsyI/AAAAAAAAAxI/Yj2vbSW6h4c/S220/david2.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/-ZofVRLjlAFE/TvOhq57oxvI/AAAAAAAACUc/8jyr-QgkP8c/s72-c/charny.jpg' height='72' width='72'/></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3147729012975104079.post-1014535241637025286</id><published>2011-12-18T17:07:00.000-08:00</published><updated>2011-12-18T17:11:47.523-08:00</updated><title type='text'>Vartan Matiossian : The Aryan Myth, Hitler and the Armenians / Le mythe aryen, Hitler et les Arméniens</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://4.bp.blogspot.com/-KgR8aT5kZGw/Tu6O0XxCBvI/AAAAAAAACUQ/2BMrUCnFimY/s1600/Swastika%2BArmenia.jpg"&gt;&lt;img style="display: block; margin: 0px auto 10px; text-align: center; cursor: pointer; width: 281px; height: 211px;" src="http://4.bp.blogspot.com/-KgR8aT5kZGw/Tu6O0XxCBvI/AAAAAAAACUQ/2BMrUCnFimY/s320/Swastika%2BArmenia.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5687640409799526130" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Monastère de Gandzasar (Haut-Karabagh), 1216-1238 (détail)&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;© http://svasticross.blogspot.com &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;font-size:100%;" &gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Vartan Matiossian&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;font-size:100%;" &gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Conférence sur les Arméniens et le mythe aryen&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;font-size:100%;" &gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;&lt;a href="http://www.armenianweekly.com/"&gt;The Armenian Weekly&lt;/a&gt;, 16.12.2011&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;NEW YORK – Jeudi 1er décembre [2011], le docteur Vartan Matiossian a présenté une conférence intitulée « Le mythe aryen, Hitler et les Arméniens », lors d’une manifestation organisée par le Centre Zohrab au Complexe diocésain à New York.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Retraçant la définition des origines de la race « aryenne » en particulier, Matiossian débuta ses observations par un panorama sur les concepts de race et de langue, depuis la fin du 18ème siècle. Le concept de « mythe aryen » émergea à la fin du 19ème siècle, expliqua-t-il, et contrairement aux opinions de cette époque, il est aujourd’hui considéré comme un terme purement linguistique.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;L’orateur cita plusieurs exemples de poètes et de journalistes européens, qui ont présenté les Arméniens sous un jour défavorable, dont le poète français Alphonse de Lamartine et le journaliste anglais S.A. Longworth. Après un séjour à Constantinople en 1835, Lamartine écrit : « Comme les Suisses d’Europe, ils sont travailleurs, pacifiques et ponctuels ; mais, comme eux, ils sont calculateurs et avares. […] Leur nature n’a rien d’héroïque ou de guerrier. Le commerce est leur culte : ils le vénèrent, quel que soit leur maître. »&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Matiossian évoqua les attitudes contemporaines, dont l’antisémitisme grandissant et les points de vue négatifs sur les Arméniens. A l’instar des Juifs, les Arméniens sont perçus comme des changeurs, des marchands et des banquiers peu honnêtes. Ce genre d’opinion était très répandu à travers l’Europe, y compris en Allemagne, qui cultivait des visées expansionnistes en direction de l’empire ottoman, à la fin du 19ème siècle. En 1898, le romancier allemand à succès Karl May, qui deviendra un des écrivains favoris d’Hitler, prévient que l’on ne peut faire confiance aux Arméniens.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Tout cela se combinait à des sentiments anti-Arméniens en Turquie à la fin du 19ème siècle. Monseigneur Grigoris Balakian, qui survécut au génocide arménien en se déguisant en travailleur allemand, écrivit plus tard que les officiers allemands avec qui il travaillait sont d’avis que les Arméniens sont des « Juifs chrétiens » et des « usuriers assoiffés de sang du peuple turc ».&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Avec la montée du nazisme en Allemagne, ce genre de sentiments devint un stéréotype. Hitler était particulièrement soucieux d’éliminer les minorités ethniques en Allemagne. Centrant son attention sur la pureté prétendue de la race aryenne, il s’efforça de supprimer Juifs, gitans et autres populations indésirables de la nation allemande. Dans un entretien en 1922, il considère déjà les Arméniens comme une « race mélangée ».&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Matiossian souligna le fait qu’après l’introduction des lois aryennes en 1933, les Arméniens firent pression pour être reconnus officiellement en tant qu’Aryens, leur identification putative avec les Juifs pouvant faire d’eux une cible. Ce qui ne mit toutefois pas fin à ces rapprochements dans la presse et le monde universitaire. Lors des pogroms de la Nuit de Cristal en 1938, rappela l’A., les Arméniens semblent aussi avoir été pris pour cible, confondus probablement avec les Juifs.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;L’orateur expliqua ensuite comment les Arméniens firent pression avec succès contre cette dangereuse classification, après le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale, lorsque les autorités allemandes semblèrent, une fois de plus, être enclines à considérer les Arméniens comme des Sémites. Une grande part de cette tâche fut entreprise au moyen de la Société Germano-Arménienne, créée en 1914. Vers 1942-43, malgré des signaux contradictoires de la part d’officiels allemands, les efforts des Arméniens aboutirent à assurer la sécurité de la population arménienne en Allemagne et dans les territoires occupés.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Vartan Matiossian est actuellement directeur exécutif du Comité National Arménien pour l’Enseignement à New York. Né à Montevideo (Uruguay), il a soutenu son doctorat d’histoire à l’Académie Nationale des Sciences en Arménie. Il est l’auteur de cinq ouvrages en arménien et d’un ouvrage en espagnol, et a traduit treize livres de l’arménien en espagnol. &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;_____________&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Source : &lt;a href="http://www.armenianweekly.com/2011/12/16/matiossian-lectures-on-armenians-aryan-myth/"&gt;http://www.armenianweekly.com/2011/12/16/matiossian-lectures-on-armenians-aryan-myth/&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Traduction : © Georges Festa – 12.2011.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3147729012975104079-1014535241637025286?l=armeniantrends.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3147729012975104079/posts/default/1014535241637025286'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3147729012975104079/posts/default/1014535241637025286'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://armeniantrends.blogspot.com/2011/12/vartan-matiossian-aryan-myth-hitler-and.html' title='Vartan Matiossian : The Aryan Myth, Hitler and the Armenians / Le mythe aryen, Hitler et les Arméniens'/><author><name>Artavazd</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09115897617536890691</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://3.bp.blogspot.com/_seFKDDF1jyM/Si7VkSrlsyI/AAAAAAAAAxI/Yj2vbSW6h4c/S220/david2.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/-KgR8aT5kZGw/Tu6O0XxCBvI/AAAAAAAACUQ/2BMrUCnFimY/s72-c/Swastika%2BArmenia.jpg' height='72' width='72'/></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3147729012975104079.post-7653881455931473865</id><published>2011-12-18T15:56:00.000-08:00</published><updated>2011-12-18T16:02:52.819-08:00</updated><title type='text'>Ruben Giney [Gini] : Armenia - The Great Chinese Journey / Arménie - Le grand périple vers la Chine</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://1.bp.blogspot.com/-qG5202jkJPY/Tu5-czTxfMI/AAAAAAAACUE/9SZywUdOJzQ/s1600/routedelasoie.jpg"&gt;&lt;img style="display: block; margin: 0px auto 10px; text-align: center; cursor: pointer; width: 342px; height: 165px;" src="http://1.bp.blogspot.com/-qG5202jkJPY/Tu5-czTxfMI/AAAAAAAACUE/9SZywUdOJzQ/s320/routedelasoie.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5687622412690095298" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Route de la soie - © http://de.wikipedia.org&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold; font-style: italic;font-size:100%;" &gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Armenia – The Great Chinese Journey&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;font-size:100%;" &gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;[Arménie – Le grand périple vers la Chine&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;]&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;font-size:100%;" &gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Le réalisateur arménien Ruben Giney [Gini] propose une nouvelle perspective historique&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;font-size:100%;" &gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;par Alena Rasi&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;font-size:100%;" &gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;&lt;a href="http://en.radio86.com/"&gt;Radio86.com&lt;/a&gt;, 09.11.2011&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Les liens de la Chine avec la civilisation occidentale font depuis longtemps débat. Un film documentaire, dû à un réalisateur arménien de 26 ans, propose une perspective nouvelle. Fera-t-il date ?&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Fondé exclusivement sur des recherches scientifiques et les toutes dernières découvertes archéologiques et données d’archives, &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Armenia – The Great Chinese Journey &lt;/span&gt;constitue un nouveau documentaire qui se propose de présenter des productions historiques inconnues jusqu’ici.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Radio86 &lt;/span&gt;a interviewé le réalisateur, Ruben Giney, pour en savoir plus.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;font-size:100%;" &gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Qu’est-ce qui rend ce documentaire unique ?&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;« Il ne s’agit pas de l’histoire d’une nation particulière. Mon objectif est de rendre ce documentaire également intéressant pour un large public, provenant de pays différents, et aussi d’âges différents, des chercheurs confirmés aux élèves », explique Giney.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;L’histoire de l’Orient ancien détient toujours nombre de secrets. Quel siècle vit les premiers contacts entre Orient et Occident ? Qui fut le premier Occidental à atteindre le Tibet ? Qui fut le premier Chinois à voyager vers l’ouest et à visiter Rome ? Les réponses à ces questions demeurent enfouies dans le passé.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;« Néanmoins, dans notre nouveau documentaire &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Armenia – The Great Chinese Journey&lt;/span&gt;, nous tenterons de trouver des réponses en nous appuyant sur les toutes récentes données archéologiques, publications internationales et entretiens avec des spécialistes occidentaux et orientaux. C’est ce qui le rend unique. », précise Giney.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Le documentaire prend trois périodes pour explorer l’histoire des relations sino-arméniennes, commençant par l’Antiquité et le Moyen Age, puis le 20ème siècle et finalement l’époque moderne et l’exposition universelle de Shanghai en 2010.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Les spectateurs effectueront un voyage passionnant et instructif dans le temps, assistant de leurs propres yeux à des événements historiques majeurs et faisant de nouvelles découvertes.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;font-size:100%;" &gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;L’accès aux archives : une mission possible&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Il y a vingt ans, accéder aux matériaux d’archives en Chine était une mission impossible. Aujourd’hui, néanmoins, toutes les portes sont ouvertes à ce jeune réalisateur.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;En travaillant sur le scénario du documentaire, il eut l’impression d’être un détective enquêtant sur les mystères du passé : « Je pense que l’époque actuelle est propice pour travailler sur les archives en Chine car, après cent ans de communisme, ce pays s’ouvre à nouveau. Aujourd’hui, un Occidental peut avoir accès à ces documents et à ces ressources historiques jusque là non étudiées. »&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;« Le scénario est pour l’essentiel prêt, mais nous recevons sans cesse de nouvelles données et nous opérons au final des changements. Pour le tournage, nous prévoyons de visiter cinq pays et quatorze villes, comme Shanghai, Harbin, Lhassa (Tibet), Samarcande, Singapour, Macao et Hong Kong », précise Ruben Giney.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;font-size:100%;" &gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Vérité ou légende ?&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Ruben Giney est né à Erevan, en Arménie, et a étudié la mise en scène à l’Université russe d’Etat de Cinématographie (VGIK). En 2004, il part travailler en Chine en tant que directeur de création au sein d’une entreprise publicitaire. Agé maintenant de 26 ans, il parle quatre langues : russe, arménien, anglais et chinois.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;La Chine ne pouvait qu’éveiller sa curiosité, qui se transforma rapidement en un profond intérêt et une véritable passion : « L’expérience que j’ai accumulée en Chine valait de l’or », reconnaît-il. Passionné d’histoire et d’archéologie, il a participé à plusieurs expéditions scientifiques en Arménie et en Chine.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;« Ce qui m’intriguait le plus, le fait que l’histoire chinoise soit si différente et si étroitement entremêlée de légendes. Parfois, il n’est guère facile de distinguer la vérité de la légende », remarque-t-il.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;font-size:100%;" &gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Productions inconnues&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;La recherche archéologique contemporaine montre que Chine et Arménie étaient en contact au 2ème siècle avant J.-C. Afin de le prouver, le documentaire présentera des objets convaincants, comme d’anciennes monnaies arméniennes découvertes en Chine et l’image d’un dragon chinois sur des gravures arméniennes.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;L’Arménie est importante à cet égard, du fait de sa position géographique au carrefour des cultures et des voies commerciales. Les relations sino-arméniennes, souligne Giney, n’ont pas été étudiées sur une large échelle.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Par exemple, peu d’entre nous savent que le vêtement arménien servait de sésame pour les routes commerciales vers l’Orient : « Les Européens s’affublaient de vêtements arméniens pour voir les merveilles de la Chine. », rappelle Giney.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;« Il est important de comprendre que les premiers contacts avec l’Orient furent les premières étapes vers la globalisation, un processus qui débuta dans des temps anciens et qui continue actuellement et à l’avenir… Le film entend montrer ces connexions. », conclue Ruben.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Le film sortira en 2012.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;_____________&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Source : &lt;a href="http://en.radio86.com/lifestyle-china/ruben-gini-offers-new-historical-perspective"&gt;http://en.radio86.com/lifestyle-china/ruben-gini-offers-new-historical-perspective&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Traduction : © Georges Festa – 12.2011.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3147729012975104079-7653881455931473865?l=armeniantrends.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3147729012975104079/posts/default/7653881455931473865'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3147729012975104079/posts/default/7653881455931473865'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://armeniantrends.blogspot.com/2011/12/ruben-giney-gini-armenia-great-chinese.html' title='Ruben Giney [Gini] : Armenia - The Great Chinese Journey / Arménie - Le grand périple vers la Chine'/><author><name>Artavazd</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09115897617536890691</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://3.bp.blogspot.com/_seFKDDF1jyM/Si7VkSrlsyI/AAAAAAAAAxI/Yj2vbSW6h4c/S220/david2.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/-qG5202jkJPY/Tu5-czTxfMI/AAAAAAAACUE/9SZywUdOJzQ/s72-c/routedelasoie.jpg' height='72' width='72'/></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3147729012975104079.post-4784045592098426512</id><published>2011-12-18T11:58:00.000-08:00</published><updated>2011-12-18T17:13:13.624-08:00</updated><title type='text'>Ruben Melkonyan - On some tendancies of contemporary Turkish historiography /  Sur certaines tendances de l'historiographie turque contemporaine</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://3.bp.blogspot.com/-960I-J3G01s/Tu5GQFAiPiI/AAAAAAAACTg/2YooRW9Lflw/s1600/9782207259634-g.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 206px; height: 320px;" src="http://3.bp.blogspot.com/-960I-J3G01s/Tu5GQFAiPiI/AAAAAAAACTg/2YooRW9Lflw/s320/9782207259634-g.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5687560621451787810" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;© Denoël, 2008&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;font-size:100%;" &gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Sur certaines tendances de l’historiographie turque contemporaine&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;font-size:100%;" &gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;par Ruben Melkonyan&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;font-size:100%;" &gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;&lt;a href="http://www.noravank.am/"&gt;Fondation Noravank&lt;/a&gt;, 17.11.2011&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;[Depuis des décennies, la Turquie se démène contre la reconnaissance du génocide arménien non seulement au plan politique, mais aussi universitaire. Rappelons que l’historiographie turque soi-disant officielle, dans son essence, opère une même distorsion de l’histoire, s’agissant en particulier du génocide arménien ou de la question arménienne. L’historiographie turque a reçu la tâche de présenter l’histoire d’une manière nouvelle, à savoir en la falsifiant, depuis le fondateur de la république de Turquie, Kemal Atatürk, sous le contrôle direct duquel elle se trouvait. Les attaques de l’historiographie turque à l’encontre de l’identité arménienne s’accentuèrent notablement en 1965 et ce processus s’est poursuivi jusqu’à maintenant. Aujourd’hui, la question du génocide arménien est une priorité n° 1 pour l’historiographie turque qui, à cet égard, met en œuvre une politique systématique.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Dans un tel contexte, les articles et entretiens donnés par les historiens turcs, qui diffèrent du point de vue officiel, revêtent un intérêt particulier. Lors des débats qui furent lancés après 2005 et, surtout, après la signature des protocoles arméno-turcs, certains historiens et commentateurs turcs objectifs se sont mis à publier des articles et des interviews relatifs au génocide arménien, articles où parfois il est possible de découvrir d’intéressantes révélations et aveux. Précisons que ces matériaux ont été principalement publiés dans des médias turcs relativement plus libres. Nous présentons ci-dessous, traduits, certaines opinions des chercheurs turcs sur le génocide arménien, qui illustrent les développements intervenus dans un petit segment des milieux universitaires turcs.]&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt; Taner Akçam (historien) – Halil Mentes, qui occupa le poste de ministère des Affaires Etrangères et de président du Parlement à l’époque des Jeunes-Turcs, mentionne dans une lettre écrite depuis Malte que, s’ils n’avaient pas exilé les Arméniens et les Grecs, ils n’auraient jamais pu établir leur Etat. Des paroles similaires furent prononcées en 1920 dans le Parlement de Turquie par Hassan Fehmin : « Avant de procéder aux déportations, nous savions que nous serions qualifiés d’assassins », déclara-t-il, posant la question suivante : « Pourquoi avons-nous pris le risque d’être qualifiés d’assassins ? » Il livra alors cette réponse : « Nous étions obligés de faire cela, dans l’intérêt de notre patrie sacrée. »&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;La république de Turquie, de même, fut établie à la suite du génocide arménien de 1915. La réputation et la gloire des fondateurs de la république de Turquie constitue une part inséparable de notre identité nationale. Les critiquer ou les accuser revient à s’accuser soi-même et c’est très difficile. Or, parmi les fondateurs de la république de Turquie, figurent des gens qui prirent part au génocide de 1915 ou qui en eurent connaissance ; voilà pourquoi il nous est difficile d’évoquer ce sujet.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;D’après les statistiques ottomanes officielles de 1919, environ 800 000 Arméniens furent tués. Facile à dire : 800 000 Arméniens furent tués et il est évident que l’Etat est responsable du meurtre de tant de gens. Examinons maintenant cette question en détail : supposons que 800 000 personnes moururent « de faim, de conditions misérables, pour des raisons inconnues », etc. Certes. Or, en 1916, 1917, 1918, le gouvernement ottoman déplaça 1,5 million de musulmans sans aucun problème. Comment l’Etat, qui réinstalla sans problème 1,5 million de musulmans, ne put-il éviter la mort d’environ 1 million d’Arméniens ?&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Vous savez, nous avons affaire à un mensonge officiel. Ils disent que « les Arméniens auraient attaqué à revers et c’est pourquoi nous les avons exilés des régions en guerre et réinstallés dans des endroits plus sûrs, afin qu’ils ne puissent pas nous combattre. » Précisons que les Arméniens furent exilés de toutes les régions d’Anatolie – Ankara, Brousse, Kütahya, Amasia, Tokat, Samsun, Edirne, Tekirdag. Les Arméniens furent exilés de ces vilayets vers les déserts de Syrie et d’Irak. Parallèlement, d’après les documents turcs, la Syrie et l’Irak étaient déclarés zones de guerre. Les Arméniens furent exilés du centre de l’Anatolie, des vilayets les plus en sécurité, où aucun incident ne se produisit, et envoyés vers une zone de guerre, vers la guerre avec les Britanniques. N’est-ce pas étrange ?&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Nous sommes las d’entendre la phrase : « Laissons cette question aux historiens. » Le ministère turc des Affaires Etrangères et nos diplomates, sans la moindre raison, sont devenus de grands historiens. Et après cela, vous diriez que nous devons laisser cette question être étudiée par les historiens ? Autrement dit, nous ne la laisserons aux historiens que lorsqu’ils diront ce que nous voulons qu’ils disent. Ou le contraire – vous n’autorisez pas les historiens dont le point de vue diffère du vôtre. Il s’agit d’un problème totalement politique et il est nécessaire que les hommes d’Etat des deux pays s’asseyent autour d’une table et le règlent.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;La Turquie ne peut vivre en couvrant ce crime. C’est une honte pour la Turquie. Avec cette honte, la Turquie ne peut ni devenir membre de l’Union Européenne, ni trouver sa place dans le monde moderne. Ils ne le permettront pas tout simplement. Nous appelons aujourd’hui ce siècle l’ère des excuses. La Turquie est comme une marmite : le ministère des Affaires Etrangères est le couvercle qui arrive difficilement à « recouvrir » la Turquie. Maintenant cette marmite s’apprête à exploser : il n’est plus possible de maintenir la Turquie à l’écart du monde extérieur. La marmite éclate de toutes pars.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Selim Deringil (historien) – Ils disent : « Laissons les historiens examiner les événements de 1915 », mais ont-ils vraiment posé la question aux historiens ? Non ! Les autorités turques ont des historiens que je qualifierais d’ « équipe A ». Lorsqu’ils disent : « Laissons les historiens étudier », c’est à ces historiens qu’ils pensent.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Ceux qui créèrent la république de Turquie n’étaient pas des milliers. Ils étaient quelques centaines à occuper différents postes durant l’exil des Arméniens en 1915. Soit ils étaient au courant de ces événements, soit ils furent directement impliqués. A une échelle plus large, c’étaient les mêmes. On dit : « Exil, massacres, génocide ou ce qu’on voudra, ont été perpétrés par les Jeunes-Turcs. » Fort bien, mais qui étaient ces Jeunes-Turcs ? Tous les fondateurs de la république de Turquie furent Jeunes-Turcs.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Halil Bertay (historien) – La question de la position de l’Etat ou du demi-Etat turc est assez difficile. Tout le monde était au courant des massacres, de 1915 aux années 1930. Voilà pourquoi, lorsque nous étudions l’historiographie de ces événements, nous ne trouvons jamais des formules du genre « Rien de tel ne s’est produit ; tout cela n’est que mensonge. » La raison en est que les souvenirs de ces événements étaient encore frais parmi les générations et que chacun savait ce qui était arrivé. Il se trouvait même des gens osant dire : « Si on ne les avait pas tués, eux l’auraient fait ! » En 1926, dans le &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Los Angeles Examiner&lt;/span&gt;, un interview avec Atatürk fut publié. A cette époque, le procès de certains membres du parti Jeune-Turc avait pris fin. Répondant à une question du journaliste, Atatürk déclare : « Les gens, que nous condamnons aujourd’hui, sont responsables de violences et de massacres atroces à l’égard de la population chrétienne de l’empire ottoman. »&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Ayse Hur (essayiste) – D’après les statistiques établies en 1914, il y avait 2 538 églises, 451 monastères et 2 000 écoles appartenant à la communauté arménienne. La première chose que les musulmans qui s’installèrent dans les villages et les villes arméniennes, suite aux déportations, fut de transformer les églises les plus importantes et les plus belles en mosquées. Les autres furent utilisées comme entrepôts ou chaudières. Représentant l’aile nationaliste radicale au Parlement turc, Riza Nur écrit dans une lettre adressée le 25 mai 1921 au commandant du front oriental, Kazim Karabekir : « Si nous arrivons à éradiquer de la face de la terre les ruines de la ville d’Ani, ce serait là un grand service rendu à la Turquie. » Il parlait de la capitale du royaume d’Arménie au Moyen Age. Dans ses Mémoires, Karabekir écrit qu’il déclina la proposition de Riza Nur, car les ruines d’Ani occupent un territoire équivalent aux murailles d’Istanbul et il eût été très difficile de mener à bien une telle entreprise. &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;En perpétrant les déportations, le parti Jeune-Turc rendit complices à la fois de larges masses populaires et la plus grande partie des cadres politiques, administratifs et militaires de l’empire ottoman. Autrement dit, ce fut un crime perpétré de manière collective. L’idéologie des Jeunes-Turcs s’étend sur une longue période. Du fait de cette continuité, que l’on peut qualifier de complicité, après quelque 90 ans, il est encore impossible de dévoiler la vérité sur la déportation des Arméniens en 1915, laquelle peut être définie en tant que génocide. »        &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;___________&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Source : &lt;a href="http://www.noravank.am/eng/articles/detail.php?ELEMENT_ID=6123"&gt;http://www.noravank.am/eng/articles/detail.php?ELEMENT_ID=6123&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Traduction : © Georges Festa – 12.2011.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3147729012975104079-4784045592098426512?l=armeniantrends.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3147729012975104079/posts/default/4784045592098426512'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3147729012975104079/posts/default/4784045592098426512'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://armeniantrends.blogspot.com/2011/12/ruben-melkonyan-on-some-tendancies-of.html' title='Ruben Melkonyan - On some tendancies of contemporary Turkish historiography /  Sur certaines tendances de l&apos;historiographie turque contemporaine'/><author><name>Artavazd</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09115897617536890691</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://3.bp.blogspot.com/_seFKDDF1jyM/Si7VkSrlsyI/AAAAAAAAAxI/Yj2vbSW6h4c/S220/david2.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/-960I-J3G01s/Tu5GQFAiPiI/AAAAAAAACTg/2YooRW9Lflw/s72-c/9782207259634-g.jpg' height='72' width='72'/></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3147729012975104079.post-7296321157551000974</id><published>2011-12-17T07:25:00.000-08:00</published><updated>2011-12-17T07:31:06.972-08:00</updated><title type='text'>Hraïr Sarkissian : Istory - Benim Hikayem / Mon histoire</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://4.bp.blogspot.com/-SCAvdGGkhnc/Tuy03hTDXMI/AAAAAAAACTU/Bo7m8olXURU/s1600/154_460.jpg"&gt;&lt;img style="display: block; margin: 0px auto 10px; text-align: center; cursor: pointer; width: 211px; height: 267px;" src="http://4.bp.blogspot.com/-SCAvdGGkhnc/Tuy03hTDXMI/AAAAAAAACTU/Bo7m8olXURU/s320/154_460.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5687119295386180802" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Hraïr Sarkissian, &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Istory&lt;/span&gt;, 2011 – Galeries Kalfayan (Athènes – Thessalonique)&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;© http://www.saltonline.org&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: center; font-weight: bold;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Hraïr Sarkissian présente son &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Histoire &lt;/span&gt;à SALT Beyoğlu&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;&lt;a href="http://www.hurriyetdailynews.com/"&gt;Hürriyet Daily News&lt;/a&gt;, 16.11.2011&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;[SALT Beyoğlu accueille une nouvelle exposition présentant des œuvres de Hraïr Sarkissian.]&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Dans l’œuvre de Sarkissian, paysage et environnement urbain illustrent par étapes des moments dans l’histoire. Employant des techniques documentaires classiques, ses photographies expriment les paradoxes secrets existant entre la beauté et l’invariabilité de ce qui nous entoure et les réalités potentielles qui s’y dissimulent.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Cette exposition se tient jusqu’à fin décembre 2011.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;En 2010, Sarkissian a passé deux mois à Istanbul à se documenter auprès des fonds historiques de diverses bibliothèques et archives semi-privées et publiques, des bibliothèques du Musée Archéologique et du palais Topkapı à la Bibliothèque Atatürk à Taksim, aux Archives ottomanes auprès du Secrétariat Général du Premier Ministre, aux Archives et au Centre de Recherches de la Banque Ottomane.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;L’histoire personnelle de Sarkissian est étroitement liée à ces ouvrages et à ces dossiers, car ses grands-parents furent contraints de fuir l’Anatolie Orientale vers la Syrie en 1915, lors des déportations en masse des Arméniens ottomans. Le discours historique officiel sur cette période de l’empire ottoman, tel qu’il est présenté de son effondrement et sa mutation à la république de Turquie, est l’objet d’un débat grandissant en Turquie.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Seconde exposition dans la série Essais Modernes, les rangées d’étagères observées en situation réelle et les casiers emplis de dossiers apparemment rarement ouverts, photographiés par Sarkissian – espaces obscurs et oppressants capturés avec la seule lumière disponible – expriment la complexité de l’information contenue dans ces archives, ainsi que leur rôle visant à nier ou confirmer l’histoire dont a hérité l’artiste et son existence au présent.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Sarkissian a étudié la photographie à la Gerrit Rietveld Academie d’Amsterdam.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Entre autres expositions récentes de son œuvre, citons la 3ème Biennale d’art contemporain de Thessalonique (Grèce) et « Facing Mirrors », au Musée de Photographie de Thessalonique (2011). Citons aussi « Out of Pace » à la Tate Modern de Londres et la Fondation Darat Al Funun.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;L’exposition au SALT Beyoğlu bénéficie du soutien des Galeries d’art Kalfayan (Athènes – Thessalonique).&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;___________&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Source : &lt;a href="http://www.hurriyetdailynews.com/sarkissian-presents-his-istory-at-salt-beyoglu.aspx?pageID=238&amp;amp;nID=6773&amp;amp;NewsCatID=385"&gt;http://www.hurriyetdailynews.com/sarkissian-presents-his-istory-at-salt-beyoglu.aspx?pageID=238&amp;amp;nID=6773&amp;amp;NewsCatID=385&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Traduction : © Georges Festa – 12.2011.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;site de Hraïr Sarkissian&lt;/span&gt; : &lt;a href="http://www.hrairsarkissian.com/Home.html"&gt;http://www.hrairsarkissian.com/Home.html&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;a href="http://www.hrairsarkissian.com/Home.html"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;site de SALT - Beyoğlu, Istanbul &lt;/span&gt;: &lt;a href="http://www.saltonline.org/en/#%21/en/84/modern-essays-2"&gt;http://www.saltonline.org/en/#!/en/84/modern-essays-2&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3147729012975104079-7296321157551000974?l=armeniantrends.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3147729012975104079/posts/default/7296321157551000974'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3147729012975104079/posts/default/7296321157551000974'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://armeniantrends.blogspot.com/2011/12/hrair-sarkissian-istory-benim-hikayem.html' title='Hraïr Sarkissian : Istory - Benim Hikayem / Mon histoire'/><author><name>Artavazd</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09115897617536890691</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://3.bp.blogspot.com/_seFKDDF1jyM/Si7VkSrlsyI/AAAAAAAAAxI/Yj2vbSW6h4c/S220/david2.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/-SCAvdGGkhnc/Tuy03hTDXMI/AAAAAAAACTU/Bo7m8olXURU/s72-c/154_460.jpg' height='72' width='72'/></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3147729012975104079.post-5906920100638603572</id><published>2011-12-17T06:01:00.001-08:00</published><updated>2011-12-18T15:29:09.478-08:00</updated><title type='text'>The God-Borne Days of Ani / Les temps bénis d'Ani</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://2.bp.blogspot.com/-bqQ2Y42EA8g/Tuyg5KsjqII/AAAAAAAACTI/xo98xq6ckq8/s1600/Gagik_I_Bagratuni.jpg"&gt;&lt;img style="display: block; margin: 0px auto 10px; text-align: center; cursor: pointer; width: 195px; height: 425px;" src="http://2.bp.blogspot.com/-bqQ2Y42EA8g/Tuyg5KsjqII/AAAAAAAACTI/xo98xq6ckq8/s320/Gagik_I_Bagratuni.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5687097333446322306" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Gaguik Ier Shahinschah [Roi des rois], roi d’Arménie de 989 à 1020&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Ani, Eglise Saint-Grégoire de Gaguik, photographie prise en 1906&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;© www.virtualani.org&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;font-size:100%;" &gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Les temps bénis d’Ani&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;font-size:100%;" &gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Un regard révélateur sur l’ancienne capitale médiévale de l’Arménie au tournant du 20ème siècle&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;font-size:100%;" &gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;par Armen Manuk-Khaloyan&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;font-size:100%;" &gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;  &lt;a href="http://www.armenianweekly.com/"&gt;www.armenianweekly.com&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;La ville d’Ani occupe une place particulière dans l’imagination populaire des Arméniens, comme des non Arméniens. La célèbre métropole fut proclamée capitale du royaume d’Arménie en 961 par les souverains bagratides au pouvoir, qui la dotèrent à profusion d’innombrables églises, monastères, palais et hostelleries, en faisant un centre culturel et commercial florissant, lequel rivalisait avec Constantinople et Bagdad, à la même époque. Son statut de ville prééminente dans la région demeura incontesté, même après sa prise et son pillage par les Turcs seldjoukides en 1064. Mais, au cours des siècles suivants, le sort d’Ani se mit à décliner lors des invasions turciques mongoles et des guerres interminables qui sévirent entre les empires ottoman et séfévide, et au 17ème siècle, la ville dépeuplée fut abandonnée.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Quiconque a visité ou jeté un coup d’œil sur des photos d’Ani, qui se trouve maintenant à l’intérieur des frontières de la Turquie, face à l’Arménie, sait que la ville n’est plus que l’ombre d’elle-même. Dévastée et à l’état de ruines, peu de choses ont survécu de la période médiévale, mis à part la double enceinte de murailles qui jadis entourait la ville, quelques églises, une mosquée et la citadelle. Il existe, de même, peu de signes de présence humaine, hormis quelques touristes et villageois locaux, qui visitent à l’occasion le site. Il serait toutefois illusoire de penser que cette situation ait prévalu sans discontinuer, depuis trois siècles. Même si les conditions d’existence devinrent impossibles le long de la frontière volatile ottomano-séfévide, les perspectives d’avenir d’Ani s’améliorèrent grandement, lorsque le &lt;span style="font-style: italic;"&gt;sandjak&lt;/span&gt; (district) de Kars, où se trouvait Ani, fut annexé par l’empire russe, après la fin de la guerre russo-turque de 1877-1878. Bien que la domination impériale russe sur l’Arménie Orientale ne bénéficia pas entièrement aux sujets arméniens du tsar, elle amena une certaine stabilité dans la région. Un des développements culturels les plus remarquables qui eut lieu fut la décision de l’Académie Impériale des Sciences de Russie en 1892 d’inaugurer la première de plus d’une dizaine d’expéditions archéologiques à Ani, laquelle fut dirigée par Nikolaï Y. Marr, archéologue et historien russe de renom.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;L’imposition de la domination russe procura un certain niveau de sécurité aux villageois arméniens, tandis que le renouveau de la vie culturelle arménienne fut saisi de manière poignante par Artashes Vruyr (né en 1897) dans son livre &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Dans Ani&lt;/span&gt;, une étude semi-biographique publiée en 1964. Avec son père Aram Vruyr (1863-1924), né Mak’achtchyan), photographe au service de Marr, Artashes Vruyr, qui poursuivit ensuite une carrière d’acteur en Arménie Soviétique, visita Ani à intervalles réguliers et observa non seulement les fouilles, mais aussi une ville, auparavant donnée pour morte et qui, soudain, reprenait vie. L’histoire de ses années d’enfance dans l’ancienne capitale médiévale compose un riche abrégé de récits personnels et de rencontres avec de hautes figures de la société arménienne. Un texte où l’humour se mêle au chagrin, lorsque l’auteur se lamente sur l’expulsion de la population arménienne locale et les nouvelles destructions qui frappèrent cette ville de légende, après sa prise par les forces turques sous Mustafa Kemal en 1920.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Les lignes qui suivent sont donc la traduction d’un extrait des Mémoires de Vruyr sur Ani, durant ce qu’il nomme les « temps bénis d’Ani » [&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Astvatsatsnats orer&lt;/span&gt;]. En l’espace de quelques paragraphes seulement, Vruyr nous livre une vision profonde de la renaissance d’Ani, ainsi que tous les espoirs et attentes que les Arméniens projetaient sur la « ville aux mille et une églises ». Bien que son langage soit parfois répétitif, l’attention qu’il porte au détail est remarquable. Espérons que sa description d’Ani permette aux lecteurs d’aujourd’hui non seulement de ré-imaginer la ville et sa population au tournant du 20ème siècle, mais aussi de les encourager à rechercher et à retrouver d’autres récits peu connus parmi les pages de l’histoire de l’Arménie.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;***&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;En ces temps bénis, la tranquillité d’Ani fut troublée : la cité en ruines recouvre son souffle et son âme, tandis qu’une sensation de vitalité la gagne (1). On eût dit que la ville morte s’éveillait à nouveau. Les paysans des villages éloignés et voisins accourent vers Ani. Même des pèlerins viennent d’Alexandropol (2). Ils arrivent en attelages, en charrettes, à cheval ou à pied, remplissant leur vœu saint à la cathédrale de la Sainte Vierge d’Ani (3). D’autres viennent aussi faire fête et passer le temps.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Des échoppes s’ouvrent près des fortifications au nord de la ville, où toutes sortes de fruits et de boissons sont proposées. Les zurnas retentissent sous le battement rythmique des tambours, tandis que des danseurs arméniens de &lt;span style="font-style: italic;"&gt;chourdj bar&lt;/span&gt; forment un cercle parfait devant les robustes monuments de la ville historique. Alors, sur la place près de la cathédrale-mère, fiancées et jeunes filles, vêtues de leurs atours multicolores, entament un &lt;span style="font-style: italic;"&gt;chourdj par&lt;/span&gt; de concert avec les jeunes gens, garçons et filles chantant l’un après l’autre. Ce n’est qu’exaltation et liesse, partout où le regard se porte. La fanfare de cette musique et de ces chants, les sonorités et les bruits exubérants transpercent les recoins éternels des temples à demi en ruines de cette ville ancienne, de ses palais superbes, de ses murailles puissantes, des vallées, des grottes et des falaises, créant une harmonie au charme et à l’élégance admirables.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Face à la cathédrale-mère, les pèlerins sacrifient agneaux et moutons, afin que leurs volontés et leurs suppliques soient accueillies favorablement. Les feux de joie crépitent et les chaudrons grésillent – l’arôme des offrandes à Dieu imprègne les alentours. Ici et là, des groupes d’hommes, de femmes et de jeunes filles parcourent les ruines vénérées de la ville. Ils flânent encore une fois devant les magnifiques monuments de leurs ancêtres, devant les vestiges de ces ouvrages admirables. Là, assis sur une tour, quelqu’un gémit et pleure, tout en chantant :&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;font-size:100%;" &gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Ani k’aghak’e nste kula,&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;font-size:100%;" &gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Chka usogh mi lar-mi lar.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;font-size:100%;" &gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Ay hay tgha khghtcha indzi,&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;font-size:100%;" &gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Tes, t’e k’o Anin intchpes e…&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;[La cité d’Ani s’assied, en pleurs&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Il n’y a personne pour lui dire : ne pleure pas, ne pleure pas !&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Oh, Arménien, prends pitié,&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Vois dans quel état se trouve ton Ani…] (5)&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Certains écoutent avec attention le chanteur, leurs cœurs noyés de chagrin et de tristesse… Quelques-uns, des larmes amères s’écoulant de leurs yeux, baisent avec passion les pierres et les inscriptions brillantes, pleurant la disparition des édifices que les ancêtres ont bâti. Les observateurs plus perspicaces ne sont pas sans remarquer les anciens aux cheveux gris, à l’écart des foules, priant tout en s’agenouillant face à la pierre imposante et sacrée de tel ou tel temple en ruines ; ni cette mère angoissée, priant du regard le firmament, implorant pitié et pénitence.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;En ce temps-là, le musée archéologique de Marr (6) était empli à ras bord de visiteurs curieux. Fascinés, ils contemplent les divers objets mis au jour, délicatement disposés derrière une vitrine. Ici, les canalisations d’eau en métal qui ont été découvertes, lorsque les thermes du palais de la citadelle furent fouillés. Là, des récipients colorés et des bracelets en métal, de la poterie et des cruches en bronze, de belles jarres, des flèches, des pièces de monnaie, un petit chandelier en bronze qui fut retrouvé dans l’église circulaire Saint-Grégoire, dite Gagkachen (7), des récipients en argent et bien d’autres objets. La robe d’une petite fille, mise au jour près du tombeau ancestral de Tigrane Honents (8), dans le réseau des grottes souterraines d’Ani, est exposée : la fibre délicate, le fil admirablement et élégamment tissé du bavoir, la ceinture de virginité. Se dressant sous les colonnes décorées du hall, se trouve la statue du grand roi philosophe, amoureux de la paix, Gaguik Ier, sculptée dans du calcaire. Les visiteurs contemplent le grand souverain, emplis de crainte. Les cœurs des uns exhalent de déplaisants soupirs ; d’autres considèrent la sculpture avec admiration ; le cœur aigri, d’autres encore marquent une pause, sondant les profondeurs de l’histoire, imaginant le passé glorieux de leurs ancêtres, tout en se remémorant le présent.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Alors, vers onze heures, la cloche imposante de la cathédrale de la Sainte Vierge d’Ani se met à sonner, lourdement, à intervalles réguliers. Son carillon résonne à travers la ville, invitant le croyant à prendre part à la sainte liturgie et à la prière.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Ce jour-là, prêtres et &lt;span style="font-style: italic;"&gt;sarkavags&lt;/span&gt; (9) des villages avoisinants arrivent à Ani. La cérémonie religieuse commence. Les habitants emplissent toute l’église. Leurs coeurs lourds de désirs ardents et de volontés admirables, afin de faire entendre leurs suppliques et leurs prières. Certains se cramponnent aux habits de la Sainte Vierge compatissante, implorant aide et réconfort pour leurs peines, leurs tourments et leurs souffrances. Beaucoup viennent, leurs âmes pécheresses, en quête de miséricorde et d’absolution. Chacun – tout un chacun -, le cœur sincère et la foi grande, s’agenouille, empli de crainte, et prie dans le temple vénéré de la Sainte Vierge, sous la lumière de centaines de bougies et d’encensoirs brûlants. L’office s’achève. La masse tout entière de la procession religieuse, avec ses croix, ses bannières (10) et ses encensoirs, sort en file du temple. Elle s’arrête un court instant devant l’inscription commanditée par la reine Katranide sur la façade méridionale de la cathédrale-mère, puis s’ébranle vers l’est.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Là, non loin de l’ancienne muraille orientale du temple de la Sainte Vierge, reposent les restes de la pieuse reine Katranide, épouse du puissant roi Gaguik Ier. Une chapelle s’élève au-dessus de son tombeau, maintenant en ruines. La procession s’arrête au pied de ces vestiges et les chefs religieux prononcent la messe de requiem. De nombreuses bougies sont allumées, tandis que de l’encens est brûlé sur la pierre délicate, polie, de ces ruines, leur senteur emportée dans quatre directions. De toutes parts, les cœurs sont émus, des larmes s’écoulent des yeux et l’on entend des lèvres murmurer d’ardentes prières en souvenir de la pieuse souveraine…&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Les images de ces scènes déchirantes étreignent mon âme avec une force inexplicable, pesante… Un tombeau éternel, recouvert d’un tas de pierres et des ruines d’un mausolée-chapelle... Une simple ligne extraites des pages de l’histoire… Et, par milliers, des âmes qui s’agenouillent face à la sépulture d’une reine d’Arménie…&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Moi, Katranide, reine des Arméniens, fille de Vasak, roi du Siounik, confie mon âme à la grâce de Dieu et, sur ordre de mon époux Gaguik Shahinschah, bâtis cette sainte cathédrale, que Smbat le Grand fonda…&lt;/span&gt; (12)&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Notes&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;1. Artashes A. Vruyr, &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Anium&lt;/span&gt;, Erevan : Haypethrat, 1964, p. 41-44. Pour assurer une continuité, certains paragraphes plus courts ont été intégrés pour former un seul paragraphe. J’ai tenté dans ma traduction de rester aussi fidèle que possible au texte d’origine.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;2. La Léninakan soviétique, l’actuelle Gumri.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;3. La construction de la Mayr Kat’oghike, ou église cathédrale-mère (nommée la Sainte Vierge par certains commentateurs), débuta en 989, lors de la dernière année du règne du roi Smbat II le Dominateur [Tiézérakal]. La reine Katranide, épouse de Gaguik Ier, frère et successeur de Smbat II, vit l’achèvement de la cathédrale en 1001.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;4. Danse circulaire arménienne traditionnelle.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;5. Vers d’ouverture d’une complainte intitulée « Ani k’aghak’ nster kula », dédiée à la cité en ruines. Composée par Vartabed Alexandre Araratian au 19ème siècle, elle devint populaire parmi les Arméniens, toutes classes sociales confondues. La version rencontrée ici diffère légèrement de celle citée par l’historien Ghevond Alichan dans les années 1880. Pour un rapide panorama, voir T’adevos Kh. Hakobyan, &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Anii patmoutioun&lt;/span&gt; [Histoire d’Ani], Erevan : Presses de l’Université d’Etat, 1982, vol. 2, p. 389-90.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;6. Le « musée Marr » renvoie à la mosquée de Manouche d’Ani, qui se trouvait près de la muraille d’Achot III, dans la section méridionale de la ville, puis convertie en un entrepôt de fortune par l’équipe archéologique.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;7. Le Gagkachen, ou église de Saint Grégoire, fut achevée vers l’an Mil, probablement par l’entremise de l’architecte Trdat [Tiridate], sous le règne de Gaguik Ier. Elle fut édifiée sur le modèle de l’église de Zvart’nots’, datant du 7ème siècle, bien que sa conception d’ensemble et sa construction différassent quelque peu. Dix ans après son achèvement, des réparations urgentes furent appliquées à l’édifice, sur le point de s’effondrer. L’on ignore si cela était dû au fait qu’il avait été bâti sur un sol instable ou des suites d’une conception défectueuse ; quoi qu’il en soit, lors de la prise d’Ani par les Seldjoukides, il s’était totalement écroulé.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;8. Tigrane Honents était un riche négociant d’Ani. En 1215, il acheva la construction de l’église (dédiée à saint Grégoire l’Illuminateur) à Ani, qui porte toujours son nom.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;9. Diacres.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;10. Le &lt;span style="font-style: italic;"&gt;khatchvar&lt;/span&gt;, traduit ici ou là par gonfalon ou &lt;span style="font-style: italic;"&gt;khorougv&lt;/span&gt; (utilisé par l’Eglise orthodoxe orientale), était un étendard servant aux processions, qui était sorti lors des cérémonies religieuses.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;11. Hymnes.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;12. Extrait du début d’une inscription votive découverte sur la muraille sud de la cathédrale-mère. La traduction anglaise est reprise de Paolo Cuneo et al., &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Documenti di architettura armena / Documents of Armenian Architecture 12&lt;/span&gt;, Milan : Edizioni Ares, 1984, p. 75.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;___________&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Source : &lt;a href="http://www.armenianweekly.com/2011/11/29/the-god-borne-days-of-ani/"&gt;http://www.armenianweekly.com/2011/11/29/the-god-borne-days-of-ani/&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt; &lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Article paru le 29.11.2011.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Traduction : © Georges Festa – 12.2011.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Avec l'aimable autorisation de Khatchig Mouradian, rédacteur en chef de &lt;/span&gt;&lt;span style="font-style: italic; font-family:verdana;" &gt;The Armenian Weekly&lt;/span&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3147729012975104079-5906920100638603572?l=armeniantrends.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3147729012975104079/posts/default/5906920100638603572'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3147729012975104079/posts/default/5906920100638603572'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://armeniantrends.blogspot.com/2011/12/god-borne-days-of-ani-les-temps-benis.html' title='The God-Borne Days of Ani / Les temps bénis d&apos;Ani'/><author><name>Artavazd</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09115897617536890691</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://3.bp.blogspot.com/_seFKDDF1jyM/Si7VkSrlsyI/AAAAAAAAAxI/Yj2vbSW6h4c/S220/david2.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/-bqQ2Y42EA8g/Tuyg5KsjqII/AAAAAAAACTI/xo98xq6ckq8/s72-c/Gagik_I_Bagratuni.jpg' height='72' width='72'/></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3147729012975104079.post-1532557629500500808</id><published>2011-12-13T16:35:00.000-08:00</published><updated>2011-12-13T16:45:45.422-08:00</updated><title type='text'>Istanbul - Biennale 2011</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://4.bp.blogspot.com/-93JOrdqpc0w/TufvmffVS7I/AAAAAAAACS8/EeVBaM2Obas/s1600/Obussen-II-2010_large.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 320px; height: 232px;" src="http://4.bp.blogspot.com/-93JOrdqpc0w/TufvmffVS7I/AAAAAAAACS8/EeVBaM2Obas/s320/Obussen-II-2010_large.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5685776499145526194" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Kris Martin, &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Obussen II&lt;/span&gt;, 2010&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;© Fazıla Mat&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;font-size:100%;" &gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Istanbul : une Biennale « Sans titre »&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;font-size:100%;" &gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;par Fazıla Mat&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://www.balcanicaucaso.org/"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;font-size:100%;" &gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;www.balcanicaucaso.org&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;[Elle s’intitule « Sans titre » en référence à l’artiste américain, d’origine cubaine, Félix Gonzáles-Torres (1957-1996), dont elle s’inspire. Ainsi se présente la douzième édition de la Biennale d’Istanbul, sous l’égide d’Adriano Pedrosa et Jens Hoffmann. Un succès conjuguant art et politique.]&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Elle est considérée comme la meilleure Biennale d’Istanbul de ces dernières années. « Sans titre » [« İsimsiz »] s’inspire des œuvres de l’artiste cubano-américain Félix Gonzáles-Torres, qui donnait souvent ce titre à ces travaux, car « une appellation est toujours vouée à changer dans le temps et l’espace. » Cinq thèmes, toujours repris de Gonzáles-Torres (1957-1996), soutiennent le fil directeur de l’exposition : &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Sans titre (Ross)&lt;/span&gt;, &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Sans titre (Passeport)&lt;/span&gt;, &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Sans titre (Abstraction)&lt;/span&gt;, &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Sans titre (Histoire)&lt;/span&gt;, &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Sans titre (Mort par arme à feu)&lt;/span&gt;. &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Les travaux d’un choix d’artistes, inspirés par ces contenus, sont rassemblés dans ces sections, tandis qu’une cinquantaine d’auteurs indépendants exposent des œuvres étrangères aux thématiques dominantes de l’exposition. Mais les convergences entre ceux-ci et les premiers ne manquent pas.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Les artistes présents à la Biennale, cette année, sont environ une centaine, parmi lesquels se distinguent plusieurs noms d’Amérique Latine et du Moyen-Orient. Figurent des artistes de la nouvelle génération, des noms célèbres de l’art et de la photographie contemporaine, ainsi que des noms oubliés d’autrefois. Surprise, l’intégration d’œuvres de la première photographe turque, Yıldız Moran Arun (1931-1995), réalisées dans les années 1950 durant sa brève, mais prolifique, carrière.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;font-size:100%;" &gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Les boîtes des &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Antrepo&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Les œuvres de Gonzáles-Torres ne s’y trouvent pas, mais l’identité visuelle de toute la Biennale est traversée par l’esthétique minimaliste de l’artiste. L’espace d’exposition a été concentré dans les &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Antrepo&lt;/span&gt; n° 3 et n° 5, deux anciens dépôts marchands des compagnies maritimes turques, situées entre Karaköy et Fındıklı qui, depuis plusieurs années, font office de lieux d’expositions artistiques.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Jens Hoffmann et Adriano Pedrosa, commissaires de cette douzième Biennale, ont choisi un lieu unique pour la manifestation, contrastant avec les éditions précédentes des Biennales d’Istanbul, dans lesquelles la ville était considérée comme partie prenante de l’événement et où les expositions étaient dispersées dans des endroits plus diversifiés. Parmi les principales critiques concernant cet événement, le fait que la manifestation soit trop déconnectée du tissu urbain de la ville.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Or ce choix des commissaires est bien précis et en osmose avec l’agencement en forme de boîtes des espaces intérieurs des deux &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Antrepo&lt;/span&gt; (conçu pour cet événement par l’architecte japonais Ryue Nishizawa), qui invite le visiteur à avoir un rapport direct avec l’œuvre d’art, en évitant la dispersion. Même les couleurs des cloisons reproduisent cette approche : gris pour les salles avec des œuvres mixtes, blanc pour celles des artistes indépendants. Entrent dans ce même cadre conceptuel les thématiques de la Biennale, qui servent de guide dans la structure labyrinthique de l’exposition.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;font-size:100%;" &gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Sans titre (Histoire)&lt;/span&gt; : temps historiques et infini&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Dans la section &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Sans titre (Histoire)&lt;/span&gt;, plusieurs artistes se sont servis de documents officiels pour enquêter sur le processus apparemment si simple via lequel est « écrite » l’histoire, afin de la « réécrire » au travers des outils de l’art et l’opposer à la conception qui voudrait en faire un « récit totalisant ». Par exemple, dans la &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Biblioteca de No Historia&lt;/span&gt; (2010), de l’artiste chilienne Voluspa Jarpa, qui réunit sur une étagère des ouvrages obtenus avec des documents officiels sur la dictature au Chili, déclassifiés par les Etats-Unis. L’œuvre de l’artiste se présente comme une « histoire » racontée à travers une « non-histoire ».&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Dans &lt;span style="font-style: italic;"&gt;There Has Been a Miscalculation (Flattened Ammunition)&lt;/span&gt; [Une erreur de calcul s’est produite (Munitions à plat)] (2007/2011), de Julieta Aranda, un compresseur d’air informatisé, situé à l’intérieur d’un cube en plexiglas, tire de temps à autre sur des livres d’histoire du 20ème siècle, réduits en miettes, tandis que sur la cloison, à gauche, un montage d’écrans reproduit des mains qui feuillettent et timbrent mécaniquement des documents : il s’agit d’&lt;span style="font-style: italic;"&gt;O.K.&lt;/span&gt; (2010), d’Ali Kazma.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;D’autres œuvres réfléchissent sur le « temps historique », comme dans &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Sans titre (TIME)&lt;/span&gt;, de Mungo Thomson qui, à l’aide d’un vidéoprojecteur, condense dans une séquence de 2 minutes et 30 secondes les couvertures de l’hebdomadaire américain &lt;span style="font-style: italic;"&gt;TIME&lt;/span&gt;, publiées en l’espace d’un siècle. L’opération inverse est développée, au contraire, par Taysir Batniki dans &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Suspended Time&lt;/span&gt; (2006), où Batniki présente une clepsydre renversée, la transformant ainsi en un symbole de l’infini.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;font-size:100%;" &gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Sans titre (Mort par arme à feu)&lt;/span&gt; : mort et survivance&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Au centre d’une des vastes salles contiguës, un amas doré, déposé à terre, frappe le regard : l’installation de Kris Martin.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Obussen II&lt;/span&gt; (2010), qui expose plus de 700 douilles vides de mortiers Howitzer de la Première Guerre mondiale. Nous nous trouvons dans la section &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Sans titre (Mort par arme à feu)&lt;/span&gt;. La réflexion sur la propagation de la violence causée par les armes à feu est au centre de cette partie de l’exposition. Aux photos des cadavres étendus parmi les routes, prises par Weegee dans les années 1930 et 1940 à New York, s’ajoutent celles, glaçantes, d’Eddie Adams (&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Street Execution of a Viet Cong Prisoner, Saigon&lt;/span&gt;, 1968), qui illustrent la mise à mort brutale d’un combattant Viet Cong par un militaire vietnamien, ainsi que les instants qui précédèrent et suivirent immédiatement ce crime, lesquelles transforment le visiteur en témoin du meurtre. Complétant le cadre, les photos exceptionnelles de Letizia Battaglia (présente dans l’exposition en tant qu’artiste indépendante), qui montrent des femmes et des hommes tués par la mafia.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;La référence aux dévastations provoquées par les armes à feu est développée aussi à travers quelques objets « ayant survécu » à des bombardements et à des fusillades : par exemple, &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Soldier Blanket 1945&lt;/span&gt; (1980), de Rózsa Polgár, reproduit une couverture en laine utilisée durant la Seconde Guerre mondiale, perforée par des balles. &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Bayt Byoot « Playing House »&lt;/span&gt; (2008-2010), de Bisan Abu-Eisheh, présente un ensemble d’objets recueillis parmi les décombres d’habitations palestiniennes, déblayées et démolies. Objets classés via leur « fonction » et le lieu de provenance.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;font-size:100%;" &gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Sans titre (Ross) &lt;/span&gt;: l’amour&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Arrivés à l’&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Antrepo&lt;/span&gt; 5, la majeure partie des pièces de l’exposition collective &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Sans titre (Ross)&lt;/span&gt; est centrée sur l’amour et, en particulier, l’amour gay (Ross Laycock était le nom du compagnon de Gonzáles-Torres, sa source d’inspiration et, comme le précisait aussi l’artiste, son seul public aussi). Les œuvres présentes dans la salle introduisent dans un monde où l’individuel et le politique s’amalgament, explorant des thèmes tels que l’amour, les relations, la famille, l’identité, le désir, la sexualité et la perte. Dans cette section retiennent en particulier l’intérêt les 364 photographies en noir et blanc, qui constituent un « journal personnel » du quotidien homosexuel : il s’agit de &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Black and White Diary&lt;/span&gt; (2009), du collectif Michael Elmgreen et Ingar Dragset.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Le lit déchiré de Kutluğ Ataman, vestige authentique d’une ancienne relation de l’artiste, s’intitule ironiquement &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Forever&lt;/span&gt; [A jamais]. Toujours d’Ataman, dans cette section, une pièce tenue un peu secrète, d’un grand courage et en parfaite osmose avec la ligne de la Biennale. Il s’agit d’une copie du rapport médical, remis récemment à l’artiste par l’hôpital militaire de Kasımpaşa, qui « certifie » son homosexualité. Un document cru qui met à nu la situation pesante que doivent affronter les gays de la part de l’institution militaire.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;font-size:100%;" &gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Sans titre (Abstraction)&lt;/span&gt; : politique             &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Sans titre (Abstraction)&lt;/span&gt; est probablement la section la plus esthétique de toute l’exposition avec des plans en couleur, des formes pures, des miroirs, des peintures, des dessins, des photographies et aussi des scènes filmées, des fruits, des fourmis…&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Le tout construit avec une logique rigoureuse. Le point de départ, pour cette section comme pour les autres, est toujours l’approche de Gonzáles-Torres, qui cherchait à subvertir l’abstrait en quelque chose de politique, corporel et finalement organique. Un exemple est fourni par &lt;span style="font-style: italic;"&gt;DW &lt;/span&gt;(1967), de Charlotte Poseneske : d’énormes constructions réalisées dans des formes géométriques abstraites avec du carton, qui rappellent des tubes d’aération, mais qui sont tellement malléables que les commissaires ont eu la possibilité de modifier, chaque semaine, leur agencement. Créations qui s’harmonisent parfaitement avec &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Crab Beast&lt;/span&gt; (années 1960), les délicates « bêtes sauvages » en aluminium de Lygia Clark, des œuvres qui, comme l’expliquent les commissaires, « invitent le spectateur à influer sur leur forme, grâce au fait d’introduire les matériaux industriels et l’abstraction géométrique dans le cadre de la nature. » Très intéressants aussi, le travail de Charbel J. Boutros, intitulé &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Occupation #2&lt;/span&gt; (2010), dans lequel une substance visqueuse déborde du cadre qui la contient, dépassant ses propres limites, tandis que &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Singularity&lt;/span&gt;, le film en 16 mm d’Alexandre Gutke, projette dans un angle de la salle le film d’un mètre qui entoure et mesure toute la section &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Sans titre (Abstraction)&lt;/span&gt;, créant un cadre pour toutes les autres œuvres.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;font-size:100%;" &gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Sans titre (Passeport)&lt;/span&gt; : géographies nouvelles&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;« Il existe un passeport qui ne reporte ni le sexe, ni l’âge, ni l’adresse ou les informations sur la citoyenneté. Il représente non un document personnel délivré par un gouvernement, mais l’humanité et l’universalité. Ici l’artiste souligne qu’au-delà des limites tracées par les documents il y a l’infini. » Là encore, une œuvre de Gonzáles-Torres (pour être précis : &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Sans titre (Passeport #II)&lt;/span&gt; de 1993) inspire cette section de la Biennale voulue ainsi par les commissaires.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Commencer à recueillir des centaines de formulaires de tous les pays possibles pour établir une demande de visa et en faire un volume encyclopédique peut être un bon départ pour répondre aux limites tracées par les documents : ce que fait Meriç Algün Rigborg dans &lt;span style="font-style: italic;"&gt;The Concise Book of Visa Application Forms&lt;/span&gt; (2009-2011). Sur la cloison située en arrière, frappe de suite l’enseigne en néon, reproduite en albanais, en allemand, en arménien, en kurde et en turc : &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Foreigners Everywhere&lt;/span&gt; [Etrangers partout] (2010), du collectif Claire Fontaine. Une réponse à l’hystérie généralisée d’après le 11 Septembre 2001, mais aussi un message pour dire que tous sont étrangers.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Dans &lt;span style="font-style: italic;"&gt;My Father’s Palestinian Nationality&lt;/span&gt; (2007), Baha Boukari présente à l’inverse une collection de papiers d’identité de son père, utilisés pour pouvoir quitter le pays, tandis que Joaquín Torres García dans &lt;span style="font-style: italic;"&gt;América Invertida&lt;/span&gt; (1943), Kirsten Pieroth dans &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Weltkarte&lt;/span&gt; (2003) et Mona Hatoum dans &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Baluchi (multicolored)&lt;/span&gt; (2008) et &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Afghan (black and red) &lt;/span&gt;(2009), tentent de contourner ces problèmes en créant des géographies nouvelles au moyen de leurs œuvres.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;La Biennale d’Istanbul est accessible jusqu’au 13 novembre [2011].  &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;____________&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Source : &lt;a href="http://www.balcanicaucaso.org/aree/Turchia/Istanbul-una-Biennale-Senza-titolo-105236"&gt;http://www.balcanicaucaso.org/aree/Turchia/Istanbul-una-Biennale-Senza-titolo-105236&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Article paru le 07.11.2011.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Traduction de l’italien : © Georges Festa – 12.2011.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Voir aussi le reportage paru in &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Artishock&lt;/span&gt;, 12.11.2011 : &lt;a href="http://www.artishock.cl/2011/11/la-bienal-de-estambul-en-imagenes/"&gt;http://www.artishock.cl/2011/11/la-bienal-de-estambul-en-imagenes/&lt;/a&gt; (en espagnol)&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3147729012975104079-1532557629500500808?l=armeniantrends.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3147729012975104079/posts/default/1532557629500500808'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3147729012975104079/posts/default/1532557629500500808'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://armeniantrends.blogspot.com/2011/12/istanbul-biennale-2011.html' title='Istanbul - Biennale 2011'/><author><name>Artavazd</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09115897617536890691</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://3.bp.blogspot.com/_seFKDDF1jyM/Si7VkSrlsyI/AAAAAAAAAxI/Yj2vbSW6h4c/S220/david2.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/-93JOrdqpc0w/TufvmffVS7I/AAAAAAAACS8/EeVBaM2Obas/s72-c/Obussen-II-2010_large.jpg' height='72' width='72'/></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3147729012975104079.post-5654771006787560550</id><published>2011-12-12T19:14:00.000-08:00</published><updated>2011-12-13T10:36:32.818-08:00</updated><title type='text'>Berdj Brochian - Pghte (1890)</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://1.bp.blogspot.com/-v-PsHASf4Ls/TubDUq6a92I/AAAAAAAACSw/Of-lcglckNU/s1600/saryan11.jpg"&gt;&lt;img style="display: block; margin: 0px auto 10px; text-align: center; cursor: pointer; width: 220px; height: 300px;" src="http://1.bp.blogspot.com/-v-PsHASf4Ls/TubDUq6a92I/AAAAAAAACSw/Of-lcglckNU/s320/saryan11.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5685446339485955938" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Martiros Sarian, &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Femme marchant&lt;/span&gt;, 1911&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;© www.armsite.com&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;font-size:100%;" &gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Berdj Brochian&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold; font-style: italic;font-size:100%;" &gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Pghte&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;font-size:100%;" &gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Œuvres choisies&lt;/span&gt;, Erevan, 1953, Vol. 2, p. 213-429 (en arménien)&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;font-size:100%;" &gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Un roman niché dans le coffre au trésor d’une Chronique&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;font-size:100%;" &gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;par Eddie Arnavoudian&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: center; font-weight: bold;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;&lt;a href="http://www.groong.com/"&gt;Groong&lt;/a&gt;, 07.11.2011&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Pghte&lt;/span&gt;, roman publié en 1890 par Berdj Brochian (1841-1907), est beaucoup plus qu’un simple catalogue précieux de données socio-historiques, à quoi certains critiques en diaspora réduisent toute son œuvre de fiction. Or, pour l’apprécier à sa juste valeur, il convient de reléguer les canons souvent réducteurs de la critique littéraire orthodoxe. Par delà l’œuvre de fiction qu’il représente, avec tous ses défauts et ses qualités indéniables, &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Pghte&lt;/span&gt; compose parallèlement une solide chronique littéraire, un véritable coffre au trésor, grouillant de l’expérience de la vie au 19ème siècle, en plein cœur de l’Arménie historique rurale. Occupant sans cesse son centre, et à la présence de plus en plus prégnante, figure le protagoniste du roman, Pghte, un usurier et un homme d’affaires de province, de mèche avec les autorités politiques. Seul l’apologiste pourrait passer sous silence toute ressemblance contemporaine avec des carrières commerciales bâties sur l’exploitation d’une communauté appauvrie et des fortunes illégitimes, amassées dans l’ombre du capital et d’Etats étrangers…&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Traversé d’éclairs d’imagination artistique, d’énergie dramatique et de raffinement, &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Pghte&lt;/span&gt;, à l’aide souvent de dialogues en dialectes régionaux, reproduit avec un souci du détail le quotidien de la vie des villages. Il est question de coutumes et de traditions populaires, de superstition et de préjugé, ainsi que d’intelligence et de sagesse populaires. Il est question de terreau géographique, archéologique et architectural, des origines historiques des communautés arméniennes, de leur agriculture, commerce et économie domestique, ainsi que de la vie familiale et des relations entre les sexes. Il est aussi question de la résistance paysanne à l’exploitation, de la corruption de l’Eglise, des relations nationales entre Turcs, Arméniens et Kurdes, ainsi que de celles qu’entretiennent gitans arméniens et marchands juifs, de la résistance armée des Arméniens à l’oppression nationale, et de bien d’autres choses. Tout cela constitue une histoire sociale des plus riche, mais dans sa structure et son art, l’ouvrage élabore aussi le paysage authentique d’un vécu humain, lequel constitue le décor plus vaste présidant aux affaires de Pghte.        &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Brochian retrace l’ascension de son protagoniste, de petit colporteur à usurier, puis, sommet de sa carrière, marchand, ravitaillant, entre autres choses, les troupes russes stationnées au Caucase. A mesure que le récit se déroule, il se fait le registre de certains moments significatifs dans l’évolution de l’histoire arménienne moderne. L’histoire du village natal de Pghte, Garpi, réduit en « grande partie » à « un tas de pierres, un agencement misérable de ruines chaotiques » modelées et remodelées par les bouleversements démographiques qui suivirent les guerres russo-turques, constitue de fait une véritable métaphore de la vie nationale arménienne au 19ème et au début du 20ème siècle, avec son centre négligé, quasi abandonné, traité comme un bras mort par des élites prospères, vivant une existence aisée dans les diasporas de Tbilissi et de Bakou. Une métaphore que l’on pourrait étendre sans trop d’efforts à la vie actuelle en Arménie.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Chaque jour rappelle aux habitants présents de Garpi, immigrés de fraîche date, originaires de Bayazed, sous domination ottomane, que la libération de la barbarie ottomane n’ouvre pas automatiquement la voie à l’émancipation sociale. Avec des profils qui correspondent aux élites contemporaines, à Garpi :&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;« les familles (de Bayazed), qui bénéficièrent de droits et de libertés traditionnelles (dans l’empire ottoman), se virent accorder les mêmes dans leurs nouveaux foyers […] Unissant leurs réflexions, ils découpèrent et mesurèrent, étudièrent, examinèrent […], (puis) s’approprièrent les meilleures parts (des terres de Garpi) pour eux-mêmes, répartissant le reste parmi la population ordinaire. »&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;La majorité des habitants sont laissés pour compte, aussi beaucoup doivent-ils à nouveau quitter leur maison et leur foyer comme travailleurs migrants en quête de travail pour nourrir leurs familles. Tel est le terreau présidant à la carrière de Pghte et ceux de ses homologues usuriers, qui infestent alors l’Arménie rurale, suscitant une misère et des souffrances indicibles. En dépit d’une laideur grotesque, doté d’une étonnante mémoire, d’une aptitude à de froids calculs, d’un charme inné et d’une compassion apparente pour ses victimes, l’ascension de Pghte est rapide. Bientôt, « il n’y eut plus un seul village où il ne comptât de débiteurs […], leurs noms enregistrés dans ses carnets de comptes, qu’il glissait dans les poches de son veston. »&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Pour parvenir au sommet, Pghte doit néanmoins détrôner Boghos Aghajan, celui qui l’initia aux affaires et dont il a l’intention d’épouser la fille. Reflétant, par instants, un véritable drame artistique, leur affrontement est éclairant au plan individuel, social et historique. Représentant d’une étape antérieure du développement social et économique de l’Arménie, Aghajan  apparaît comme une sorte de petit marchand à la Dickens, motivé moralement, qui « aide le faible et donne du travail au chômeur » et qui, « lorsque frappent les impôts », « intervient pour assister les paysans nécessiteux », sans jamais exiger « davantage que l’intérêt légitime ». A l’opposé, Pghte est égoïste et égotiste. Il « escroque et vole un paysan déjà indigent », sans pitié, ni scrupules. C’est un homme du monde moderne, convenant à une époque plus cruelle du développement capitaliste qui suivit la conquête russe du Caucase, lequel « agite jusqu’aux recoins les plus éloignés de notre monde. »&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Le conflit entre les deux hommes est malheureusement réglé aux dépens de l’intégrité artistique, lorsque Brochian fait surgir inopinément un stock d’or dans une vieille église, dont la découverte donne à Pghte l’énergie pour abattre son concurrent. Néanmoins, l’existence historique de trésors cachés au sein de ruines anciennes et les craintes selon lesquelles déranger ces dernières constitue un sacrilège punissable de terribles malheurs, bien que ne sauvant pas l’art, confère une puissance certaine au récit. L’échec initial de Pghte pour faire main basse sur son butin, du fait d’abeilles mortelles protégeant celui-ci de son emprise, exprime de manière saisissante l’avidité désespérée du personnage. Tout aussi efficace, la peinture des passions fluctuantes, de la croyance ou non dans la bonne fortune, du conflit entre conscience et cupidité, entre l’amour pour un Dieu chrétien et le désir de richesses, susceptibles d’aider à vaincre un ennemi haï.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Si certaines évocations de la cupidité et de la soif de l’or ont quelque chose de dramatique, il n’en demeure pas moins que le personnage de Pghte, dans la peau d’un Shylock ou d’Eugénie Grandet, relève plus d’une posture d’auteur que de son rôle, de ses relations et de ses agissements dans le roman. Nous lisons rarement dans le regard de ce serpent, usurier détesté. Même lorsque Brochian nous livre des clés pour l’imaginer, nous ne voyons pas Pghte harceler ses victimes en perdition. Représentation achevée de l’usurier des campagnes dans la société arménienne, le roman est en outre limité par un déroulement qui montre le triomphe final de Pghte en affaires, assuré non par l’usure, mais au moyen du négoce qu’il bâtit, utilisant l’or qu’il a découvert comme capital.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Grâce à son capital tout neuf et à sa collaboration avec les autorités russes, leurs lieutenants et tous leurs affidés, Pghte pressure avec une sauvagerie capable de « remuer les tripes de tous ceux qui seraient témoins de la misère qui en résulte. » La criminalité à grande échelle, qui rappelle nos contrefaçons de marchandises, est habilement saisie dans tel débat concernant les proportions de sable pouvant être utilisés afin d’altérer du blé et pouvoir ensuite le vendre. Ainsi Pghte bâtit néanmoins sa fortune, qui le fait passer, quasiment du jour au lendemain, « de pocha à pacha », de « gitan à seigneur ».  &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;L’argent lessive son passé ténébreux. Son « passé de colporteur est bientôt oublié » et « tous les regards se font plus amènes » envers lui. Propriétaire de « magasins sans nombre », Pghte « fraie désormais avec les privilégiés » et « voyage sous la protection de gardes » parmi les Turcs. A la fin du livre, bien que très éloigné de l’axe d’ouverture et en dépit de tournures forcées, et aussi d’une certaine monotonie et d’écarts, Pghte est bien vivant, composant un beau spécimen artistique de l’homme d’affaires amoral, cupide et malhonnête, nullement préoccupé par la nation ou le peuple – capable et jouissant de toutes les autorisations politiques pour réaliser de bonnes affaires dans l’actuelle république d’Arménie…&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;En exposant les actions sordides de Pghte, Brochian révèle parallèlement un regard pénétrant sur la société, en particulier la condition des femmes et le rôle de l’Eglise. Considérées comme « muettes », lorsqu’elles rejoignent une famille, les femmes « se voient interdire de parler jusqu’aux plus humbles des hommes », exceptés ceux qui sont investis de l’autorité ou de quelque statut. Leur rôle est de servir leurs époux, que l’on voit fréquemment banqueter. Si jamais elles osent défier l’autorité masculine, elles sont étiquetées de « mauvaises » et punies, entre autres, en ayant leurs « cheveux arrachés, mèche après mèche ».&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Or les femmes ne sont pas des victimes et rien d’autre. Un passage remarquable met en scène Choghig, à la fois asservie et révoltée, tandis qu’elle&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;« […] leva inconsciemment ses deux mains et en retour inspecta le lit préparé dans un angle et ceux qui l’entouraient. Elle ressemblait à un condamné en fuite qui, espérant être libre, franchit une étape assurée et décisive, pour finalement se découvrir cerné par des centaines de soldats. »&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Même si Pghte parvient à piéger Choghig dans le mariage, elle utilise la cérémonie pour exposer ses crimes. Le fait qu’il parvienne aussi aisément à balayer toute accusation mesure le pouvoir de la misogynie rurale, mais aussi des rapports de classes et d’argent. Au lieu de traduire Pghte en justice, la communauté se tourne contre Choghig et la conduit au suicide. Réputées être dérangées, les femmes indépendantes et fortes telles que Choghig n’ont pas la moindre chance face à un homme argenté.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Critique virulent de l’asservissement des femmes, Brochian s’intéresse également dans son récit à l’esprit rétrograde, l’ignorance, l’avidité et la situation parasite de l’Eglise. Contre les semblables de Pghte, l’Eglise n’est d’aucune protection. Aussi corrompue de nos jours que ses voisins séculiers, « comme ils le faisaient dans un passé éloigné », les « scandales innommables de ses chefs spirituels […] amènent la population à désespérer. » A Garpi, la famille du prêtre local ne compte pas seulement « parmi les plus éminentes », mais représente un véritable clan féodal, ayant assuré sa position lorsque, parallèlement aux autres élites féodales de Bayazed, elle établit ses fils, « conformément à une tradition ancienne », « à seule fin d’hériter de la paroisse ».&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;*** &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Parmi les critiques arméniens, Berdj Brochian  a reçu un accueil mélangé, qui n’est pas sans signification au plan historique. A quelques exceptions notables près, les commentateurs de la diaspora arménienne occidentale affichent un mépris sans fard. « C’est un fait », écrit l’un d’eux, par ailleurs critique exemplaire : Brochian « n’est pas romancier. » De plus, estime un de ses confrères, il fut « des plus conservateur » - et d’une « aptitude intellectuelle limitée », par dessus le marché, selon un troisième. Ils s’accordent à dire que les romans de Brochian n’ont « ni éclat, ni mérite artistique », qu’ils sont « médiocres », « interminables » et « monotones ». Au mieux, le romancier est crédité d’« un attrait certain » comme « ethnologue », dont l’œuvre doit être « chérie tel un précieux musée » de la vie arménienne.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Pghte&lt;/span&gt;, entre autres qualités plus solides, constitue une réfutation flagrante d’un tel parti pris. Il confirme sans peine le jugement de Méguerditch Mékryan, un critique peut-être plus avisé, lequel comprit que « la valeur tant artistique que sociale » des romans de Brochian tient au fait « qu’ils restituent la vie rurale arménienne sous une forme profonde et véritablement authentique. » Quant à son talent pour créer des personnages vivants, Hovhannès Toumanian, un autre admirateur, relève à juste titre que les héros de Brochian composent ensemble « tout un album de personnages de la campagne. » Chirvanzadé, le maître du roman réaliste arménien, note, sans ménager ses critiques, que les romans de Brochian « saisissent la vie des gens ordinaires […] de manière authentique » et que ses « personnages […], malgré des imperfections, sont des êtres pleins de vie […] et non des constructions fantasques, créées de manière artificielle. » Ces appréciations d’Arménie Orientale, nées d’une expérience plus immédiate et directe de la vie arménienne, approchent davantage la vérité de l’œuvre de Brochian.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Les répétitions détaillées des insuffisances de &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Pghte&lt;/span&gt;, comme roman, ou encore les limites de ses critiques moins imaginatifs n’offrent, pour l’heure, que peu d’intérêt. Limitons-nous à dire, pour finir, que lorsque nous contemplons un fragment dans un musée, nous ne le méprisons pas parce qu’il s’agit d’un fragment ou parce que son contexte est restitué de manière artificielle ou encore parce qu’il pourrait être irrégulier ou incompréhensible, pris isolément. Il en va de même pour &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Pghte&lt;/span&gt; et d’autres romans de Brochian. Lus avec l’amplitude de l’imagination et de l’intelligence, ils sont à la fois très plaisants et instructifs, tout en constituant une tranche de vie, une histoire de la corruption commerciale aux résonances contemporaines frappantes, un panorama de l’Arménie rurale au 19ème siècle et un chapitre de l’histoire sociale arménienne. &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;[Diplômé d’histoire et de sciences politiques de Manchester, Angleterre, &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Eddie Arnavoudian &lt;/span&gt;anime la rubrique de littérature arménienne dans &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Groong&lt;/span&gt;. Ses essais littéraires et politiques paraissent aussi dans &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Haratch !&lt;/span&gt; (Paris), &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Naïri&lt;/span&gt; (Beyrouth) et &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Open Letter&lt;/span&gt; (Los Angeles).]&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;      &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;___________&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Source : &lt;a href="http://www.groong.com/tcc/tcc-20111107.html"&gt;http://www.groong.com/tcc/tcc-20111107.html&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Traduction : © Georges Festa – 12.2011.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Publié avec l’aimable autorisation d’Eddie Arnavoudian.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3147729012975104079-5654771006787560550?l=armeniantrends.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3147729012975104079/posts/default/5654771006787560550'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3147729012975104079/posts/default/5654771006787560550'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://armeniantrends.blogspot.com/2011/12/berdj-brochian-pghte-1890.html' title='Berdj Brochian - Pghte (1890)'/><author><name>Artavazd</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09115897617536890691</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://3.bp.blogspot.com/_seFKDDF1jyM/Si7VkSrlsyI/AAAAAAAAAxI/Yj2vbSW6h4c/S220/david2.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/-v-PsHASf4Ls/TubDUq6a92I/AAAAAAAACSw/Of-lcglckNU/s72-c/saryan11.jpg' height='72' width='72'/></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3147729012975104079.post-7505161758184635679</id><published>2011-12-07T18:14:00.000-08:00</published><updated>2011-12-10T16:38:31.937-08:00</updated><title type='text'>Occupy Wall Street : The Armenian Connection / le lien avec l'Arménie</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://2.bp.blogspot.com/-EYCU2xV-KR8/TuAeFReuUDI/AAAAAAAACSk/TWNwVqgiBn0/s1600/800px-Occupy_Wall_Street_Crowd_Size_2011_Shankbone.JPG"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 320px; height: 213px;" src="http://2.bp.blogspot.com/-EYCU2xV-KR8/TuAeFReuUDI/AAAAAAAACSk/TWNwVqgiBn0/s320/800px-Occupy_Wall_Street_Crowd_Size_2011_Shankbone.JPG" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5683575805682012210" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Manifestants d’Occupy Wall Street, New York, Zuccotti Park, 17.09.2011&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;© David Shankbone – http://fr.wikipedia.org    &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;font-size:100%;" &gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Occupy Wall Street : la connexion arménienne&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;font-size:100%;" &gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;par Anoush Ter Taulian&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://www.armenianweekly.com/"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;font-size:100%;" &gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;www.armenianweekly.com&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;A Occupy Wall Street (OWS), j’arborais un tee-shirt que j’avais réalisé où il était écrit « La Turquie Orientale occupe l’Arménie Occidentale », lorsque quelqu’un vint me voir et me demanda : « Est-ce que ton tee-shirt concerne Thanksgiving ? » J’ai alors décidé de camper à OWS et d’installer une table d’information sur l’Arménie. Je fabriquai un prospectus disant que des multinationales de la machine de guerre des Etats-Unis, comme Godrich, Chevron, Raytheon, Exxon, United Technologies et Northrop Grumman, dépensent plus de 7 milliards de dollars en ventes vers la Turquie et des millions de dollars en soutien aux membres du Congrès des Etats-Unis, afin qu’ils ne votent pas de résolution sur la reconnaissance du génocide arménien.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Un prêtre arménien eut la gentillesse de m’aider à imprimer les prospectus. Lorsque je lui ai demandé si nous pouvions avoir des Arméniens, des Grecs et d’autres pour monter un groupe de prières à OWS, comme le faisaient les musulmans, il m’a dit : « Je n’ai pas le temps. Je suis seul à rendre visite dans des hôpitaux et des familles. » Lorsque j’ai appelé une de mes amies arméniennes pour lui demander de venir et de nous aider à notre table, elle me dit : « Ne vont-ils pas nous reprocher d’être là ? » J’ai parlé aussi à l’une des responsables de la Fédération de la Jeunesse Arménienne (AYF) de New York, qui m’a dit : « Ne seront-ils pas vexés, si nous venons ? » Malheureusement, ces Arméniens ont perdu le contact avec certains des idéaux et des objectifs qui présidaient à Occupy Wall Street – dont celui de donner à la population une chance de s’exprimer contre l’injustice sociale.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Alors que beaucoup d’Arméniens s’étaient déjà exprimés à titre personnel à OWS, il n’y avait aucune présence d’organisations ou de collectifs arméniens, pouvant aider à éduquer l’opinion américaine sur des problématiques arméniennes. J’ai appelé l’ANCA pour obtenir une liste de multinationales, comme Coca Cola, Pfizer, Frito Lay et Motorola, qui soutiennent la politique négationniste de la Turquie, mais ils n’avaient aucun délégué à New York pouvant aider à faire passer l’information ou faire signer des pétitions arméniennes. Alors qu’il y avait chaque jour des manifestations à OWS par des groupes représentant les enseignants, les médecins et les infirmières, les syndicats et les écologistes, certains Arméniens furent apparemment trop conservateurs pour s’associer à OWS. Peut-être craignaient-ils d’être pris dans une arrestation en masse ou bien n’apprécient-ils pas cette révolution à la base ?&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Après avoir passé neuf années dans la zone de guerre en Artsakh, j’ai contacté beaucoup de gens dans les médias, à mon retour aux Etats-Unis, mais il est très difficile d’obtenir une couverture par la presse de questions touchant l’Arménie. Je vis alors OWS comme une opportunité idéale en relations publiques. Ma table et mes pancartes arméniennes ont été photographiées par des centaines de gens et circulent beaucoup sur Facebook et Twitter. J’ai été interviewée par des journalistes de télévisions et de radios du monde entier. J’ai aussi pu parler à des tas de gens, qui voulaient en savoir plus sur le génocide. Un jeune Arménien de 14 ans s’est approché et m’a dit que sa grand-mère l’emmenait parfois à l’église, mais que, comme les gens parlaient arménien, il ne comprenait rien. Il ne savait pas grand chose sur le génocide, mais il m’a posé un tas de questions. Un jeune Irlandais est venu à ma table et a expliqué le génocide à ses amis, qui n’en avaient jamais entendu parler. Chaque jour, plus d’un millier de gens visitaient OWS et beaucoup n’avaient aucune idée de l’endroit où se trouve l’Arménie.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Dans mes prospectus et mes interventions, j’ai aussi mentionné le fait que les Arméniens sont autochtones sur leur terre et que les multinationales nuisent aux droits des peuples partout dans le monde. Les compagnies minières et pétrolières placent les profits au-dessus de la population, empoisonnent la terre et rendent les gens malades. Beaucoup d’autres populations autochtones se sont exprimées à OWS. Le Mouvement des Indiens d’Amérique [American Indian Movement] avait une table sur le génocide de leur peuple et la spoliation de leurs terres et de leurs droits. J’ai rencontré une femme Inuit, dont la tribu ne compte plus que 3 000 membres. J’avais installé ma table arménienne à côté des Arawaks de Puerto Rico, qui m’ont aidée à surveiller et ranger mon matériel arménien. J’ai réalisé pour eux un tee-shirt où il était écrit « Taino Genocide 1492 » [Génocide Taïno 1492] (1).&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Un Turc, qui campait en dehors du parc, brandissait des pancartes telles que « Pendez les dictateurs turcs ! » et « Brûlez le drapeau turc ! » Il était ulcéré de s’être vu refuser sa retraite et d’avoir été poursuivi pour avoir manifesté en Turquie. Quand je lui ai demandé s’il reconnaissait le génocide arménien, il m’a répondit que oui, mais qu’il n’ajouterait pas cela à sa liste des injustices en Turquie. Une Turque s’est précipitée sur ma table arménienne en crachant des obscénités, mais globalement les gens me soutenaient.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;OWS était très bien organisée. Il y avait une bibliothèque, une plate-forme des médias, une tente de premiers secours avec acupuncteurs et praticiens de reiki, alimentation nutritive, des toilettes avec prêts de vêtements, équipes de nettoyage, espace scénique ouvert, repas d’échanges, sécurité, réunions en assemblée générale, ainsi qu’un groupe de réflexion avec des débats quotidiens du genre « Quelle différence entre une entreprise et un être humain ? » Des gens pédalaient à bicyclette pour recharger des batteries et des médiateurs intervenaient sur appel. C’était vraiment édifiant de voir autant de jeunes gens débattre de la façon d’améliorer l’Amérique et leurs existences. Naturellement, il y avait beaucoup de problèmes dans un espace aussi ouvert. Il y avait des voleurs et des toxicomanes, comme dans toute l’Amérique. Il y avait des problèmes sanitaires et d’espace. La croissance à un rythme rapide du site fut un véritable défi.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Je dormais le 15 novembre à 0h50, lorsque Zuccotti Park fut cerné par un millier de policiers. Je rassemblai le peu de choses et les ouvrages que j’avais apportés – sur le génocide arménien, l’autodéfense de l’Artsakh et la destruction du cimetière de Djoufa [Djougha] – et je m’échappai. Ce fut une invasion chaotique. Les gens n’eurent même pas le temps d’emballer leurs affaires et la police détruisit beaucoup d’objets de valeur. Les journalistes furent empêchés de pénétrer dans les zones intérieures où des manifestants étaient passés au gaz lacrymogène et frappés. Six journalistes et 220 manifestants furent arrêtés. Au lieu de dialoguer avec les groupes organisateurs sur la manière d’aborder les problèmes, plus de 7 millions de dollars furent gaspillés en heures supplémentaires versées à la police.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Durant quelques semaines à New York, sur la terre sacrée et spoliée des Lénape, livrée aujourd’hui aux promoteurs immobiliers et à la spéculation, les gens se sont permis de rappeler ce que les choses pourraient être s’il existait une gouvernance sans profit spéculatif, ni politiciens corrompus, ni lois oppressives, ni entreprises rapaces. OWS continue d’exister dans nos têtes et nos cœurs. J’espère qu’il y aura des tables arméniennes dans tous les sites Occupy à venir.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Contact : anoush49@hotmail.com.          &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;NdT&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;1. Sur les Taïnos, voir &lt;a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Ta%C3%AFnos"&gt;http://fr.wikipedia.org/wiki/Ta%C3%AFnos&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;____________&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;font-size:100%;"&gt;Source : &lt;a href="http://www.armenianweekly.com/2011/11/24/occupy-wall-street-the-armenian-connection/"&gt;http://www.armenianweekly.com/2011/11/24/occupy-wall-street-the-armenian-connection/&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:verdana;font-size:100%;"&gt;Article paru le 24.11.2011.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:verdana;font-size:100%;"&gt;Traduction : © Georges Festa – 12.2011.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Avec l'aimable autorisation de Khatchig Mouradian, rédacteur en chef de &lt;span style="font-style: italic;"&gt;The Armenian Weekly&lt;/span&gt;.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="display: block; font-family:verdana;" id="formatbar_Buttons" &gt;&lt;span onmouseover="ButtonHoverOn(this);" onmouseout="ButtonHoverOff(this);" onmouseup="" onmousedown="CheckFormatting(event);FormatbarButton('richeditorframe', this, 8);ButtonMouseDown(this);" class="" style="display: block;" id="formatbar_CreateLink" title="Lien"&gt;&lt;img src="http://www.blogger.com/img/blank.gif" alt="Lien" class="gl_link" border="0" /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3147729012975104079-7505161758184635679?l=armeniantrends.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3147729012975104079/posts/default/7505161758184635679'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3147729012975104079/posts/default/7505161758184635679'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://armeniantrends.blogspot.com/2011/12/occupy-wall-street-armenian-connection.html' title='Occupy Wall Street : The Armenian Connection / le lien avec l&apos;Arménie'/><author><name>Artavazd</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09115897617536890691</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://3.bp.blogspot.com/_seFKDDF1jyM/Si7VkSrlsyI/AAAAAAAAAxI/Yj2vbSW6h4c/S220/david2.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/-EYCU2xV-KR8/TuAeFReuUDI/AAAAAAAACSk/TWNwVqgiBn0/s72-c/800px-Occupy_Wall_Street_Crowd_Size_2011_Shankbone.JPG' height='72' width='72'/></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3147729012975104079.post-8700556918040719543</id><published>2011-12-06T12:55:00.001-08:00</published><updated>2011-12-07T05:27:46.255-08:00</updated><title type='text'>Dvin - Mostra, Palazzo Braschi (Roma) / Exposition, Palais Braschi (Rome)</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://4.bp.blogspot.com/--Ht50lDtRnM/Tt6BfRPWegI/AAAAAAAACSY/UMaSkUCKcNI/s1600/80dvin.gif"&gt;&lt;img style="display: block; margin: 0px auto 10px; text-align: center; cursor: pointer; width: 261px; height: 281px;" src="http://4.bp.blogspot.com/--Ht50lDtRnM/Tt6BfRPWegI/AAAAAAAACSY/UMaSkUCKcNI/s320/80dvin.gif" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5683122153991862786" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Plan de Dvin - © www.armenica.org &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;font-size:100%;" &gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Dvin, sur la Route de la soie&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;font-size:100%;" &gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Inauguration à Rome d’une exposition prestigieuse, qui célèbre l’une des anciennes capitales de l’Arménie&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;font-size:100%;" &gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;&lt;a href="http://www.comunitaarmena.it/"&gt;Akhtamar on line&lt;/a&gt;, 15.11.2011&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;C’est à l’une des grandes capitales de la grande Arménie historique qu’est consacrée la prestigieuse exposition, qui vient juste d’ouvrir ses portes, la semaine dernière, dans le cadre suggestif du palais Braschi à Rome. « Sur les routes de la soie », biennale internationale de culture, célèbre la fameuse Dvin qui, du 4ème au 13ème après J.-C., a représenté un pont culturel entre Occident et Orient, incarnant dans ses fortifications, ses églises et ses palais ce rôle naturel de lien que la nation arménienne a toujours rempli dans son histoire millénaire.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Connue aussi sous le nom de Duin ou Dwin, selon certaines sources, la ville s’est développée au point de devenir un important et très peuplé centre commercial au début du Moyen Age arménien. Elle s’éleva le long des rives du fleuve Metzamor, non loin au nord de l’endroit où s’élevait une autre capitale arménienne, Artaxata [Artashat], fondée par le roi Khosrov [Khosroès] III d’Arménie en 335 après J.-C. sur un site habité depuis le troisième millénaire avant notre ère.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Favorisée par sa position, dans la plaine de l’Ararat, le long des routes des caravanes, elle se développa rapidement et parvint à compter une population de plus de cent mille habitants.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Le lieu s’acquit réputation et prestige au point de devenir la résidence du Catholicos et des souverains arméniens : tout d’abord, ceux de la dynastie des Arshakouni [Arsacides], puis au 5ème siècle celle des Sassanides, jusqu’à la conquête arabe en 640, où il prit le nom de Dabil.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;En 893, un violent tremblement de terre causa de très graves dommages et fit 70 000 victimes parmi la population.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Peu après l’an mil, elle fut reconquise par les Byzantins, subissant ensuite dominations et invasions, qui caractérisent toute l’Arménie jusqu’à l’époque moderne.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;En 1236, elle fut complètement détruite par les Mongols.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Dvin, comme – et peut-être davantage – le reste de la nation arménienne, a payé sa position stratégique, laquelle lui valut de grandes richesses et la notoriété, mais parallèlement lui attira les convoitises des conquérants. Aujourd’hui, ses ruines témoignent avec peine de la magnificence et de la grandeur de cette capitale arménienne.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;font-size:100%;" &gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Vestiges de beauté et de puissance&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Sur la place centrale de la ville s’élevait la cathédrale de Saint-Grégoire, édifiée au 4ème siècle sur les restes d’un temple païen à trois nefs. Au milieu du 7ème siècle, une nouvelle église fut reconstruite avec une toiture cruciforme et une abside ornée d’une mosaïque représentant la Vierge.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;La cathédrale de Saint Grégoire l’Illuminateur était imposante, à coup sûr une des plus grandes de toute l’Arménie ; mais de cette magnificence ne subsistent que peu de vestiges et sa représentation se fie aux textes qui nous l’ont décrite.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Le palais du Gouvernement (et résidence du Catholicos) était situé sur une colline, à l’intérieur d’une citadelle fortifiée, et dominait toute la ville. Pour autant que l’on sache, il était richement décoré, avec des bureaux et des appartements résidentiels au premier étage ; il disposait aussi de bains séparés pour hommes et pour femmes.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;De même, sous la domination arabe et persane (alors que Dvin était passée du rang de capitale à celui de chef-lieu régional), le palais fut le siège de l’administration et fut doté de précieuses décorations. Divers matériaux, céramiques et accessoires provenaient d’Egypte, de Syrie et des centres byzantins, témoignant combien le commerce et les bonnes relations jouaient un rôle important dans la vie de la cité.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Durant son existence, Dvin fut reconstruite et détruite à plusieurs reprises ; deux tremblements de terre, à trente ans de distance (863 et 893 après J.-C.), la rasèrent jusqu’au sol, mais elle fut rebâtie.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Ces démolitions et reconstructions incessantes ont créé de nombreuses strates superposées, objets aujourd’hui de campagnes de fouilles.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;De nos jours, Dvin a peu à offrir apparemment, sinon les vestiges imaginés de son ancienne splendeur. Mais le sous-sol conserve encore sûrement, jalousement gardés sous des siècles d’histoire, de précieux témoignages de la vie et de la civilisation de cette ancienne et grande capitale arménienne. &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Aujourd’hui, la moderne Dvin est une petite commune de l’Arménie, à un peu moins de trente kilomètres de la capitale.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;La vie de ses 2 800 habitants s’écoule tranquillement dans la vallée de l’Ararat, non loin du célèbre monastère de Khor Virap. Les bus touristiques gagnent la prison de saint Grégoire l’Illuminateur et semblent ignorer les fouilles en pleine campagne de ce qui fut autrefois le centre de l’Arménie.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;font-size:100%;" &gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;L’exposition au palais Braschi (9 novembre 2011 – 29 janvier 2012)&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;L’exposition, qui parcourt l’histoire de Dvin, mais intéresse aussi une autre capitale importante, Ani, met en évidence les profondes stratifications culturelles, via la présentation d’une quarantaine d’importantes pièces artistiques à la facture précieuse, lesquelles s’articulent dans trois salles distinctes : chapiteaux, tentures, céramiques, objets sacrés et sculptures, qui retracent la grandeur et la richesse de cette capitale arménienne.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Le 8 novembre [2011] s’est déroulée la cérémonie d’inauguration de l’exposition.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Le surintendant aux Biens Culturels de Rome Capitale, Umberto Broccoli, a présenté l’exposition en rappelant comment l’Arménie constitue depuis toujours un pont entre Orient et Occident et comment l’art arménien a influencé l’art européen grâce et à cause de ses liens avec Rome et l’Eglise. Mais il a aussi souligné de quelle manière les techniques de construction (par exemple, l’allègement des voûtes en forme de coupole) ont servi de modèle dans le reste du monde, évoquant l’illustre figure de Toros Toramanian, considéré comme le père de l’architecture arménienne moderne.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;En conclusion de son discours inaugural fort apprécié, Broccoli s’attacha à souligner combien l’Arménie représente pour les Italiens un Orient « proche », à la fois familier et semblable.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Après une brève adresse de bienvenue de l’archevêque Pier Luigi Mattera, nommé depuis peu directeur du musée du palais Braschi, ce fut le tour de l’ambassadeur d’Arménie, Rouben Karapétian, qui tint à exprimer ses remerciements pour l’organisation de cet événement et sa joie profonde pour une initiative de haute valeur artistique, qui coïncide, par ailleurs, avec le vingtième anniversaire de l’indépendance de l’Arménie.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Le diplomate s’est brièvement arrêté sur le rôle de Dvin à l’aide de notations historiques, qui ont mis en évidence le titre de ville d’art et de culture, ouverte aux relations internationales et au commerce, avec non moins de six routes commerciales différentes qui partaient de son centre.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Après les discours officiels, le maître Gevorg Dabaghian a diverti le public de quelques mélodies de doudouk, en introduction à la visite des salles d’exposition.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Chapiteaux du 5ème siècle, monnaies d’époques diverses, précieux plats en céramique, un splendide reliquaire en argent et pierres précieuses (« Sainte-Croix d’Haghpat »), un Evangile manuscrit du 15ème siècle, tentures.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Tout le matériel exposé est d’une facture recherchée, disposé avec ordre pour une visite qui permet de mieux connaître encore l’art arménien dans ses expressions les plus grandes.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Cette collection à visiter présente des exemples uniques, sans répétitions inutiles d’objets, livrant au visiteur une vision précise de ce qui est montré. Chaque pièce est accompagnée de notes explicatives et chaque salle présente des panneaux qui illustrent l’histoire de Dvin et d’Ani.     &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;____________&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Source : &lt;a href="http://www.comunitaarmena.it/akhtamar/akhtamar%20numero%20125%20%2815%20novembre%29.pdf"&gt;http://www.comunitaarmena.it/akhtamar/akhtamar%20numero%20125%20%2815%20novembre%29.pdf&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Traduction de l’italien : © Georges Festa – 12.2011.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;site du Musée Braschi&lt;/span&gt; : &lt;/span&gt;&lt;a href="http://www.museodiroma.it/sede/palazzo_braschi"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;http://www.museodiroma.it/sede/palazzo_braschi&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3147729012975104079-8700556918040719543?l=armeniantrends.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3147729012975104079/posts/default/8700556918040719543'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3147729012975104079/posts/default/8700556918040719543'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://armeniantrends.blogspot.com/2011/12/dvin-mostra-palazzo-braschi-roma.html' title='Dvin - Mostra, Palazzo Braschi (Roma) / Exposition, Palais Braschi (Rome)'/><author><name>Artavazd</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09115897617536890691</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://3.bp.blogspot.com/_seFKDDF1jyM/Si7VkSrlsyI/AAAAAAAAAxI/Yj2vbSW6h4c/S220/david2.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/--Ht50lDtRnM/Tt6BfRPWegI/AAAAAAAACSY/UMaSkUCKcNI/s72-c/80dvin.gif' height='72' width='72'/></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3147729012975104079.post-5055498460241309610</id><published>2011-12-05T19:53:00.000-08:00</published><updated>2011-12-05T19:58:25.630-08:00</updated><title type='text'>Khatchig Mouradian - The Last of the Armenians / Le dernier des Arméniens</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://3.bp.blogspot.com/-Tys87FD42IU/Tt2R6WgWhCI/AAAAAAAACSM/qtW02tdJqGs/s1600/index.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 254px; height: 199px;" src="http://3.bp.blogspot.com/-Tys87FD42IU/Tt2R6WgWhCI/AAAAAAAACSM/qtW02tdJqGs/s320/index.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5682858736471147554" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;div style="text-align: center; font-weight: bold;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Le dernier des Arméniens : une chasse au trésor dans des villages près de Diyarbakir&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;par Khatchig Mouradian&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;&lt;a href="http://www.armenianweekly.com/"&gt;The Armenian Weekly&lt;/a&gt;, 20.11.2011&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;« Ils cherchent des trésors ? », s’enquiert un Kurde auprès de notre chauffeur, tandis que les autres examinent d’un œil curieux notre voiture. Nous sommes dans le village de Kabi (aujourd’hui Bagivar), qui comptait dix-neuf foyers arméniens avant le génocide.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Je peux à peine voir George dans la banquette arrière. Il brandit ses anciennes et nouvelles cartes de la Turquie, essayant de déterminer quel village visiter ensuite.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Notre chauffeur Umit (« espoir » en turc) explique aux habitants que nous sommes des Arméniens venus des Etats-Unis, en quête de témoignages culturels et religieux de nos ancêtres dans la région.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;« Y avait-il une église arménienne dans ce village ? », demandons-nous. George est persuadé qu’il y en avait une – nous voulons simplement déterminer son emplacement. Statisticien, qui a étudié, des années durant, les archives démographiques ottomanes (1), George détient une liste d’églises et de monastères qui existaient jadis dans toute la province de Diyarbakir, village par village. &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Une discussion animée s’ensuit en kurde entre notre chauffeur et les autres, qui prennent le thé devant la maison où nous nous sommes garés. Un homme âgé concentre l’attention ; il explique quelque chose, tout enthousiaste. « Tu crois que le vieil homme sait où le trésor est caché ? » Je tente timidement de plaisanter. George sourit et replonge dans ses cartes.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Un autre habitant, muni d’une information que lui a transmise le vieil homme, saute dans notre voiture et nous voilà partis. Après toute une série de virages à gauche et à droite, dans des rues rocailleuses, nous arrivons à destination. L’homme nous indique cérémonieusement un édifice et nous dit : « Voilà où se trouvait l’église arménienne. »&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Nous photographions le bâtiment guère inspirant qui a remplacé l’église arménienne avec le zèle de paparazzi espérant une célébrité, mais ne découvrant que son cousin éloigné. On devine à nos mines que nous ne pouvons pas continuer à nous documenter sur des églises qui ont été rasées à même le sol.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;« Existe-t-il une église arménienne encore debout par ici ? », demandé-je en turc au premier quidam qui passe. C’est une vieille femme et je m’imagine qu’elle doit savoir. Pas de chance, elle ne sait pas ; elle n’est arrivée dans la région de Diyarbakir qu’il y a vingt ans, mais – lot  de consolation – elle adore les Arméniens « comme s’ils étaient mes parents et enfants ! », dit-elle.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Je n’abandonne pas. Quelques conversations plus tard, nous avons une nouvelle destination : Satikoy. George, dont la grand-mère est de Diyarbakir, souligne le fait que les 70 foyers de Satikoy étaient tous peuplés d’Arméniens avant le génocide.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;***&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Satikoy compte une mosquée. Son imposant bâtiment parmi des maisons sans prétention est difficile à éviter. Et notre église se trouve à cet endroit précis.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Un habitant me raconte que le toit de l’église s’effondra « après le départ des Arméniens ». Un autre intervient pour rectifier : « Il veut dire après le &lt;span style="font-style: italic;"&gt;katliam&lt;/span&gt;, le &lt;span style="font-style: italic;"&gt;soykirim&lt;/span&gt; (termes turcs pour « massacre » et « génocide », respectivement).&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Le toit fut rebâti plus tard et l’ensemble monastique converti en mosquée.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;L’intérieur de ce qui fut autrefois le &lt;span style="font-style: italic;"&gt;vank&lt;/span&gt; [monastère] de Toukh Manoug Khatch (&lt;span style="font-style: italic;"&gt;khatch&lt;/span&gt; signifie croix en arménien) a été repeint et il n’existe plus aucune trace visible de son passé arménien. Au dehors, nous contemplons l’étendue, aujourd’hui stérile, de ce qui fut jadis le vignoble de l’église. Avant le génocide, les Arméniens de Diyarbakir et des environs avaient coutume de se rendre dans ce complexe monastique lors des fêtes de l’Exaltation de la Sainte Croix, à la mi-septembre, m’apprendra le Révérend Leylékian à mon retour aux Etats-Unis.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Je sors du complexe et j’entame une balade. Je surprends quelques personnes en train de parler à notre chauffeur au sujet des cartes de George, lui demandant si nous cherchons quelque trésor. Hrant Dink réservait une réponse imparable à ceux qui en Turquie rôdent parmi les cimetières et les églises arméniennes en ruines, en quête de trésors : « Vous creusez et vous cherchez des trésors sous terre, disait-il, sans voir que le véritable trésor marchait sur la terre dans ces régions et fut anéanti ! »&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Les voix de George, Umit et des habitants obsédés par le trésor s’apaisent lentement. Je me trouve maintenant dans une rue étroite, entre le complexe monastique et une hauteur. Un vieux tracteur approche. Je m’écarte. Le conducteur sourit et me demande d’où je viens.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;« Je suis un Arménien d’Amérique ! Je suis venu voir l’église ! », lui répondis-je.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Il éteint le moteur et descend du tracteur. Il se met à me parler en détail des Arméniens qui vivaient au village, voici presque un siècle. Il me désigne un endroit voisin, empli de maisons : « Le cimetière arménien se trouvait là ! Ils l’ont détruit et construit ces maisons. J’ai demandé à notre imam si l’islam permet cela. Il m’a dit qu’aucun site religieux ne devrait être profané. »&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Son regard est triste, lorsqu’il s’exprime. Puis ses yeux s’emplissent de larmes.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;« Mon père était un jeune garçon arménien, lorsque le génocide est arrivé. Toute sa famille fut massacrée – ses parents, ses frères, ses sœurs. Il fut emmené par des nouveaux arrivants et survécut. Il ne reste plus aucun Arménien ici ! »&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Il détourne son regard.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Je songe à mes grands-parents, ceux que j’ai connus et ceux que je n’ai jamais rencontrés. Je m’avance vers lui. Nous nous serrons dans nos bras.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Je vois George qui s’approche, cartes dans une main, caméra de l’autre. Je lui demande de nous photographier tous les deux. Peu après, l’homme rallume le moteur. Mais, avant de démarrer, il nous indique une direction opposée : « Marchez 200 mètres environ par là ! Il y a une étendue où les Arméniens se rassemblaient pour célébrer leur fête religieuse. Il n’y a rien maintenant. Mais vous sentirez leur présence… » Le bruit de son engin couvre sa voix.  &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Je me tourne vers cette direction et commence à marcher.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;J’ai découvert le trésor.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;NdT&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;1. Cf. George Aghjayan, « A Demographic Narrative of Diyarbekir Province Based on Ottoman Records », &lt;span style="font-style: italic;"&gt;The Armenian Weekly&lt;/span&gt;, April 2011, p. 19-22 - &lt;a href="http://www.armenianweekly.com/wp-content/uploads/2009/02/AWeekly_April_2011_web.pdf"&gt;http://www.armenianweekly.com/wp-content/uploads/2009/02/AWeekly_April_2011_web.pdf&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;a href="http://www.armenianweekly.com/wp-content/uploads/2009/02/AWeekly_April_2011_web.pdf"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Version turque de cet article, paru dans &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Radikal&lt;/span&gt; – lien : &lt;a href="http://www.radikal.com.tr/Radikal.aspx?aType=RadikalHaberDetayV3&amp;amp;Date=25.11.2011&amp;amp;ArticleID=1070575&amp;amp;CategoryID=132&amp;amp;fb_source=message"&gt;http://www.radikal.com.tr/Radikal.aspx?aType=RadikalHaberDetayV3&amp;amp;Date=25.11.2011&amp;amp;ArticleID=1070575&amp;amp;CategoryID=132&amp;amp;fb_source=message&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;___________&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Source : &lt;a href="http://www.armenianweekly.com/2011/11/20/the-last-of-the-armenians/"&gt;http://www.armenianweekly.com/2011/11/20/the-last-of-the-armenians/&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;font-size:100%;"&gt;Traduction : © Georges Festa – 12.2011.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Avec l'aimable autorisation de Khatchig Mouradian, rédacteur en chef de &lt;span style="font-style: italic;"&gt;The Armenian Weekly&lt;/span&gt;.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3147729012975104079-5055498460241309610?l=armeniantrends.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3147729012975104079/posts/default/5055498460241309610'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3147729012975104079/posts/default/5055498460241309610'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://armeniantrends.blogspot.com/2011/12/khatchig-mouradian-last-of-armenians-le.html' title='Khatchig Mouradian - The Last of the Armenians / Le dernier des Arméniens'/><author><name>Artavazd</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09115897617536890691</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://3.bp.blogspot.com/_seFKDDF1jyM/Si7VkSrlsyI/AAAAAAAAAxI/Yj2vbSW6h4c/S220/david2.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/-Tys87FD42IU/Tt2R6WgWhCI/AAAAAAAACSM/qtW02tdJqGs/s72-c/index.jpg' height='72' width='72'/></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3147729012975104079.post-6678685108683295141</id><published>2011-12-04T19:02:00.001-08:00</published><updated>2011-12-04T19:05:36.458-08:00</updated><title type='text'>Elizabeth Cann Kambourian</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://2.bp.blogspot.com/-qFigdTR6O5M/Ttw0bLRvUII/AAAAAAAACSA/kMGGvSFw7AY/s1600/kambourian.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 320px; height: 320px;" src="http://2.bp.blogspot.com/-qFigdTR6O5M/Ttw0bLRvUII/AAAAAAAACSA/kMGGvSFw7AY/s320/kambourian.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5682474471323029634" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;© Heritage Book Inc., 1997&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;font-size:100%;" &gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;De l’histoire de l’Arménie à l’histoire des Noirs d’Amérique : Elizabeth Cann Kambourian&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;font-size:100%;" &gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;par Aram Arkun&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;font-size:100%;" &gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;&lt;a href="http://www.mirrorspectator.com/"&gt;The Armenian Mirror-Spectator&lt;/a&gt;, 03.12.2011&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;RICHMOND, Virginie – Elizabeth Cann Kambourian étudiait à l’université de Virginie à Richmond, plus particulièrement l’histoire, lorsqu’elle décida de consacrer son mémoire de licence à la première république d’Arménie. Bien des années plus tard, elle devint une spécialiste reconnue sur une importante révolte d’esclaves américains à Richmond. Dans les deux cas, sa curiosité quant aux gens et aux choses qui l’entourent ont stimulé ses recherches.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Kambourian avait 28 ans lorsqu’elle entama des études supérieures, après s’être mariée et avoir fondé une famille. Elle travaillait dans une bijouterie gérée par la famille de son mari, les Kambourian, et alternait cours et activité professionnelle. L’histoire de la famille de son mari, explique-t-elle, est intéressante. Les Kambourian étaient une famille aisée d’Erzeroum. Suite à un différend, un de leurs jeunes fils, Manuel, fut envoyé à l’étranger au début des années 1880, tout d’abord en France. Il partit ensuite pour New York et devint bijoutier comme son père. Connaissant des difficultés commerciales, il émigra à Richmond et se lança dans un négoce de tapis. Il eut trois fils, dont deux reprirent cette affaire – qui est toujours prospère aujourd’hui entre les mains de la quatrième génération Kambourian -, tandis que le plus jeune s’orienta vers la joaillerie.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Un de leurs parents, Dikran Najarian, marié à une Kambourian, était tachnag, membre de la Fédération Révolutionnaire Arménienne. Il revint dans l’empire ottoman au début du 20ème siècle, fut arrêté et exécuté. Ses derniers écrits de prison sont conservés par la famille.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Tandis que Kambourian s’intéressait à l’histoire de la famille, un des oncles de son mari lui remit divers documents familiaux, dont des photographies, des documents de voyage et un permis de travail ottomans au nom dudit Najarian.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Kambourian consacra son mémoire de licence à la première république d’Arménie, mais reprit des données remontant à 1870. Sa professeure lui fut de bon conseil et elle utilisa des journaux français et anglais contemporains, entre autres sources.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Paradoxalement, souligne-t-elle, à l’université, « je suis totalement passée à côté de l’histoire américaine, mais j’ai fini par m’y intéresser. » Il s’avéra que la maison qu’elle et sa famille avaient achetée en 1974 joua un rôle clé à ce propos. La vieille dame qui vendait la maison lui remit un titre de propriété, datant de 1918, qui retraçait les origines du domaine jusqu’en 1745, où celui-ci faisait partie d’un domaine beaucoup plus vaste. Finalement, à la fin des années 1980, poussée par la curiosité, Kambourian se rendit aux archives du comté d’Henrico et découvrit le plan d’une plantation, Quincy Plantation, qui incluait son terrain.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Elle précise : « Je savais déjà qu’une révolte d’esclaves avait eu lieu dans le voisinage. Je pensais qu’à coup sûr, ma maison comptait des gens y ayant participé, puisqu’elle était attenante à deux autres plantations où des esclaves prirent part. Je découvris alors un esclave, George Smith, qui fut impliqué. Il était prestidigitateur. Incroyable ! »&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Cette révolte d’esclaves, intitulée la révolte de Gabriel du nom de son chef, un maréchal-ferrant, fut programmée pour l’été 1800. Kambourian note : « Les rebelles avaient reçu une bonne éducation et appartenaient à des gens négligents, autrement dit, ils avaient l’autorisation de vagabonder. Ils vivaient cette situation plutôt bien (comparés à d’autres esclaves). Mais ils pouvaient voir, durant leurs déplacements pour affaires dans Richmond, à quel point ils étaient en réalité démunis. La mort ou la liberté fut leur devise. » Ils avaient des contacts variés avec d’autres esclaves et espéraient que leur action déclenchât une révolte plus large.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;La révolte échoua, du fait d’une trahison de certains esclaves, ainsi que de pluies torrentielles. Le gouverneur de Virginie était alors James Monroe, le futur cinquième président des Etats-Unis. Après avoir maté par la force la révolte, il tenta de la dissimuler, redoutant qu’elle ne causât quelque trouble politique. Il s’agissait d’une année d’élection présidentielle avec un autre Virginien, Thomas Jefferson, en lice pour le poste suprême au sein du gouvernement américain. Monroe connut néanmoins un échec et les journaux du Nord relatèrent l’événement. Les conséquences à long terme furent l’aggravation des restrictions quant aux droits et agissements des esclaves.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Les recherches de Kambourian la conduisirent à localiser les potences où Gabriel fut pendu avec ses camarades de révolte. Ils furent immédiatement enterrés près de là, dans un endroit qui devint un parking situé sur Broad Street. A savoir le Cimetière Afro-Américain ou Noir. Kambourian tenta de sensibiliser la population aux résultats de sa recherche durant les années 1990, mais elle réalisa que personne ne se montra intéressé jusqu’en 2000 environ. Elle prononça alors une conférence clé au Black History Museum [Musée de l’Histoire des Noirs] et au Centre Culturel de Virginie à Richmond. Une association intitulée The Defenders for Freedom, Justice and Equality [Les Défenseurs de la liberté, de la justice et de l’égalité] commença alors à médiatiser ses découvertes. Un combat s’engagea afin de faire de ce lieu de sépultures un mémorial et aujourd’hui, l’endroit n’est plus utilisé comme parking.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;En 2002, la mort de Gabriel fut commémorée par une résolution de la Ville de Richmond, et en 2006 le gouverneur Tim Kaine demanda officieusement pardon à Gabriel et ses camarades en reconnaissance de son combat pour mettre fin à l’esclavage et promouvoir l’égalité entre tous les peuples.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Tandis que Kambourian se documentait à la bibliothèque de Virginie durant les années 1980 et 1990, elle remarqua que les Afro-Américains venaient sans cesse demander comment entamer des recherches sur la généalogie de leurs familles et que les bibliothécaires leur disaient alors de consulter les archives du Freedmen’s Bureau [Service des Affranchis]. Elle décida finalement d’écrire un livre rendant plus accessibles ces éléments d’information et publia en 1997 &lt;span style="font-style: italic;"&gt;The Freedmen’s Bureau in Virginia&lt;/span&gt;. Cet ouvrage livre une liste d’anciens esclaves et affranchis qui reçurent nourriture et assistance médicale de la part du Virginia Freedmen’s Bureau, avec des cartes et toutes les informations personnelles disponibles dans les archives.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Actuellement, Elizabeth Kambourian prépare un livre sur la révolte de Gabriel. Elle s’est découvert d’intéressantes motivations personnelles pour lui et plusieurs chefs conjurés, qui ont pu les amener à se révolter, en dépit de leurs conditions d’existence relativement bonnes comme esclaves. Par exemple, Gabriel, un fringant jeune homme, eut peut-être une dent de devant cassée et fut humilié et défiguré par son maître, bien qu’ils fussent du même âge et comme amis.      &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;___________&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Source : &lt;a href="http://www.mirrorspectator.com/pdf/031110.pdf"&gt;http://www.mirrorspectator.com/pdf/031110.pdf&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Traduction : © Georges Festa – 12.2011.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3147729012975104079-6678685108683295141?l=armeniantrends.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3147729012975104079/posts/default/6678685108683295141'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3147729012975104079/posts/default/6678685108683295141'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://armeniantrends.blogspot.com/2011/12/elizabeth-cann-kambourian.html' title='Elizabeth Cann Kambourian'/><author><name>Artavazd</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09115897617536890691</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://3.bp.blogspot.com/_seFKDDF1jyM/Si7VkSrlsyI/AAAAAAAAAxI/Yj2vbSW6h4c/S220/david2.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/-qFigdTR6O5M/Ttw0bLRvUII/AAAAAAAACSA/kMGGvSFw7AY/s72-c/kambourian.jpg' height='72' width='72'/></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3147729012975104079.post-4775175605169093918</id><published>2011-12-04T16:17:00.000-08:00</published><updated>2011-12-04T16:22:32.746-08:00</updated><title type='text'>Vahakn N. Dadrian - Taner Akçam : Judgment at Istanbul : The Armenian Genocide Trials / Jugement à Istanbul : les procès du génocide arménien</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://3.bp.blogspot.com/-W4kl_Xac6Ug/TtwOJfOrFLI/AAAAAAAACR0/E_A5PyBUL08/s1600/akcam-dadrian.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 210px; height: 320px;" src="http://3.bp.blogspot.com/-W4kl_Xac6Ug/TtwOJfOrFLI/AAAAAAAACR0/E_A5PyBUL08/s320/akcam-dadrian.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5682432385999377586" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family: verdana;"&gt;© Berghahn Books, 2011&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;font-size:100%;" &gt;&lt;span style="font-family: verdana;"&gt;Parution d’un nouvel ouvrage qui situe les procès ottomans de l’après-Première Guerre mondiale dans leur contexte historique et juridique&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;font-size:100%;" &gt;&lt;span style="font-family: verdana;"&gt;&lt;a href="http://www.zoryaninstitute.org"&gt;Institut Zoryan&lt;/a&gt;, Toronto (Canada)&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family: verdana;"&gt;Au lendemain de sa désastreuse défaite lors de la Première Guerre mondiale, la Turquie ottomane dut faire face au crime commis en temps de guerre de la destruction de sa population arménienne. Une enquête dil
